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Plus d’un million d’Irakiens tués sous l’occupation US


Enquête primée par « Projet Censuré »
Nous reproduisons ici la première des 25 enquêtes primées par « Projet Censuré » en 2009. Il s?agit du travail de Michael Schwartz, que nous avions diffusé en 2007, et que Joshua Holland, Luke Baker, Maki al-Nazzal et Dahr Jamail ont poursuivi. Plusieurs sources officielles permettent de valider les études des sondeurs d?ORB et des démographes du « Lancet » et d?établir que l?invasion anglo-saxonne et l?occupation de l?Irak ont causé la mort de plus d?un million de civils. Cette information, qui a été relayée par les médias dans les Etats dont les gouvernement s?opposaient à la guerre, a été ignorée par les médias des Etats soutenant l?opération anglo-saxonne. Une fois de plus, il apparaît que les consortium médiatiques s?alignent sur les intérêts dominants du pays où ils se trouvent.
Cet article fait suite à « Qu?est-ce que le "Projet censuré" ? », par Ernesto Carmona.
Synthèse
Plus de 1,2 million d?Irakiens ont succombé à une mort violente depuis l?invasion du pays en 2003, d?après une étude du prestigieux institut britannique de sondage Opinion Research Business (ORB). Ces chiffres suggèrent que les décès provoquées par l?invasion et l?occupation de l?Irak rivalisent en nombre avec les massacres massifs du XXe siècle ?le nombre de personnes tuées en Irak dépasse les 800 000 à 900 000 victimes du génocide du Rwanda, en 1994, et se rapproche d?ores déjà du chiffre de 1,7 million de disparus dans les tristement célèbres « camps de la mort » des Khmers rouges, dans les années 70 du siècle dernier?.
L?enquête de l?ORB a couvert quinze des dix-huit provinces de l?Irak. Parmi les zones non couvertes figuraient les deux régions les plus instables du pays ?Kerbala et Anbar?, ainsi que la province d?Arbil, dans le Nord, où l?institut s?est vu notifier une interdiction de travail par les autorités locales. Il ressort des entrevues face à face avec 2 414 adultes que plus d?une personne sur cinq avait eu un mort dans son foyer à cause du conflit.
Les auteurs, Joshua Holland et Michael Schwartz, ont constaté que la version officielle, selon laquelle la violence contre les Irakiens serait essentiellement exercée par les propres Irakiens et non pas par les troupes états-uniennes, est mal acceptée. Dans leur reportage d?octobre 2006, les enquêteurs de la revue The Lancet ont interrogé des Irakiens sur la façon dont avaient péri leurs proches et 56 % ont imputé ces décès à l?action des forces des Etats-Unis et de leurs alliés.
Schwartz a fait remarquer que si une partie proportionnelle de la moitié du reste des morts irakiennes non attribuée a été provoquée par les forces des USA, le résultat final serait que près de 80% de l?ensemble de ces morts ont été causées directement par les Etats-Unis.
Même en prenant les estimations les plus basses confirmées à la fin de 2006, il se trouve que les forces des USA sont responsables de la mort de 5 000 Irakiens en moyenne par mois depuis le début de l?occupation. Cependant, le taux des victimes mortelles en 2006 a été deux fois plus élevé que la moyenne, ce qui veut dire que la moyenne des morts provoquées par les troupes US cette année a dépassé les 10 000 par mois, soit plus de 300 par jour. Avec la vague de violence amorcée en 2007, le chiffre actuel est probablement beaucoup plus élevé.
Schwartz a précisé que la logique de cette boucherie réside dans les statistiques émises par les militaires US, et divulguées par la Brookings Institution : pendant les quatre premières années d?occupation militaire, chaque jour plus de mille patrouilles ont été dépêchées dans les quartiers hostiles, avec l?ordre de capturer ou de tuer des « insurgés » et des « terroristes ». (Depuis février 2007, le nombre de ces patrouilles s?est élevé à près de 5 000 par jour, si l?on compte les forces irakiennes encadrées par les forces US). En moyenne, chaque patrouille procède à une trentaine de descentes musclées dans les maisons irakiennes, avec pour mission d?interroger, de capturer ou de tuer des suspects. Dans ce contexte, n?importe quel homme en âge de combattre est non seulement tenu pour suspect, mais pour un adversaire représentant un danger mortel. On recommande donc aux soldats US de ne pas courir de risques.
Selon les statistiques militaires des USA, également rendues publiques par la Brookings Institution, ces patrouilles donnent actuellement lieu à environ 3 000 fusillades par mois, ou un peu moins de 100 par jour en moyenne (sans compter les 25 autres provoquées par les alliés irakiens). Des milliers de rondes et de patrouilles ont entraîné la mort de milliers d?Irakiens innocents, ainsi que de nombreuses arrestations d?une brutalité extrême.
Les réfugiés : une crise ignorée
Les tentatives des Irakiens pour échapper à la violence sont à l?origine d?une crise des réfugiés qui a pris d?énormes proportions. D?après des rapports émis en 2007 par le Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés (ACNUR) et l?Organisation internationale pour la migration (OIM), prés de 5 millions d?Irakiens ont été déplacés par la violence, la plupart ayant fui le pays à partir de 2003. Plus de 2,4 millions ont abandonné leur maison pour aller chercher abri dans des zones plus sûres à l?intérieur du pays, 1,5 million se sont réfugiés en Syrie, et plus d?un million ont gagné la Jordanie, l?Iran, le Liban, la Turquie et les pays du Golfe persique.
Les déplacés en Irak, dont le nombre augmente en moyenne de près de 100 000 par mois, n?ont aucun statut juridique et aucune possibilité d?emploi dans la plupart des provinces et Etats où ils se sont réfugiés, et leur situation est de plus en plus désespérée. Cependant, les Irakiens qui continuent de quitter leur foyer sont plus nombreux que ceux qui sont retournés chez eux, en dépit des versions officielles indiquant le contraire. Des milliers de déplacés estiment que la sécurité est aussi mauvaise qu?avant et que le retour signifie la mort. Et la plupart de ceux qui reviennent ne tardent pas à repartir.
Les journalistes Maki al-Nazzal et Dahr Jamail ont interviewé un ingénieur irakien qui travaille actuellement dans un restaurant à Damas, en Syrie : « Retourner en Irak ? Il n?y a plus d?Irak où retourner, cher ami, L?Irak n?existe plus que dans nos rêves et nos souvenirs ! »
Une autre personne interrogée a déclaré aux auteurs : « Les militaires états-uniens affirment qu?à présent Fallujah est sûre, alors que 800 hommes sont retenus là-bas dans les pires conditions? Au moins 750 des 800 hommes détenus ne sont pas des combattants de la Résistance, mais des gens qui refusent de collaborer avec les forces d?occupation et leurs auxiliaires fantoches ».
Un autre réfugié de Bagdad a déclaré : « Je suis retourné dans mon foyer avec ma famille en janvier. Dès la première nuit qui a suivi notre arrivée les Etats-uniens ont investi notre maison et nous ont maintenu tous dans une seule chambre alors que leurs francs-tireurs montaient sur le toit pour tirer sur les gens. Nous avons décidé de revenir ici [à Damas] le lendemain matin après avoir passé une nuit d?horreur que nous ne sommes pas prêts d?oublier. »
Mise à jour de Michael Schwartz
Les statistiques de mortalité citées dans « L?occupation US de l?Irak tue-t-elle 10 000 civils par mois ou beaucoup plus encore ? » sont basées sur une enquête sur les décès causés par la guerre en Irak, publiée dans un autre article plausible pour Projet censuré. L?article original, paru dans The Lancet en 2006, a reçu une couverture dédaigneuse des médias avant de disparaître purement et simplement de la vue des lecteurs, tandis que les grands médias recommençaient à divulguer des estimations partiales qui situaient le nombre d?Irakiens morts à un dixième des calculs de The Lancet. Le blocus de l?information exercé par les consortium médiatiques s?est également étendu à mon article, et n?a pas diminué le moins du monde, même si l?article de The Lancet a résisté plusieurs vagues de critiques, tandis que d?autres études confirment ou mettent à jour son contenu.
Début 2008, la meilleur estimation, basée sur des extrapolations et des reproductions de l?étude de The Lancet, a révélé que 1,2 millions d?Irakiens sont morts à cause de la guerre. Pour autant que je sache, ce chiffre n?a été relevé dans aucun média aux Etats-Unis.
Le blocus de l?information sur le nombre de victimes a été accompagné d?une autre forme de censure sur une autre preuve capitale contenue dans mon article : la stratégie militaire de l?administration Bush en Irak a provoqué chaque jour de vastes destructions matérielles et une mortalité élevée. Les modes de recrutement exigent que les quelque mille patrouilles US ripostent chaque jour à tout acte hostile avec une écrasante puissance de feu ?armes de faible calibre, artillerie et opérations aériennes laissent derrière elles un cortège de souffrance et provoquent de nombreuses pertes parmi la population civile?. Mais les principaux médias ont refusé de couvrir ce délit de mutilation, même après les réunions de l?organisation « Soldats de l?hiver », de mars 2003, pendant lesquelles plus d?une centaine de vétérans de la guerre en Irak ont reconnu avoir participé à ce qu?ils ont appelé « des situations
génératrices d?atrocités »
L?efficacité du blocus de l?information exercé par les médias a été confirmée par une enquête réalisée par l?Associated Press en février 2007, auprès d?un échantillon représentatif de résidents états-uniens, auxquels on a demandé s?ils avaient une idée du nombre d?Irakiens tués dans la guerre. La moyenne des personnes interrogées a estimé qu?ils étaient moins de 10 000, soit 2% du total réel pour l?époque. Cette ignorance grossière et générale, de même que le déroulement de la guerre en Irak n?a reçu aucune couverture médiatique, même pas de la par de l?Associated Press, qui a commandé l?enquête.
L?organisation « Anciens combattants d?Irak contre la guerre » a placé la brutalité de l?occupation au centre de l?action de ses membres. Le massacre du peuple irakien est au c?ur de leurs revendications. Ils exigent le retrait immédiat et total des troupes des Etats-Unis, tout comme l?organisation des historiques réunions des « Soldats de l?hiver » à Baltimore.
Même si cet événement n?a été relayé par aucun des principaux médias aux USA, le flux de l?information diffusée par Pacifica Radio et le site Web de l?IVAW a enregistré un fort taux d?audience ?y compris parmi un grand nombre de soldats en service actif?, avec les descriptions des atrocités commises par la machine de guerre US. Un nombre croissant de sites indépendants offre à présent une couverture régulière sur cet aspect de la guerre, dont Democracy Now, Tom Dispatch, Dahr Jamail?s Mideast Dispatches, Informed Comment, Antiwar.com, et ZNet.
Mise à jour de Maki Al-Nazzal et Dahr Jamail
La nomination des généraux de l?US Army David Petraeus, à la direction du CentCom et Raymond Odierno, en tant qu?adjoint de Petraeus à la tête de la Force multinationale en Irak, a soulevé le courroux des Irakiens vivant en Syrie et en Cisjordanie. Ces deux généraux, qui ont convaincu les Etats-Unis et la communauté internationale d?une soi-disant « amélioration en Irak », ne semblent par contre pas avoir réussi à convaincre les réfugiés irakiens qu?il y a eu « du mieux » dans leur pays.
« Tout comme l?administration Bush a décoré Paul Bremer (le patron de l?Autorité provisoire de la coalition), d?autres ont été récompensés pour avoir participé à la destruction de l?Irak », se plaignait Muhammad Shamil, un journaliste irakien qui a fui vers la Syrie en 2006. Ce qu?ils appellent violence s?est concentré d?abord dans certaines zones de l?Irak, mais à présent le phénomène a été étendu à tout le pays par les héros de guerre des Etats-Unis. « Ceux qu?ils tuent, expulsent ou capturent se comptent par milliers, depuis Basra (dans le sud) jusqu?à Mossoul (dans le nord) ».
L?espoir d?un retour se fait de plus en plus mince dans l?esprit des réfugiés irakiens. Depuis la parution de cet article, en mars 2008, la crise des réfugiés s?est encore aggravée. La situation s?aggrave du fait que la plupart de ces gens n?ont plus aucune intention de retourner chez eux et préfèrent s?établir ailleurs.
« J?ai décidé de ne plus rêver de rentrer au pays, et d?essayer de construire un nouveau foyer n?importe où dans le monde », a déclaré Maha Numan, 32 ans, réfugié en Syrie. « Voici trois ans que je suis réfugié et que je caresse le rêve de retourner là-bas, mais j?ai décidé de ne plus y rêver. J?ai perdu la foi dans tous les dirigeants du monde après les vagues de violence à Basra, Al-Sadr et aujourd?hui Mossoul. Cette situation ne semble plus avoir de fin, et je dois trouver un refuge sûr pour ma famille ».
« La majorité des Irakiens en Syrie sont plus au courant des nouvelles de leur pays que la plupart des journalistes. Dans n?importe quel cybercafé de Damas, chacun appelle sa ville ou son village natal et fait part aux autres réfugiés irakiens des nouvelles du jour. Les informations sur la violence qui sévit dans une grande partie de l?Irak les renforcent dans leur conviction de rester à l?étranger.
« Aujourd?hui il y a eu quatre explosions à Fallujah ! », s?est exclamé Salam Adel, qui a travaillé comme traducteur pour les troupes US à Fallujah en 2005. « Et ils disent qu?on peut rentrer, que la situation est sûre ! Rentrer pour quoi faire ? Pour se faire tuer par les mines ou les voitures piégées ? »
Pour l?administration Bush, il a été important, du point de vue politique, de faire croire que la situation s?améliore en Irak. Ce genre d?information a été relayé avec la complicité des médias corporatifs. Cependant, 1,5 million d?Irakiens vivant en Syrie et plus de 750 000 en Jordanie ne partagent pas cet avis. Autrement, ils seraient déjà rentrés chez eux.
(A suivre?)
 
9 février 2010 / Réseau Voltaire






Enquête primée par « Projet Censuré »

Nous reproduisons ici la première des 25 enquêtes primées par « Projet Censuré » en 2009. Il s?agit du travail de Michael Schwartz, que nous avions diffusé en 2007, et que Joshua Holland, Luke Baker, Maki al-Nazzal et Dahr Jamail ont poursuivi. Plusieurs sources officielles permettent de valider les études des sondeurs d?ORB et des démographes du « Lancet » et d?établir que l?invasion anglo-saxonne et l?occupation de l?Irak ont causé la mort de plus d?un million de civils. Cette information, qui a été relayée par les médias dans les Etats dont les gouvernement s?opposaient à la guerre, a été ignorée par les médias des Etats soutenant l?opération anglo-saxonne. Une fois de plus, il apparaît que les consortium médiatiques s?alignent sur les
intérêts dominants du pays où ils se trouvent.


Cet article fait suite à « Qu?est-ce que le "Projet censuré" ? », par Ernesto Carmona.


Synthèse


Plus de 1,2 million d?Irakiens ont succombé à une mort violente depuis l?invasion du pays en 2003, d?après une étude du prestigieux institut britannique de sondage Opinion Research Business (ORB). Ces chiffres suggèrent que les décès provoquées par l?invasion et l?occupation de l?Irak rivalisent en nombre avec les massacres massifs du XXe siècle ?le nombre de personnes tuées en Irak dépasse les 800 000 à 900 000 victimes du génocide du Rwanda, en 1994, et se rapproche d?ores déjà du chiffre de 1,7 million de disparus dans les tristement célèbres « camps de la mort » des Khmers rouges, dans les années 70 du siècle dernier?.

L?enquête de l?ORB a couvert quinze des dix-huit provinces de l?Irak. Parmi les zones non couvertes figuraient les deux régions les plus instables du pays ?Kerbala et Anbar?, ainsi que la province d?Arbil, dans le Nord, où l?institut s?est vu notifier une interdiction de travail par les autorités locales. Il ressort des entrevues face à face avec 2 414 adultes que plus d?une personne sur cinq avait eu un mort dans son foyer à cause du conflit.

Les auteurs, Joshua Holland et Michael Schwartz, ont constaté que la version officielle, selon laquelle la violence contre les Irakiens serait essentiellement exercée par les propres Irakiens et non pas par les troupes états-uniennes, est mal acceptée. Dans leur reportage d?octobre 2006, les enquêteurs de la revue The Lancet ont interrogé des Irakiens sur la façon dont avaient péri leurs proches et 56 % ont imputé ces décès à l?action des forces des Etats-Unis et de leurs alliés.
Schwartz a fait remarquer que si une partie proportionnelle de la moitié du reste des morts irakiennes non attribuée a été provoquée par les forces des USA, le résultat final serait que près de 80% de l?ensemble de ces morts ont été causées directement par les Etats-Unis.

Même en prenant les estimations les plus basses confirmées à la fin de 2006, il se trouve que les forces des USA sont responsables de la mort de 5 000 Irakiens en moyenne par mois depuis le début de l?occupation. Cependant, le taux des victimes mortelles en 2006 a été deux fois plus élevé que la moyenne, ce qui veut dire que la moyenne des morts provoquées par les troupes US cette année a dépassé les 10 000 par mois, soit plus de 300 par jour. Avec la vague de violence amorcée en 2007, le chiffre actuel est probablement beaucoup plus élevé.

Schwartz a précisé que la logique de cette boucherie réside dans les statistiques émises par les militaires US, et divulguées par la Brookings Institution : pendant les quatre premières années d?occupation militaire, chaque jour plus de mille patrouilles ont été dépêchées dans les quartiers hostiles, avec l?ordre de capturer ou de tuer des « insurgés » et des « terroristes ». (Depuis février 2007, le nombre de ces patrouilles s?est élevé à près de 5 000 par jour, si l?on compte les forces irakiennes encadrées par les forces US). En moyenne, chaque patrouille procède à une trentaine de descentes musclées dans les maisons irakiennes, avec pour mission d?interroger, de capturer ou de tuer des suspects. Dans ce contexte, n?importe quel homme en âge de combattre est non seulement tenu pour suspect, mais pour un adversaire représentant un danger mortel. On recommande donc aux soldats US de
ne pas courir de risques.

Selon les statistiques militaires des USA, également rendues publiques par la Brookings Institution, ces patrouilles donnent actuellement lieu à environ 3 000 fusillades par mois, ou un peu moins de 100 par jour en moyenne (sans compter les 25 autres provoquées par les alliés irakiens). Des milliers de rondes et de patrouilles ont entraîné la mort de milliers d?Irakiens innocents, ainsi que de nombreuses arrestations d?une brutalité extrême.

Les réfugiés : une crise ignorée

Les tentatives des Irakiens pour échapper à la violence sont à l?origine d?une crise des réfugiés qui a pris d?énormes proportions. D?après des rapports émis en 2007 par le Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés (ACNUR) et l?Organisation internationale pour la migration (OIM), prés de 5 millions d?Irakiens ont été déplacés par la violence, la plupart ayant fui le pays à partir de 2003. Plus de 2,4 millions ont abandonné leur maison pour aller chercher abri dans des zones plus sûres à l?intérieur du pays, 1,5 million se sont réfugiés en Syrie, et plus d?un million ont gagné la Jordanie, l?Iran, le Liban, la Turquie et les pays du Golfe persique.

Les déplacés en Irak, dont le nombre augmente en moyenne de près de 100 000 par mois, n?ont aucun statut juridique et aucune possibilité d?emploi dans la plupart des provinces et Etats où ils se sont réfugiés, et leur situation est de plus en plus désespérée. Cependant, les Irakiens qui continuent de quitter leur foyer sont plus nombreux que ceux qui sont retournés chez eux, en dépit des versions officielles indiquant le contraire. Des milliers de déplacés estiment que la sécurité est aussi mauvaise qu?avant et que le retour signifie la mort. Et la plupart de ceux qui reviennent ne tardent pas à repartir.

Les journalistes Maki al-Nazzal et Dahr Jamail ont interviewé un ingénieur irakien qui travaille actuellement dans un restaurant à Damas, en Syrie : « Retourner en Irak ? Il n?y a plus d?Irak où retourner, cher ami, L?Irak n?existe plus que dans nos rêves et nos souvenirs ! »

Une autre personne interrogée a déclaré aux auteurs : « Les militaires états-uniens affirment qu?à présent Fallujah est sûre, alors que 800 hommes sont retenus là-bas dans les pires conditions? Au moins 750 des 800 hommes détenus ne sont pas des combattants de la Résistance, mais des gens qui refusent de collaborer avec les forces d?occupation et leurs auxiliaires fantoches ».

Un autre réfugié de Bagdad a déclaré : « Je suis retourné dans mon foyer avec ma famille en janvier. Dès la première nuit qui a suivi notre arrivée les Etats-uniens ont investi notre maison et nous ont maintenu tous dans une seule chambre alors que leurs francs-tireurs montaient sur le toit pour tirer sur les gens. Nous avons décidé de revenir ici [à Damas] le lendemain matin après avoir passé une nuit d?horreur que nous ne sommes pas prêts d?oublier. »

Mise à jour de Michael Schwartz


Les statistiques de mortalité citées dans « L?occupation US de l?Irak tue-t-elle 10 000 civils par mois ou beaucoup plus encore ? » sont basées sur une enquête sur les décès causés par la guerre en Irak, publiée dans un autre article plausible pour Projet censuré. L?article original, paru dans The Lancet en 2006, a reçu une couverture dédaigneuse des médias avant de disparaître purement et simplement de la vue des lecteurs, tandis que les grands médias recommençaient à divulguer des estimations partiales qui situaient le nombre d?Irakiens morts à un dixième des calculs de The Lancet. Le blocus de l?information exercé par les consortium médiatiques s?est également étendu à mon article, et n?a pas diminué le moins du monde, même si l?article de The Lancet a résisté plusieurs vagues de critiques,
tandis que d?autres études confirment ou mettent à jour son contenu.

Début 2008, la meilleur estimation, basée sur des extrapolations et des reproductions de l?étude de The Lancet, a révélé que 1,2 millions d?Irakiens sont morts à cause de la guerre. Pour autant que je sache, ce chiffre n?a été relevé dans aucun média aux Etats-Unis.

Le blocus de l?information sur le nombre de victimes a été accompagné d?une autre forme de censure sur une autre preuve capitale contenue dans mon article : la stratégie militaire de l?administration Bush en Irak a provoqué chaque jour de vastes destructions matérielles et une mortalité élevée. Les modes de recrutement exigent que les quelque mille patrouilles US ripostent chaque jour à tout acte hostile avec une écrasante puissance de feu ?armes de faible calibre, artillerie et opérations aériennes laissent derrière elles un cortège de souffrance et provoquent de nombreuses pertes parmi la population civile?. Mais les principaux médias ont refusé de couvrir ce délit de mutilation, même après les réunions de l?organisation « Soldats de l?hiver », de mars 2003, pendant lesquelles plus d?une centaine de vétérans de la guerre en Irak ont reconnu avoir participé à ce qu?ils ont appelé
« des situations génératrices d?atrocités »

L?efficacité du blocus de l?information exercé par les médias a été confirmée par une enquête réalisée par l?Associated Press en février 2007, auprès d?un échantillon représentatif de résidents états-uniens, auxquels on a demandé s?ils avaient une idée du nombre d?Irakiens tués dans la guerre. La moyenne des personnes interrogées a estimé qu?ils étaient moins de 10 000, soit 2% du total réel pour l?époque. Cette ignorance grossière et générale, de même que le déroulement de la guerre en Irak n?a reçu aucune couverture médiatique, même pas de la par de l?Associated Press, qui a commandé l?enquête.

L?organisation « Anciens combattants d?Irak contre la guerre » a placé la brutalité de l?occupation au centre de l?action de ses membres. Le massacre du peuple irakien est au c?ur de leurs revendications. Ils exigent le retrait immédiat et total des troupes des Etats-Unis, tout comme l?organisation des historiques réunions des « Soldats de l?hiver » à Baltimore.

Même si cet événement n?a été relayé par aucun des principaux médias aux USA, le flux de l?information diffusée par Pacifica Radio et le site Web de l?IVAW a enregistré un fort taux d?audience ?y compris parmi un grand nombre de soldats en service actif?, avec les descriptions des atrocités commises par la machine de guerre US. Un nombre croissant de sites indépendants offre à présent une couverture régulière sur cet aspect de la guerre, dont Democracy Now, Tom Dispatch, Dahr Jamail?s Mideast Dispatches, Informed Comment, Antiwar.com, et ZNet.

Mise à jour de Maki Al-Nazzal et Dahr Jamail


La nomination des généraux de l?US Army David Petraeus, à la direction du CentCom et Raymond Odierno, en tant qu?adjoint de Petraeus à la tête de la Force multinationale en Irak, a soulevé le courroux des Irakiens vivant en Syrie et en Cisjordanie. Ces deux généraux, qui ont convaincu les Etats-Unis et la communauté internationale d?une soi-disant « amélioration en Irak », ne semblent par contre pas avoir réussi à convaincre les réfugiés irakiens qu?il y a eu « du mieux » dans leur pays.

« Tout comme l?administration Bush a décoré Paul Bremer (le patron de l?Autorité provisoire de la coalition), d?autres ont été récompensés pour avoir participé à la destruction de l?Irak », se plaignait Muhammad Shamil, un journaliste irakien qui a fui vers la Syrie en 2006. Ce qu?ils appellent violence s?est concentré d?abord dans certaines zones de l?Irak, mais à présent le phénomène a été étendu à tout le pays par les héros de guerre des Etats-Unis. « Ceux qu?ils tuent, expulsent ou capturent se comptent par milliers, depuis Basra (dans le sud) jusqu?à Mossoul (dans le nord) ».

L?espoir d?un retour se fait de plus en plus mince dans l?esprit des réfugiés irakiens. Depuis la parution de cet article, en mars 2008, la crise des réfugiés s?est encore aggravée. La situation s?aggrave du fait que la plupart de ces gens n?ont plus aucune intention de retourner chez eux et préfèrent s?établir ailleurs.

« J?ai décidé de ne plus rêver de rentrer au pays, et d?essayer de construire un nouveau foyer n?importe où dans le monde », a déclaré Maha Numan, 32 ans, réfugié en Syrie. « Voici trois ans que je suis réfugié et que je caresse le rêve de retourner là-bas, mais j?ai décidé de ne plus y rêver. J?ai perdu la foi dans tous les dirigeants du monde après les vagues de violence à Basra, Al-Sadr et aujourd?hui Mossoul. Cette situation ne semble plus avoir de fin, et je dois trouver un refuge sûr pour ma famille ».

« La majorité des Irakiens en Syrie sont plus au courant des nouvelles de leur pays que la plupart des journalistes. Dans n?importe quel cybercafé de Damas, chacun appelle sa ville ou son village natal et fait part aux autres réfugiés irakiens des nouvelles du jour. Les informations sur la violence qui sévit dans une grande partie de l?Irak les renforcent dans leur conviction de rester à l?étranger.

« Aujourd?hui il y a eu quatre explosions à Fallujah ! », s?est exclamé Salam Adel, qui a travaillé comme traducteur pour les troupes US à Fallujah en 2005. « Et ils disent qu?on peut rentrer, que la situation est sûre ! Rentrer pour quoi faire ? Pour se faire tuer par les mines ou les voitures piégées ? »

Pour l?administration Bush, il a été important, du point de vue politique, de faire croire que la situation s?améliore en Irak. Ce genre d?information a été relayé avec la complicité des médias corporatifs. Cependant, 1,5 million d?Irakiens vivant en Syrie et plus de 750 000 en Jordanie ne partagent pas cet avis. Autrement, ils seraient déjà rentrés chez eux.

(A suivre?)

 







9 février 2010 /

Réseau Voltaire



9.2.10 22:40


Pourquoi les USA ferment-ils les yeux sur les bulldozers israéliens ?

La « Palestine » n?est plus. Appelons-la « processus de paix » ou « feuille de route » ; et reprochons-le à la faiblesse de Barack Obama, à son aveu pathétique, puéril - tel un médecin optimiste qui rend un enfant malade sans espoir de guérison à ses parents - qu?une paix au Moyen-Orient était « plus difficile » à réaliser qu?il ne l?avait imaginé.

Alors même que vous lisez ces mots, les bulldozers israéliens et les ordres de démolition sont en train de réduire à néant la dernière chance de paix .
Mais le rêve d?une solution à « deux Etats », israélien et palestinien, règlement sécuritaire inoculé mais noble à des décennies de guerre entre Israéliens et Palestiniens, ce rêve est pour ainsi dire mort.
Tant les Etats-Unis que l?Europe se tiennent maintenant les bras croisés pendant que le gouvernement israélien anéantit avec zèle tout espoir d?Etat palestinien ; alors même que vous lisez ces mots, les bulldozers israéliens et les ordres de démolition sont en train de réduire à néant la dernière chance de paix ; non seulement dans le centre symbolique qu?est Jérusalem elle-même mais - et stratégiquement c?est beaucoup plus important - dans 60% des vastes terres bibliques de la Cisjordanie occupée, dans cette plus grande zone où les juifs désormais sont deux fois plus nombreux que les musulmans.
Cette plus grande partie de la Cisjordanie - connue avec les défunts Accords d?Oslo sous le sobriquet sinistre de « zones C » - est déjà tombée sous une législation israélienne, véritable apartheid par décret : un ensemble de lois israéliennes qui interdisent pratiquement toute construction palestinienne ou aménagement de villages, qui enfoncent sans vergogne les maisons palestiniennes pour lesquelles les permis de construire ont été impossibles à obtenir, ordonnent la destruction même des réseaux d?assainissement que les Palestiniens ont restaurés. Les colons israéliens ne connaissent pas de tels problèmes : c?est pourquoi 300 000 Israéliens vivent maintenant - dans 220 colonies, toutes illégales selon le droit international - sur les terres palestiniennes occupées les plus riches et les plus fertiles.
Quand le vieil envoyé d?Obama, George Mitchell, a repris dans l?humiliation le chemin du retour, cette semaine, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a fêté son départ en plantant des arbres dans deux des trois plus grandes colonies israéliennes autour de Jérusalem. Avec ces arbres, à Gush Etzion et à Ma?aleh Adumim, il a déclaré envoyer un « message clair : nous sommes ici, nous y faisons des projets et nous y construisons ». Ces deux énormes colonies, avec celle d?Ariel au nord de Jérusalem, sont «  une part indiscutable d?Israël et pour toujours ».
C?était ainsi fêter la victoire de Netanyahu sur ce président américain arriviste qui avait osé défier la puissance d?Israël, non seulement au Moyen-Orient mais jusqu?en Amérique. Et pendant que le monde, cette semaine, écoutait Netanyahu commémorer la mémoire de l?Holocauste pour le génocide de six millions de juifs, injuriant l?Iran en le qualifiant de nouvelle Allemagne nazie - supposant le farfelu président d?Iran aussi maléfique qu?Hitler -, pendant que le monde l?écoutait, l?espoir d?un avenir pour la Palestine continuait de partir en miettes. Le président Ahmadinejad d?Iran n?est pas plus Adolf Hitler que les Israéliens sont des nazis. Mais la « menace » de l?Iran distrait le monde. Comme Tony Blair hier, qui essaie de se défiler devant sa responsabilité sanguinaire dans le désastre iraquien.
La véritable catastrophe, pourtant, se poursuit, aux abords de Jérusalem, au milieu des terres, des collines pierreuses et des grottes ancestrales, de la plus grande partie de la Cisjordanie.
 
Robert Fisk
8 janvier 2010 - The Palestine Telegraph - traduction : JPP
mardi 9 février 2010

La « Palestine » n?est plus. Appelons-la « processus de paix » ou « feuille de route » ; et reprochons-le à la faiblesse de Barack Obama, à son aveu pathétique, puéril - tel un médecin optimiste qui rend un enfant malade sans espoir de guérison à ses parents - qu?une paix au Moyen-Orient était « plus difficile » à réaliser qu?il ne l?avait imaginé.



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Alors même que vous lisez ces mots, les bulldozers israéliens et les ordres de démolition sont en train de réduire à néant la dernière chance de paix .


Mais le rêve d?une solution à « deux Etats », israélien et palestinien, règlement sécuritaire inoculé mais noble à des décennies de guerre entre Israéliens et Palestiniens, ce rêve est pour ainsi dire mort.


Tant les Etats-Unis que l?Europe se tiennent maintenant les bras croisés pendant que le gouvernement israélien anéantit avec zèle tout espoir d?Etat palestinien ; alors même que vous lisez ces mots, les bulldozers israéliens et les ordres de démolition sont en train de réduire à néant la dernière chance de paix ; non seulement dans le centre symbolique qu?est Jérusalem elle-même mais - et stratégiquement c?est beaucoup plus important - dans 60% des vastes terres bibliques de la Cisjordanie occupée, dans cette plus grande zone où les juifs désormais sont deux fois plus nombreux que les musulmans.

Cette plus grande partie de la Cisjordanie - connue avec les défunts Accords d?Oslo sous le sobriquet sinistre de « zones C » - est déjà tombée sous une législation israélienne, véritable apartheid par décret : un ensemble de lois israéliennes qui interdisent pratiquement toute construction palestinienne ou aménagement de villages, qui enfoncent sans vergogne les maisons palestiniennes pour lesquelles les permis de construire ont été impossibles à obtenir, ordonnent la destruction même des réseaux d?assainissement que les Palestiniens ont restaurés. Les colons israéliens ne connaissent pas de tels problèmes : c?est pourquoi 300 000 Israéliens vivent maintenant - dans 220 colonies, toutes illégales selon le droit international - sur les terres palestiniennes occupées les plus riches et les plus fertiles.

Quand le vieil envoyé d?Obama, George Mitchell, a repris dans l?humiliation le chemin du retour, cette semaine, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a fêté son départ en plantant des arbres dans deux des trois plus grandes colonies israéliennes autour de Jérusalem. Avec ces arbres, à Gush Etzion et à Ma?aleh Adumim, il a déclaré envoyer un « message clair : nous sommes ici, nous y faisons des projets et nous y construisons ». Ces deux énormes colonies, avec celle d?Ariel au nord de Jérusalem, sont «  une part indiscutable d?Israël et pour toujours ».

C?était ainsi fêter la victoire de Netanyahu sur ce président américain arriviste qui avait osé défier la puissance d?Israël, non seulement au Moyen-Orient mais jusqu?en Amérique. Et pendant que le monde, cette semaine, écoutait Netanyahu commémorer la mémoire de l?Holocauste pour le génocide de six millions de juifs, injuriant l?Iran en le qualifiant de nouvelle Allemagne nazie - supposant le farfelu président d?Iran aussi maléfique qu?Hitler -, pendant que le monde l?écoutait, l?espoir d?un avenir pour la Palestine continuait de partir en miettes. Le président Ahmadinejad d?Iran n?est pas plus Adolf Hitler que les Israéliens sont des nazis. Mais la « menace » de l?Iran distrait le monde. Comme Tony Blair hier, qui essaie de se défiler devant sa responsabilité sanguinaire dans le désastre iraquien.

La véritable catastrophe, pourtant, se poursuit, aux abords de Jérusalem, au milieu des terres, des collines pierreuses et des grottes ancestrales, de la plus grande partie de la Cisjordanie.

 

Robert Fisk

8 janvier 2010 - The Palestine Telegraph - traduction : JPP

mardi 9 février 2010



9.2.10 22:35


Rapport n° 56 sur les violations israéliennes des droits humains

Les Forces d'occupation israéliennes (FOI) continuent d'agresser systématiquement les civils palestiniens et leurs biens dans les Territoires palestiniens occupés (TPO).
Durant la semaine du 28 janvier au 3 février :
- un mineur a été blessé à Beit Ummar, au nord d'Hébron, en Cisjordanie ;
- les FOI ont ouvert le feu depuis la terre, l'air et la mer sur les civils et sur des cibles civiles dans la bande de Gaza ;les FOI ont mené 19 incursions dans les communautés palestiniennes de Cisjordanie :
- elles ont arrêté 20 Palestiniens et un militant états-unien des droits humains ;
- elles ont envahi des domiciles de militants non violents contre la construction du mur d'annexion ;
- un Palestinien a été arrêté par les troupes d'occupation sur un check-point en Cisjordanie ;
- la marine israélienne a continué ses attaques contre les pêcheurs palestiniens dans la bande de Gaza ;
- les FOI ont maintenu un siège total sur les TPO et l'isolement de la bande de Gaza du monde extérieur ;Israël a poursuivi ses activités de colonisation en Cisjordanie et les colons leurs agressions contre les Palestiniens et leurs biens :
- les FOI ont bouclé 150 dunums (15 ha) de terres à Beit Ummar et empêché les Palestiniens d'y accéder ;
- la première pierre d'un nouveau site colonial a été posée dans Hébron ;
- un Palestinien a été obligé de démolir une pièce de sa maison dans la vieille ville de Jérusalem ;
- des colons israéliens ont saisi un étage d'un immeuble appartenant à une famille palestinienne.
Village de Bourin, Naplouse : une Palestinienne regarde avec tristesse un olivier endommagé par les colons israéliens.
Violations israéliennes recensées durant la période du 28 janvier au 3 février 2010
1 - Incursions dans les zones palestiniennes et agressions contre les civils palestiniens et leurs propriétés en Cisjordanie et dans la bande de Gaza
Jeudi 28 janvier
Incursions dans la région d'Hébron : vers minuit, les FOI sont entrées dans le camp de réfugiés d'al-'Aroub, au nord d'Hébron, elles ont fouillé un certain nombre de maisons et arrêté deux Palestiniens, dont un mineur : Jamal Abdul Fattah Nemer Jawabra, 17 ans, et Ashraf Yousef Mahmoud Jawabra, 35 ans.
Vers minuit également, incursion dans le camp de réfugiés d'al-Fawar, au sud-ouest d'Hébron, même opération et arrestation de 2 frères : Khalil Ahmed Khalil al-Hmouz, 21 ans et Fadi Ahmed Khalil al-Hmouz, 19 ans.
Région de Naplouse : vers 1h du matin, incursion dans Naplouse et dans le camp de réfugiés d''Ein Beit al-Maa', à l'ouest de Naplouse. Deux arrestations : Nour Addin Tayzir Abdul Haq, 21 ans du quartier d'al-Makhfeya de Naplouse, et Mu'taz Saleh Khabbas, 18 ans, du camp d''Ein Beit al-Maa'.
Région de Ramallah : vers 1h30, l'armée d'occupation a pénétré dans le village de Bil'in, à l'ouest de Ramallah. Elle a investi et fouillé la maison de Mohammed Abdul Karim al-Khatib, 35 ans ; elle a arrêté al-Khatib et saisi certains de ses documents. Al-Khatib est membre du Comité populaire contre le mur et les colonies à Bil'in. Le Dr Adib Abu Rahma, membre du Comité populaire, a déclaré que 35 militants engagés dans l'action populaire à Bil'in avaient été arrêtés au cours de ces six derniers mois.
Région de Jénine : vers 1h30, incursion dans Al-Yamoun, à l'ouest de Jénine. Fouilles de maisons mais pas d'arrestations. Au même moment, incursion dans le village de Zabouba, à l'ouest de Jénine. Et vers 2h, dans le village d'al-'Irqa.
Région de Jéricho : vers 1h30, l'armée est entrée dans le village d'al-Zubeidat, au nord de Jéricho. Fouille de la maison d'Ahmed Ibrahim al-Zubeidat, l'armée arrête ses deux fils : Ibrahim Ahmed Ibrahim al-Zubeidat, 40 ans, et Eyad Ahmed Ibrahim al-Zubeidat, 33 ans.
Bande de Gaza : 14h00, les FOI pénètrent à 250 mètres dans la localité frontalière de Khuza'a à l'est de Khan Younis. Elles se sont positionnées à l'Est de Khuza'a sur le secteur qui n'est plus habité de la « famille » Abu Rida. Leurs fermes et bâtiments ont été rasés et nivelés. Les FOI ont procédé à l'opération sous la protection de tirs permanents et sans objectifs précis. On ne compte aucune victime.
Vendredi 29 janvier
Hébron : incursion vers 19h30 dans le village de Beit Ummar à nouveau, où l'armée prend position dans la partie est du village. Elle investit et fouille quatre maisons qui se trouvent à environ 100 à 120 mètres du check-point militaire et du mirador qui s'élève près de l'entrée du village de Beit Ummar. L'armée prétendait rechercher un Palestinien qui aurait lancé un cocktail Molotov sur un site militaire.
Selon l'enquête du PCHR, les FOI ont investi des maisons et obligé les habitants à sortir. Elle a gardé en détention les habitants et les a mis sous interrogatoire pendant deux heures successives. Les FOI se sont retirées vers 22h30, sans faire de victimes ni d'arrestations. Les maisons appartiennent à : Ahmed Younis Abu 'Ayash, Mahmoud Younis Abu 'Ayash, Abdul 'Aziz Mahmoud Abu 'Ayash, et Anwar Mahmoud Breighith.
Samedi 30 janvier
Hébron : vers 20h, incursion dans Beit Ummar, bouclage des entrées nord et est du village. L'armée a fait la chasse à des ados et des gamins dans le secteur de Bayad, partie nord-ouest du village. Les enfants et les jeunes ont lancé des pierres sur les soldats de l'occupation qui ont répondu par des bombes sonores et des lacrymogènes. Vers 20h30, Ahmed Mahmoud 'Aziz 'Awad, 17 ans, a été blessé par un éclat dans le dos, quand une bombe sonore a percuté un mur près de lui. 'Awad a été transféré au centre médical du village.
Dimanche 31 janvier
Bande de Gaza : 09h10, depuis la frontière à l'est de Gaza ville, les FOI tirent plusieurs obus sur l'usine de retraitement des ordures ménagères de la municipalité située à Juhr Addiq, localité située entre Gaza ville et la frontière. Les employés ont dû se sauver et aucun n'a été blessé mais ce bombardement a interrompu le retraitement des ordures de tout le nord de la bande de gaza et de Gaza ville. Les ordures restent sur les trottoirs. Ce n'est pas la première fois que les FOI s'en prennent à cette usine.
Lundi 1er février
Hébron : vers 1h du matin, l'armée est entrée dans la ville d'Hébron, elle a fouillé certaines maisons et arrêté deux Palestiniens : 'Azzam Ahmed al-Salyma, 45 ans, et Yousef Ramadan, 34 ans.
Naplouse : incursion dans le village d''Orta, au sud-est de Naplouse. Fouilles de maisons et deux arrestations : Abdul Salam Mohmmed Yousef 'Awwad, 39 ans, et Mohammed Abdul Karim Mohmmed Yousef 'Awwad, 22 ans.
Ramallah : dans le village de Bil'in vers 3h du matin, où l'armée patrouille dans les rues du village, lançant des grenades lacrymogènes et des grenades assourdissantes sur les maisons. Pas d'irruptions dans les maisons ni d'arrestations.
Bande de Gaza : 13h50, du haut de leurs miradors à Beit Haznoun-Erez les FOI aperçoivent un groupe de civils en train de récupérer de la ferraille parmi les décombres de bâtiments détruits dans l'ancienne zone industrielle. Elles leur tirent dessus. Ils parviennent à s'échapper. Pas de victime. 16h00, depuis la frontière à la hauteur de Gaza ville, les FOI ouvrent le feu sur des maisons d'al Shejaeya. Les tirs ne sont manifestement pas ciblés. On ne déplore ni victimes ni dégâts.
Mardi 2 février
Jénine : vers 1h du matin, l'armée entre dans le village de Kafr Ra'i, au sud-ouest de Jénine, pénètre dans des maisons, les fouille, et arrête deux Palestiniens : Bassam Nabil Sa'id Dyab, 24 ans, et Mansour Hafez Najib Melhem, 23 ans.
Vers 1h30, incursion dans Seilat al-Thuhur, au sud de Jénine, même opération, arrestation de Thamin Ahmed Abu Dayak, 27 ans. Celui-ci travaille à l'Institution islamique des Produits alimentaires congelés à Jénine.
Bethléhem : camp de Deishé, au sud-ouest de Bethléhem, où l'armée a fouillé des maisons et arrêté un Palestinien : Hazem Faraj, 37 ans.
Tulkarem : vers 9h, les FOI ont pénétré dans le village de Jabbara, au sud de Tulkarem. Elles ont érigé un barrage volant près de l'entrée du village et l'ont maintenu jusqu'à 17h. Elles ont empêché les civils d'entrer et de sortir du village. Elles les ont fouillés et ont contrôlé leur carte d'identité, retenant des dizaines de véhicules palestiniens. Les FOI ont frappé Tha'er Zeyad Mohammed Saleh, 21 ans, alors qu'il tentait de sortir du village.
Bande de Gaza : 10h00, une vedette garde-côte ouvre le feu sur des bateaux de pêche à la hauteur de Deir Al Balah. Plusieurs canots pneumatiques sont mis à l'eau qui prennent en chasse les bateaux de pêche. Les bouées des filets sont visées. Plusieurs filets sont rendus inutilisables, d'autres sont confisqués. Ils appartiennent à Fawzi Musallam al-'Aqra'a, 'Awni Rashad al-'Aqra'a, Suheil Fayeq al-'Aqra'a, et Sameh Mohammed al-'Aqra'a.
23h45, l'aviation assure 6 frappes sur Rafah ville, au moins 5 missiles sur l'aéroport au sud-est de Rafah et au moins un missile sur un tunnel. Aucune victime. Toutefois la population habitant sur les lieux ciblés a été prise de panique. L'aéroport a été pratiquement entièrement détruit, passé au bulldozer et bombardé à plusieurs reprises au cours de l'Intifada Al Aqsa
Mercredi 3 février
Naplouse : vers 1h du matin, les FOI ont pénétré dans la ville, fouillant un certain nombre de maisons. Elles ont arrêté Sharhabil 'Awwad, 22 ans, du quartier de Makhfeya, au sud-ouest de Naplouse.
Ramallah : à nouveau le village de Bil'in, où l'armée s'en prend cette fois au domicile d'Ibrahim Abdul Fattah Burnat, 29 ans, lui aussi membre du Comité populaire contre le mur et les colonies de Bil'in. Dans le même temps, Hamdi Phathi Abu Rahma, photographe de l'Association des Amis de la liberté et de la justice, arrivait à la maison de Burnat pour couvrir les faits. En outre, un citoyen états-unien, appelé « Stormy », arrivait lui aussi sur les lieux et tentait d'empêcher les FOI d'arrêter Burnat. Les FOI ont arrêté Burnat, Abu Rahma et « Stormy ».
Bande de Gaza : 07h00, les FOI pénètrent à 350 mètres de la frontière à l'est de Jabaliya. Elles nivèlent le terrain en se protégeant par des tirs sporadiques. Elles se retirent à 07h40 sans faire de victimes.
2 - Bouclage maintenu des TPO
Les FOI ont maintenu un siège serré sur les TPO et les restrictions sévères sur les déplacements des Palestiniens dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, dont Jérusalem-Est occupée.
Bande de Gaza
Israël poursuit depuis plus de deux ans et demi la fermeture de tous les postes frontière avec la bande de Gaza. Cette sanction illégale imposée qui a été maintenue fermement depuis Juin 2007 a un impact désastreux sur la situation économique et humanitaire.
1 million 500 mille personnes sont privées de leurs droits fondamentaux - liberté de se déplacer et tous les droits attachés au travail, à la santé et à l'éducation. Leur préoccupation majeure est d'obtenir nourriture, médicaments, eau et électricité.
Israël persiste depuis deux ans et demi à interdire l'entrée des matériaux de construction et, depuis le 10 décembre 2008, n'autorise que des quantités limitées de gaz domestique et de fioul industriel.
Le poste frontière de Rafah International n'est ouvert que quelques jours pour laisser entrer des patients qui sont allés se faire soigner à l'étranger. Celui de Beit Hanoun - Erez reste fermé aux patients désireux de se faire soigner en Israël ou en Cisjordanie, aux commerçants et aux visiteurs. L'entrée de pièces détachées nécessaires à l'entretien du réseau de distribution de l'eau et celui des eaux usées est toujours interdite. Les pertes impliquées dans ce secteur s'élèvent à 6 millions de dollars.
Des restrictions supplémentaires sont venues s'ajouter aux précédentes concernant les diplomates, les journalistes et les « humanitaires » qui veulent entrer dans la bande de Gaza. Les représentants de plusieurs organisations humanitaires internationales ont été refoulés.
Le seuil de pauvreté et le chômage sont en forte augmentation.
Les familles ayant un membre dans une prison israélienne sont interdites de visite depuis plus de deux ans et demi. Les FOI maintiennent leurs attaques contre les pêcheurs tout le long de la côte.
Mouvements des personnes et des biens aux postes frontière
Rafah International
Date
:
Détails
27 janvier
:
6 Palestiniens sortent ;
296 autres rentrent.
28 janvier
:
23 Palestiniens sortent ;
120 autres rentrent.
29 janvier
:
3 Palestiniens rentrent.
30 janvier
:
fermé
31 janvier
:
fermé
1er février
:
4 Palestiniens rentrent.
2 février
:
fermé
Karm Abu Salem (Kerem Shalom)
Date
:
Détails
27 janvier
:
100 containers d'aide alimentaire en provenance d'organisations humanitaires internationales
et des denrées pour les commerçants, 85,5 tonnes de gaz domestique
et 189 100 litres de fioul rentrent ;
un container de fraises sort.
28 janvier
:
124 containers, 105,93 tonnes de gaz et 410 010 litres de fioul rentrent ;
un containeur de fraises sort.
29 janvier
:
fermé
30 janvier
:
fermé
31 janvier
:
124 containers, 85,9 tonnes de gaz et 410 620 litres de fioul rentrent ;
1 container de fraises et 1 containeur de fleurs sortent.
1er février
:
109 containers rentrent ;
1 containeur de fraises sort.
2 février
:
117 containers, 42,35 tonnes de gaz et 261 425 litres de fioul rentrent ;
un containeur de fleurs sort.
Al-Mentar (Karni)
Ouvert le 1er février pour l'entrée de 1 400 tonnes de céréales et 720 tonnes d'aliments pour bétail. Il est resté fermé tous les autres jours de la semaine.
Beit Hanoun (Erez)
Date
Patients
Accompagn.
Arabes
d'Israël
Ambassad.
Presse
Internat.
Gazaouis
Commerç.
26 janvier
55
55
3
1
3
18
2
3
27 janvier
29
29
6
14
4
28 janvier
31
30
3
7
3
46
4
3
29 janvier
3
2
6
14
30 janvier
31 janvier
28
28
24
4
16
1er février
35
35
3
6
8
3
5
2 février
51
49
8
2
2
32
2
2
Cisjordanie
La Cisjordanie tout entière connaît toujours les mêmes restrictions aux déplacements.
L'occupant a installé en Cisjordanie 630 check-points permanents, avec présence ou nom de l'armée. De plus, 60 à 80 barrages « volants » sont posés chaque semaine sur les routes, souvent aux abords des villages pour empêcher d'entrer ou de sortir. Sur les routes et dans les rues des cités de Cisjordanie, comme à Jérusalem-Est les Palestiniens sont harcelés, fréquemment arrêtés, fouillés par les soldats des FOI.
Au moins 65% des routes principales qui mènent au 18 communautés palestiniennes de Cisjordanie sont fermés aux Palestiniens ou totalement contrôlés par les forces d'occupation (47 routes sur 72).
Il y a environ 500 km de routes en Cisjordanie où les Palestiniens ne peuvent pas, ou de façon restreinte, circuler. En outre, un tiers de la Cisjordanie, dont Jérusalem-Est annexée, est inaccessible aux Palestiniens sans un permis spécial délivré par les FOI, permis extrêmement difficile à obtenir.
De surcroît, les Palestiniens sont continuellement arrêtés, fouillés sur les routes de Cisjordanie.
Jérusalem : les FOI ont maintenu les mêmes restrictions sur la cité pour les Palestiniens. Des milliers d'entre eux, de Cisjordanie et de la bande de Gaza ne peuvent toujours y accéder, les barrages sont encore plus hermétiques les vendredis, jours de prière, pour empêcher les Palestiniens d'aller prier à la mosquée al-Aqsa, ceux d'entre eux qui cherchent à contourner les check-points se font violemment frappés par les policiers et les soldats de l'occupation.
Naplouse : le jeudi 28 janvier, les troupes israéliennes ont pris position à l'entrée nord de Naplouse, au check-point « 17 », de même qu'au check-point d'El-Bathan, au nord-est, et monté un barrage autour du village de Talouza, au nord de Naplouse. Des témoins ont déclaré que les FOI avaient arrêté et fouillé les véhicules palestiniens. Dimanche, 31 janvier, l'armée sur le check-point de Za'tarah, au sud de Naplouse, a imposé des restrictions supplémentaires. Mardi 2 février, l'armée a monté un nouveau check-point à l'entrée sud d''Assira, au nord de Naplouse, pour bloquer et fouiller les véhicules palestiniens.
Ramallah : sur les check-points de Jaba' et de Qalandya, au sud-est de Ramallah, des restrictions plus sévères ont été imposées aux Palestiniens ainsi que des contrôles prolongés. Pendant la semaine écoulée, des barrages volants ont été montés pour arrêter les véhicules. Vendredi, 29 janvier, l'armée a fermé le check-point d''Atarah, à l'entrée nord de Birzeit, au nord de Ramallah. Des témoins disent que les FOI ont arrêté, fouillé les véhicules et obligé les gens à faire demi-tour. Au même moment, les troupes montaient un check-point au carrefour de la route de Naplouse/Ramallah, dans le secteur de Wad 'Eyoun El-Haramiyah, au nord de Ramallah. L'armée y a obligé les gens à retourner au check-point de Jaba', à l'entrée sud-ouest de Ramallah. Dimanche, 31 janvier, au check-point de Jaba', les troupes ont imposé des restrictions supplémentaires. Ce check-point est à trois kilomètres de celui de Qalandya et sépare le sud
de la Cisjordanie de ses parties centre et nord.
Bethléhem : le dimanche 31 janvier, vers midi, les FOI stationnées au check-point Container, au nord-est de Bethléhem, ont fermé le passage. Les Palestiniens n'ont pas été autorisés à passer pendant trois heures. Ce check-point, sur la route de Wadi El-Nar, relie les villes du sud de la Cisjordanie aux autres villes cisjordaniennes, et il n'y a aucune autre route pour s'y rendre.
Hébron : le lundi 1er février, les FOI ont posé des check-points provisoires sur les routes qui conduisent à des bandes de terre cultivées dans le nord et le nord-ouest de la ville d'Halhoul, pour empêcher les agriculteurs palestiniens d'arriver à leurs terrains. Mardi 2 février, les FOI ont fermé une route secondaire reliant Al-Dhaheriya et El-Sammou' à la route principale qui conduit aux autres villes dans le sud d'Hébron. La route fut bloquée avec des tas de sable et des cubes de béton.
Arrestations sur les check-points militaires
Mardi 2 février, les troupes d'occupation sur le check-point à l'entrée de Zabouba, un village à l'ouest de Jénine, ont arrêté Mohammed Naseer Mahamid, 20 ans, de ce même village et l'ont emmené vers une destination inconnue.
3 - Construction du mur d'annexion
Si le mur illégal d'annexion se termine, il s'étendra sur 724 kilomètres autour de la Cisjordanie, isolant toujours plus toute une population. 350 km sont déjà construits, dont 99% environ à l'intérieur même du territoire palestinien, confisquant de plus en plus de terres palestiniennes.
Les forces israéliennes d'occupation utilisent toujours la force face aux manifestations non violentes organisées par les Palestiniens, avec des internationaux et des militants israéliens, pour protester contre la construction du mur.
Bourin, village au sud de Naplouse : le matin du jeudi 28 janvier, des groupes d'agriculteurs de Bourin, et d'autres civils venus des villages voisins, se sont dirigés vers des terres cultivées appartenant au village pour planter de jeunes oliviers. Les terrains sont situés le long de la route de contournement qui sépare le village de la colonie Yetsahar. Alors que les Palestiniens plantaient les oliviers, une jeep des FOI est arrivée sur les lieux. Quatre soldats en sont descendus et ont exigé que les Palestiniens quittent le secteur. Ceux-ci ont refusé de partir et les soldats ont alors demandé des renforts. Les soldats ont tenté de forcer les journalistes à s'en aller et de leur confisquer leurs caméras. Puis, les FOI se sont mises à lancer des grenades lacrymogènes et des bombes sonores sur les civils et à les pourchasser pendant environ 200 mètres.
Rami Rouhi Darwish Sweidan, 34 ans, est caméraman pour Ma'an News Agency. Il a fait la déclaration suivante au membre du PCHR :
« Vers 11h30 le jeudi 28 janvier, j'étais en reportage, couvrant la plantation d'oliviers à Bourin, au sud de Naplouse, à l'occasion de la Journée de l'Arbre. Le ministre de l'Agriculture, le sous-secrétaire, des personnalités sociales et des habitants du village participaient à l'évènement. L'initiative avait lieu dans le sud de Bourin, près de la route de contournement. Il y avait une jeep de l'armée dans la zone. Alors que les civils commençaient à planter les arbres, les soldats sont allés embêter les civils. Soudain, quatre soldats s'en sont pris aux quatre journalistes qui couvraient l'évènement, moi-même, Ashraf Abu Shawish qui est photographe de Pal Media Agency, Hassan al-Titi et Abdul Rahim al-Qousin, tous les deux photographes chez Reuters. Les soldats ont essayé de saisir nos caméras. Comme nous refusions de les leur remettre, ils ont lancé des grenades lacrymogènes et des assourdissantes sur nous et nous ont chassés
du secteur avec les agriculteurs. Ils ont appelé une autre jeep de l'armée. Ils nous ont pourchassés au moins sur 200 mètres, continuant à balancer leurs grenades. Nous nous sommes dispersés hors du lieu de la plantation. »
Bil'in, à l'ouest de Ramallah : le vendredi 29 janvier, comme chaque vendredi, après la prière, les Palestiniens avec des internationaux et des militants israéliens se sont rassemblés dans le centre du village puis dirigés vers le mur. Les FOI étaient cachées derrière des blocs de béton. Elles avaient bloqué la porte du mur avec des barbelés. Alors que les manifestants essayaient de passer le mur pour se rendre sur leurs terres situées de l'autre côté, les FOI se sont mises à tirer à balles réelles, à balles caoutchouc, à lancer des grenades lacrymogènes et des bombes sonores. Nombre de manifestants ont suffoqué en inhalant les gaz et certains souffrent de contusions suite aux coups portés par les soldats israéliens.
Ni'lin : même jour, même manifestation palestinienne non violente, les Palestiniens se sont regroupés pour protester contre la construction du mur d'annexion. Ils se sont dirigés vers le mur, tentant d'arriver jusqu'à leurs terres qui sont derrière et qui font partie des terres de Ni'lin. Les FOI les ont empêchés de passer la porte montée dans le mur, et les manifestants se sont mis alors à lancer des pierres sur l'occupant. Lequel a répliqué avec des tirs à balles réelles, balles caoutchouc, des lacrymogènes et des bombes sonores, sur les manifestants. Des dizaines d'entre eux souffrent de l'inhalation des gaz et certains de contusions suite aux coups reçus.
Il faut noter que les FOI avaient fermé les entrées ouest et est du village de Ni'lin dans la matinée, afin d'empêcher les militants de la solidarité, israéliens et internationaux, d'arriver jusqu'au village et de participer à la manifestation.
Wad al-Raya, au nord-ouest de Ramallah, secteur entre les villages d'al-Nabi Saleh et Deir Netham : les Palestiniens se sont rassemblés et ont tenté d'aller sur les terres situées près de la colonie Halmish, pour mettre en terre des plants d'olivier. Les soldats israéliens qui étaient sur les lieux ont tiré des balles caoutchouc, lancé des grenades lacrymogènes et assourdissantes. Nombre de manifestants souffrent des inhalations.
Buqa'a, à l'est d'Hébron : dans l'après-midi de dimanche, 31 janvier, 4 Palestiniens ont été attaqués par les FOI alors qu'ils essayaient de défendre leurs terres qui étaient attaquées par les colons israéliens. Rashid Rabi' Jaber, 16 ans, a été arrêté, puis relâché un peu plus tard, sur caution.
D'après les investigations menées par le PCHR et les déclarations des témoins, notamment d''Ata Abdul Jawad Jaber, il était environ 7h ce dimanche, 31 janvier, quand 5 cars transportant des colons israéliens, la plupart des jeunes, sont arrivés dans le secteur de Buqa'a, à l'est d'Hébron. Les forces dites de « sécurité des colonies », la police des FOI et des véhicules de la municipalité de la colonie de Kiryat Arba'a accompagnaient les colons. Les FOI se sont immédiatement déployées sur la zone et les colons, sous protection militaire, sont entrés sur les terres cultivées situées à proximité des maisons palestiniennes, le long de la route coloniale n° 60. Ils se sont placés à travers tout le secteur, sur plus de 200 dunums. Les colons ont alors planté des pins. Les officiers des FOI qui accompagnaient les colons ont prétendu qu'ils s'agissaient de terres qui étaient la « propriété de l'Etat ». Une quarantaine de
Palestiniens se sont alors regroupés pour empêcher les colons israéliens de planter leurs arbres sur leurs terres et se sont mis à manifester de façon non violente contre les évènements. Les soldats ont immédiatement utilisé la force et les menaces pour faire partir les Palestiniens. Ils ont fourni toute la protection et les facilités nécessaires aux colons pour que ceux-ci puissent continuer leur activité. Les FOI ont arrêté Rashid Rabi' Jaber, 16 ans, et l'ont emmené à la colonie Kiryat Arba'a, au sud-est d'Hébron. Jaber a été relâché le même jour, après que la famille ait payé une caution de 1 200 NIS (environ 230 ?). Les FOI ont accusé Jaber de perturber leur travail dans le secteur.
Les FOI ont bouclé le secteur où se trouvaient présents les Palestiniens et les ont pris en chasse pendant plusieurs heures. Elles ont essayé de les faire partir et de les empêcher de perturber l'activité des colons. Les FOI ont attaqué les civils, en poussant certains violemment ou les jetant au sol. Quatre Palestiniens, dont trois femmes, souffrent de contusions. L'une des femmes blessées a été transférée à l'hôpital du gouvernorat d'Hébron pour des soins, alors que les autres étaient soignées sur place. Les personnes blessées sont : Bakza Ahmed al-Salayma, 65 ans, 'Azzam Ahmed al-Salayma, 45 ans, Najah Fadel Jaber, 50 ans, et Rudaina Bader Jaber, 40 ans.
'Ata Abdul Jawad Jaber a déclaré qu'il y a une semaine, des colons israéliens avaient essayé de s'emparer de certaines terres et de les entourer d'une clôture. Il a expliqué que les FOI étaient intervenues afin de protéger les colons, et qu'elles avaient déclaré lesdites zones « zones militaires fermées » pour empêcher les propriétaires palestiniens de s'y rendre. Les terres visées appartiennent à des Palestiniens qui en possèdent les titres de propriété. Les propriétaires sont : Zeyad Hamouda Jaber et ses frères, Salah Saleh Jaber, Ali Saleh Jaber, Shu'eib Saleh Jaber, Belal Saleh Jaber, héritiers d'Ahmed Asad Jaber, Amjad Ayoub Talhami, 'Azmi al-Salayma et ses frères, Badran Jaber, héritiers de Bader Jaber, héritiers d'Husein al-Za'tari, Kayed Fadel Jaber, Ibrahim Fadel Jaber et 'Ata Abdul Jawad Jaber.
4 - Mesures visant à créer une majorité démographique juive à Jérusalem
Les FOI ont récemment intensifié leurs mesures arbitraires contre les Palestiniens de Jérusalem-Est afin de les obliger à quitter la ville. Le PCHR consacre cette section dans son rapport hebdomadaire aux violations graves des droits humains perpétrées par les FOI contre les Palestiniens à Jérusalem-Est.
Les FOI ont obligé Farouq Bassam al-Mamlouq à démolir une pièce de sa maison dans le secteur d''Aqabet Riman, quartier al-Sa'deyeh, dans la vieille ville de Jérusalem-Est. Les FOI ont prétendu que la pièce avait été construite sans l'autorisation de la municipalité de Jérusalem. Al-Mamlouq vit avec sa famille dans une vieille maison. En 2004, il a construit cette pièce qui mesurait environ 10 m2. Plus tard, la municipalité de Jérusalem lui a imposé une amende de 6 000 NIS (un peu moins de 1 200 ?).
Durant la semaine écoulée, la municipalité de Jérusalem a remis un avis à Abdul Rahman Yousef Abu Farha, 40 ans, lui notifiant l'intention des FOI de démolir sa maison dans le quartier d'al-Sa'deyeh, dans la vieille ville, sous le prétexte de l'absence de permis de construire israélien. La famille Abu Farha est composée de sept membres, dont cinq enfants. Ils vivent dans une maison de 45 m2. En 1997, la municipalité de Jérusalem a contraint Abu Farha à faire des réparations sur sa maison, ou de payer une amende de plus de 1 800 NIS, en plus de 130 NIS pour chaque jour de retard dans la réalisation des réparations. Abu Farha avait fait les réparations malgré ses difficultés économiques.
Le 29 janvier dernier, un groupe de colons israéliens a envahi la maison de Fatma Abdul Dawod al-Dawodi, 80 ans, dans 'Aqabet al-Saraya, à Jérusalem-Est occupée. Les colons ont forcé la serrure de la porte du second étage et sont entrés.
Leur opération fait suite à une décision prise par le tribunal de police israélien de Jérusalem qui autorise les colons à entrer au second étage de la maison. La décision précise que Fatma al-Dawodi sera emprisonné et paiera une amende de 20 000 NIS en cas de non-respect de la décision. Les colons israéliens avaient déjà forcé la porte de la maison familiale d'al-Dawodi en septembre 2009.
5 - Activités de colonisation et agressions par les colons israéliens des civils palestiniens et de leurs biens
Les activités de colonisation se poursuivent dans les TPO en violation du droit humanitaire international, et les colons continuent d'attaquer les Palestiniens.
Le jeudi 28 janvier, dans l'après-midi, les FOI ont remis des avis à un certain nombre de Palestiniens de Beit Ummar, au nord d'Hébron, déclarant qu'il leur était interdit de se rendre sur environ 150 dunums (15 ha) de leurs terres, prétendant en être les propriétaires.
D'après l'enquête du PCHR et les déclarations de Mohammed 'Ayad 'Awad, coordinateur du projet de solidarité à Beit Ummar, les avis militaires, publiés le 28 janvier 2010, étaient signés par le « commandant de la région Centre des Forces de défense israéliennes ». Les avis militaires exigent que les propriétaires des terres visées ne doivent pas y être présents ; ces terres sont situées dans la zone de Shamaleya, au nord du village. Les terres représentent environ 150 dunums. Les avis étaient attachés à des cartes qui situaient les terrains ; ceux-ci appartiennent à Mohammed Ahmed Ibrahim Thalji 'Adi, Mahmoud Ahmed Ibrahim Thalji 'Adi, Ali Ahmed Ibrahim Thalji 'Adi, Ibrahim Ahmed Ibrahim Thalji 'Adi et Fathi Ahmed Abdul Hamid Jaber Salibi.
Il faut indiquer que la délivrance de ces avis est une mesure d'un nouveau genre prise par les FOI à Beit Ummar. C'est la première fois qu'une telle mesure est appliquée. Les FOI écartaient en permanence les Palestiniens de leurs terres, dans la ligne des agressions continuelles réalisées par les colons israéliens. Les terres ciblées sont des terres cultivées qui ont été soumises aux attaques des colons de la colonie Bat 'Ein, au nord de Beit Ummar, l'été dernier. Le PCHR est préoccupé parce que cette mesure pourrait annoncer d'autres mesures militaires du même ordre ciblant des centaines de dunums près de la zone de Wadi Abu al-Rish.
Samedi matin, 30 janvier, des dizaines de fermiers palestiniens, avec des internationaux et des Israéliens défenseurs des droits humains, se sont dirigés vers les terres agricoles situées dans le nord de Beit Ummar, pour y planter des oliviers et tailler les arbres. Vers 9h30, les FOI sont arrivées sur les lieux et ont empêché les Palestiniens et les militants d'arriver sur place sous le prétexte que la zone était « propriété de l'Etat » et que les Palestiniens n'avaient pas le droit de s'y rendre en vertu d'un ordre militaire publié ce jeudi, 28 janvier.
Samedi après-midi, 30 janvier, les FOI ont fait la chasse à des bergers palestiniens qui étaient accompagnés de militants du mouvement Ta'ayush, dans les secteurs d'Um Zaytouna et d'al-Mafqara, à al-Musafer, à l'est de Yatta, dans la région sud d'Hébron. Les FOI ont fait partir les bergers de ces deux zones qui sont fermées au profit des colonies Maoun et Karmael, pour permettre aux colons israéliens de contrôler des centaines de dunums, dont ces terres agricoles avec leurs récoltes d'hiver.
Dimanche matin, 31 janvier, des membres du gouvernement israélien ont posé la première pierre d'un nouveau complexe colonial à proximité de la colonie Beit Hajai, au sud d'Hébron. Cette pierre a été posée par Beini Beighen, ministre sans portefeuille, et il fut annoncé que cette structure comprendrait dix nouveaux logements. Beighen a prétendu que la nouvelle colonie avait reçu son approbation il y a trois mois, quand « trois mille maisons ont été autorisées en Judée et Samarie » avant la décision du gouvernement de suspendre temporairement les activités de colonisation en Cisjordanie, suspension qui ne concerne pas Jérusalem-Est.
Document public
Pour plus d'informations, notamment les noms des victimes, merci de consulter le site (pchrgaza) ou de contacter le PCHR à son bureau de Gaza, par mel (pchr@pchrgaza ou par téléphone (+972 (0)8 2824776 - 2825893).
info-palestine

Les Forces d'occupation israéliennes (FOI) continuent d'agresser systématiquement les civils palestiniens et leurs biens dans les Territoires palestiniens occupés (TPO).

Durant la semaine du 28 janvier au 3 février :


  • - un mineur a été blessé à Beit Ummar, au nord d'Hébron, en Cisjordanie ;
  • - les FOI ont ouvert le feu depuis la terre, l'air et la mer sur les civils et sur des cibles civiles dans la bande de Gaza ;les FOI ont mené 19 incursions dans les communautés palestiniennes de Cisjordanie :

    • - elles ont arrêté 20 Palestiniens et un militant états-unien des droits humains ;
    • - elles ont envahi des domiciles de militants non violents contre la construction du mur d'annexion ;
    • - un Palestinien a été arrêté par les troupes d'occupation sur un check-point en Cisjordanie ;

  • - la marine israélienne a continué ses attaques contre les pêcheurs palestiniens dans la bande de Gaza ;
  • - les FOI ont maintenu un siège total sur les TPO et l'isolement de la bande de Gaza du monde extérieur ;Israël a poursuivi ses activités de colonisation en Cisjordanie et les colons leurs agressions contre les Palestiniens et leurs biens :

    • - les FOI ont bouclé 150 dunums (15 ha) de terres à Beit Ummar et empêché les Palestiniens d'y accéder ;
    • - la première pierre d'un nouveau site colonial a été posée dans Hébron ;
    • - un Palestinien a été obligé de démolir une pièce de sa maison dans la vieille ville de Jérusalem ;
    • - des colons israéliens ont saisi un étage d'un immeuble appartenant à une famille palestinienne.




    Village de Bourin, Naplouse : une Palestinienne regarde avec tristesse un olivier endommagé par les colons israéliens.

    Violations israéliennes recensées durant la période du 28 janvier au 3 février 2010

    1 - Incursions dans les zones palestiniennes et agressions contre les civils palestiniens et leurs propriétés en Cisjordanie et dans la bande de Gaza

    Jeudi 28 janvier

    Incursions dans la région d'Hébron : vers minuit, les FOI sont entrées dans le camp de réfugiés d'al-'Aroub, au nord d'Hébron, elles ont fouillé un certain nombre de maisons et arrêté deux Palestiniens, dont un mineur : Jamal Abdul Fattah Nemer Jawabra, 17 ans, et Ashraf Yousef Mahmoud Jawabra, 35 ans.

    Vers minuit
    également, incursion dans le camp de réfugiés d'al-Fawar, au sud-ouest d'Hébron, même opération et arrestation de 2 frères : Khalil Ahmed Khalil al-Hmouz, 21 ans et Fadi Ahmed Khalil al-Hmouz, 19 ans.

    Région de Naplouse : vers 1h du matin, incursion dans Naplouse et dans le camp de réfugiés d''Ein Beit al-Maa', à l'ouest de Naplouse. Deux arrestations : Nour Addin Tayzir Abdul Haq, 21 ans du quartier d'al-Makhfeya de Naplouse, et Mu'taz Saleh Khabbas, 18 ans, du camp d''Ein Beit al-Maa'.

    Région de Ramallah : vers 1h30, l'armée d'occupation a pénétré dans le village de Bil'in, à l'ouest de Ramallah. Elle a investi et fouillé la maison de Mohammed Abdul Karim al-Khatib, 35 ans ; elle a arrêté al-Khatib et saisi certains de ses documents. Al-Khatib est membre du Comité populaire contre le mur et les colonies à Bil'in. Le Dr Adib Abu Rahma, membre du Comité populaire, a déclaré que 35 militants engagés dans l'action
    populaire à Bil'in avaient été arrêtés au cours de ces six derniers mois.

    Région de Jénine : vers 1h30, incursion dans Al-Yamoun, à l'ouest de Jénine. Fouilles de maisons mais pas d'arrestations. Au même moment, incursion dans le village de Zabouba, à l'ouest de Jénine. Et vers 2h, dans le village d'al-'Irqa.

    Région de Jéricho : vers 1h30, l'armée est entrée dans le village d'al-Zubeidat, au nord de Jéricho. Fouille de la maison d'Ahmed Ibrahim al-Zubeidat, l'armée arrête ses deux fils : Ibrahim Ahmed Ibrahim al-Zubeidat, 40 ans, et Eyad Ahmed Ibrahim al-Zubeidat, 33 ans.

    Bande de Gaza : 14h00, les FOI pénètrent à 250 mètres dans la localité frontalière de Khuza'a à l'est de Khan Younis. Elles se sont positionnées à l'Est de Khuza'a sur le secteur qui n'est plus habité de la « famille » Abu Rida. Leurs fermes et bâtiments ont été rasés et nivelés. Les FOI ont procédé à l'opération sous la
    protection de tirs permanents et sans objectifs précis. On ne compte aucune victime.

    Vendredi 29 janvier

    Hébron : incursion vers 19h30 dans le village de Beit Ummar à nouveau, où l'armée prend position dans la partie est du village. Elle investit et fouille quatre maisons qui se trouvent à environ 100 à 120 mètres du check-point militaire et du mirador qui s'élève près de l'entrée du village de Beit Ummar. L'armée prétendait rechercher un Palestinien qui aurait lancé un cocktail Molotov sur un site militaire.

    Selon l'enquête du PCHR, les FOI ont investi des maisons et obligé les habitants à sortir. Elle a gardé en détention les habitants et les a mis sous interrogatoire pendant deux heures successives. Les FOI se sont retirées vers 22h30, sans faire de victimes ni d'arrestations. Les maisons appartiennent à : Ahmed Younis Abu 'Ayash, Mahmoud Younis Abu 'Ayash, Abdul 'Aziz Mahmoud Abu 'Ayash, et Anwar
    Mahmoud Breighith.

    Samedi 30 janvier

    Hébron : vers 20h, incursion dans Beit Ummar, bouclage des entrées nord et est du village. L'armée a fait la chasse à des ados et des gamins dans le secteur de Bayad, partie nord-ouest du village. Les enfants et les jeunes ont lancé des pierres sur les soldats de l'occupation qui ont répondu par des bombes sonores et des lacrymogènes. Vers 20h30, Ahmed Mahmoud 'Aziz 'Awad, 17 ans, a été blessé par un éclat dans le dos, quand une bombe sonore a percuté un mur près de lui. 'Awad a été transféré au centre médical du village.

    Dimanche 31 janvier

    Bande de Gaza : 09h10, depuis la frontière à l'est de Gaza ville, les FOI tirent plusieurs obus sur l'usine de retraitement des ordures ménagères de la municipalité située à Juhr Addiq, localité située entre Gaza ville et la frontière. Les employés ont dû se sauver et aucun n'a été blessé mais ce
    bombardement a interrompu le retraitement des ordures de tout le nord de la bande de gaza et de Gaza ville. Les ordures restent sur les trottoirs. Ce n'est pas la première fois que les FOI s'en prennent à cette usine.

    Lundi 1er février

    Hébron : vers 1h du matin, l'armée est entrée dans la ville d'Hébron, elle a fouillé certaines maisons et arrêté deux Palestiniens : 'Azzam Ahmed al-Salyma, 45 ans, et Yousef Ramadan, 34 ans.

    Naplouse : incursion dans le village d''Orta, au sud-est de Naplouse. Fouilles de maisons et deux arrestations : Abdul Salam Mohmmed Yousef 'Awwad, 39 ans, et Mohammed Abdul Karim Mohmmed Yousef 'Awwad, 22 ans.

    Ramallah : dans le village de Bil'in vers 3h du matin, où l'armée patrouille dans les rues du village, lançant des grenades lacrymogènes et des grenades assourdissantes sur les maisons. Pas d'irruptions dans les maisons ni d'arrestations.

    Bande de Gaza : 13h50, du haut de
    leurs miradors à Beit Haznoun-Erez les FOI aperçoivent un groupe de civils en train de récupérer de la ferraille parmi les décombres de bâtiments détruits dans l'ancienne zone industrielle. Elles leur tirent dessus. Ils parviennent à s'échapper. Pas de victime. 16h00, depuis la frontière à la hauteur de Gaza ville, les FOI ouvrent le feu sur des maisons d'al Shejaeya. Les tirs ne sont manifestement pas ciblés. On ne déplore ni victimes ni dégâts.

    Mardi 2 février

    Jénine : vers 1h du matin, l'armée entre dans le village de Kafr Ra'i, au sud-ouest de Jénine, pénètre dans des maisons, les fouille, et arrête deux Palestiniens : Bassam Nabil Sa'id Dyab, 24 ans, et Mansour Hafez Najib Melhem, 23 ans.

    Vers 1h30, incursion dans Seilat al-Thuhur, au sud de Jénine, même opération, arrestation de Thamin Ahmed Abu Dayak, 27 ans. Celui-ci travaille à l'Institution islamique des Produits alimentaires congelés à
    Jénine.

    Bethléhem : camp de Deishé, au sud-ouest de Bethléhem, où l'armée a fouillé des maisons et arrêté un Palestinien : Hazem Faraj, 37 ans.

    Tulkarem : vers 9h, les FOI ont pénétré dans le village de Jabbara, au sud de Tulkarem. Elles ont érigé un barrage volant près de l'entrée du village et l'ont maintenu jusqu'à 17h. Elles ont empêché les civils d'entrer et de sortir du village. Elles les ont fouillés et ont contrôlé leur carte d'identité, retenant des dizaines de véhicules palestiniens. Les FOI ont frappé Tha'er Zeyad Mohammed Saleh, 21 ans, alors qu'il tentait de sortir du village.

    Bande de Gaza : 10h00, une vedette garde-côte ouvre le feu sur des bateaux de pêche à la hauteur de Deir Al Balah. Plusieurs canots pneumatiques sont mis à l'eau qui prennent en chasse les bateaux de pêche. Les bouées des filets sont visées. Plusieurs filets sont rendus inutilisables, d'autres sont confisqués. Ils
    appartiennent à Fawzi Musallam al-'Aqra'a, 'Awni Rashad al-'Aqra'a, Suheil Fayeq al-'Aqra'a, et Sameh Mohammed al-'Aqra'a.

    23h45, l'aviation assure 6 frappes sur Rafah ville, au moins 5 missiles sur l'aéroport au sud-est de Rafah et au moins un missile sur un tunnel. Aucune victime. Toutefois la population habitant sur les lieux ciblés a été prise de panique. L'aéroport a été pratiquement entièrement détruit, passé au bulldozer et bombardé à plusieurs reprises au cours de l'Intifada Al Aqsa

    Mercredi 3 février

    Naplouse : vers 1h du matin, les FOI ont pénétré dans la ville, fouillant un certain nombre de maisons. Elles ont arrêté Sharhabil 'Awwad, 22 ans, du quartier de Makhfeya, au sud-ouest de Naplouse.

    Ramallah : à nouveau le village de Bil'in, où l'armée s'en prend cette fois au domicile d'Ibrahim Abdul Fattah Burnat, 29 ans, lui aussi membre du Comité populaire contre le mur et les colonies
    de Bil'in. Dans le même temps, Hamdi Phathi Abu Rahma, photographe de l'Association des Amis de la liberté et de la justice, arrivait à la maison de Burnat pour couvrir les faits. En outre, un citoyen états-unien, appelé « Stormy », arrivait lui aussi sur les lieux et tentait d'empêcher les FOI d'arrêter Burnat. Les FOI ont arrêté Burnat, Abu Rahma et « Stormy ».

    Bande de Gaza : 07h00, les FOI pénètrent à 350 mètres de la frontière à l'est de Jabaliya. Elles nivèlent le terrain en se protégeant par des tirs sporadiques. Elles se retirent à 07h40 sans faire de victimes.

    2 - Bouclage maintenu des TPO

    Les FOI ont maintenu un siège serré sur les TPO et les restrictions sévères sur les déplacements des Palestiniens dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, dont Jérusalem-Est occupée.

    Bande de Gaza

    Israël poursuit depuis plus de deux ans et demi la fermeture de tous les postes
    frontière avec la bande de Gaza. Cette sanction illégale imposée qui a été maintenue fermement depuis Juin 2007 a un impact désastreux sur la situation économique et humanitaire.

    1 million 500 mille personnes sont privées de leurs droits fondamentaux - liberté de se déplacer et tous les droits attachés au travail, à la santé et à l'éducation. Leur préoccupation majeure est d'obtenir nourriture, médicaments, eau et électricité.

    Israël persiste depuis deux ans et demi à interdire l'entrée des matériaux de construction et, depuis le 10 décembre 2008, n'autorise que des quantités limitées de gaz domestique et de fioul industriel.

    Le poste frontière de Rafah International n'est ouvert que quelques jours pour laisser entrer des patients qui sont allés se faire soigner à l'étranger. Celui de Beit Hanoun - Erez reste fermé aux patients désireux de se faire soigner en Israël ou en Cisjordanie, aux
    commerçants et aux visiteurs. L'entrée de pièces détachées nécessaires à l'entretien du réseau de distribution de l'eau et celui des eaux usées est toujours interdite. Les pertes impliquées dans ce secteur s'élèvent à 6 millions de dollars.

    Des restrictions supplémentaires sont venues s'ajouter aux précédentes concernant les diplomates, les journalistes et les « humanitaires » qui veulent entrer dans la bande de Gaza. Les représentants de plusieurs organisations humanitaires internationales ont été refoulés.

    Le seuil de pauvreté et le chômage sont en forte augmentation.

    Les familles ayant un membre dans une prison israélienne sont interdites de visite depuis plus de deux ans et demi. Les FOI maintiennent leurs attaques contre les pêcheurs tout le long de la côte.

    Mouvements des personnes et des biens aux postes frontière

    Rafah International



































    Date : Détails
    27 janvier : 6 Palestiniens sortent ;
    296 autres rentrent.
    28 janvier : 23 Palestiniens sortent ;
    120 autres rentrent.
    29 janvier : 3 Palestiniens rentrent.
    30 janvier : fermé
    31 janvier : fermé
    1er février : 4 Palestiniens rentrent.
    2 février : fermé


    Karm Abu Salem (Kerem Shalom)



































    Date : Détails
    27 janvier : 100 containers d'aide alimentaire en provenance d'organisations humanitaires internationales
    et des denrées pour les commerçants, 85,5 tonnes de gaz domestique
    et 189 100 litres de fioul rentrent ;
    un container de fraises sort.
    28 janvier : 124 containers, 105,93 tonnes de gaz et 410 010 litres de fioul rentrent ;
    un containeur de fraises sort.
    29 janvier : fermé
    30 janvier : fermé
    31 janvier : 124 containers, 85,9 tonnes de gaz et 410 620 litres de fioul rentrent ;
    1 container de fraises et 1 containeur de fleurs sortent.
    1er février : 109 containers rentrent ;
    1 containeur de fraises sort.
    2 février : 117 containers, 42,35 tonnes de gaz et 261 425 litres de fioul rentrent ;
    un containeur de fleurs sort.


    Al-Mentar (Karni)

    Ouvert le 1er février pour l'entrée de 1 400 tonnes de céréales et 720 tonnes d'aliments pour bétail. Il est resté fermé tous les autres jours de la semaine.

    Beit Hanoun (Erez)





























































































    Date Patients Accompagn. Arabes
    d'Israël
    Ambassad. Presse Internat. Gazaouis Commerç.
    26 janvier 55 55 3 1 3 18 2 3
    27 janvier 29 29 6 14 4
    28 janvier 31 30 3 7 3 46 4 3
    29 janvier 3 2 6 14
    30 janvier
    31 janvier 28 28 24 4 16
    1er février 35 35 3 6 8 3 5
    2 février 51 49 8 2 2 32 2 2


    Cisjordanie

    La Cisjordanie tout entière connaît toujours les mêmes restrictions aux déplacements.

    L'occupant a installé en Cisjordanie 630 check-points permanents, avec présence ou nom de l'armée. De plus, 60 à 80 barrages « volants » sont posés chaque semaine sur les routes, souvent aux abords des villages pour empêcher d'entrer ou de sortir. Sur les routes et dans les rues des cités de Cisjordanie, comme à Jérusalem-Est les Palestiniens sont harcelés, fréquemment arrêtés, fouillés par les soldats des FOI.

    Au moins 65% des routes principales qui mènent au 18 communautés palestiniennes de Cisjordanie sont fermés aux Palestiniens ou totalement contrôlés par les forces d'occupation (47 routes sur 72).

    Il y a environ 500 km de routes en Cisjordanie où les Palestiniens ne peuvent pas, ou de façon restreinte, circuler. En outre, un tiers de la Cisjordanie,
    dont Jérusalem-Est annexée, est inaccessible aux Palestiniens sans un permis spécial délivré par les FOI, permis extrêmement difficile à obtenir.

    De surcroît, les Palestiniens sont continuellement arrêtés, fouillés sur les routes de Cisjordanie.

    Jérusalem : les FOI ont maintenu les mêmes restrictions sur la cité pour les Palestiniens. Des milliers d'entre eux, de Cisjordanie et de la bande de Gaza ne peuvent toujours y accéder, les barrages sont encore plus hermétiques les vendredis, jours de prière, pour empêcher les Palestiniens d'aller prier à la mosquée al-Aqsa, ceux d'entre eux qui cherchent à contourner les check-points se font violemment frappés par les policiers et les soldats de l'occupation.

    Naplouse : le jeudi 28 janvier, les troupes israéliennes ont pris position à l'entrée nord de Naplouse, au check-point « 17 », de même qu'au check-point d'El-Bathan, au nord-est, et monté un
    barrage autour du village de Talouza, au nord de Naplouse. Des témoins ont déclaré que les FOI avaient arrêté et fouillé les véhicules palestiniens. Dimanche, 31 janvier, l'armée sur le check-point de Za'tarah, au sud de Naplouse, a imposé des restrictions supplémentaires. Mardi 2 février, l'armée a monté un nouveau check-point à l'entrée sud d''Assira, au nord de Naplouse, pour bloquer et fouiller les véhicules palestiniens.

    Ramallah : sur les check-points de Jaba' et de Qalandya, au sud-est de Ramallah, des restrictions plus sévères ont été imposées aux Palestiniens ainsi que des contrôles prolongés. Pendant la semaine écoulée, des barrages volants ont été montés pour arrêter les véhicules. Vendredi, 29 janvier, l'armée a fermé le check-point d''Atarah, à l'entrée nord de Birzeit, au nord de Ramallah. Des témoins disent que les FOI ont arrêté, fouillé les véhicules et obligé les gens à faire
    demi-tour. Au même moment, les troupes montaient un check-point au carrefour de la route de Naplouse/Ramallah, dans le secteur de Wad 'Eyoun El-Haramiyah, au nord de Ramallah. L'armée y a obligé les gens à retourner au check-point de Jaba', à l'entrée sud-ouest de Ramallah. Dimanche, 31 janvier, au check-point de Jaba', les troupes ont imposé des restrictions supplémentaires. Ce check-point est à trois kilomètres de celui de Qalandya et sépare le sud de la Cisjordanie de ses parties centre et nord.

    Bethléhem : le dimanche 31 janvier, vers midi, les FOI stationnées au check-point Container, au nord-est de Bethléhem, ont fermé le passage. Les Palestiniens n'ont pas été autorisés à passer pendant trois heures. Ce check-point, sur la route de Wadi El-Nar, relie les villes du sud de la Cisjordanie aux autres villes cisjordaniennes, et il n'y a aucune autre route pour s'y rendre.

    Hébron : le lundi 1er février,
    les FOI ont posé des check-points provisoires sur les routes qui conduisent à des bandes de terre cultivées dans le nord et le nord-ouest de la ville d'Halhoul, pour empêcher les agriculteurs palestiniens d'arriver à leurs terrains. Mardi 2 février, les FOI ont fermé une route secondaire reliant Al-Dhaheriya et El-Sammou' à la route principale qui conduit aux autres villes dans le sud d'Hébron. La route fut bloquée avec des tas de sable et des cubes de béton.

    Arrestations sur les check-points militaires

    Mardi 2 février, les troupes d'occupation sur le check-point à l'entrée de Zabouba, un village à l'ouest de Jénine, ont arrêté Mohammed Naseer Mahamid, 20 ans, de ce même village et l'ont emmené vers une destination inconnue.

    3 - Construction du mur d'annexion

    Si le mur illégal d'annexion se termine, il s'étendra sur 724 kilomètres autour de la Cisjordanie, isolant toujours plus toute une
    population. 350 km sont déjà construits, dont 99% environ à l'intérieur même du territoire palestinien, confisquant de plus en plus de terres palestiniennes.

    Les forces israéliennes d'occupation utilisent toujours la force face aux manifestations non violentes organisées par les Palestiniens, avec des internationaux et des militants israéliens, pour protester contre la construction du mur.

    Bourin, village au sud de Naplouse : le matin du jeudi 28 janvier, des groupes d'agriculteurs de Bourin, et d'autres civils venus des villages voisins, se sont dirigés vers des terres cultivées appartenant au village pour planter de jeunes oliviers. Les terrains sont situés le long de la route de contournement qui sépare le village de la colonie Yetsahar. Alors que les Palestiniens plantaient les oliviers, une jeep des FOI est arrivée sur les lieux. Quatre soldats en sont descendus et ont exigé que les Palestiniens quittent le
    secteur. Ceux-ci ont refusé de partir et les soldats ont alors demandé des renforts. Les soldats ont tenté de forcer les journalistes à s'en aller et de leur confisquer leurs caméras. Puis, les FOI se sont mises à lancer des grenades lacrymogènes et des bombes sonores sur les civils et à les pourchasser pendant environ 200 mètres.

    Rami Rouhi Darwish Sweidan, 34 ans, est caméraman pour Ma'an News Agency. Il a fait la déclaration suivante au membre du PCHR :

    « Vers 11h30 le jeudi 28 janvier, j'étais en reportage, couvrant la plantation d'oliviers à Bourin, au sud de Naplouse, à l'occasion de la Journée de l'Arbre. Le ministre de l'Agriculture, le sous-secrétaire, des personnalités sociales et des habitants du village participaient à l'évènement. L'initiative avait lieu dans le sud de Bourin, près de la route de contournement. Il y avait une jeep de l'armée dans la zone. Alors que les civils commençaient à planter
    les arbres, les soldats sont allés embêter les civils. Soudain, quatre soldats s'en sont pris aux quatre journalistes qui couvraient l'évènement, moi-même, Ashraf Abu Shawish qui est photographe de Pal Media Agency, Hassan al-Titi et Abdul Rahim al-Qousin, tous les deux photographes chez Reuters. Les soldats ont essayé de saisir nos caméras. Comme nous refusions de les leur remettre, ils ont lancé des grenades lacrymogènes et des assourdissantes sur nous et nous ont chassés du secteur avec les agriculteurs. Ils ont appelé une autre jeep de l'armée. Ils nous ont pourchassés au moins sur 200 mètres, continuant à balancer leurs grenades. Nous nous sommes dispersés hors du lieu de la plantation.
    »

    Bil'in, à l'ouest de Ramallah : le vendredi 29 janvier, comme chaque vendredi, après la prière, les Palestiniens avec des internationaux et des militants israéliens se sont rassemblés dans le centre du village puis dirigés
    vers le mur. Les FOI étaient cachées derrière des blocs de béton. Elles avaient bloqué la porte du mur avec des barbelés. Alors que les manifestants essayaient de passer le mur pour se rendre sur leurs terres situées de l'autre côté, les FOI se sont mises à tirer à balles réelles, à balles caoutchouc, à lancer des grenades lacrymogènes et des bombes sonores. Nombre de manifestants ont suffoqué en inhalant les gaz et certains souffrent de contusions suite aux coups portés par les soldats israéliens.

    Ni'lin : même jour, même manifestation palestinienne non violente, les Palestiniens se sont regroupés pour protester contre la construction du mur d'annexion. Ils se sont dirigés vers le mur, tentant d'arriver jusqu'à leurs terres qui sont derrière et qui font partie des terres de Ni'lin. Les FOI les ont empêchés de passer la porte montée dans le mur, et les manifestants se sont mis alors à lancer des pierres sur
    l'occupant. Lequel a répliqué avec des tirs à balles réelles, balles caoutchouc, des lacrymogènes et des bombes sonores, sur les manifestants. Des dizaines d'entre eux souffrent de l'inhalation des gaz et certains de contusions suite aux coups reçus.

    Il faut noter que les FOI avaient fermé les entrées ouest et est du village de Ni'lin dans la matinée, afin d'empêcher les militants de la solidarité, israéliens et internationaux, d'arriver jusqu'au village et de participer à la manifestation.

    Wad al-Raya, au nord-ouest de Ramallah, secteur entre les villages d'al-Nabi Saleh et Deir Netham : les Palestiniens se sont rassemblés et ont tenté d'aller sur les terres situées près de la colonie Halmish, pour mettre en terre des plants d'olivier. Les soldats israéliens qui étaient sur les lieux ont tiré des balles caoutchouc, lancé des grenades lacrymogènes et assourdissantes. Nombre de manifestants souffrent des
    inhalations.

    Buqa'a, à l'est d'Hébron : dans l'après-midi de dimanche, 31 janvier, 4 Palestiniens ont été attaqués par les FOI alors qu'ils essayaient de défendre leurs terres qui étaient attaquées par les colons israéliens. Rashid Rabi' Jaber, 16 ans, a été arrêté, puis relâché un peu plus tard, sur caution.

    D'après les investigations menées par le PCHR et les déclarations des témoins, notamment d''Ata Abdul Jawad Jaber, il était environ 7h ce dimanche, 31 janvier, quand 5 cars transportant des colons israéliens, la plupart des jeunes, sont arrivés dans le secteur de Buqa'a, à l'est d'Hébron. Les forces dites de « sécurité des colonies », la police des FOI et des véhicules de la municipalité de la colonie de Kiryat Arba'a accompagnaient les colons. Les FOI se sont immédiatement déployées sur la zone et les colons, sous protection militaire, sont entrés sur les terres cultivées situées à
    proximité des maisons palestiniennes, le long de la route coloniale n° 60. Ils se sont placés à travers tout le secteur, sur plus de 200 dunums. Les colons ont alors planté des pins. Les officiers des FOI qui accompagnaient les colons ont prétendu qu'ils s'agissaient de terres qui étaient la « propriété de l'Etat ». Une quarantaine de Palestiniens se sont alors regroupés pour empêcher les colons israéliens de planter leurs arbres sur leurs terres et se sont mis à manifester de façon non violente contre les évènements. Les soldats ont immédiatement utilisé la force et les menaces pour faire partir les Palestiniens. Ils ont fourni toute la protection et les facilités nécessaires aux colons pour que ceux-ci puissent continuer leur activité. Les FOI ont arrêté Rashid Rabi' Jaber, 16 ans, et l'ont emmené à la colonie Kiryat Arba'a, au sud-est d'Hébron. Jaber a été relâché le même jour, après que la famille ait payé une
    caution de 1 200 NIS (environ 230 ?). Les FOI ont accusé Jaber de perturber leur travail dans le secteur.

    Les FOI ont bouclé le secteur où se trouvaient présents les Palestiniens et les ont pris en chasse pendant plusieurs heures. Elles ont essayé de les faire partir et de les empêcher de perturber l'activité des colons. Les FOI ont attaqué les civils, en poussant certains violemment ou les jetant au sol. Quatre Palestiniens, dont trois femmes, souffrent de contusions. L'une des femmes blessées a été transférée à l'hôpital du gouvernorat d'Hébron pour des soins, alors que les autres étaient soignées sur place. Les personnes blessées sont : Bakza Ahmed al-Salayma, 65 ans, 'Azzam Ahmed al-Salayma, 45 ans, Najah Fadel Jaber, 50 ans, et Rudaina Bader Jaber, 40 ans.

    'Ata Abdul Jawad Jaber a déclaré qu'il y a une semaine, des colons israéliens avaient essayé de s'emparer de certaines terres et de les entourer d'une
    clôture. Il a expliqué que les FOI étaient intervenues afin de protéger les colons, et qu'elles avaient déclaré lesdites zones « zones militaires fermées » pour empêcher les propriétaires palestiniens de s'y rendre. Les terres visées appartiennent à des Palestiniens qui en possèdent les titres de propriété. Les propriétaires sont : Zeyad Hamouda Jaber et ses frères, Salah Saleh Jaber, Ali Saleh Jaber, Shu'eib Saleh Jaber, Belal Saleh Jaber, héritiers d'Ahmed Asad Jaber, Amjad Ayoub Talhami, 'Azmi al-Salayma et ses frères, Badran Jaber, héritiers de Bader Jaber, héritiers d'Husein al-Za'tari, Kayed Fadel Jaber, Ibrahim Fadel Jaber et 'Ata Abdul Jawad Jaber.

    4 - Mesures visant à créer une majorité démographique juive à Jérusalem

    Les FOI ont récemment intensifié leurs mesures arbitraires contre les Palestiniens de Jérusalem-Est afin de les obliger à quitter la ville. Le PCHR consacre cette section dans
    son rapport hebdomadaire aux violations graves des droits humains perpétrées par les FOI contre les Palestiniens à Jérusalem-Est.

    Les FOI ont obligé Farouq Bassam al-Mamlouq à démolir une pièce de sa maison dans le secteur d''Aqabet Riman, quartier al-Sa'deyeh, dans la vieille ville de Jérusalem-Est. Les FOI ont prétendu que la pièce avait été construite sans l'autorisation de la municipalité de Jérusalem. Al-Mamlouq vit avec sa famille dans une vieille maison. En 2004, il a construit cette pièce qui mesurait environ 10 m2. Plus tard, la municipalité de Jérusalem lui a imposé une amende de 6 000 NIS (un peu moins de 1 200 ?).

    Durant la semaine écoulée, la municipalité de Jérusalem a remis un avis à Abdul Rahman Yousef Abu Farha, 40 ans, lui notifiant l'intention des FOI de démolir sa maison dans le quartier d'al-Sa'deyeh, dans la vieille ville, sous le prétexte de l'absence de permis de construire israélien. La
    famille Abu Farha est composée de sept membres, dont cinq enfants. Ils vivent dans une maison de 45 m2. En 1997, la municipalité de Jérusalem a contraint Abu Farha à faire des réparations sur sa maison, ou de payer une amende de plus de 1 800 NIS, en plus de 130 NIS pour chaque jour de retard dans la réalisation des réparations. Abu Farha avait fait les réparations malgré ses difficultés économiques.

    Le 29 janvier dernier, un groupe de colons israéliens a envahi la maison de Fatma Abdul Dawod al-Dawodi, 80 ans, dans 'Aqabet al-Saraya, à Jérusalem-Est occupée. Les colons ont forcé la serrure de la porte du second étage et sont entrés.

    Leur opération fait suite à une décision prise par le tribunal de police israélien de Jérusalem qui autorise les colons à entrer au second étage de la maison. La décision précise que Fatma al-Dawodi sera emprisonné et paiera une amende de 20 000 NIS en cas de non-respect de la
    décision. Les colons israéliens avaient déjà forcé la porte de la maison familiale d'al-Dawodi en septembre 2009.

    5 - Activités de colonisation et agressions par les colons israéliens des civils palestiniens et de leurs biens

    Les activités de colonisation se poursuivent dans les TPO en violation du droit humanitaire international, et les colons continuent d'attaquer les Palestiniens.

    Le jeudi 28 janvier, dans l'après-midi, les FOI ont remis des avis à un certain nombre de Palestiniens de Beit Ummar, au nord d'Hébron, déclarant qu'il leur était interdit de se rendre sur environ 150 dunums (15 ha) de leurs terres, prétendant en être les propriétaires.

    D'après l'enquête du PCHR et les déclarations de Mohammed 'Ayad 'Awad, coordinateur du projet de solidarité à Beit Ummar, les avis militaires, publiés le 28 janvier 2010, étaient signés par le « commandant de la région Centre des Forces de
    défense israéliennes
    ». Les avis militaires exigent que les propriétaires des terres visées ne doivent pas y être présents ; ces terres sont situées dans la zone de Shamaleya, au nord du village. Les terres représentent environ 150 dunums. Les avis étaient attachés à des cartes qui situaient les terrains ; ceux-ci appartiennent à Mohammed Ahmed Ibrahim Thalji 'Adi, Mahmoud Ahmed Ibrahim Thalji 'Adi, Ali Ahmed Ibrahim Thalji 'Adi, Ibrahim Ahmed Ibrahim Thalji 'Adi et Fathi Ahmed Abdul Hamid Jaber Salibi.

    Il faut indiquer que la délivrance de ces avis est une mesure d'un nouveau genre prise par les FOI à Beit Ummar. C'est la première fois qu'une telle mesure est appliquée. Les FOI écartaient en permanence les Palestiniens de leurs terres, dans la ligne des agressions continuelles réalisées par les colons israéliens. Les terres ciblées sont des terres cultivées qui ont été soumises aux attaques des colons de la colonie
    Bat 'Ein, au nord de Beit Ummar, l'été dernier. Le PCHR est préoccupé parce que cette mesure pourrait annoncer d'autres mesures militaires du même ordre ciblant des centaines de dunums près de la zone de Wadi Abu al-Rish.

    Samedi matin, 30 janvier, des dizaines de fermiers palestiniens, avec des internationaux et des Israéliens défenseurs des droits humains, se sont dirigés vers les terres agricoles situées dans le nord de Beit Ummar, pour y planter des oliviers et tailler les arbres. Vers 9h30, les FOI sont arrivées sur les lieux et ont empêché les Palestiniens et les militants d'arriver sur place sous le prétexte que la zone était « propriété de l'Etat » et que les Palestiniens n'avaient pas le droit de s'y rendre en vertu d'un ordre militaire publié ce jeudi, 28 janvier.

    Samedi après-midi, 30 janvier, les FOI ont fait la chasse à des bergers palestiniens qui étaient accompagnés de militants du mouvement Ta'ayush,
    dans les secteurs d'Um Zaytouna et d'al-Mafqara, à al-Musafer, à l'est de Yatta, dans la région sud d'Hébron. Les FOI ont fait partir les bergers de ces deux zones qui sont fermées au profit des colonies Maoun et Karmael, pour permettre aux colons israéliens de contrôler des centaines de dunums, dont ces terres agricoles avec leurs récoltes d'hiver.

    Dimanche matin, 31 janvier, des membres du gouvernement israélien ont posé la première pierre d'un nouveau complexe colonial à proximité de la colonie Beit Hajai, au sud d'Hébron. Cette pierre a été posée par Beini Beighen, ministre sans portefeuille, et il fut annoncé que cette structure comprendrait dix nouveaux logements. Beighen a prétendu que la nouvelle colonie avait reçu son approbation il y a trois mois, quand « trois mille maisons ont été autorisées en Judée et Samarie » avant la décision du gouvernement de suspendre temporairement les activités de
    colonisation en Cisjordanie, suspension qui ne concerne pas Jérusalem-Est.


    Document public

    Pour plus d'informations, notamment les noms des victimes, merci de consulter le site (pchrgaza) ou de contacter le PCHR à son bureau de Gaza, par mel pchr@pchrgaza.org)" target=_blank>(pchr@pchrgaza ou par téléphone (+972 (0)8 2824776 - 2825893).

    info-palestine



  • 5.2.10 21:52


    L’inévitable régime binational

    La stratégie du « diviser pour régner » est un moyen notoire de domination colonialiste ; toutefois, nous sommes au XXIe siècle et aujourd?hui les traditions impérialistes sont considérées comme un chapitre infâme de l?histoire du monde occidental, écrit Meron Benvenisti.
    L?article ci-dessous, extrait d?un livre, a été publié aujourd?hui dans l?édition de Haaretz en hébreu. Il n?a pas été publié dans l?édition anglaise du journal, mais il a été traduit par les professeurs Zalman Amit and Daphna Levitt et circule par courriel.
     

     
    Meron Benvenisti
    Les analyses rigoureuses de Meron Benvenisti hérissent souvent, aussi bien la droite que la gauche. Il a été maire-adjoint de Jérusalem dans les années 70, chargé de l?administration des secteurs arabes annexés de la ville. Dans les années 80, avant la première intifada, il a fondé et dirigé le West Bank Data Project , qui a mis en lumière les effets des politiques israéliennes. Sa conclusion la plus controversée est que ces politiques correspondent à une annexion de facto. Il a prétendu, qu?à cause des colonies (qui à l?époque n?étaient que des miettes par rapport à aujourd?hui), la situation était devenue irréversible. En conséquence, Benvenisti maintient depuis longtemps que, pour des raisons de population et de ressources, la terre située entre le Jourdain et la Méditerranée ne peut pas accueillir deux États.
    Parmi ses livres, on citera : Jerusalem : The Torn City (1977) ; Conflicts and Contradictions : Israel, the Arabs and the West Bank (1986) ; Intimate Enemies : Jews and Arabs in a Shared Land (1995) ; City of Stone : The Hidden History of Jerusalem (1996) ; et Sacred Landscape : The Buried History of the Holy Land since 1948 (2000).
    L?inévitable régime binational
    Meron Benvenisti
    Les territoires ont été occupés en 1967 comme suite à une action militaire, mais l?aspect militaire a rapidement cédé le pas à l?élément « civil » - à savoir les colonies - qui sont devenues le facteur prépondérant, subjuguant les militaires à leurs besoins et mettant les forces de sécurité au service du groupe ethnique juif. Finalement, les colonies elles-mêmes n?étaient plus aussi significatives qu?elles ne l?avaient été à une époque.
    Dans les années 70 et 80, le simple fait de construire et de peupler des colonies dans n?importe quel point des territoires a joué un rôle essentiel dans la création de faits accomplis politiques. Ceux qui ont implanté les colonies dans le bloc Katif de la bande de Gaza, ou au coeur de la Samarie et en Judée septentrionale ont présumé que les Palestiniens resteraient soumis à jamais ; autrement, comment expliquer pourquoi on aurait créé des villes juives au sein de populations arabes ? Les colons ont prétendu dès le début que le sionisme faisait fi de la réalité. Le sionisme a réussi, disaient-ils, précisément parce qu?il avait ignoré la réalité. Par conséquent, les arguments démographiques et géographiques utilisés contre les colons s?évaporaient dans la ferveur de leur imagination.
    Les colonies, pièces de musée
    Vers la fin des années 80, les colonies ont franchi le seuil critique au-delà duquel leur croissance démographique et urbaine était assurée. Les dirigeants des colonies ont créé avec succès un groupe de pression puissant qui chevauchait la Ligne verte. Il s?ensuit que l?infrastructure juridique et physique, qui rendait possible l?annexion de facto des territoires, était solidement ancrée. À partir de là, le nombre de colonies, et même la taille de leur population, sont devenus sans importance parce que l?appareil de domination israélienne avait été raffiné au point de brouiller totalement la distinction entre Israël proprement dit et les territoires occupés, et entre d?une part, les colonies de Cisjordanie et de la bande de Gaza et d?autre part, les communautés juives à l?intérieur d?Israël. De même, la confiscation de terres a cessé d?avoir principalement pour but d?y construire des colonies, pour devenir
    avant tout le moyen de gêner les mouvements de la population palestinienne et de s?approprier son espace physique.
    Dans le nouveau paradigme, les colonies ne sont plus importantes en tant qu?instruments de contrôle spatial. La barrière/mur de séparation et ses portes, les « routes stériles » et une myriade de règlements militaires se sont substitués aux colonies en tant que symboles du sionisme.
    Néanmoins, la plupart des colonies, aussi bien grandes que petites, ont continué à gaspiller les ressources publiques à une échelle colossale tout en prétendant à tort qu?elles étaient « le noyau de l?entreprise idéologique sioniste » et qu?elles étaient nécessaires pour sa sécurité. Quarante ans après la création de la première colonie, « la colonie » - tout comme le kibboutz et le mochav et comme les colonies entourées de palissades et dotées d?un mirador de la période antérieure à l?État- est devenue une autre pièce au musée des antiquités sionistes. L?âge de l?idéologie est terminé ; la construction de colonies et leur démantèlement sont devenus un passe-temps dépassé sans incidence réelle sur les développements politiques, si ce n?est comme symbole et moyen de mobiliser aussi bien la droite que la gauche.
    La tentative de désigner les colonies - et les colons - comme les principaux obstacles à la paix est un alibi pratique, masquant l?implication de tout le corps israélien dans le maintien et l?expansion du régime de coercition et de discrimination dans les territoires occupés et la préservation des bénéfices qu?il en retire.
    À la fin des années 80, après deux décennies d?occupation, le contrôle israélien des territoires situés au-delà de la Ligne verte est devenu quasi permanent, et la souveraineté s?exerçait uniquement vis-à-vis des résidents palestiniens : en ce qui concerne les citoyens israéliens et leurs intérêts, l?annexion des territoires est un fait accompli. Définir les territoires comme « occupés » est en fait une tentative de donner un caractère temporaire à leur situation qui se terminera « lorsqu?il y aura la paix » et cela permet de ne pas résoudre « entre-temps » les dilemmes immédiats. Le terme est une béquille pour ceux qui recherchent des précédents optimistes, leur permettant de croire que cette occupation se terminera, comme toutes les autres avant elle. Ce choix linguistique contribue donc à masquer et noyer la réalité des territoires, encourageant ainsi le maintien du statu quo.
    Un statu quo quasi stable
    La poursuite du statu quo crée une situation quasi stable : la communauté juive - réseau décousu de cultures et de tribus ethniques en tension permanente - est soudée par l?inimitié de « l?Autre » palestinien et par sa volonté de le gouverner. L?unité vis-à-vis du monde extérieur lui permet de maintenir son contrôle et de mettre en oeuvre avec succès une stratégie de morcellement de la communauté palestinienne.
    La stratégie du « diviser pour régner » est un moyen notoire de domination colonialiste ; toutefois, nous sommes au XXIe siècle et aujourd?hui les traditions impérialistes sont considérées comme un chapitre infâme de l?histoire du monde occidental. Au fil de trois générations, le peuple palestinien a été réduit en miettes. Il a non seulement été écrasé par la force, mais a également assumé des identités fractionnées et s?est soumis aux programmes qui lui étaient dictés : l?Autorité palestinienne représente ostensiblement le peuple palestinien, mais en fait elle ne représente que la partie palestinienne vivant en Cisjordanie et se débat dans le « processus de paix » pour améliorer les conditions d?un quart seulement de la nation palestinienne tout entière. Les habitants de Jérusalem-Est veulent uniquement qu?on les laisse tranquilles et ne veulent pas être forcés (« par patriotisme ») à renoncer
    aux privilèges dont ils bénéficient en tant que résidents israéliens ; dans le débat sur le détachement des quartiers arabes périphériques, les habitants de Jérusalem-Est veulent rester annexés à Israël. Les Israéliens palestiniens (« Arabes israéliens ») se battent pour qu?on les reconnaisse en tant que « minorité nationale » et exigent des droits individuels et collectifs égaux sous le régime israélien. Ils n?associent pas leur lutte à celle de leurs frères qui vivent de l?autre côté du mur / barrière de séparation. Les Israéliens palestiniens se battent pour « l?égalité » et leurs « droits de citoyens » tandis que les Palestiniens des territoires occupés se battent pour « l?autodétermination ». Les militants du Hamas de la bande de Gaza ne s?intéressent pas aux implications de leur rhétorique pour les intérêts de l?ensemble de la nation palestinienne. Quant aux Palestiniens de la
    diaspora, ils continuent à trimballer les clés de la maison qu?ils ont quittée en 1948 et rêvent du « Retour ».
    La division des Palestiniens en sous - communautés n?a pas encore atteint son accomplissement et les contraintes politiques, économiques et sécuritaires approfondissent le retranchement des identités divisées, qui assument lentement des caractéristiques culturelles et même linguistiques séparées. Au fil des générations, l?entreprise sioniste - dont le développement a défié la communauté arabe palestinienne, et a donc contribué à son unification en un groupe national distinct - est devenue la force dominante sous l?emprise de laquelle la communauté palestinienne a éclaté.
    Processus du morcellement palestinien
    Le morcellement est devenu le principal outil du contrôle israélien désireux de préserver sa domination sur Israël/Palestine depuis le fleuve jusqu?à la mer. Le morcellement lui sert d?assurance contre la « menace démographique » puisque très bientôt, les Palestiniens auront la majorité numérique dans la région. La communauté juive au pouvoir continuera, même lorsqu?elle deviendra minoritaire, à imposer ce morcellement aux Palestiniens en utilisant la carotte et le bâton habituels, en dictant le programme, en menaçant, en maniant les punitions collectives et les pots de vin. Ceci préservera, voire approfondira, le manque de coordination, la divergence d?intérêts des communautés palestiniennes divisées et assurera la domination de la communauté juive - intérieurement fragmentée, mais donnant une image extérieure de cohésion - sur les Palestiniens morcelés, assurant par là même le statu quo.
    Durant les années 60 et 70, la politique de morcellement visait une minorité d? « Arabes israéliens ». Maintenant, elle est mise en oeuvre d?une manière extrêmement sophistiquée pour 5 millions de Palestiniens, sans attirer guère d?attention. Ce n?est pas par accident que la propagande israélienne n?a pas intérêt à mettre en lumière les réalisations du morcellement ; au contraire, Israël agite le spectre de la « menace existentielle » contre un adversaire monolithique, afin de rallier des partisans contre « les forces sombres de l?islamofascisme. En cela, les sionistes sont inconsciemment aidés par les milieux de gauche et le « camp de la paix » qui restent attachés à la notion romantique d?un peuple palestinien soudé, uni dans sa lutte pour la liberté. À eux se joignent des porte-parole palestiniens qui considèrent que parler du succès du morcellement relève d?une propagande hostile. Même ceux qui
    sont au courant sont surpris quand on attire leur attention sur l?étendue du processus de morcellement. Leur attention est détournée vers des questions marginales et plusieurs organisations concurrentes appuient chacune un groupe fragmenté, exécutent des programmes différents et retiennent l?attention, exacerbant par là même, le morcellement et la confusion. Le paradoxe est que les tentatives sérieuses d?aborder des programmes palestiniens séparés qui prétendent contester le statu quo, ne font en fait que le renforcer.
    La place proéminente des « relations internationales » et le discours diplomatique en sont l?exemple le plus frappant. Des négociations inutiles et de longues discussions entre experts sur des « questions clés » se poursuivent pendant des décennies sans produire de changement dans les arguments et les contre-arguments éculés tandis que la réalité est transformée et que le « processus de paix » sert de rideau derrière lequel s?est retranchée la règle du diviser pour régner.
    Un concept unique de souveraineté
    La position sioniste traditionnelle consistant à nier l?existence même d?une nation palestinienne ne peut pas servir de réponse à la demande palestinienne d?autodétermination dans les territoires occupés. Néanmoins, les Israéliens cherchent à limiter ce concept à un quart seulement des Palestiniens, ceux qui vivent en Cisjordanie. À leur intention, ils ont inventé un concept d? « État » unique : sa « souveraineté » sera éparpillée, privée d?infrastructures physiques unies/intégrées, sans liens directs avec le monde extérieur et limitée à la hauteur de ses bâtiments résidentiels et à la profondeur de ses tombes. L?espace aérien et les ressources en eau resteront sous contrôle israélien. Les patrouilles d?hélicoptères, les ondes hertziennes, les manettes des pompes à eau et les interrupteurs électriques, l?enregistrement des résidents et l?émission de cartes d?identité, ainsi que les
    laissez-passer d?entrée et de sortie, seront également contrôlés (directement ou indirectement) par les Israéliens. Cette caricature ridicule d?un État palestinien, décapité et sans pieds, sans avenir , sans aucune chance de développement est présentée comme l?accomplissement du but de symétrie et d?égalité inhérent au vieux slogan « deux États pour deux peuples ». Il a l?appui, même des partisans loyaux du « Grand Israël » et le « camp de la paix » traditionnel se réjouit de son triomphe.
    Des pans importants du « camp de la paix » israélien qui croit fermement dans la « partition de la terre » comme principe métapolitique, sont contents ; ils croient qu?ils ont gagné le débat idéologique, historique avec la droite. Maintenant, ils peuvent charger toute la tragédie palestinienne sur une entité qui englobe moins de 10 % de la Palestine historique. En outre, ce serait la solution pour tous les réfugiés à l?extérieur de Palestine « qui peuvent rentrer dans le mini État palestinien » et aussi offrir une solution pour les Palestiniens israéliens qui peuvent obtenir leurs droits collectifs dans un État palestinien. C?est en fait une solution bon marché et pratique ; après tout, elle se base en apparence sur le modèle vénérable du « conflit national » et la solution classique de deux États pour deux peuples.
    Mais comment se fait-il qu?Ariel Sharon, Ehud Olmert et Benyamin Netanyahou, rejetons du « camp nationaliste » soient devenus les champions de l? « État-nation palestinien » ? Qu?est-ce qui les a amenés à croire qu?il n?y a qu?une seule entité collective légitime - les Palestiniens étant simplement des bandes terroristes - pour déclarer que le conflit est national et que par conséquent la solution consiste en une partition entre « deux États-nations » ? La cause en est les Palestiniens, qui en lançant l?intifada d?al-Aqsa ont obligé les Israéliens à se rendre compte qu?ils sont irrépressibles et ne peuvent être ni ignorés ni déportés. L?intifada a forcé les Israéliens, pour la première fois de leur histoire, à délimiter les frontières géographiques de leur expansion, à construire des barrières et des barrages routiers et à abandonner les zones peuplées risquant de renverser l?équilibre
    démographique. Les zones restantes, fragmentées et non viables, peuvent être déclarées comme l?État palestinien.
    Effacer de la conscience
    Cette prise de conscience a coûté cher aux relations inter communautaires. Les événements violents de l?intifada ont amené le public israélien - juif à une croisée des chemins dans ses relations avec ses voisins - ennemis. Pour la première fois depuis que la rencontre tragique a commencé il y a plus d?un siècle, les juifs ont tourné le dos aux Palestiniens, les ont effacés de leur conscience, les ont emprisonnés derrière des murs impénétrables. Les juifs ont voulu se rassembler dans un ghetto et ont prié pour que la Méditerranée soit à sec afin qu?un pont puisse être construit pour les relier à l?Europe. Cette mentalité se manifeste dans les deux monuments récemment construits et dont le symbolisme dépasse la valeur fonctionnelle : la gigantesque barrière/mur de séparation et l?aéroport colossal de Ben Gourion. Le mur a pour fonction de cacher les Palestiniens et de les effacer de la conscience israélienne, tandis
    que l?aéroport sert de porte d?évasion.
    Ostensiblement, cela n?est pas nouveau : le public juif a toujours aliéné et ignoré les Arabes. Mais c?était une indifférence intime , similaire à la manière dont une personne approche sa propre ombre ; elle peut l?ignorer, mais elle ne peut jamais s?en débarrasser. Le processus de désengagement mental est continu, mais il n?y a pas de doute que l?apparition des commandos- suicides l?a accéléré. Il ne pouvait pas y avoir de considération intime pour une culture qui alimente un phénomène aussi monstrueux et les Palestiniens étaient par conséquent complices dans le divorce qui leur était imposé. Les milieux racistes de droite ont exploité la situation et ont transformé des émotions diffuses en un plan pratique de « transfert » (ou expulsion) et de refus des droits civiques ; les militants des droits humains se sont opposés aux injustices et se sont heurtés à l?indifférence ; les mouvements politiques
    excellent à effacer les Arabes de la conscience israélienne ; et ceux qui mettent en garde (tout cela est une illusion) qu?il est impossible d?effacer des millions d?êtres humains, sont traités avec hostilité. La droite israélienne manifeste du mépris à l?égard de la « racaille » arabe et croit qu?il est possible de contrôler les Arabes par des tours de passe-passe et des menaces, tandis que la gauche israélienne joue avec des plans de paix théoriques et se garde de s?impliquer dans les difficultés quotidiennes de la population palestinienne ; ensemble, ils répètent tous le slogan « nous somment ici et eux sont là-bas ».
    Statu quo durable
    Il est réaliste de conclure qu?Israël continuera à gérer le conflit en fragmentant les Palestiniens. Le statu quo perdurera aussi longtemps que les forces qui souhaitent le préserver sont plus fortes que celles qui désirent le saper et telle est la situation aujourd?hui en Israël/Palestine.Après près d?un demi-siècle, le système de gouvernement israélien connu sous le nom d? « occupation » - qui assure le contrôle complet de tout agent ou processus qui met en danger la domination totale de la communauté juive ainsi que les avantages politiques et matériels que celle-ci accumule- est devenu de plus en plus sophistiqué de façon empirique, réaction non planifiée à quelque code génétique de la société colonisatrice qui a supplanté l?autre. Ce statu quo, qui semble chaotique et instable est beaucoup plus solide que la description conventionnelle de la situation parlant d?une « occupation militaire temporaire » ne
    le laisserait penser. C?est précisément parce que le statu quo est essentiellement trouble et mal défini que son ambiguïté assure sa durabilité : il se prête à des interprétations différentes et conflictuelles et semble préférable aux scénarios apocalyptiques ; c?est pourquoi il est persuasif.
    Le statu quo volatile survit grâce à une combinaison de plusieurs facteurs :
    1. Le morcellement de la communauté palestinienne et l?excitation des fragments restants les uns contre les autres.
    2. La mobilisation de la communauté juive en faveur du régime d?occupation, perçu comme une sauvegarde de son existence même.
    3. Le financement du statu quo par les « pays donateurs ».
    4. Une stratégie à l?égard des pays voisins donnant la priorité aux intérêts bilatéraux et mondiaux plutôt qu?à la solidarité ethnique arabe.
    5. Le succès de la campagne de propagande connue sous le nom de « négociations avec les Palestiniens » qui convainc beaucoup que le statu quo est temporaire et que par conséquent ils peuvent continuer à s?amuser avec les alternatives théoriques à « l?arrangement du statut final ».
    6. La réduction au silence de toutes les critiques en les taxant de haine et d?antisémitisme ; répulsion à l?égard de qui oserait dire que le statu quo est durable et ne sera pas facilement changé.
    Changements internes
    Il ne faut pas déduire que le statu quo est gelé ; bien au contraire, les mesures prises pour le perpétuer entraînent des conséquences à long terme. Le détachement de Gaza n?est pas temporaire, mais quasi permanent et il affectera l?avenir du peuple palestinien. Avoir détaché Gaza de la Cisjordanie a créé deux entités séparées et Israël peut inscrire une autre victoire à son actif dans le processus de morcellement : 1,5 million de Palestiniens sont en voie de réaliser une caricature d?État qui comprend 1,5 % de la Palestine historique où habitent 30 % de son peuple.
    Le canton cisjordanien, dont la surface rétrécit rapidement sous l?effet d?une colonisation de masse est considéré comme le coeur des Palestiniens sous occupation. Toutefois, il subit des changements politiques et économiques rapides qui ressemblent à ceux qu?ont connu les Palestiniens israéliens après 1948, avec des différences évidentes en raison des circonstances historiques et de la taille de la population. Il semble que beaucoup de Cisjordaniens se soient véritablement lassés de la violence qui les a conduits au désastre, ce qui oblige les Israéliens à tenir compte du caractère non-violent de le leur lutte et de l?accumulation par leur communauté de pouvoir économique et socioculturel.
    Tous ces changements, ainsi que d?autres, intervenus dans le statu quo, sont significatifs, mais restent internes et se déroulent sous le contrôle d?Israël qui peut les accélérer ou les ralentir en fonction de ses intérêts. Toutefois, sans la permission, ou du moins l?indifférence des puissances extérieures, le statu quo ne pourrait pas durer. Des contributions financières massives libèrent Israël du fardeau que représente le coût énorme du maintien de son contrôle sur les Palestiniens et créent un système de corruption et d?intérêts acquis. L?existence artificielle de l?Autorité palestinienne perpétue en soi le statu quo parce qu?il alimente l?illusion que la situation est temporaire et que le « processus de paix » y mettra bientôt fin.
    Disparités économiques
    Habituellement, l?accent porte sur l?inégalité politique et civile et le refus de droits collectifs que le modèle de partition - ou le modèle de partage du pouvoir - est censé résoudre. Mais l?inégalité économique, l?iniquité plus importante encore et plus dangereuse qui caractérise la situation actuelle ne seront corrigées par aucune des deux solutions. Il y a un écart gigantesque dans le produit intérieur brut par habitant entre Palestiniens et Israéliens : il est de plus de 1 : 10 en Cisjordanie et de 1 :20 dans la Bande de Gaza ; il y a également une disparité énorme dans l?utilisation des ressources naturelles (terres, eau). Cet écart ne peut pas durer sans la force des armes mise en oeuvre si efficacement par l?établissement de défense israélien qui applique un système de contrôle draconien. Même la plupart des Israéliens qui s?opposent à « l?occupation » ne veulent pas y renoncer parce que leur
    bien-être personnel en pâtirait. Tous les systèmes économiques, sociaux et spatiaux de gouvernance dans les territoires occupés sont conçus pour maintenir et sauvegarder les privilèges israéliens et la prospérité des deux côtés de la « Ligne verte » aux dépens de millions de Palestiniens captifs et appauvris.
    Il faut donc rechercher un paradigme différent pour décrire l?état des choses plus de 40 ans après que Israël/Palestine est devenu à nouveau une unité géopolitique suivant 19 ans de partition. Le terme « régime binational de facto » est préférable au paradigme occupant/occupé parce qu?il décrit la dépendance mutuelle des deux sociétés ainsi que les liens physiques, économiques, symboliques et culturels qui ne peuvent pas être rompus sans un coût intolérable. Décrire la situation comme étant binationale de facto n?indique pas qu?il y ait parité entre Israéliens et Palestiniens ; bien au contraire, la description souligne la domination totale par la nation juive - israélienne sur une nation palestinienne morcelée, aussi bien territorialement que socialement. Aucun paradigme d?occupation militaire ne peut refléter les bantoustans créés dans les territoires occupés qui séparent une population libre et prospère,
    ayant un PIB brut de près de 30 000 $ par habitant, d?une population dominée, incapable de façonner son propre avenir, ayant un PIB de 1500 $ par habitant. Aucun paradigme d?occupation militaire ne peut expliquer comment la moitié des zones occupées (« zone C ») ont été essentiellement annexées, laissant à la population occupée des terres séparées sans existence viable. Seule une stratégie d?annexion et de domination permanente peut expliquer la vaste entreprise de colonisation et les énormes investissements effectués dans les logements et l?infrastructure.
    Histoire du dilemme binational - partition
    Le dilemme binational/partition n?est pas nouveau pour les deux mouvements nationaux. Les Palestiniens, qui ont rejeté la résolution de partition des Nations unies de 1947, ont dit dans leur convention nationale que la Palestine est « une unité territoriale intégrale ». Ce principe est devenu dans les années 70 le concept d?une « Palestine démocratique non sectaire (ou laïque) ». En 1974, l?OLP a abordé dans sa réflexion politique l?idée de la partition. Elle a adopté le Plan par phases : « nous continuerons à lutter pour obtenir les droits du peuple palestinien au retour et à l?autodétermination dans le contexte d?un État palestinien national indépendant dans toute partie du sol palestinien, à titre intermédiaire, sans compromis, reconnaissance ou négociation ». En 1988, l?OLP a toutefois modifié cette stratégie par le biais des négociations pour arriver à la formule actuelle de partition en suivant les
    lignes de l?armistice de 1967. Donc les Palestiniens n?ont accepté l?option de partition qu?il y a 20 ans.
    Jusque vers le milieu des années 40, le sioniste a officiellement défini son objectif national final exclusivement par la transformation de la Palestine Eretz Israël en une entité indépendante ayant une écrasante majorité juive. L?objectif final de tous les mouvements nationaux (création d?un État souverain) était sous-entendu les sionistes s?identifiant comme un mouvement de libération nationale. Toutefois, le débat sur les avantages qu?il y avait à mettre l?accent sur l?objectif final s?est poursuivi pendant toute l?histoire du mouvement sioniste. Le leadership officiel s?est efforcé de formuler des objectifs politiques intermédiaires et ceux-ci ont changé en fonction des conditions politiques. Dans l?ordre chronologique, ses objectifs ont été : un foyer national, une immigration sans restriction et la création d?une majorité juive, un « sionisme organique » (c?est-à-dire colonisation et un secteur
    économique juif indépendant) ; le partage du pouvoir (« parité ») avec les Arabes (indépendamment de la taille de la population) ; un État binational ; une fédération de cantons juifs et arabes ; la partition. Ce n?est qu?au début des années 40, que les sionistes ont ouvertement et officiellement soulevé la demande d?un État juif souverain. Les objectifs territoriaux du mouvement sioniste étaient également ambigus. L?accord sur la partition de la Palestine (1936, 1947) a été accepté par beaucoup comme une simple phase dans la réalisation des aspirations sionistes, mais aussi (par certains) comme un compromis fondamental avec le mouvement national palestinien.
    Pendant la période du mandat, l?idée binationale été jugée acceptable par l?établissement sioniste, notamment par Haïm Weizman et David Ben Gourion. Il faut toutefois rappeler que les juifs étaient en minorité et que leur exigence d?un État juif était insolente ; le partage du pouvoir et même la parité semblaient préférables. En outre, une fédération de cantons aurait pu aplanir l?énorme avance démographique arabe. Le choix entre le binationalisme et la partition a été fait deux fois : en 1936, la commission Peel a rejeté le plan de cantonisation de l?Agence juive et a choisi la partition ; en 1947, l?assemblée générale des Nations unies a voté en faveur de la partition et a rejeté le plan minoritaire proposant un État fédéral.
    Seul un groupe marginal d?intellectuels juifs considérait l?État binational comme la seule manière d?éviter un conflit sanglant permanent. Ces intellectuels ont essayé de copier le modèle suisse ; ils ont accentué le principe de la parité, mais ne sont pas entrés dans les détails. De fait, il n?était pas nécessaire de le faire puisque, tant les Palestiniens que les sionistes rejetaient l?idée binationale et la plupart des juifs la considéraient comme une trahison. Le mouvement Hashomer Hatzsair a adopté certains des éléments du modèle binational, mais la création de l?État en 1948 a mis fin à cette initiative. Ce fut le triomphe de la notion selon laquelle le sionisme ne peut être réalisé que par un État juif souverain, et ceux qui osent contester ce précepte sont considérés comme des traîtres.
    Après la guerre de 1967, la droite politique israélienne a joué avec le concept du binationalisme sous une forme conforme à son idéologie (le plan d?autonomie). L?idéologie du Likoud a rejeté le caractère « transitoire » de l?occupation israélienne, mais sa croyance dans le « Grand Israël » s?est heurtée à la réalité démographique ; les cercles libéraux du Likoud (dirigés par Menachem Begin) se débattaient dans le fameux dilemme : un État juif ou démocratique ? La réponse de Begin se fondait sur le système (failli) qu?il avait connu en Europe de l?Est après la première guerre mondiale - non territorial, autonomie culturelle et communale pour les minorités ethniques en vertu des traités relatifs aux minorités de la Ligue des Nations. Le plan d?autonomie de Begin avait été modifié dans les accords de Camp David (1978) et on y ajouta les éléments territoriaux. Le modèle d?Oslo a repris beaucoup
    d?éléments (fortement modifiés) du plan d?autonomie de Begin et les accords d?Oslo peuvent être considérés comme des arrangements binationaux parce que les pouvoirs territoriaux et légaux de l?Autorité palestinienne sont intentionnellement vagues ; l?enveloppe extérieure des frontières internationales, le système économique, voire l?enregistrement de la population, restaient sous contrôle israélien. En outre, les accords complexes d?Oslo exigeaient une coopération étroite avec Israël, ce qui, du fait de l?énorme disparité entre son pouvoir et celui de l?Autorité palestinienne signifiait que l?AP était simplement une autorité municipale ou provinciale ennoblie. Donc en l?absence de tout processus politique, une structure binationale de facto a été implantée bon gré mal gré.
    Une description non pas une prescription
    La chose n?est plus à débattre ; la question n?est pas de savoir si une entité binationale sera établie, mais plutôt de quel type d?entité il s?agira. Le processus historique qui a commencé en conséquence de la guerre de 1967 a progressivement abrogé l?option de partition, si celle-ci a jamais existé. Par conséquent, le binationalisme est moins un programme politique ou idéologique qu?une réalité de facto déguisée en situation temporaire. C?est une description de la situation actuelle et non pas une prescription.
     
    22 janvier 2010 - JFJFP - Cet article peut être consulté ici :
    http://jfjfp.com/?p=9659
    Traduction : Anne-Marie Goossens
    4 février 2010 - Meron Benvenisti - Info-palestine

    La stratégie du « diviser pour régner » est un moyen notoire de domination colonialiste ; toutefois, nous sommes au XXIe siècle et aujourd?hui les traditions impérialistes sont considérées comme un chapitre infâme de l?histoire du monde occidental, écrit Meron Benvenisti.



    L?article ci-dessous, extrait d?un livre, a été publié aujourd?hui dans l?édition de Haaretz en hébreu. Il n?a pas été publié dans l?édition anglaise du journal, mais il a été traduit par les professeurs Zalman Amit and Daphna Levitt et circule par courriel.


     


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    Meron Benvenisti

    Les analyses rigoureuses de Meron Benvenisti hérissent souvent, aussi bien la droite que la gauche. Il a été maire-adjoint de Jérusalem dans les années 70, chargé de l?administration des secteurs arabes annexés de la ville. Dans les années 80, avant la première intifada, il a fondé et dirigé le West Bank Data Project , qui a mis en lumière les effets des politiques israéliennes. Sa conclusion la plus controversée est que ces politiques correspondent à une annexion de facto. Il a prétendu, qu?à cause des colonies (qui à l?époque n?étaient que des miettes par rapport à aujourd?hui), la situation était devenue irréversible. En conséquence, Benvenisti maintient depuis longtemps que, pour des raisons de population et de ressources, la terre située entre le Jourdain et la Méditerranée ne peut pas accueillir deux
    États.

    Parmi ses livres, on citera : Jerusalem : The Torn City (1977) ; Conflicts and Contradictions : Israel, the Arabs and the West Bank (1986) ; Intimate Enemies : Jews and Arabs in a Shared Land (1995) ; City of Stone : The Hidden History of Jerusalem (1996) ; et Sacred Landscape : The Buried History of the Holy Land since 1948 (2000).



    L?inévitable régime binational

    Meron Benvenisti

    Les territoires ont été occupés en 1967 comme suite à une action militaire, mais l?aspect militaire a rapidement cédé le pas à l?élément « civil » - à savoir les colonies - qui sont devenues le facteur prépondérant, subjuguant les militaires à leurs besoins et mettant les forces de sécurité au service du groupe ethnique juif. Finalement, les colonies elles-mêmes n?étaient plus aussi significatives qu?elles ne l?avaient été à une époque.

    Dans les années 70 et 80, le simple fait de construire et de peupler des colonies dans n?importe quel point des territoires a joué un rôle essentiel dans la création de faits accomplis politiques. Ceux qui ont implanté les colonies dans le bloc Katif de la bande de Gaza, ou au coeur de la Samarie et en Judée septentrionale ont présumé que les Palestiniens resteraient soumis à jamais ; autrement, comment expliquer pourquoi on aurait créé des villes juives au sein de populations arabes ? Les colons ont prétendu dès le début que le sionisme faisait fi de la réalité. Le sionisme a réussi, disaient-ils, précisément parce qu?il avait ignoré la réalité. Par conséquent, les arguments démographiques et géographiques utilisés contre les colons s?évaporaient dans la ferveur de leur imagination.

    Les colonies, pièces de musée

    Vers la fin des années 80, les colonies ont franchi le seuil critique au-delà duquel leur croissance démographique et urbaine était assurée. Les dirigeants des colonies ont créé avec succès un groupe de pression puissant qui chevauchait la Ligne verte. Il s?ensuit que l?infrastructure juridique et physique, qui rendait possible l?annexion de facto des territoires, était solidement ancrée. À partir de là, le nombre de colonies, et même la taille de leur population, sont devenus sans importance parce que l?appareil de domination israélienne avait été raffiné au point de brouiller totalement la distinction entre Israël proprement dit et les territoires occupés, et entre d?une part, les colonies de Cisjordanie et de la bande de Gaza et d?autre part, les communautés juives à l?intérieur d?Israël. De même, la confiscation de terres a cessé d?avoir principalement pour but d?y construire des colonies,
    pour devenir avant tout le moyen de gêner les mouvements de la population palestinienne et de s?approprier son espace physique.

    Dans le nouveau paradigme, les colonies ne sont plus importantes en tant qu?instruments de contrôle spatial. La barrière/mur de séparation et ses portes, les « routes stériles » et une myriade de règlements militaires se sont substitués aux colonies en tant que symboles du sionisme.

    Néanmoins, la plupart des colonies, aussi bien grandes que petites, ont continué à gaspiller les ressources publiques à une échelle colossale tout en prétendant à tort qu?elles étaient « le noyau de l?entreprise idéologique sioniste » et qu?elles étaient nécessaires pour sa sécurité. Quarante ans après la création de la première colonie, « la colonie » - tout comme le kibboutz et le mochav et comme les colonies entourées de palissades et dotées d?un mirador de la période antérieure à l?État- est devenue une autre pièce au musée des antiquités sionistes. L?âge de l?idéologie est terminé ; la construction de colonies et leur démantèlement sont devenus un passe-temps dépassé sans incidence réelle sur les développements politiques, si ce n?est comme symbole et moyen de mobiliser aussi bien la droite que la gauche.

    La tentative de désigner les colonies - et les colons - comme les principaux obstacles à la paix est un alibi pratique, masquant l?implication de tout le corps israélien dans le maintien et l?expansion du régime de coercition et de discrimination dans les territoires occupés et la préservation des bénéfices qu?il en retire.

    À la fin des années 80, après deux décennies d?occupation, le contrôle israélien des territoires situés au-delà de la Ligne verte est devenu quasi permanent, et la souveraineté s?exerçait uniquement vis-à-vis des résidents palestiniens : en ce qui concerne les citoyens israéliens et leurs intérêts, l?annexion des territoires est un fait accompli. Définir les territoires comme « occupés » est en fait une tentative de donner un caractère temporaire à leur situation qui se terminera « lorsqu?il y aura la paix » et cela permet de ne pas résoudre « entre-temps » les dilemmes immédiats. Le terme est une béquille pour ceux qui recherchent des précédents optimistes, leur permettant de croire que cette occupation se terminera, comme toutes les autres avant elle. Ce choix linguistique contribue donc à masquer et noyer la réalité des territoires, encourageant ainsi le maintien
    du statu quo.

    Un statu quo quasi stable

    La poursuite du statu quo crée une situation quasi stable : la communauté juive - réseau décousu de cultures et de tribus ethniques en tension permanente - est soudée par l?inimitié de « l?Autre » palestinien et par sa volonté de le gouverner. L?unité vis-à-vis du monde extérieur lui permet de maintenir son contrôle et de mettre en oeuvre avec succès une stratégie de morcellement de la communauté palestinienne.

    La stratégie du « diviser pour régner » est un moyen notoire de domination colonialiste ; toutefois, nous sommes au XXIe siècle et aujourd?hui les traditions impérialistes sont considérées comme un chapitre infâme de l?histoire du monde occidental. Au fil de trois générations, le peuple palestinien a été réduit en miettes. Il a non seulement été écrasé par la force, mais a également assumé des identités fractionnées et s?est soumis aux programmes qui lui étaient dictés : l?Autorité palestinienne représente ostensiblement le peuple palestinien, mais en fait elle ne représente que la partie palestinienne vivant en Cisjordanie et se débat dans le « processus de paix » pour améliorer les conditions d?un quart seulement de la nation palestinienne tout entière. Les habitants de Jérusalem-Est veulent uniquement qu?on les laisse tranquilles et ne veulent pas être forcés
    (« par patriotisme ») à renoncer aux privilèges dont ils bénéficient en tant que résidents israéliens ; dans le débat sur le détachement des quartiers arabes périphériques, les habitants de Jérusalem-Est veulent rester annexés à Israël. Les Israéliens palestiniens (« Arabes israéliens ») se battent pour qu?on les reconnaisse en tant que « minorité nationale » et exigent des droits individuels et collectifs égaux sous le régime israélien. Ils n?associent pas leur lutte à celle de leurs frères qui vivent de l?autre côté du mur / barrière de séparation. Les Israéliens palestiniens se battent pour « l?égalité » et leurs « droits de citoyens » tandis que les Palestiniens des territoires occupés se battent pour « l?autodétermination ». Les militants du Hamas de la bande de Gaza ne s?intéressent pas aux implications de leur rhétorique pour
    les intérêts de l?ensemble de la nation palestinienne. Quant aux Palestiniens de la diaspora, ils continuent à trimballer les clés de la maison qu?ils ont quittée en 1948 et rêvent du « Retour ».

    La division des Palestiniens en sous - communautés n?a pas encore atteint son accomplissement et les contraintes politiques, économiques et sécuritaires approfondissent le retranchement des identités divisées, qui assument lentement des caractéristiques culturelles et même linguistiques séparées. Au fil des générations, l?entreprise sioniste - dont le développement a défié la communauté arabe palestinienne, et a donc contribué à son unification en un groupe national distinct - est devenue la force dominante sous l?emprise de laquelle la communauté palestinienne a éclaté.

    Processus du morcellement palestinien

    Le morcellement est devenu le principal outil du contrôle israélien désireux de préserver sa domination sur Israël/Palestine depuis le fleuve jusqu?à la mer. Le morcellement lui sert d?assurance contre la « menace démographique » puisque très bientôt, les Palestiniens auront la majorité numérique dans la région. La communauté juive au pouvoir continuera, même lorsqu?elle deviendra minoritaire, à imposer ce morcellement aux Palestiniens en utilisant la carotte et le bâton habituels, en dictant le programme, en menaçant, en maniant les punitions collectives et les pots de vin. Ceci préservera, voire approfondira, le manque de coordination, la divergence d?intérêts des communautés palestiniennes divisées et assurera la domination de la communauté juive - intérieurement fragmentée, mais donnant une image extérieure de cohésion - sur les Palestiniens morcelés, assurant par là même le statu
    quo.

    Durant les années 60 et 70, la politique de morcellement visait une minorité d? « Arabes israéliens ». Maintenant, elle est mise en oeuvre d?une manière extrêmement sophistiquée pour 5 millions de Palestiniens, sans attirer guère d?attention. Ce n?est pas par accident que la propagande israélienne n?a pas intérêt à mettre en lumière les réalisations du morcellement ; au contraire, Israël agite le spectre de la « menace existentielle » contre un adversaire monolithique, afin de rallier des partisans contre « les forces sombres de l?islamofascisme. En cela, les sionistes sont inconsciemment aidés par les milieux de gauche et le « camp de la paix » qui restent attachés à la notion romantique d?un peuple palestinien soudé, uni dans sa lutte pour la liberté. À eux se joignent des porte-parole palestiniens qui considèrent que parler du succès du morcellement
    relève d?une propagande hostile. Même ceux qui sont au courant sont surpris quand on attire leur attention sur l?étendue du processus de morcellement. Leur attention est détournée vers des questions marginales et plusieurs organisations concurrentes appuient chacune un groupe fragmenté, exécutent des programmes différents et retiennent l?attention, exacerbant par là même, le morcellement et la confusion. Le paradoxe est que les tentatives sérieuses d?aborder des programmes palestiniens séparés qui prétendent contester le statu quo, ne font en fait que le renforcer.

    La place proéminente des « relations internationales » et le discours diplomatique en sont l?exemple le plus frappant. Des négociations inutiles et de longues discussions entre experts sur des « questions clés » se poursuivent pendant des décennies sans produire de changement dans les arguments et les contre-arguments éculés tandis que la réalité est transformée et que le « processus de paix » sert de rideau derrière lequel s?est retranchée la règle du diviser pour régner.

    Un concept unique de souveraineté

    La position sioniste traditionnelle consistant à nier l?existence même d?une nation palestinienne ne peut pas servir de réponse à la demande palestinienne d?autodétermination dans les territoires occupés. Néanmoins, les Israéliens cherchent à limiter ce concept à un quart seulement des Palestiniens, ceux qui vivent en Cisjordanie. À leur intention, ils ont inventé un concept d? « État » unique : sa « souveraineté » sera éparpillée, privée d?infrastructures physiques unies/intégrées, sans liens directs avec le monde extérieur et limitée à la hauteur de ses bâtiments résidentiels et à la profondeur de ses tombes. L?espace aérien et les ressources en eau resteront sous contrôle israélien. Les patrouilles d?hélicoptères, les ondes hertziennes, les manettes des pompes à eau et les interrupteurs électriques, l?enregistrement des résidents et l?émission de cartes
    d?identité, ainsi que les laissez-passer d?entrée et de sortie, seront également contrôlés (directement ou indirectement) par les Israéliens. Cette caricature ridicule d?un État palestinien, décapité et sans pieds, sans avenir , sans aucune chance de développement est présentée comme l?accomplissement du but de symétrie et d?égalité inhérent au vieux slogan « deux États pour deux peuples ». Il a l?appui, même des partisans loyaux du « Grand Israël » et le « camp de la paix » traditionnel se réjouit de son triomphe.

    Des pans importants du « camp de la paix » israélien qui croit fermement dans la « partition de la terre » comme principe métapolitique, sont contents ; ils croient qu?ils ont gagné le débat idéologique, historique avec la droite. Maintenant, ils peuvent charger toute la tragédie palestinienne sur une entité qui englobe moins de 10 % de la Palestine historique. En outre, ce serait la solution pour tous les réfugiés à l?extérieur de Palestine « qui peuvent rentrer dans le mini État palestinien » et aussi offrir une solution pour les Palestiniens israéliens qui peuvent obtenir leurs droits collectifs dans un État palestinien. C?est en fait une solution bon marché et pratique ; après tout, elle se base en apparence sur le modèle vénérable du « conflit national » et la solution classique de deux États pour deux peuples.

    Mais comment se fait-il qu?Ariel Sharon, Ehud Olmert et Benyamin Netanyahou, rejetons du « camp nationaliste » soient devenus les champions de l? « État-nation palestinien » ? Qu?est-ce qui les a amenés à croire qu?il n?y a qu?une seule entité collective légitime - les Palestiniens étant simplement des bandes terroristes - pour déclarer que le conflit est national et que par conséquent la solution consiste en une partition entre « deux États-nations » ? La cause en est les Palestiniens, qui en lançant l?intifada d?al-Aqsa ont obligé les Israéliens à se rendre compte qu?ils sont irrépressibles et ne peuvent être ni ignorés ni déportés. L?intifada a forcé les Israéliens, pour la première fois de leur histoire, à délimiter les frontières géographiques de leur expansion, à construire des barrières et des barrages
    routiers et à abandonner les zones peuplées risquant de renverser l?équilibre démographique. Les zones restantes, fragmentées et non viables, peuvent être déclarées comme l?État palestinien.

    Effacer de la conscience

    Cette prise de conscience a coûté cher aux relations inter communautaires. Les événements violents de l?intifada ont amené le public israélien - juif à une croisée des chemins dans ses relations avec ses voisins - ennemis. Pour la première fois depuis que la rencontre tragique a commencé il y a plus d?un siècle, les juifs ont tourné le dos aux Palestiniens, les ont effacés de leur conscience, les ont emprisonnés derrière des murs impénétrables. Les juifs ont voulu se rassembler dans un ghetto et ont prié pour que la Méditerranée soit à sec afin qu?un pont puisse être construit pour les relier à l?Europe. Cette mentalité se manifeste dans les deux monuments récemment construits et dont le symbolisme dépasse la valeur fonctionnelle : la gigantesque barrière/mur de séparation et l?aéroport colossal de Ben Gourion. Le mur a pour fonction de cacher les Palestiniens et de les effacer
    de la conscience israélienne, tandis que l?aéroport sert de porte d?évasion.

    Ostensiblement, cela n?est pas nouveau : le public juif a toujours aliéné et ignoré les Arabes. Mais c?était une indifférence intime , similaire à la manière dont une personne approche sa propre ombre ; elle peut l?ignorer, mais elle ne peut jamais s?en débarrasser. Le processus de désengagement mental est continu, mais il n?y a pas de doute que l?apparition des commandos- suicides l?a accéléré. Il ne pouvait pas y avoir de considération intime pour une culture qui alimente un phénomène aussi monstrueux et les Palestiniens étaient par conséquent complices dans le divorce qui leur était imposé. Les milieux racistes de droite ont exploité la situation et ont transformé des émotions diffuses en un plan pratique de « transfert » (ou expulsion) et de refus des droits civiques ; les militants des droits humains se sont opposés aux injustices et se sont heurtés à
    l?indifférence ; les mouvements politiques excellent à effacer les Arabes de la conscience israélienne ; et ceux qui mettent en garde (tout cela est une illusion) qu?il est impossible d?effacer des millions d?êtres humains, sont traités avec hostilité. La droite israélienne manifeste du mépris à l?égard de la « racaille » arabe et croit qu?il est possible de contrôler les Arabes par des tours de passe-passe et des menaces, tandis que la gauche israélienne joue avec des plans de paix théoriques et se garde de s?impliquer dans les difficultés quotidiennes de la population palestinienne ; ensemble, ils répètent tous le slogan « nous somment ici et eux sont là-bas ».

    Statu quo durable

    Il est réaliste de conclure qu?Israël continuera à gérer le conflit en fragmentant les Palestiniens. Le statu quo perdurera aussi longtemps que les forces qui souhaitent le préserver sont plus fortes que celles qui désirent le saper et telle est la situation aujourd?hui en Israël/Palestine.Après près d?un demi-siècle, le système de gouvernement israélien connu sous le nom d? « occupation » - qui assure le contrôle complet de tout agent ou processus qui met en danger la domination totale de la communauté juive ainsi que les avantages politiques et matériels que celle-ci accumule- est devenu de plus en plus sophistiqué de façon empirique, réaction non planifiée à quelque code génétique de la société colonisatrice qui a supplanté l?autre. Ce statu quo, qui semble chaotique et instable est beaucoup plus solide que la description conventionnelle de la situation parlant d?une
    « occupation militaire temporaire » ne le laisserait penser. C?est précisément parce que le statu quo est essentiellement trouble et mal défini que son ambiguïté assure sa durabilité : il se prête à des interprétations différentes et conflictuelles et semble préférable aux scénarios apocalyptiques ; c?est pourquoi il est persuasif.

    Le statu quo volatile survit grâce à une combinaison de plusieurs facteurs :

    1. Le morcellement de la communauté palestinienne et l?excitation des fragments restants les uns contre les autres.

    2. La mobilisation de la communauté juive en faveur du régime d?occupation, perçu comme une sauvegarde de son existence même.

    3. Le financement du statu quo par les « pays donateurs ».

    4. Une stratégie à l?égard des pays voisins donnant la priorité aux intérêts bilatéraux et mondiaux plutôt qu?à la solidarité ethnique arabe.

    5. Le succès de la campagne de propagande connue sous le nom de « négociations avec les Palestiniens » qui convainc beaucoup que le statu quo est temporaire et que par conséquent ils peuvent continuer à s?amuser avec les alternatives théoriques à « l?arrangement du statut final ».

    6. La réduction au silence de toutes les critiques en les taxant de haine et d?antisémitisme ; répulsion à l?égard de qui oserait dire que le statu quo est durable et ne sera pas facilement changé.

    Changements internes

    Il ne faut pas déduire que le statu quo est gelé ; bien au contraire, les mesures prises pour le perpétuer entraînent des conséquences à long terme. Le détachement de Gaza n?est pas temporaire, mais quasi permanent et il affectera l?avenir du peuple palestinien. Avoir détaché Gaza de la Cisjordanie a créé deux entités séparées et Israël peut inscrire une autre victoire à son actif dans le processus de morcellement : 1,5 million de Palestiniens sont en voie de réaliser une caricature d?État qui comprend 1,5 % de la Palestine historique où habitent 30 % de son peuple.

    Le canton cisjordanien, dont la surface rétrécit rapidement sous l?effet d?une colonisation de masse est considéré comme le coeur des Palestiniens sous occupation. Toutefois, il subit des changements politiques et économiques rapides qui ressemblent à ceux qu?ont connu les Palestiniens israéliens après 1948, avec des différences évidentes en raison des circonstances historiques et de la taille de la population. Il semble que beaucoup de Cisjordaniens se soient véritablement lassés de la violence qui les a conduits au désastre, ce qui oblige les Israéliens à tenir compte du caractère non-violent de le leur lutte et de l?accumulation par leur communauté de pouvoir économique et socioculturel.

    Tous ces changements, ainsi que d?autres, intervenus dans le statu quo, sont significatifs, mais restent internes et se déroulent sous le contrôle d?Israël qui peut les accélérer ou les ralentir en fonction de ses intérêts. Toutefois, sans la permission, ou du moins l?indifférence des puissances extérieures, le statu quo ne pourrait pas durer. Des contributions financières massives libèrent Israël du fardeau que représente le coût énorme du maintien de son contrôle sur les Palestiniens et créent un système de corruption et d?intérêts acquis. L?existence artificielle de l?Autorité palestinienne perpétue en soi le statu quo parce qu?il alimente l?illusion que la situation est temporaire et que le « processus de paix » y mettra bientôt fin.

    Disparités économiques

    Habituellement, l?accent porte sur l?inégalité politique et civile et le refus de droits collectifs que le modèle de partition - ou le modèle de partage du pouvoir - est censé résoudre. Mais l?inégalité économique, l?iniquité plus importante encore et plus dangereuse qui caractérise la situation actuelle ne seront corrigées par aucune des deux solutions. Il y a un écart gigantesque dans le produit intérieur brut par habitant entre Palestiniens et Israéliens : il est de plus de 1 : 10 en Cisjordanie et de 1 :20 dans la Bande de Gaza ; il y a également une disparité énorme dans l?utilisation des ressources naturelles (terres, eau). Cet écart ne peut pas durer sans la force des armes mise en oeuvre si efficacement par l?établissement de défense israélien qui applique un système de contrôle draconien. Même la plupart des Israéliens qui s?opposent à « l?occupation » ne veulent
    pas y renoncer parce que leur bien-être personnel en pâtirait. Tous les systèmes économiques, sociaux et spatiaux de gouvernance dans les territoires occupés sont conçus pour maintenir et sauvegarder les privilèges israéliens et la prospérité des deux côtés de la « Ligne verte » aux dépens de millions de Palestiniens captifs et appauvris.

    Il faut donc rechercher un paradigme différent pour décrire l?état des choses plus de 40 ans après que Israël/Palestine est devenu à nouveau une unité géopolitique suivant 19 ans de partition. Le terme « régime binational de facto » est préférable au paradigme occupant/occupé parce qu?il décrit la dépendance mutuelle des deux sociétés ainsi que les liens physiques, économiques, symboliques et culturels qui ne peuvent pas être rompus sans un coût intolérable. Décrire la situation comme étant binationale de facto n?indique pas qu?il y ait parité entre Israéliens et Palestiniens ; bien au contraire, la description souligne la domination totale par la nation juive - israélienne sur une nation palestinienne morcelée, aussi bien territorialement que socialement. Aucun paradigme d?occupation militaire ne peut refléter les bantoustans créés dans les territoires occupés qui
    séparent une population libre et prospère, ayant un PIB brut de près de 30 000 $ par habitant, d?une population dominée, incapable de façonner son propre avenir, ayant un PIB de 1500 $ par habitant. Aucun paradigme d?occupation militaire ne peut expliquer comment la moitié des zones occupées (« zone C ») ont été essentiellement annexées, laissant à la population occupée des terres séparées sans existence viable. Seule une stratégie d?annexion et de domination permanente peut expliquer la vaste entreprise de colonisation et les énormes investissements effectués dans les logements et l?infrastructure.

    Histoire du dilemme binational - partition

    Le dilemme binational/partition n?est pas nouveau pour les deux mouvements nationaux. Les Palestiniens, qui ont rejeté la résolution de partition des Nations unies de 1947, ont dit dans leur convention nationale que la Palestine est « une unité territoriale intégrale ». Ce principe est devenu dans les années 70 le concept d?une « Palestine démocratique non sectaire (ou laïque) ». En 1974, l?OLP a abordé dans sa réflexion politique l?idée de la partition. Elle a adopté le Plan par phases : « nous continuerons à lutter pour obtenir les droits du peuple palestinien au retour et à l?autodétermination dans le contexte d?un État palestinien national indépendant dans toute partie du sol palestinien, à titre intermédiaire, sans compromis, reconnaissance ou négociation ». En 1988, l?OLP a toutefois modifié cette stratégie par le biais des négociations pour arriver à la
    formule actuelle de partition en suivant les lignes de l?armistice de 1967. Donc les Palestiniens n?ont accepté l?option de partition qu?il y a 20 ans.

    Jusque vers le milieu des années 40, le sioniste a officiellement défini son objectif national final exclusivement par la transformation de la Palestine Eretz Israël en une entité indépendante ayant une écrasante majorité juive. L?objectif final de tous les mouvements nationaux (création d?un État souverain) était sous-entendu les sionistes s?identifiant comme un mouvement de libération nationale. Toutefois, le débat sur les avantages qu?il y avait à mettre l?accent sur l?objectif final s?est poursuivi pendant toute l?histoire du mouvement sioniste. Le leadership officiel s?est efforcé de formuler des objectifs politiques intermédiaires et ceux-ci ont changé en fonction des conditions politiques. Dans l?ordre chronologique, ses objectifs ont été : un foyer national, une immigration sans restriction et la création d?une majorité juive, un « sionisme organique »
    (c?est-à-dire colonisation et un secteur économique juif indépendant) ; le partage du pouvoir (« parité ») avec les Arabes (indépendamment de la taille de la population) ; un État binational ; une fédération de cantons juifs et arabes ; la partition. Ce n?est qu?au début des années 40, que les sionistes ont ouvertement et officiellement soulevé la demande d?un État juif souverain. Les objectifs territoriaux du mouvement sioniste étaient également ambigus. L?accord sur la partition de la Palestine (1936, 1947) a été accepté par beaucoup comme une simple phase dans la réalisation des aspirations sionistes, mais aussi (par certains) comme un compromis fondamental avec le mouvement national palestinien.

    Pendant la période du mandat, l?idée binationale été jugée acceptable par l?établissement sioniste, notamment par Haïm Weizman et David Ben Gourion. Il faut toutefois rappeler que les juifs étaient en minorité et que leur exigence d?un État juif était insolente ; le partage du pouvoir et même la parité semblaient préférables. En outre, une fédération de cantons aurait pu aplanir l?énorme avance démographique arabe. Le choix entre le binationalisme et la partition a été fait deux fois : en 1936, la commission Peel a rejeté le plan de cantonisation de l?Agence juive et a choisi la partition ; en 1947, l?assemblée générale des Nations unies a voté en faveur de la partition et a rejeté le plan minoritaire proposant un État fédéral.

    Seul un groupe marginal d?intellectuels juifs considérait l?État binational comme la seule manière d?éviter un conflit sanglant permanent. Ces intellectuels ont essayé de copier le modèle suisse ; ils ont accentué le principe de la parité, mais ne sont pas entrés dans les détails. De fait, il n?était pas nécessaire de le faire puisque, tant les Palestiniens que les sionistes rejetaient l?idée binationale et la plupart des juifs la considéraient comme une trahison. Le mouvement Hashomer Hatzsair a adopté certains des éléments du modèle binational, mais la création de l?État en 1948 a mis fin à cette initiative. Ce fut le triomphe de la notion selon laquelle le sionisme ne peut être réalisé que par un État juif souverain, et ceux qui osent contester ce précepte sont considérés comme des traîtres.

    Après la guerre de 1967, la droite politique israélienne a joué avec le concept du binationalisme sous une forme conforme à son idéologie (le plan d?autonomie). L?idéologie du Likoud a rejeté le caractère « transitoire » de l?occupation israélienne, mais sa croyance dans le « Grand Israël » s?est heurtée à la réalité démographique ; les cercles libéraux du Likoud (dirigés par Menachem Begin) se débattaient dans le fameux dilemme : un État juif ou démocratique ? La réponse de Begin se fondait sur le système (failli) qu?il avait connu en Europe de l?Est après la première guerre mondiale - non territorial, autonomie culturelle et communale pour les minorités ethniques en vertu des traités relatifs aux minorités de la Ligue des Nations. Le plan d?autonomie de Begin avait été modifié dans les accords de Camp David (1978) et on y ajouta les éléments territoriaux.
    Le modèle d?Oslo a repris beaucoup d?éléments (fortement modifiés) du plan d?autonomie de Begin et les accords d?Oslo peuvent être considérés comme des arrangements binationaux parce que les pouvoirs territoriaux et légaux de l?Autorité palestinienne sont intentionnellement vagues ; l?enveloppe extérieure des frontières internationales, le système économique, voire l?enregistrement de la population, restaient sous contrôle israélien. En outre, les accords complexes d?Oslo exigeaient une coopération étroite avec Israël, ce qui, du fait de l?énorme disparité entre son pouvoir et celui de l?Autorité palestinienne signifiait que l?AP était simplement une autorité municipale ou provinciale ennoblie. Donc en l?absence de tout processus politique, une structure binationale de facto a été implantée bon gré mal gré.

    Une description non pas une prescription

    La chose n?est plus à débattre ; la question n?est pas de savoir si une entité binationale sera établie, mais plutôt de quel type d?entité il s?agira. Le processus historique qui a commencé en conséquence de la guerre de 1967 a progressivement abrogé l?option de partition, si celle-ci a jamais existé. Par conséquent, le binationalisme est moins un programme politique ou idéologique qu?une réalité de facto déguisée en situation temporaire. C?est une description de la situation actuelle et non pas une prescription.

     

    22 janvier 2010 - JFJFP - Cet article peut être consulté ici :
    http://jfjfp.com/?p=9659
    Traduction : Anne-Marie Goossens

    4 février 2010 - Meron Benvenisti - Info-palestine




    4.2.10 22:27


    Somalie: Comment les puissances coloniales maintiennent le pays dans le chaos-Interview de Mohamed H

    La Somalie avait tout pour réussir : une situation géographique avantageuse, du pétrole, des minerais et, fait plutôt rare en Afrique, une seule religion et une seule langue pour tout le territoire. La Somalie aurait pu être une grande puissance de la région. Mais la réalité est toute différente : famine, guerres, pillages, pirates, attentats... Comment ce pays a-t-il sombré? Pourquoi n'y a-t-il pas de gouvernement somalien depuis presque vingt ans? Quels scandales se cachent derrière ces pirates qui détournent nos navires? Dans ce nouveau chapitre de notre série « Comprendre le monde musulman », Mohamed Hassan nous explique pourquoi et comment les puissances impérialistes ont appliqué en Somalie une théorie du chaos.
    Comment la piraterie s'est-elle développée en Somalie? Qui sont ces pirates?
    Depuis 1990, il n'y a plus de gouvernement en Somalie. Le pays est aux mains de seigneurs de guerre. Des navires européens et asiatiques ont profité de cette situation chaotique pour pêcher le long des côtes somaliennes sans aucune licence et sans respecter des règles élémentaires. Ils n'ont pas respecté les quotas en vigueur dans leurs propres pays pour préserver les espèces et ont employé des techniques de pêche - notamment des bombes! - qui ont créé d'énormes dégâts aux richesses des mers somaliennes.
    Ce n'est pas tout ! Profitant également de cette absence d'autorité politique, des compagnies européennes, avec l'aide de la mafia, ont déversé des déchets nucléaires aux larges des côtes somaliennes. L'Europe était au courant, mais a fermé les yeux car cette solution présentait un avantage pratique et économique pour le traitement des déchets nucléaires. Or, le tsunami de 2005 a déposé une grande partie de ces déchets jusqu'aux terres somaliennes. Et d'étranges maladies sont apparues pour la première fois au sein de la population. Voilà le contexte dans lequel la piraterie s'est principalement développée. Les pêcheurs somaliens, qui disposent de techniques rudimentaires, n'étaient plus en mesure de travailler. Ils ont donc décidé de se protéger ainsi que leurs mers. C'est exactement ce que les Etats-Unis ont fait durant la guerre civile contre les Britanniques (1756 - 1763): ne disposant pas de forces navales, le président
    Georges Washington passa un accord avec des pirates pour protéger les richesses des mers américaines.
    Pas d'Etat somalien depuis presque vingt ans! Comment cela est-il possible?
    C'est le résultat d'une stratégie américaine. En 1990, le pays est meurtri par les conflits, la famine et les pillages, et l'Etat s'effondre. Face à une telle situation, les Etats-Unis, qui ont découvert quelques années auparavant des réserves de pétrole en Somalie, lancent l'opération Restore Hope en 1992. Pour la première fois, des Marines US interviennent en Afrique pour essayer de prendre le contrôle d'un pays. Pour la première fois aussi, une invasion militaire est déclenchée au nom de l'ingérence humanitaire.
    Le fameux sac de riz exhibé sur une plage somalienne par Bernard Kouchner ?
    Oui, tout le monde se souvient de ces images soigneusement mises en scène. Mais les véritables raisons étaient stratégiques. En effet, un document du département d'Etat US préconisait que les Etats-Unis se maintiennent comme seule et unique superpuissance mondiale suite à la chute du bloc soviétique. Pour accomplir cet objectif, il recommandait d'occuper une position hégémonique en Afrique, très riche en matières premières.
    Restore Hope sera pourtant un échec. Le film hollywoodien La chute du faucon noir a marqué les esprits, avec ses pauvres G.I.'s « assaillis par de méchants rebelles somaliens »...
    En effet, les soldats US seront vaincus par une résistance nationaliste somalienne. Depuis lors, la politique des Etats-Unis a été de maintenir la Somalie sans véritable gouvernement, voire de la balkaniser. La vieille stratégie britannique, d'ailleurs appliquée en de nombreux endroits : mettre en place des Etats faibles et divisés pour mieux tirer les ficelles. Voilà pourquoi il n'y a pas d'Etat somalien depuis presque vingt ans. Les Etats-Unis ont une espèce de théorie du chaos afin d'empêcher toute réconciliation somalienne et maintenir le pays divisé.
    Au Soudan, suite à la guerre civile, Exxon a dû quitter le pays après y avoir découvert du pétrole. Alors, laisser la Somalie plongée dans le chaos n'est-ce pas contraire aux intérêts des Etats-Unis qui ne peuvent y exploiter le pétrole découvert?
    L'exploitation du pétrole somalien n'est pas leur objectif prioritaire. Les Etats-Unis savent que les réserves sont là et n'en ont pas besoin dans l'immédiat. Deux éléments sont beaucoup plus importants dans leur stratégie. Tout d'abord, empêcher les compétiteurs de négocier avantageusement avec un Etat somalien riche et puissant. Vous parlez du Soudan, la comparaison est intéressante. Le pétrole que des compagnies pétrolières y ont découvert il y a trente ans, le Soudan le vend aujourd'hui aux Chinois. La même chose pourrait se produire en Somalie. Lorsqu'il était président du gouvernement de transition, Abdullah Yusuf s'était d'ailleurs rendu en Chine, bien qu'il fût soutenu par les Etats-Unis. Les médias US avaient vivement critiqué cette visite. Le fait est que les Etats-Unis n'ont aucune garantie sur ce point : si un gouvernement somalien voit le jour demain, peu importe sa couleur politique, il pourrait très bien adopter une
    stratégie indépendante des Etats-Unis et commercer avec la Chine. Les impérialistes occidentaux ne veulent donc pas d'un Etat somalien fort et uni. Le deuxième objectif poursuivi par cette théorie du chaos est lié à la situation géographique de la Somalie, qui est stratégique pour les impérialistes des Etats-Unis et de l'Europe réunis.
    Stratégique pourquoi?
    Le contrôle de l'Océan Indien, regardez la carte. Comme je l'ai dit, les puissances occidentales portent une lourde part de responsabilité dans le développement de la piraterie en Somalie. Mais plutôt que de dire la vérité et payer des compensations pour ce qu'elles ont fait, ces puissances criminalisent le phénomène afin de justifier leurs positions dans la région. Sous prétexte de combattre la piraterie, l'Otan positionne sa marine militaire dans l'Océan Indien.
    Le véritable objectif?
    Contrôler le développement économique des puissances émergentes, principalement l'Inde et la Chine. En effet, la moitié de la flotte mondiale des porte-conteneurs et 70% du trafic total des produits pétroliers passent par l'Océan Indien. De ce point de vue stratégique, la Somalie occupe une place importante : le pays a la plus vaste côte d'Afrique (3.300 kilomètres) et fait face au Golfe Arabe et au détroit d'Hormuz, deux centres névralgiques de l'économie de la région. De plus, si une réponse pacifique était apportée au problème somalien, les relations entre l'Afrique d'une part, et l'Inde et la Chine d'autre part, pourraient se développer à travers l'Océan Indien. Ces concurrents des Etats-Unis pourraient alors avoir de l'influence dans cette région de l'Afrique. Le Mozambique, le Kenya, Madagascar, la Tanzanie, Zanzibar, l'Afrique du Sud... Tous ces pays connectés à l'Océan Indien pourraient avoir un accès facile au marché
    asiatique et développer des relations économiques fructueuses. Nelson Mandela, lorsqu'il était président de l'Afrique du Sud, avait d'ailleurs évoqué la nécessité d'une révolution de l'Océan Indien avec de nouvelles relations économiques. Ce projet, les Etats-Unis et l'Europe n'en veulent pas. C'est pourquoi ils préfèrent maintenir la Somalie dans le chaos.
    Vous dites que les Etats-Unis ne veulent pas d'une réconciliation en Somalie. Mais quelles sont les origines des divisions somaliennes?
    Pour bien comprendre cette situation chaotique, nous devons remonter plus loin dans l'histoire de la Somalie. Ce pays a été divisé par les forces coloniales. En 1959, la Somalie devient indépendante par la fusion des colonies italienne au Sud et britannique au Nord. Mais des Somaliens vivent également dans certaines parties du Kenya, d'Ethiopie et de Djibouti. Le nouvel Etat somalien adopte d'ailleurs comme drapeau une étoile, dont chaque branche représente une des parties de la Somalie historique. Le message derrière ce symbole étant : « Deux Somalies ont été réunies mais il en reste trois colonisées ».
    Devant la légitimité de ces revendications, les Britanniques - qui contrôlaient le Kenya - organisèrent un référendum dans la région de ce pays revendiquée par la Somalie. 87 % de la population, provenant essentiellement d'ethnies somaliennes, se prononcèrent pour l'unité de la Somalie. Mais lorsque les résultats furent publiés, Jomo Kenyatta, leader d'un mouvement nationaliste kenyan, menaça les Britanniques d'expulser les colons s'ils cédaient une partie du territoire à la Somalie. La Grande-Bretagne décida donc de ne pas tenir compte du référendum et aujourd'hui encore, une importante communauté de Somalis vit au Kenya. Il faut bien comprendre que ces frontières coloniales ont été une véritable catastrophe pour la Somalie. Cette question avait d'ailleurs fait l'objet d'un débat important sur le continent africain.
    Quel était l'enjeu de ce débat ?
    Dans les années soixante, alors que de nombreux pays africains étaient devenus indépendants, un débat opposa ceux qu'on appelait les groupes de Monrovia et de Casablanca. Ce dernier, comportant entre autres le Maroc et la Somalie, souhaitait qu'on rediscute les frontières héritées du colonialisme. Elles n'avaient aucune légitimité à leurs yeux. Mais la plupart des pays africains et leurs frontières sont le produit du colonialisme. Finalement, l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA), ancêtre de l'actuelle Union Africaine, mit un terme au débat en décrétant que les frontières sont indiscutables : revenir sur ces délimitations provoquerait des guerres civiles partout sur le continent. Plus tard, l'un des architectes de l'OUA, le Tanzanien Julius Nyerere, confessa que cette décision était la meilleure mais qu'il la regrettait pour le cas somalien.
    Quel sera l'impact de ces divisions coloniales sur la Somalie ?
    Elles vont créer des tensions avec les pays voisins. Durant ces années où la Somalie réclamait la révision des frontières, l'Ethiopie était devenue un bastion de l'impérialisme des Etats-Unis, qui tenaient également des bases militaires au Kenya et en Erythrée. C'est alors que la Somalie, jeune démocratie pastorale, émit le désir de bâtir sa propre armée. Le but était de ne pas être trop faible face aux voisins armés, de soutenir les mouvements somalis en Ethiopie voire même de récupérer par la force certains territoires. Mais les puissances occidentales s'opposèrent à la création d'une armée somalienne.
    Donc, la Somalie entretenait des relations tendues avec ses voisins. N'était-il pas raisonnable de s'opposer à ce projet d'armée somalienne ? Cela aurait provoqué des guerres, non ?
    Ce qui préoccupait l'Occident, ce n'était pas les conflits entre pays africains mais ses propres intérêts. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne équipaient et formaient des militaires en Ethiopie, au Kenya et en Erythrée. Des pays qui vivaient encore sous le joug de systèmes féodaux très oppressifs. Mais c'était des régimes néocoloniaux dévoués aux intérêts des Occidentaux. En Somalie, par contre, le pouvoir en place était plus démocratique et indépendant. L'Occident n'avait donc pas d'intérêt à armer un pays qui pouvait échapper à son contrôle.
    En conséquence, la Somalie décida de se tourner vers l'Union Soviétique. Cela inquiéta hautement les puissances occidentales qui redoutaient que l'influence de l'URSS s'étende en Afrique. Ces craintes vont s'accentuer avec le coup d'Etat de 1969.
    C'est-à-dire ?
    Des idées socialistes s'étaient répandues dans le pays. En effet, une importante communauté somalienne vivait à Aden dans le Sud du Yémen. Or, c'est dans cette ville que la Grande-Bretagne avait pris pour habitude d'envoyer en exil toutes les personnes qu'elle considérait comme dangereuses en Inde : communistes, nationalistes, etc. Ils étaient tous arrêtés et envoyés à Aden où se développèrent rapidement des idées nationalistes et révolutionnaires qui affecteront plus tard les Yéménites mais aussi les Somaliens. Sous l'impulsion de civils aux idées marxistes, un coup d'Etat fut organisé en 1969 par les militaires et Siad Barré prit le pouvoir en Somalie.
    Quelles étaient les raisons de ce coup d'Etat ?
    Le gouvernement somalien était corrompu. Il avait pourtant tous les ingrédients en mains pour ériger le pays au rang de grande puissance de la région : une position stratégique, une seule langue, une seule religion et d'autres éléments culturels communs. Ce qui est plutôt rare en Afrique. Mais en ratant le développement économique du pays, ce gouvernement a créé un climat favorable à la division entre clans. Sous prétexte de faire de la politique, les élites somaliennes se sont divisées, chacune créant son parti sans véritable programme et en recrutant son électorat selon les clans existants. Cela accentua les divisions et se révéla totalement inefficace. Une démocratie de type libéral n'était en fait pas adaptée à la Somalie : il y avait à un moment 63 partis politiques pour un pays de trois millions d'habitants ! Et le gouvernement n'était même pas capable d'adopter une écriture officielle ce qui créait de sérieux
    problèmes dans l'administration. Le niveau d'éducation était faible. On établit malgré tout une bureaucratie, une police et une armée. Qui va d'ailleurs jouer un rôle fondamental dans le coup d'Etat progressiste.
    « Progressiste » ! Avec l'armée ?
    L'armée était la seule institution organisée en Somalie. En tant qu'appareil de répression, elle était supposée protéger le soi-disant gouvernement civil et l'élite. Mais pour de nombreux Somaliens provenant de familles et de régions différentes, l'armée était aussi un lieu de rencontres et d'échanges où il n'y avait pas frontières, pas de tribalisme, pas de divisions claniques... C'est comme cela que les idées marxistes héritées d'Aden vont circuler au sein de l'armée. Le coup d'Etat sera donc mené par des officiers qui étaient avant tout nationalistes et qui, sans avoir de très bonnes connaissances du socialisme, éprouvaient de la sympathie pour ces idées. De plus, ils étaient au courant de ce qui se passait au Vietnam et nourrissaient des sentiments anti-impérialistes. Les civils qui connaissaient bien Marx et Lénine mais qui n'avaient pas de parti politique de masse, appuyèrent le coup d'Etat et devinrent les conseillers
    des officiers lorsque ceux-ci prirent le pouvoir.
    Quel changement apporta le coup d'Etat en Somalie ?
    Un aspect positif important : le nouveau gouvernement adopta rapidement une écriture officielle. De plus, l'Union Soviétique et la Chine aidaient la Somalie. Les étudiants et la population se mobilisaient. L'éducation ainsi que les conditions sociales s'améliorèrent. Les années qui ont suivi le coup d'Etat furent ainsi les meilleures que la Somalie ait jamais connues. Jusqu'en 1977.
    Qu'est-ce qui a changé ?
    La Somalie, qui avait été divisée par les puissances coloniales, attaqua l'Ethiopie pour récupérer le territoire de l'Ogaden, majoritairement peuplé de Somalis. A cette époque pourtant, l'Ethiopie était elle-même un Etat socialiste soutenu par les Soviétiques. Ce pays avait été longtemps dirigé par l'empereur Sélassié. Mais durant les années septante, la mobilisation était forte pour le renverser. Les mouvements d'étudiants - auxquels j'ai personnellement participé - posaient quatre revendications majeures. Tout d'abord, résoudre les tensions avec l'Erythrée de manière pacifique et démocratique. Deuxièmement, établir une réforme agraire qui distribuerait des terres aux paysans. Troisièmement, établir le principe d'égalité des nationalités : l'Ethiopie était alors un pays multinational dirigé par une élite non représentative de la diversité. Quatrièmement, abolir le système féodal et établir un Etat démocratique.
    Tout comme en Somalie, l'armée était la seule institution organisée en Ethiopie et les civils s'associèrent aux officiers pour renverser Sélassié en 1974.
    Comment se fait-il que deux Etats socialistes soutenus par l'Union Soviétique se soient fait la guerre ?
    Après la révolution éthiopienne, une délégation regroupant l'Union Soviétique, Cuba et le Yémen du Sud organisa une table ronde en présence de l'Ethiopie et de la Somalie en vue de résoudre leur différend. Castro se rendit à Adis Abeba et à Mogadiscio. Selon lui, les revendications somaliennes étaient tout à fait justifiées. Finalement, la délégation éthiopienne accepta d'étudier sérieusement la demande de son voisin somalien et les deux pays signèrent un accord stipulant qu'aucun acte de provocation ne serait commis le temps de prendre une décision. Les choses semblaient donc bien parties, mais la Somalie ne respecta pas cet accord...
    Deux jours après que la délégation éthiopienne soit retournée au pays, Henry Kissinger, ancien ministre du président Nixon, débarqua à Mogadiscio. Kissinger représentait une organisation officieuse : le Safari Club qui regroupait notamment l'Iran du Chah, le Congo de Mobutu, l'Arabie Saoudite, le Maroc ainsi que les services secrets français et pakistanais. L'objectif de cette organisation était de combattre la prétendue infiltration soviétique dans le Golfe et en Afrique. Sous les pressions et les promesses d'aides du Safari Club, Siad Barré va commettre un désastre, une grave erreur stratégique: attaquer l'Ethiopie.
    Quelles seront les conséquences de cette guerre ?
    Les Soviétiques quittèrent la région et la Somalie, toujours présidée par Siad Barré, intégra le réseau néocolonial des puissances impérialistes. Le pays avait été sérieusement endommagé par le conflit et la Banque Mondiale et le FMI furent chargés de le « reconstruire ». Ceci allait aggraver les contradictions au sein de la bourgeoisie somalienne. Chacune des élites régionales voulant posséder son propre marché. Elles ont accentué les divisions entre clans et contribué à la dislocation progressive du pays jusqu'à la chute de Siad Barré en 1990. Depuis, aucun chef d'Etat ne lui a succédé.
    Mais, trente ans après la guerre de l'Ogaden, le scénario va s'inverser : l'Ethiopie sera appuyée par les Etats-Unis pour attaquer la Somalie...
    Oui, comme je l'ai dit, depuis l'échec de l'Opération Restore Hope, les Etats-Unis préfèrent maintenir la Somalie dans le chaos. Cependant, en 2006, un mouvement spontané se développa sous la bannière des tribunaux islamiques pour combattre les seigneurs de guerre locaux et ramener l'unité dans le pays. C'était une sorte d'intifada. Pour empêcher ce mouvement de reconstruire la Somalie, les Etats-Unis décidèrent brusquement de soutenir le gouvernement de transition somalien qu'ils n'avaient jamais voulu reconnaître. En fait, ils se rendirent compte que leur projet d'une Somalie sans Etat effectif n'était plus possible et qu'un mouvement était sur le point d'aboutir à une réconciliation du pays, islamique qui plus est ! Dans le but de saboter l'unité somalienne, ils décidèrent donc d'appuyer ce gouvernement de transition. Mais comme celui-ci ne disposait ni d'une base sociale, ni d'une armée, ce furent les troupes éthiopiennes
    commandées par Washington qui attaquèrent Mogadiscio pour faire tomber les tribunaux islamiques.
    Ca a marché ?
    Non, l'armée éthiopienne a été défaite et a dû quitter la Somalie. De leurs côtés, les tribunaux islamiques se sont dispersés en divers mouvements qui aujourd'hui encore, contrôlent une bonne partie du pays. Quant au gouvernement de transition d'Abdullah Yussuf, il s'est effondré et les Etats-Unis l'ont remplacé par Sheik Sharrif, l'ancien porte-parole des tribunaux islamiques.
    Sheik Sharrif est donc passé dans « l'autre camp » ?
    Il occupait la fonction de porte-parole des tribunaux islamiques, car c'est un bon orateur. Mais il n'a pas de connaissances politiques. Il n'a aucune idée de ce qu'est l'impérialisme ou le nationalisme. C'est pour ça que les puissances occidentales l'ont récupéré. C'était le maillon faible des tribunaux islamiques. Il préside aujourd'hui un faux gouvernement, créé à Djibouti. Qui n'a aucune base sociale ni autorité en Somalie. Il existe seulement sur la scène internationale parce que les puissances impérialistes le soutiennent.
    En Afghanistan, les Etats-Unis se disent prêts à négocier avec des talibans. Pourquoi ne cherchent-ils pas à dialoguer avec les groupes islamiques en Somalie ?
    Parce que ces groupes veulent renverser l'occupant étranger et permettre une réconciliation nationale du peuple somalien. Du coup, les Etats-Unis veulent briser ces groupes, car une réconciliation - que ce soit à travers les mouvements islamiques ou à travers le gouvernement de transition - n'est pas dans l'intérêt des forces impérialistes. Elles veulent juste le chaos. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, ce chaos s'étend aussi à l'Ethiopie, très faible depuis l'agression de 2007. Un mouvement de résistance nationale y a vu le jour en lutte contre le gouvernement pro-impérialiste d'Addis Abeba. Avec leur théorie du chaos, les Etats-Unis ont en fait créé des problèmes dans toute la région. Et maintenant, ils s'en prennent à l'Erythrée.
    Pourquoi?
    Ce petit pays mène une politique nationale indépendante. L'Erythrée a aussi une vision pour toute la région : la corne de l'Afrique (Somalie, Djibouti, Ethiopie, Erythrée) n'a pas besoin de l'ingérence des puissances étrangères, ses richesses doivent lui permettre d'établir de nouvelles relations économiques basées sur un respect mutuel. Pour l'Erythrée, cette région doit se prendre en mains et ses membres doivent pouvoir discuter de leurs problèmes. Bien évidemment, cette politique effraie les Etats-Unis qui craignent que d'autres pays suivent cet exemple. Alors, ils accusent l'Erythrée d'envoyer des armes en Somalie et de fomenter des troubles en Ethiopie.
    Selon vous, l'Erythrée n'envoie pas d'armes en Somalie ?
    Pas même une cartouche ! C'est de la pure propagande, comme celle qu'on mena contre la Syrie à propos de la résistance irakienne. La vision de l'Erythrée rejoint le projet de révolution de l'Océan Indien que nous évoquions plus haut. Les puissances occidentales n'en veulent pas et souhaitent ramener l'Erythrée dans le cercle des Etats néocoloniaux sous contrôle, tels que le Kenya, l'Ethiopie ou l'Ouganda.
    N'y a-t-il pas de terroristes en Somalie ?
    Les puissances impériales présentent toujours comme terroristes les peuples qui luttent pour leurs droits. Les Irlandais étaient des terroristes jusqu'à ce qu'ils signent un accord. Abbas était un terroriste. Maintenant, c'est un ami.
    On parle pourtant d'une présence d'Al Qaeda ?
    Al Qaeda est partout, de la Belgique à l'Australie ! Cet Al Qaeda invisible est un logo destiné à justifier auprès de l'opinion publique des opérations militaires. Si les Etats-Unis disaient à leurs citoyens et soldats : « Nous allons envoyer nos troupes dans l'Océan Indien pour éventuellement combattre la Chine », les gens auraient peur bien entendu. Mais s'ils disent qu'il s'agit de combattre des pirates et Al Qaeda, cela ne pose pas de problèmes. En réalité, le véritable objectif est tout autre. Il consiste à installer des forces dans la région de l'Océan Indien qui sera le théâtre de conflits majeurs des années à venir. C'est ce que nous analyserons dans le chapitre suivant...
     
    AUTEUR: Grégoire LALIEU & Michel COLLON
    Source : Investig'Action
    Article original publié le 8/12/2009 / tlaxcala

    La Somalie avait tout pour réussir : une situation géographique avantageuse, du pétrole, des minerais et, fait plutôt rare en Afrique, une seule religion et une seule langue pour tout le territoire. La Somalie aurait pu être une grande puissance de la région. Mais la réalité est toute différente : famine, guerres, pillages, pirates, attentats... Comment ce pays a-t-il sombré? Pourquoi n'y a-t-il pas de gouvernement somalien depuis presque vingt ans? Quels scandales se cachent derrière ces pirates qui détournent nos navires? Dans ce nouveau chapitre de notre série « Comprendre le monde musulman », Mohamed Hassan nous explique pourquoi et comment les puissances impérialistes ont appliqué en Somalie une théorie du chaos.

    Comment la piraterie s'est-elle développée en Somalie? Qui sont ces
    pirates?


    Depuis 1990, il n'y a plus de gouvernement en Somalie. Le pays est aux mains de seigneurs de guerre. Des navires européens et asiatiques ont profité de cette situation chaotique pour pêcher le long des côtes somaliennes sans aucune licence et sans respecter des règles élémentaires. Ils n'ont pas respecté les quotas en vigueur dans leurs propres pays pour préserver les espèces et ont employé des techniques de pêche - notamment des bombes! - qui ont créé d'énormes dégâts aux richesses des mers somaliennes.

    Ce n'est pas tout ! Profitant également de cette absence d'autorité politique, des compagnies européennes, avec l'aide de la mafia, ont déversé des déchets nucléaires aux larges des côtes somaliennes. L'Europe était au courant, mais a fermé les yeux car cette solution présentait un avantage pratique et économique pour le traitement des déchets nucléaires. Or, le tsunami de 2005 a déposé
    une grande partie de ces déchets jusqu'aux terres somaliennes. Et d'étranges maladies sont apparues pour la première fois au sein de la population. Voilà le contexte dans lequel la piraterie s'est principalement développée. Les pêcheurs somaliens, qui disposent de techniques rudimentaires, n'étaient plus en mesure de travailler. Ils ont donc décidé de se protéger ainsi que leurs mers. C'est exactement ce que les Etats-Unis ont fait durant la guerre civile contre les Britanniques (1756 - 1763): ne disposant pas de forces navales, le président Georges Washington passa un accord avec des pirates pour protéger les richesses des mers américaines.

    Pas d'Etat somalien depuis presque vingt ans! Comment cela est-il possible?

    C'est le résultat d'une stratégie américaine. En 1990, le pays est meurtri par les conflits, la famine et les pillages, et l'Etat s'effondre. Face à une telle situation, les Etats-Unis, qui ont
    découvert quelques années auparavant des réserves de pétrole en Somalie, lancent l'opération Restore Hope en 1992. Pour la première fois, des Marines US interviennent en Afrique pour essayer de prendre le contrôle d'un pays. Pour la première fois aussi, une invasion militaire est déclenchée au nom de l'ingérence humanitaire.

    Le fameux sac de riz exhibé sur une plage somalienne par Bernard Kouchner ?

    Oui, tout le monde se souvient de ces images soigneusement mises en scène. Mais les véritables raisons étaient stratégiques. En effet, un document du département d'Etat US préconisait que les Etats-Unis se maintiennent comme seule et unique superpuissance mondiale suite à la chute du bloc soviétique. Pour accomplir cet objectif, il recommandait d'occuper une position hégémonique en Afrique, très riche en matières premières.

    Restore Hope sera pourtant un échec. Le film hollywoodien La chute du faucon
    noir a marqué les esprits, avec ses pauvres G.I.'s « assaillis par de méchants rebelles somaliens »...


    En effet, les soldats US seront vaincus par une résistance nationaliste somalienne. Depuis lors, la politique des Etats-Unis a été de maintenir la Somalie sans véritable gouvernement, voire de la balkaniser. La vieille stratégie britannique, d'ailleurs appliquée en de nombreux endroits : mettre en place des Etats faibles et divisés pour mieux tirer les ficelles. Voilà pourquoi il n'y a pas d'Etat somalien depuis presque vingt ans. Les Etats-Unis ont une espèce de théorie du chaos afin d'empêcher toute réconciliation somalienne et maintenir le pays divisé.

    Au Soudan, suite à la guerre civile, Exxon a dû quitter le pays après y avoir découvert du pétrole. Alors, laisser la Somalie plongée dans le chaos n'est-ce pas contraire aux intérêts des Etats-Unis qui ne peuvent y exploiter le pétrole
    découvert?


    L'exploitation du pétrole somalien n'est pas leur objectif prioritaire. Les Etats-Unis savent que les réserves sont là et n'en ont pas besoin dans l'immédiat. Deux éléments sont beaucoup plus importants dans leur stratégie. Tout d'abord, empêcher les compétiteurs de négocier avantageusement avec un Etat somalien riche et puissant. Vous parlez du Soudan, la comparaison est intéressante. Le pétrole que des compagnies pétrolières y ont découvert il y a trente ans, le Soudan le vend aujourd'hui aux Chinois. La même chose pourrait se produire en Somalie. Lorsqu'il était président du gouvernement de transition, Abdullah Yusuf s'était d'ailleurs rendu en Chine, bien qu'il fût soutenu par les Etats-Unis. Les médias US avaient vivement critiqué cette visite. Le fait est que les Etats-Unis n'ont aucune garantie sur ce point : si un gouvernement somalien voit le jour demain, peu importe sa couleur politique, il pourrait
    très bien adopter une stratégie indépendante des Etats-Unis et commercer avec la Chine. Les impérialistes occidentaux ne veulent donc pas d'un Etat somalien fort et uni. Le deuxième objectif poursuivi par cette théorie du chaos est lié à la situation géographique de la Somalie, qui est stratégique pour les impérialistes des Etats-Unis et de l'Europe réunis.

    Stratégique pourquoi?

    Le contrôle de l'Océan Indien, regardez la carte. Comme je l'ai dit, les puissances occidentales portent une lourde part de responsabilité dans le développement de la piraterie en Somalie. Mais plutôt que de dire la vérité et payer des compensations pour ce qu'elles ont fait, ces puissances criminalisent le phénomène afin de justifier leurs positions dans la région. Sous prétexte de combattre la piraterie, l'Otan positionne sa marine militaire dans l'Océan Indien.

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    Le véritable objectif?

    Contrôler le développement économique des puissances émergentes, principalement l'Inde et la Chine. En effet, la moitié de la flotte mondiale des porte-conteneurs et 70% du trafic total des produits pétroliers passent par l'Océan Indien. De ce point de vue stratégique, la Somalie occupe une place importante : le pays a la plus vaste côte d'Afrique (3.300 kilomètres) et fait face au Golfe Arabe et au détroit d'Hormuz, deux centres névralgiques de l'économie de la région. De plus, si une réponse pacifique était apportée au problème somalien, les relations entre l'Afrique d'une part, et l'Inde et la Chine d'autre part, pourraient se développer à travers l'Océan Indien. Ces concurrents des Etats-Unis pourraient alors avoir de l'influence dans
    cette région de l'Afrique. Le Mozambique, le Kenya, Madagascar, la Tanzanie, Zanzibar, l'Afrique du Sud... Tous ces pays connectés à l'Océan Indien pourraient avoir un accès facile au marché asiatique et développer des relations économiques fructueuses. Nelson Mandela, lorsqu'il était président de l'Afrique du Sud, avait d'ailleurs évoqué la nécessité d'une révolution de l'Océan Indien avec de nouvelles relations économiques. Ce projet, les Etats-Unis et l'Europe n'en veulent pas. C'est pourquoi ils préfèrent maintenir la Somalie dans le chaos.

    Vous dites que les Etats-Unis ne veulent pas d'une réconciliation en Somalie. Mais quelles sont les origines des divisions somaliennes?

    Pour bien comprendre cette situation chaotique, nous devons remonter plus loin dans l'histoire de la Somalie. Ce pays a été divisé par les forces coloniales. En 1959, la Somalie devient indépendante par la fusion des colonies italienne
    au Sud et britannique au Nord. Mais des Somaliens vivent également dans certaines parties du Kenya, d'Ethiopie et de Djibouti. Le nouvel Etat somalien adopte d'ailleurs comme drapeau une étoile, dont chaque branche représente une des parties de la Somalie historique. Le message derrière ce symbole étant : « Deux Somalies ont été réunies mais il en reste trois colonisées ».

    Devant la légitimité de ces revendications, les Britanniques - qui contrôlaient le Kenya - organisèrent un référendum dans la région de ce pays revendiquée par la Somalie. 87 % de la population, provenant essentiellement d'ethnies somaliennes, se prononcèrent pour l'unité de la Somalie. Mais lorsque les résultats furent publiés, Jomo Kenyatta, leader d'un mouvement nationaliste kenyan, menaça les Britanniques d'expulser les colons s'ils cédaient une partie du territoire à la Somalie. La Grande-Bretagne décida donc de ne pas tenir compte du
    référendum et aujourd'hui encore, une importante communauté de Somalis vit au Kenya. Il faut bien comprendre que ces frontières coloniales ont été une véritable catastrophe pour la Somalie. Cette question avait d'ailleurs fait l'objet d'un débat important sur le continent africain.

    Quel était l'enjeu de ce débat ?

    Dans les années soixante, alors que de nombreux pays africains étaient devenus indépendants, un débat opposa ceux qu'on appelait les groupes de Monrovia et de Casablanca. Ce dernier, comportant entre autres le Maroc et la Somalie, souhaitait qu'on rediscute les frontières héritées du colonialisme. Elles n'avaient aucune légitimité à leurs yeux. Mais la plupart des pays africains et leurs frontières sont le produit du colonialisme. Finalement, l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA), ancêtre de l'actuelle Union Africaine, mit un terme au débat en décrétant que les frontières sont indiscutables :
    revenir sur ces délimitations provoquerait des guerres civiles partout sur le continent. Plus tard, l'un des architectes de l'OUA, le Tanzanien Julius Nyerere, confessa que cette décision était la meilleure mais qu'il la regrettait pour le cas somalien.

    Quel sera l'impact de ces divisions coloniales sur la Somalie ?

    Elles vont créer des tensions avec les pays voisins. Durant ces années où la Somalie réclamait la révision des frontières, l'Ethiopie était devenue un bastion de l'impérialisme des Etats-Unis, qui tenaient également des bases militaires au Kenya et en Erythrée. C'est alors que la Somalie, jeune démocratie pastorale, émit le désir de bâtir sa propre armée. Le but était de ne pas être trop faible face aux voisins armés, de soutenir les mouvements somalis en Ethiopie voire même de récupérer par la force certains territoires. Mais les puissances occidentales s'opposèrent à la création d'une armée
    somalienne.

    Donc, la Somalie entretenait des relations tendues avec ses voisins. N'était-il pas raisonnable de s'opposer à ce projet d'armée somalienne ? Cela aurait provoqué des guerres, non ?

    Ce qui préoccupait l'Occident, ce n'était pas les conflits entre pays africains mais ses propres intérêts. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne équipaient et formaient des militaires en Ethiopie, au Kenya et en Erythrée. Des pays qui vivaient encore sous le joug de systèmes féodaux très oppressifs. Mais c'était des régimes néocoloniaux dévoués aux intérêts des Occidentaux. En Somalie, par contre, le pouvoir en place était plus démocratique et indépendant. L'Occident n'avait donc pas d'intérêt à armer un pays qui pouvait échapper à son contrôle.

    En conséquence, la Somalie décida de se tourner vers l'Union Soviétique. Cela inquiéta hautement les puissances occidentales qui redoutaient que l'influence de
    l'URSS s'étende en Afrique. Ces craintes vont s'accentuer avec le coup d'Etat de 1969.

    C'est-à-dire ?

    Des idées socialistes s'étaient répandues dans le pays. En effet, une importante communauté somalienne vivait à Aden dans le Sud du Yémen. Or, c'est dans cette ville que la Grande-Bretagne avait pris pour habitude d'envoyer en exil toutes les personnes qu'elle considérait comme dangereuses en Inde : communistes, nationalistes, etc. Ils étaient tous arrêtés et envoyés à Aden où se développèrent rapidement des idées nationalistes et révolutionnaires qui affecteront plus tard les Yéménites mais aussi les Somaliens. Sous l'impulsion de civils aux idées marxistes, un coup d'Etat fut organisé en 1969 par les militaires et Siad Barré prit le pouvoir en Somalie.

    Quelles étaient les raisons de ce coup d'Etat ?

    Le gouvernement somalien était corrompu. Il avait pourtant tous les ingrédients en
    mains pour ériger le pays au rang de grande puissance de la région : une position stratégique, une seule langue, une seule religion et d'autres éléments culturels communs. Ce qui est plutôt rare en Afrique. Mais en ratant le développement économique du pays, ce gouvernement a créé un climat favorable à la division entre clans. Sous prétexte de faire de la politique, les élites somaliennes se sont divisées, chacune créant son parti sans véritable programme et en recrutant son électorat selon les clans existants. Cela accentua les divisions et se révéla totalement inefficace. Une démocratie de type libéral n'était en fait pas adaptée à la Somalie : il y avait à un moment 63 partis politiques pour un pays de trois millions d'habitants ! Et le gouvernement n'était même pas capable d'adopter une écriture officielle ce qui créait de sérieux problèmes dans l'administration. Le niveau d'éducation était faible. On établit
    malgré tout une bureaucratie, une police et une armée. Qui va d'ailleurs jouer un rôle fondamental dans le coup d'Etat progressiste.

    « Progressiste » ! Avec l'armée ?

    L'armée était la seule institution organisée en Somalie. En tant qu'appareil de répression, elle était supposée protéger le soi-disant gouvernement civil et l'élite. Mais pour de nombreux Somaliens provenant de familles et de régions différentes, l'armée était aussi un lieu de rencontres et d'échanges où il n'y avait pas frontières, pas de tribalisme, pas de divisions claniques... C'est comme cela que les idées marxistes héritées d'Aden vont circuler au sein de l'armée. Le coup d'Etat sera donc mené par des officiers qui étaient avant tout nationalistes et qui, sans avoir de très bonnes connaissances du socialisme, éprouvaient de la sympathie pour ces idées. De plus, ils étaient au courant de ce qui se passait au Vietnam et nourrissaient
    des sentiments anti-impérialistes. Les civils qui connaissaient bien Marx et Lénine mais qui n'avaient pas de parti politique de masse, appuyèrent le coup d'Etat et devinrent les conseillers des officiers lorsque ceux-ci prirent le pouvoir.

    Quel changement apporta le coup d'Etat en Somalie ?

    Un aspect positif important : le nouveau gouvernement adopta rapidement une écriture officielle. De plus, l'Union Soviétique et la Chine aidaient la Somalie. Les étudiants et la population se mobilisaient. L'éducation ainsi que les conditions sociales s'améliorèrent. Les années qui ont suivi le coup d'Etat furent ainsi les meilleures que la Somalie ait jamais connues. Jusqu'en 1977.

    Qu'est-ce qui a changé ?

    La Somalie, qui avait été divisée par les puissances coloniales, attaqua l'Ethiopie pour récupérer le territoire de l'Ogaden, majoritairement peuplé de Somalis. A cette époque pourtant, l'Ethiopie
    était elle-même un Etat socialiste soutenu par les Soviétiques. Ce pays avait été longtemps dirigé par l'empereur Sélassié. Mais durant les années septante, la mobilisation était forte pour le renverser. Les mouvements d'étudiants - auxquels j'ai personnellement participé - posaient quatre revendications majeures. Tout d'abord, résoudre les tensions avec l'Erythrée de manière pacifique et démocratique. Deuxièmement, établir une réforme agraire qui distribuerait des terres aux paysans. Troisièmement, établir le principe d'égalité des nationalités : l'Ethiopie était alors un pays multinational dirigé par une élite non représentative de la diversité. Quatrièmement, abolir le système féodal et établir un Etat démocratique. Tout comme en Somalie, l'armée était la seule institution organisée en Ethiopie et les civils s'associèrent aux officiers pour renverser Sélassié en 1974.

    Comment se fait-il que deux Etats
    socialistes soutenus par l'Union Soviétique se soient fait la guerre ?


    Après la révolution éthiopienne, une délégation regroupant l'Union Soviétique, Cuba et le Yémen du Sud organisa une table ronde en présence de l'Ethiopie et de la Somalie en vue de résoudre leur différend. Castro se rendit à Adis Abeba et à Mogadiscio. Selon lui, les revendications somaliennes étaient tout à fait justifiées. Finalement, la délégation éthiopienne accepta d'étudier sérieusement la demande de son voisin somalien et les deux pays signèrent un accord stipulant qu'aucun acte de provocation ne serait commis le temps de prendre une décision. Les choses semblaient donc bien parties, mais la Somalie ne respecta pas cet accord...

    Deux jours après que la délégation éthiopienne soit retournée au pays, Henry Kissinger, ancien ministre du président Nixon, débarqua à Mogadiscio. Kissinger représentait une organisation officieuse : le
    Safari Club qui regroupait notamment l'Iran du Chah, le Congo de Mobutu, l'Arabie Saoudite, le Maroc ainsi que les services secrets français et pakistanais. L'objectif de cette organisation était de combattre la prétendue infiltration soviétique dans le Golfe et en Afrique. Sous les pressions et les promesses d'aides du Safari Club, Siad Barré va commettre un désastre, une grave erreur stratégique: attaquer l'Ethiopie.

    Quelles seront les conséquences de cette guerre ?

    Les Soviétiques quittèrent la région et la Somalie, toujours présidée par Siad Barré, intégra le réseau néocolonial des puissances impérialistes. Le pays avait été sérieusement endommagé par le conflit et la Banque Mondiale et le FMI furent chargés de le « reconstruire ». Ceci allait aggraver les contradictions au sein de la bourgeoisie somalienne. Chacune des élites régionales voulant posséder son propre marché. Elles ont accentué les
    divisions entre clans et contribué à la dislocation progressive du pays jusqu'à la chute de Siad Barré en 1990. Depuis, aucun chef d'Etat ne lui a succédé.

    Mais, trente ans après la guerre de l'Ogaden, le scénario va s'inverser : l'Ethiopie sera appuyée par les Etats-Unis pour attaquer la Somalie...

    Oui, comme je l'ai dit, depuis l'échec de l'Opération Restore Hope, les Etats-Unis préfèrent maintenir la Somalie dans le chaos. Cependant, en 2006, un mouvement spontané se développa sous la bannière des tribunaux islamiques pour combattre les seigneurs de guerre locaux et ramener l'unité dans le pays. C'était une sorte d'intifada. Pour empêcher ce mouvement de reconstruire la Somalie, les Etats-Unis décidèrent brusquement de soutenir le gouvernement de transition somalien qu'ils n'avaient jamais voulu reconnaître. En fait, ils se rendirent compte que leur projet d'une Somalie sans Etat effectif n'était plus
    possible et qu'un mouvement était sur le point d'aboutir à une réconciliation du pays, islamique qui plus est ! Dans le but de saboter l'unité somalienne, ils décidèrent donc d'appuyer ce gouvernement de transition. Mais comme celui-ci ne disposait ni d'une base sociale, ni d'une armée, ce furent les troupes éthiopiennes commandées par Washington qui attaquèrent Mogadiscio pour faire tomber les tribunaux islamiques.

    Ca a marché ?

    Non, l'armée éthiopienne a été défaite et a dû quitter la Somalie. De leurs côtés, les tribunaux islamiques se sont dispersés en divers mouvements qui aujourd'hui encore, contrôlent une bonne partie du pays. Quant au gouvernement de transition d'Abdullah Yussuf, il s'est effondré et les Etats-Unis l'ont remplacé par Sheik Sharrif, l'ancien porte-parole des tribunaux islamiques.

    Sheik Sharrif est donc passé dans « l'autre camp » ?

    Il occupait la fonction de
    porte-parole des tribunaux islamiques, car c'est un bon orateur. Mais il n'a pas de connaissances politiques. Il n'a aucune idée de ce qu'est l'impérialisme ou le nationalisme. C'est pour ça que les puissances occidentales l'ont récupéré. C'était le maillon faible des tribunaux islamiques. Il préside aujourd'hui un faux gouvernement, créé à Djibouti. Qui n'a aucune base sociale ni autorité en Somalie. Il existe seulement sur la scène internationale parce que les puissances impérialistes le soutiennent.

    En Afghanistan, les Etats-Unis se disent prêts à négocier avec des talibans. Pourquoi ne cherchent-ils pas à dialoguer avec les groupes islamiques en Somalie ?

    Parce que ces groupes veulent renverser l'occupant étranger et permettre une réconciliation nationale du peuple somalien. Du coup, les Etats-Unis veulent briser ces groupes, car une réconciliation - que ce soit à travers les mouvements islamiques ou à
    travers le gouvernement de transition - n'est pas dans l'intérêt des forces impérialistes. Elles veulent juste le chaos. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, ce chaos s'étend aussi à l'Ethiopie, très faible depuis l'agression de 2007. Un mouvement de résistance nationale y a vu le jour en lutte contre le gouvernement pro-impérialiste d'Addis Abeba. Avec leur théorie du chaos, les Etats-Unis ont en fait créé des problèmes dans toute la région. Et maintenant, ils s'en prennent à l'Erythrée.

    Pourquoi?

    Ce petit pays mène une politique nationale indépendante. L'Erythrée a aussi une vision pour toute la région : la corne de l'Afrique (Somalie, Djibouti, Ethiopie, Erythrée) n'a pas besoin de l'ingérence des puissances étrangères, ses richesses doivent lui permettre d'établir de nouvelles relations économiques basées sur un respect mutuel. Pour l'Erythrée, cette région doit se prendre en mains et ses membres
    doivent pouvoir discuter de leurs problèmes. Bien évidemment, cette politique effraie les Etats-Unis qui craignent que d'autres pays suivent cet exemple. Alors, ils accusent l'Erythrée d'envoyer des armes en Somalie et de fomenter des troubles en Ethiopie.

    Selon vous, l'Erythrée n'envoie pas d'armes en Somalie ?

    Pas même une cartouche ! C'est de la pure propagande, comme celle qu'on mena contre la Syrie à propos de la résistance irakienne. La vision de l'Erythrée rejoint le projet de révolution de l'Océan Indien que nous évoquions plus haut. Les puissances occidentales n'en veulent pas et souhaitent ramener l'Erythrée dans le cercle des Etats néocoloniaux sous contrôle, tels que le Kenya, l'Ethiopie ou l'Ouganda.

    N'y a-t-il pas de terroristes en Somalie ?

    Les puissances impériales présentent toujours comme terroristes les peuples qui luttent pour leurs droits. Les Irlandais étaient des
    terroristes jusqu'à ce qu'ils signent un accord. Abbas était un terroriste. Maintenant, c'est un ami.

    On parle pourtant d'une présence d'Al Qaeda ?

    Al Qaeda est partout, de la Belgique à l'Australie ! Cet Al Qaeda invisible est un logo destiné à justifier auprès de l'opinion publique des opérations militaires. Si les Etats-Unis disaient à leurs citoyens et soldats : « Nous allons envoyer nos troupes dans l'Océan Indien pour éventuellement combattre la Chine », les gens auraient peur bien entendu. Mais s'ils disent qu'il s'agit de combattre des pirates et Al Qaeda, cela ne pose pas de problèmes. En réalité, le véritable objectif est tout autre. Il consiste à installer des forces dans la région de l'Océan Indien qui sera le théâtre de conflits majeurs des années à venir. C'est ce que nous analyserons dans le chapitre suivant...

     

    AUTEUR: Grégoire LALIEU & Michel COLLON

    Source : Investig'Action
    Article original publié le 8/12/2009 / tlaxcala



    3.2.10 22:20


    La géopolitique des pipelines à un tournant capital

    Le Turkménistan réserve ses fournitures de gaz à la Chine, la Russie et l?Iran
    par M. K. Bhadrakumar *
     
    Le 6 janvier 2010, l?Iran et le Turkménistan inauguraient le gazoduc Dovletabat-Sarakhs-Khangiran, un projet commun d?une ampleur exceptionnelle. Ce grand pas en avant pourrait véritablement bouleverser la donne dans le « Grand échiquier » pour le contrôle de l?énergie : les États-Unis sont mis hors-jeu par leurs concurrents sans que ces derniers ne provoquent les agressions et les effusions de sang dont les États-uniens s?étaient rendus responsables au cours des seules opérations de sécurisation des routes d?accès. Si l?avenir de l?énergie se trouve non pas dans le pétrole mais dans le gaz, alors le contrôle du Proche-Orient pourrait bien passer par celui du bassin de la mer Caspienne.

    Le Président du Turkménistan, Gurbanguli Berdymukhamedov (au centre) et son homologue iranien Mahmoud Ahmadinejad (à gauche) s?entretenant avec Ahamed Mohamad Ali, président de la Banque islamique de développement (à droite) lors de la cérémonie d?inauguration du nouveau gazoduc (Achgabat, Turkménistan, 6 janvier 2010).
    En janvier dernier, l?inauguration du gazoduc Dauletabad-Sarakhs-Khangiran reliant le nord de l?Iran dans le bassin de la mer Caspienne aux gisements gaziers turkmènes est sans doute passée inaperçue dans la cacophonie médiatique occidentale, pour qui le régime islamique de Téhéran vit son Apocalypse Now.
    L?événement est lourd de messages concernant la sécurité de la région. En l?espace de trois semaines, le Turkménistan a décidé d?attribuer la totalité de ses exportations de gaz à la Chine, la Russie et l?Iran : il est d?autant moins intéressé par les projets de tracés proposés par les États-Unis et l?Union Européenne. Entendons-nous au loin les notes d?une symphonie jouée de concert par la Russie, la Chine et l?Iran ?
    Ce gazoduc, long de 182 km, a beau démarrer modestement avec une capacité de 8 milliards de mètres cubes (8 G.m3) de gaz, sa capacité annuelle n?en est pas moins de 20 G.m3. Ce volume satisferait, en Iran, les besoins des habitants de la plaine côtière de la mer Caspienne et permettrait à Téhéran de réserver à l?exportation la production des puits gaziers exploités dans le sud de son territoire. Le contrat satisfait pleinement les deux parties : Achgabat s?assure un marché à ses portes ; le nord de l?Iran n?a plus à réduire sa consommation par crainte des pénuries en hiver et Téhéran peut donc affecter ses surplus à l?exportation. De plus, via l?Iran, le Turkménistan peut développer d?autres voies de transport vers le reste du monde. Aussi l?Iran peut-il espérer jouir pleinement des avantages de sa position géographique parfaite pour servir de terminal aux exportations gazières turkmènes.
    Nous assistons à une redistribution des cartes de la coopération énergétique au niveau régional qui n?a que faire des « supermajors » du pétrole [1]. Comme d?accoutumée, la Russie mène le jeu ; la Chine et l?Iran suivent l?exemple. La Russie, l?Iran et le Turkménistan occupent respectivement le premier, le second et le quatrième rang mondial pour ce qui est des réserves de gaz. Par ailleurs la Chine va s?imposer, au cours de ce siècle, le grand pays importateur par excellence. Tout cela a des conséquences capitales sur la stratégie globale des États-Unis.
    Le gazoduc construit par l?Iran et le Turkménistan fait fi de la politique américaine envers l?Iran. Les États-Unis menacent l?Iran de nouvelles sanctions et prétendent que « Téhéran se trouve de plus en plus isolé. » Mais l?on voit malgré tout Mahmoud Ahmadinejad parcourir l?Asie Centrale à bord de son jet présidentiel, être accueilli sur un tapis rouge à Achgabat par son homologue Gurbanguly Berdymukhammedov, et devant nos yeux émerge un nouvel axe économique. La diplomatie coercitive des États-Unis n?a pas porté ses fruits. Le Turkménistan, dont le produit national brut atteint 18,3 milliards de dollars, a bravé l?unique superpuissance (au PNB de 14,2 billions de dollars ? 14,2.1012 ou 14 200 milliards). Pire encore, il a traité le dossier comme une affaire courante.
    Ce drame comporte aussi ses ramifications. Pour commencer, Téhéran affirme avoir scellé un accord avec Ankara pour exporter le gaz turkmène vers la Turquie en passant par le gazoduc existant, long de 2 577 km, reliant Tabriz, dans le nord de l?Iran, et Ankara. On le voit, la Turquie mène sa politique étrangère de manière indépendante, aspirant elle aussi à devenir une plaque-tournante dans la distribution de gaz vers les marchés européens. L?Europe pourrait ainsi perdre la bataille qu?elle mène pour s?octroyer un accès direct aux réserves du bassin de la mer Caspienne.
    Deuxièmement, la Russie ne semble pas s?inquiéter à l?idée que la Chine trouve des sources d?approvisionnement énergétique Asie Centrale. La demande européenne de gaz russe a chuté et les pays producteurs d?Asie Centrale s?installent sur le marché chinois. La Russie ne devrait connaître aucun problème d?approvisionnement particulier en conséquence des importations chinoises (que ce soit pour sa consommation intérieure ou pour ses exportations). Elle est suffisamment bien implantée sur le marché de l?énergie en Asie Centrale, et autour de la mer Caspienne, pour éviter toute pénurie d?énergie.
    Ce qui importe plus que tout, pour la Russie, c?est de ne pas voir s?éroder son statut de premier fournisseur d?énergie vers l?Europe. Tant que les pays producteurs d?Asie Centrale ne manifestent aucune demande pressante pour la construction de nouveaux pipelines transcaspiens sous tutelle américaine, la Russie n?a rien à redire.
    Au cours de sa récente visite à Achgabat, le Président russe Dmitri Medvedev a normalisé les relations entre la Russie et le Turkménistan au sujet des questions énergétiques. Ce resserrement des liens avec le Turkménistan constitue une avancée majeure pour les deux pays. Premièrement, le réchauffement significatif de leurs relations permet au Turkménistan de maintenir l?exportation vers la Russie d?un volume annuel de 30 G.m3 de gaz. Deuxièmement, pour citer Medvedev : « Pour la première fois dans l?histoire des relations qui unissent la Russie et le Turkménistan, la base de calcul de prix pour l?approvisionnement en gaz sera élaborée de manière absolument comparable à celle des marchés européens. » Certains commentateurs russes affirment que Gazprom ne tirera aucun profit à acheter le gaz turkmène et qu?en outre, si Moscou a accepté de payer le prix fort, c?est d?abord parce que le Kremlin est résolu à ne pas
    laisser un seul mètre cube de gaz à la disposition d?autres projets de gazoducs, et surtout pas le Nabucco, un projet soutenu par les États-Unis.
    Troisièmement, et contrairement à ce que distille la propagande occidentale, Achgabat ne voit pas dans le gazoduc chinois une solution de remplacement à Gazprom. La politique des prix pratiquée par la Russie constitue une garantie que Gazprom demeure un client irremplaçable pour le Turkménistan. Les négociations sur le prix de vente du gaz attribué à la Chine se poursuivent, mais le tarif final ne pourra jamais concurrencer l?offre russe.
    Quatrièmement, la Russie et le Turkménistan ont réitéré leur engagement pour développer le gazoduc transcaspien le long de la côte est de la mer Caspienne jusqu?à la Russie, dont la capacité atteindra 30 G.m3. A l?évidence, grâce aux réserves turkmènes (et kazakhs), la Russie espère centraliser de plus grandes quantités de gaz naturel en provenance d?Asie Centrale.
    Cinquièmement, Moscou et Achgabat se sont également entendus pour construire conjointement un gazoduc est-ouest reliant tous les puits de gaz turkmènes à un même réseau afin de permettre l?acheminement de gaz vers la Russie, la Chine et l?Iran depuis n?importe quel gisement.
    On le voit bien, dans le contexte d?intensification des avancées américaines en Asie Centrale, la visite de Medvedev à Achgabat n?est pas sans conséquences sur la sécurité de la région. Lors d?une conférence de presse commune avec Medvedev, Berdymukhammedov déclarait que Moscou et Achgabat partageaient une vision générale sur la situation de la zone, en particulier à propos de l?Asie Centrale et du bassin de la mer Caspienne. Il a également souligné le fait que les deux pays ne considèrent pas la sécurité de l?un sans envisager celle de l?autre. Medvedev confirmait quant à lui la similitude de leurs analyses, partagées unanimement, sur les sujets sécuritaires et leur volonté de travailler ensemble.
    En cherchant à contourner la Russie, à laisser la Chine sur le bas-côté et à isoler l?Iran, la stratégie diplomatique de développement des pipelines mise en ?uvre par les États-Unis dans la région de la mer Caspienne n?a pas fonctionné. La Russie prévoit à présent de doubler son importation de gaz en provenance d?Azerbaïdjan, entravant ainsi davantage les efforts occidentaux pour faire de Bakou un fournisseur du Nabucco. Aux côtés de la Russie, l?Iran émerge en tant qu?importateur de gaz azerbaïdjanais. En décembre, l?Azerbaïdjan signait un accord pour livrer du gaz à l?Iran via le gazoduc Kazi-Magomed-Astara qui s?étend sur 1 400 km.
    Le moteur de ces développements est l?irrépressible élan pris par le South Stream et le North Stream russes, qui alimenteront en gaz l?Europe du Nord et du Sud. Les obstacles érigés contre le North Stream ont été levés après le feu vert, sur le plan environnemental, du Danemark (en octobre), de la Finlande, de la Suède (en novembre) et de l?Allemagne (en décembre). Les travaux de construction du gazoduc démarreront au printemps.
    Gazprom, les industriels allemands E.ON Ruhrgas et BASF-Wintershall, et Gasunie, une entreprise néerlandaise de transport gazier, ont investi ensemble 12 milliards de dollars pour la construction du gazoduc North Stream, dont le parcours évite le tracé des voies de transit datant de l?époque soviétique traversant l?Ukraine, la Pologne et la Biélorussie. Long de 1 220 km, il part du port de Vyborg dans le nord-ouest de la Russie, passe sous la mer Baltique et débouche dans le port allemand de Greifswald. La capacité de 27,5 G.m3 (par an) sera atteinte l?année prochaine avec la mise en service d?un premier tronçon, avant de doubler en 2012. Le North Stream va profondément affecter la géopolitique de l?Eurasie, les équations transatlantiques et les liens entre la Russie et l?Europe.
    De toute évidence, l?année 2009 a été une année historique dans la « guerre de l?énergie ». D?abord, l?inauguration du gazoduc chinois par le président Hu Jintao le 14 décembre, ensuite, celle du terminal pétrolier près du port de Nakhodka en Sibérie Orientale par le Premier Ministre Vladimir Poutine le 27 décembre (l?oléoduc qui le rejoint et qui relie les nouveaux gisements de la Sibérie Orientale à la Chine et aux nouveaux marchés asiatiques sur le Pacifique, pour un budget conséquent de 22 milliards de dollars), et enfin, celle du gazoduc iranien par Ahmadinejad le 6 janvier dernier. Subtilement, c?est presque toute la carte énergétique de l?Eurasie et de la région de la mer Caspienne qui s?est vue redessinée.
    L?année 2010 démarre sur cette nouvelle interrogation fascinante : la Russie, la Chine et l?Iran vont-ils coordonner leurs prochaines actions ou, au moins, harmoniser leurs intérêts conflictuels ?
    M. K. Bhadrakumar
    M. K. Bhadrakumar a mené une carrière de diplomate au sein du Ministère des Affaires Étrangères indien. Parmi ses affectations figurent l?URSS, la Corée du Nord, le Sri Lanka, l?Allemagne, le Pakistan, l?Ouzbékistan, le Koweït et la Turquie
     
     
    [1] N.D.T. En anglais « Big Oil » désigne, un peu péjorativement, les six plus grandes compagnies pétrolières privées mondiales : ExxonMobil (USA), Royal Dutch Shell (Pays-Bas), BP (Royaume-Uni), Chevron Corporation (USA), ConocoPhillips (USA), Total S.A. (France).
    1er février 2010 / Réseau Voltaire

    Le Turkménistan réserve ses fournitures de gaz à la Chine, la Russie et l?Iran
    par M. K. Bhadrakumar *

     


    Le 6 janvier 2010, l?Iran et le Turkménistan inauguraient le gazoduc Dovletabat-Sarakhs-Khangiran, un projet commun d?une ampleur exceptionnelle. Ce grand pas en avant pourrait véritablement bouleverser la donne dans le « Grand échiquier » pour le contrôle de l?énergie : les États-Unis sont mis hors-jeu par leurs concurrents sans que ces derniers ne provoquent les agressions et les effusions de sang dont les États-uniens s?étaient rendus responsables au cours des seules opérations de sécurisation des routes d?accès. Si l?avenir de l?énergie se trouve non pas dans le pétrole mais dans le gaz, alors le contrôle du Proche-Orient pourrait bien passer par celui du bassin de la mer Caspienne.


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    Le Président du Turkménistan, Gurbanguli Berdymukhamedov (au centre) et son homologue iranien Mahmoud Ahmadinejad (à gauche) s?entretenant avec Ahamed Mohamad Ali, président de la Banque islamique de développement (à droite) lors de la cérémonie d?inauguration du nouveau gazoduc (Achgabat, Turkménistan, 6 janvier 2010).

    En janvier dernier, l?inauguration du gazoduc Dauletabad-Sarakhs-Khangiran reliant le nord de l?Iran dans le bassin de la mer Caspienne aux gisements gaziers turkmènes est sans doute passée inaperçue dans la cacophonie médiatique occidentale, pour qui le régime islamique de Téhéran vit son Apocalypse Now.

    L?événement est lourd de messages concernant la sécurité de la région. En l?espace de trois semaines, le Turkménistan a décidé d?attribuer la totalité de ses exportations de gaz à la Chine, la Russie et l?Iran : il est d?autant moins intéressé par les projets de tracés proposés par les États-Unis et l?Union Européenne. Entendons-nous au loin les notes d?une symphonie jouée de concert par la Russie, la Chine et l?Iran ?

    Ce gazoduc, long de 182 km, a beau démarrer modestement avec une capacité de 8 milliards de mètres cubes (8 G.m3) de gaz, sa capacité annuelle n?en est pas moins de 20 G.m3. Ce volume satisferait, en Iran, les besoins des habitants de la plaine côtière de la mer Caspienne et permettrait à Téhéran de réserver à l?exportation la production des puits gaziers exploités dans le sud de son territoire. Le contrat satisfait pleinement les deux parties : Achgabat s?assure un marché à ses portes ; le nord de l?Iran n?a plus à réduire sa consommation par crainte des pénuries en hiver et Téhéran peut donc affecter ses surplus à l?exportation. De plus, via l?Iran, le Turkménistan peut développer d?autres voies de transport vers le reste du monde. Aussi l?Iran peut-il espérer jouir pleinement des avantages de sa position géographique parfaite pour servir de terminal aux exportations gazières turkmènes.

    Nous assistons à une redistribution des cartes de la coopération énergétique au niveau régional qui n?a que faire des « supermajors » du pétrole [1]. Comme d?accoutumée, la Russie mène le jeu ; la Chine et l?Iran suivent l?exemple. La Russie, l?Iran et le Turkménistan occupent respectivement le premier, le second et le quatrième rang mondial pour ce qui est des réserves de gaz. Par ailleurs la Chine va s?imposer, au cours de ce siècle, le grand pays importateur par excellence. Tout cela a des conséquences capitales sur la stratégie globale des États-Unis.

    Le gazoduc construit par l?Iran et le Turkménistan fait fi de la politique américaine envers l?Iran. Les États-Unis menacent l?Iran de nouvelles sanctions et prétendent que « Téhéran se trouve de plus en plus isolé. » Mais l?on voit malgré tout Mahmoud Ahmadinejad parcourir l?Asie Centrale à bord de son jet présidentiel, être accueilli sur un tapis rouge à Achgabat par son homologue Gurbanguly Berdymukhammedov, et devant nos yeux émerge un nouvel axe économique. La diplomatie coercitive des États-Unis n?a pas porté ses fruits. Le Turkménistan, dont le produit national brut atteint 18,3 milliards de dollars, a bravé l?unique superpuissance (au PNB de 14,2 billions de dollars ? 14,2.1012 ou 14 200 milliards). Pire encore, il a traité le dossier comme une affaire courante.

    Ce drame comporte aussi ses ramifications. Pour commencer, Téhéran affirme avoir scellé un accord avec Ankara pour exporter le gaz turkmène vers la Turquie en passant par le gazoduc existant, long de 2 577 km, reliant Tabriz, dans le nord de l?Iran, et Ankara. On le voit, la Turquie mène sa politique étrangère de manière indépendante, aspirant elle aussi à devenir une plaque-tournante dans la distribution de gaz vers les marchés européens. L?Europe pourrait ainsi perdre la bataille qu?elle mène pour s?octroyer un accès direct aux réserves du bassin de la mer Caspienne.

    Deuxièmement, la Russie ne semble pas s?inquiéter à l?idée que la Chine trouve des sources d?approvisionnement énergétique Asie Centrale. La demande européenne de gaz russe a chuté et les pays producteurs d?Asie Centrale s?installent sur le marché chinois. La Russie ne devrait connaître aucun problème d?approvisionnement particulier en conséquence des importations chinoises (que ce soit pour sa consommation intérieure ou pour ses exportations). Elle est suffisamment bien implantée sur le marché de l?énergie en Asie Centrale, et autour de la mer Caspienne, pour éviter toute pénurie d?énergie.

    Ce qui importe plus que tout, pour la Russie, c?est de ne pas voir s?éroder son statut de premier fournisseur d?énergie vers l?Europe. Tant que les pays producteurs d?Asie Centrale ne manifestent aucune demande pressante pour la construction de nouveaux pipelines transcaspiens sous tutelle américaine, la Russie n?a rien à redire.

    Au cours de sa récente visite à Achgabat, le Président russe Dmitri Medvedev a normalisé les relations entre la Russie et le Turkménistan au sujet des questions énergétiques. Ce resserrement des liens avec le Turkménistan constitue une avancée majeure pour les deux pays. Premièrement, le réchauffement significatif de leurs relations permet au Turkménistan de maintenir l?exportation vers la Russie d?un volume annuel de 30 G.m3 de gaz. Deuxièmement, pour citer Medvedev : « Pour la première fois dans l?histoire des relations qui unissent la Russie et le Turkménistan, la base de calcul de prix pour l?approvisionnement en gaz sera élaborée de manière absolument comparable à celle des marchés européens. » Certains commentateurs russes affirment que Gazprom ne tirera aucun profit à acheter le gaz turkmène et qu?en outre, si Moscou a accepté de payer le prix fort, c?est d?abord parce que le
    Kremlin est résolu à ne pas laisser un seul mètre cube de gaz à la disposition d?autres projets de gazoducs, et surtout pas le Nabucco, un projet soutenu par les États-Unis.

    Troisièmement, et contrairement à ce que distille la propagande occidentale, Achgabat ne voit pas dans le gazoduc chinois une solution de remplacement à Gazprom. La politique des prix pratiquée par la Russie constitue une garantie que Gazprom demeure un client irremplaçable pour le Turkménistan. Les négociations sur le prix de vente du gaz attribué à la Chine se poursuivent, mais le tarif final ne pourra jamais concurrencer l?offre russe.

    Quatrièmement, la Russie et le Turkménistan ont réitéré leur engagement pour développer le gazoduc transcaspien le long de la côte est de la mer Caspienne jusqu?à la Russie, dont la capacité atteindra 30 G.m3. A l?évidence, grâce aux réserves turkmènes (et kazakhs), la Russie espère centraliser de plus grandes quantités de gaz naturel en provenance d?Asie Centrale.

    Cinquièmement, Moscou et Achgabat se sont également entendus pour construire conjointement un gazoduc est-ouest reliant tous les puits de gaz turkmènes à un même réseau afin de permettre l?acheminement de gaz vers la Russie, la Chine et l?Iran depuis n?importe quel gisement.

    On le voit bien, dans le contexte d?intensification des avancées américaines en Asie Centrale, la visite de Medvedev à Achgabat n?est pas sans conséquences sur la sécurité de la région. Lors d?une conférence de presse commune avec Medvedev, Berdymukhammedov déclarait que Moscou et Achgabat partageaient une vision générale sur la situation de la zone, en particulier à propos de l?Asie Centrale et du bassin de la mer Caspienne. Il a également souligné le fait que les deux pays ne considèrent pas la sécurité de l?un sans envisager celle de l?autre. Medvedev confirmait quant à lui la similitude de leurs analyses, partagées unanimement, sur les sujets sécuritaires et leur volonté de travailler ensemble.

    En cherchant à contourner la Russie, à laisser la Chine sur le bas-côté et à isoler l?Iran, la stratégie diplomatique de développement des pipelines mise en ?uvre par les États-Unis dans la région de la mer Caspienne n?a pas fonctionné. La Russie prévoit à présent de doubler son importation de gaz en provenance d?Azerbaïdjan, entravant ainsi davantage les efforts occidentaux pour faire de Bakou un fournisseur du Nabucco. Aux côtés de la Russie, l?Iran émerge en tant qu?importateur de gaz azerbaïdjanais. En décembre, l?Azerbaïdjan signait un accord pour livrer du gaz à l?Iran via le gazoduc Kazi-Magomed-Astara qui s?étend sur 1 400 km.

    Le moteur de ces développements est l?irrépressible élan pris par le South Stream et le North Stream russes, qui alimenteront en gaz l?Europe du Nord et du Sud. Les obstacles érigés contre le North Stream ont été levés après le feu vert, sur le plan environnemental, du Danemark (en octobre), de la Finlande, de la Suède (en novembre) et de l?Allemagne (en décembre). Les travaux de construction du gazoduc démarreront au printemps.

    Gazprom, les industriels allemands E.ON Ruhrgas et BASF-Wintershall, et Gasunie, une entreprise néerlandaise de transport gazier, ont investi ensemble 12 milliards de dollars pour la construction du gazoduc North Stream, dont le parcours évite le tracé des voies de transit datant de l?époque soviétique traversant l?Ukraine, la Pologne et la Biélorussie. Long de 1 220 km, il part du port de Vyborg dans le nord-ouest de la Russie, passe sous la mer Baltique et débouche dans le port allemand de Greifswald. La capacité de 27,5 G.m3 (par an) sera atteinte l?année prochaine avec la mise en service d?un premier tronçon, avant de doubler en 2012. Le North Stream va profondément affecter la géopolitique de l?Eurasie, les équations transatlantiques et les liens entre la Russie et l?Europe.

    De toute évidence, l?année 2009 a été une année historique dans la « guerre de l?énergie ». D?abord, l?inauguration du gazoduc chinois par le président Hu Jintao le 14 décembre, ensuite, celle du terminal pétrolier près du port de Nakhodka en Sibérie Orientale par le Premier Ministre Vladimir Poutine le 27 décembre (l?oléoduc qui le rejoint et qui relie les nouveaux gisements de la Sibérie Orientale à la Chine et aux nouveaux marchés asiatiques sur le Pacifique, pour un budget conséquent de 22 milliards de dollars), et enfin, celle du gazoduc iranien par Ahmadinejad le 6 janvier dernier. Subtilement, c?est presque toute la carte énergétique de l?Eurasie et de la région de la mer Caspienne qui s?est vue redessinée.

    L?année 2010 démarre sur cette nouvelle interrogation fascinante : la Russie, la Chine et l?Iran vont-ils coordonner leurs prochaines actions ou, au moins, harmoniser leurs intérêts conflictuels ?






     M. K. Bhadrakumar

    M. K. Bhadrakumar a mené une carrière de diplomate au sein du Ministère des Affaires Étrangères indien. Parmi ses affectations figurent l?URSS, la Corée du Nord, le Sri Lanka, l?Allemagne, le Pakistan, l?Ouzbékistan, le Koweït et la Turquie

     

     

    [1] N.D.T. En anglais « Big Oil » désigne, un peu péjorativement, les six plus grandes compagnies pétrolières privées mondiales : ExxonMobil (USA), Royal Dutch Shell (Pays-Bas), BP (Royaume-Uni), Chevron Corporation (USA), ConocoPhillips (USA), Total S.A. (France).

    1er février 2010 / Réseau Voltaire



    1.2.10 23:49


    Rapport n° 55 sur les violations israéliennes des droits humains

    Les Forces d'occupation israéliennes (FOI) continuent d'agresser systématiquement les civils palestiniens et leurs biens dans les Territoires palestiniens occupés (TPO).
    jeudi 28 janvier 2010 - 17h:47
    PCHR du 21 au 27 janvier 2010
    Durant la semaine du 21 au 27 janvier 2010 :
    - 2 Palestiniens ont été blessés par des tirs israéliens en Cisjordanie ;19 raids ont été menés par les FOI dans les communautés palestiniennes de Cisjordanie :
    - 29 Palestiniens ont été arrêtés, dont 2 femmes et un mineur ;
    - les troupes postées sur les check-points militaires ont arrêté 3 Palestiniens (2 journalistes et un mineur) ;
    - les FOI ont investi les domiciles de certains Palestiniens militant contre la construction du Mur d'annexion ;
    - Israël a maintenu un siège total sur les TPO et l'isolement de la bande de Gaza du monde extérieur ;
    - les FOI ont ordonné à des agriculteurs palestiniens du village d''Aqraba, au sud-est de Naplouse, d'évacuer leurs bâtiments agricoles ;
    - les colons israéliens ont arraché 15 oliviers à Deir Nizam, près de Ramallah.
    Une femme palestinienne brandit son drapeau national face à des soldats israéliens lors d'une manifestation non violente organisée pour protester contre la construction du Mur d'annexion dans le village d'al-Ma'sara, au sud de Bethléhem.
    Violations israéliennes recensées durant la période du 21 au 27 janvier 2010
    1 - Incursions dans les zones palestiniennes et agressions contre les civils palestiniens et leurs biens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza
    Jeudi 21 janvier
    Incursion dans la région de Naplouse : vers 1h30 du matin, l'armée pénètre dans la ville de Naplouse, patrouillant dans les rues et forçant la porte de certaines maisons, et arrête deux Palestiniens : Usaid Khaled Salama, 19 ans, et 'Abdul 'Aziz Khalil Jebril, 23 ans.
    Région de Ramallah : incursion dans le village de Nil'in, à l'ouest de Ramallah, vers 1h30, où elle arrête 3 Palestiniens après la fouille de leurs maisons : Ouissai Mohammed Nafe', 19 ans, Barakat 'Ali al-Khawaja, 32 ans, et Mustafa Rateb 'Amira, 53 ans, qui fut arrêté afin de faire pression sur son fils, Rateb, 32 ans, pour qu'il se rende aux FOI.
    Région d'Hébron : vers 2h du matin, les FOI entrent dans Beit Ummar, un village au nord d'Hébron, fouille des maisons et arrête 4 Palestiniens : Mohammed Mahmoud al-Slaibi, 25 ans, Jamal Ibrahim Ekhlil, 18 ans, Mohammed Muhaisen 'Awadh, 32 ans, et 'Allam Muneer Ebraighaith, 18 ans.
    Durant ces raids, les FOI ont brisé la porte de la maison de Muhaisen 'Awadh, et esquinté le mobilier. Elles ont également tabassé 'Awdah, qui a pu constater par la suite qu'une somme de 800 NIS (nouveau shekel israélien, environ 153 ?) avait disparu de la maison. Les FOI avaient encore violemment frappé 'Alaa' Mahmoud al-Slaibi, 16 ans, et son frère Ahmed, 19 ans, et endommagé un camion appartenant à Yousef Khudair 'Awadh.
    Région de Jénine : vers 16h, l'armée pénètre dans Deir Abu Da'if, un village au nord-est de Jénine et fouille certaines maisons.
    Vendredi 22 janvier
    Ramallah : incursion vers 2h30 dans Deir Nizam, au nord-ouest de Ramallah : arrestation de Mohammed Faraj al-Tamimi, 23 ans. Vers 17h, à nouveau dans Ni'lin.
    Samedi 23 janvier
    Hébron : vers 1h, incursion dans Beit Ummar à nouveau, et 3 arrestations : Hussein Ibrahim Abu 'Ayash, 19 ans, Muhannad Khaled Abu 'Awad, 20 ans, et 'Eissa Mohammed 'Awadh, 21 ans. Durant ces raids dans les maisons, les FOI ont obligé Diab Hassan 'Allami, 24 ans, à sortir de chez lui, et elles sont restées pendant plus d'une heure à le frapper violemment.
    Dimanche 24 janvier
    Bande de Gaza : 00h15, les garde-côtes israéliens, ancrés au large de Beit Lahiya ont ouvert le feu sur des bateaux de pêche. Les pêcheurs ont du rejoindre le littoral. On ne dénombre aucune victime.
    Ramallah : vers 1h30, les FOI entrent une nouvelle fois dans Nil'in, fouillent des maisons et arrêtent Rateb Mustafa 'Amira, 32 ans. Les FOI avaient déjà arrêté le père d'Amira, 3 jours plus tôt, pour l'obliger à se rendre.
    Lundi 25 janvier
    Bethléhem : incursion vers 1h30 dans la ville de Bethléhem, où l'armée fouille la maison d'Hani Masalma, et arrête ses deux fils, Malek, 19 ans, et Mohammed, 17 ans.
    Jénine : vers 2h30, incursion dans 'Arraba, un village au sud-ouest de Jénine, avec fouilles de maisons et arrestations de 2 Palestiniens : Mohammed 'Abdul Ghani Shquair, 22 ans, et Mansour 'Abdul Khlaiq 'Izziddin, 33 ans. Puis, vers 3h, dans le village de Qabatya, au sud-est de Jénine.
    Tubas : vers 3h30, incursion dans la ville. Au même moment, dans le village de Tammoun, au sud de Tubas.
    Mardi 26 janvier
    Jénine : l'armée entre vers 3h du matin dans Jalboun, à l'est de Jénine où elle patrouille dans les rues pendant quelques temps et finit par se retirer. Pas de fouilles de maisons ni d'arrestations. Et vers 4h, incursion dans la partie sud de Jénine, même opération.
    Mercredi 27 janvier
    Naplouse : incursion vers minuit dans Burqa, au nord-ouest de Naplouse, fouilles de maisons et 5 arrestations : Muneer Jamal Saif, 18 ans, Nafe' Ahmed Salah, 19 ans, Ashraf Rassem Hijja, 20 ans, Walid Yazid Daghlas, 18 ans, et Fadi Zaher Abu 'Omar, 18 ans.
    L'armée a également informé la famille de Saddam Ragheb Shraida, 19 ans, que celui-ci devait se rendre.
    Hébron : dans le village de Dura, vers 1h30, au sud-ouest d'Hébron, l'armée fouille la maison d''Ammar 'Aaref Oazzaz, 19 ans, et l'arrête.
    Bande de Gaza : 05h00, même scénario que le 24 janvier.
    Qalqilya : l'armée entre dans la ville de Qalqilya, patrouille dans les rues, arrêtant et contrôlant un certain nombre de civils palestiniens. Pas d'arrestations.
    Bande de Gaza, des milliers de Palestiniens vivent toujours sous des tentes,
    Israël interdisant l'entrée de matériaux pour reconstruire. (AP)
    2 - Maintien du bouclage des TPO
    Les FOI continuent d'imposer un siège serré sur les TPO et de sévères restrictions aux déplacements des Palestiniens, dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, dont Jérusalem-Est occupée.
    Bande de Gaza
    Mouvements des personnes et des biens aux postes frontière
    Rafah International
    Date
    :
    Détails
    20 janvier
    :
    2 Palestiniens sortent ;
    3 autres rentrent.
    21 janvier
    :
    2 Palestinians sortent ;
    81 autres et le corps d'un patient décédé rentrent.
    22 janvier
    :
    fermé
    23 janvier
    :
    10 Palestiniens sortent ;
    21 autres rentrent.
    24 janvier
    :
    5 Palestiniens sortent ;
    23 autres rentrent.
    25 janvier
    :
    3 Palestiniens rentrent.
    26 janvier
    :
    2 Palestiniens rentrent
    Karm Abu Salem (Kerem Shalom)
    Date
    :
    Détails
    20 janvier
    :
    83 containers d'aide alimentaire en provenance d'organisations humanitaires
    internationales et de denrées pour les commerçants, 105 tonnes de gaz domestique
    et 493 800 litres de fioul rentrent.
    21 janvier
    :
    106 containers, 105,57 tonnes de gaz domestique rentrent.
    22 janvier
    :
    fermé
    23 janvier
    :
    fermé
    24 janvier
    :
    72 containers, 95,49 tonnes de gaz domestique et 228 000 litres de fioul rentrent.
    3 containers de fraises et 2 de fleurs sortent.
    25 janvier
    :
    80 containers, 104,63 tonnes de gaz domestique et 142 100 litres de fioul rentrent ;
    3 containeurs de fraises sortent.
    26 janvier
    :
    100 containers, 84 tonnes de gaz domestique et 180 000 litres de fioul rentrent ;
    1 container de fleurs sort.
    Al-Mentar (Karni)
    Ouvert le 20 janvier pour 1 520 tonnes de céréales et 1 280 tonnes d'aliment pour le bétail, et le 25 janvier pour 1 360 tonnes de céréales et 680 tonnes d'aliments pour le bétail.
    Beit Hanoun (Erez)
    Date
    :
    :
    Patients
    :
    :
    Accompagn.
    :
    :
    Arabes
    d'Israël
    :
    :
    Ambassad.
    :
    :
    Presse
    :
    :
    Internat.
    :
    :
    Gazaouis
    :
    :
    Commerç.
    20 janvier
    :
    40
    :
    38
    :
    9
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    5
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    6
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    32
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    21 janvier
    :
    33
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    34
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    19
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    22 janvier
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    1
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    1
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    20
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    23 janvier
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    24 janvier
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    40
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    27
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    5
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    5
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    18
    :
    6
    :
    25 janvier
    :
    53
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    48
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    3
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    3
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    :
    25
    :
    9
    :
    6
    Cisjordanie
    Bouclage et restrictions sont toujours maintenus sur l'ensemble de la Cisjordanie.
    Jérusalem : des milliers de Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza ne peuvent toujours accéder à la cité. Les FOI ont installé des check-points tout autour et dans la cité. Les barrages sont encore plus hermétiques les vendredis, jours de prière, pour empêcher les Palestiniens de se rendre à la mosquée al-Aqsa. Et ceux qui tentent de contourner les barrages et se font prendre, sont violemment frappés par les policiers et les soldats de l'occupation.
    Naplouse : dimanche matin, 24 janvier, les troupes positionnées au check-point d'Huwara, au sud de Naplouse, direction al-Quds, ont imposé des restrictions supplémentaires aux Palestiniens. Le mardi 26, idem sur le check-point de Za'tara, au sud de Naplouse.
    Ramallah : sur les check-points de Jaba' et Qalandya, au sud-est de Ramallah, restrictions supplémentaires, et contrôles prolongés, c'est-à-dire, des heures et des heures d'attente supplémentaires pour les Palestiniens. Durant cette semaine, l'armée a posé également des barrages volants en différents endroits pour arrêter les véhicules palestiniens et les fouiller. Le 26 janvier, mardi, l'armée a carrément fermé le check-point de Jaba, au sud-est de Ramallah, pendant une heure.
    Jénine : le matin du dimanche 24 janvier, les FOI ont monté un barrage entre Rummana et Zabbouda, à l'ouest de Jénine, arrêts et fouilles des véhicules palestiniens. Le matin du mardi 26, nouveau check-point à l'entrée sud de Jénine. Mercredi 27, le check-point est remonté au même endroit et un autre sur la route Maithaloun-Sanour.
    Bethléhem : le lundi 25 vers 13h, les FOI ont fermé le carrefour al-Nashahs, à l'entrée sud de Bethléhem, pendant une heure et demie, pour y arrêter et contrôler les véhicules palestiniens.
    Hébron : les jeudi, vendredi et samedi 21, 22 et 23 janvier, les troupes israéliennes présentes dans les quartiers d'al-Ras et Wadi al-Hussain, dans le sud-est d'Hébron, ont imposé des restrictions supplémentaires à la circulation des Palestiniens, les arrêtant, les contrôlant et les interrogeant. De la même manière, l'armée sur le check-point à l'entrée de Beit Ummar, au nord d'Hébron, a monté la même opération.
    Arrestations sur les check-points de l'armée d'occupation
    Jeudi 21 janvier, vers 19h, l'armée postée à proximité de la mosquée Ibrahimi dans la vieille ville d'Hébron, a arrêté Isma'il Hawamda, 16 ans, du village de Sammou, au sud-ouest d'Hébron, prétendant qu'il portait un couteau.
    Samedi 23, vers midi, arrestation d'Ahmed Hamza al-Kilani, 29 ans, et de Mos'ab al-Khatib, 27 ans, deux journalistes qui travaillent pour la télévision Al-Quds. Les deux journalistes préparaient un reportage télévisé sur le collège d'Ariel, dont le gouvernement israélienne a l'intention de faire une université agréée. Quand les agents de la sécurité des colonies israéliennes les ont vus, ils ont appelé les troupes stationnées au check-point de Za'tara, au sud de Naplouse. Et quand les journalistes sont arrivés, les soldats leur ont confisqué leurs caméras et leur carte d'identité et leur carte de presse. Ils les ont retenus et interrogé pendant un moment.
    Dans son témoignage au PCHR, le journaliste Ahmed al-Kilani déclare :
    « Vers midi, le samedi 23 janvier, mon collège, Mos'ab al-Khatib, et moi, nous trouvions près des colonies Taffouh et Ariel, en train de préparer un reportage télévisé pour la chaîne al-Quds, sur la transformation du collège d'Ariel en université. Aussitôt, des agents sécurité des deux colonies se sont approchés et nous ont demandé nos cartes d'identité et de presse. Ils ont appelé ensuite les soldats postés au check-point de Za'tara. Une jeep Hummer de l'armée est arrivée. Des soldats en sont descendus et nous ont ordonné de leur montrer les enregistrements vidéo et de les détruire, ce que nous avons refusé. Ils nous ont demandé nos cartes d'identité et de presse et ont confisqué nos caméras. Ils nous ont alors mis des bandeaux sur les yeux et passé les menottes. Nous avons été emmenés dans un véhicule de l'armée à un autre endroit. Pendant une heure et demie, ils nous ont interrogés sur ce que nous faisions. 10
    minutes après les interrogatoires, ils nous ont ramenés au check-point de Za'tara où ils nous ont relâchés. »
    Harcèlement sur les check-points militaires
    Dimanche matin, 24 janvier, les troupes israéliennes ont agressé 10 travailleurs palestiniens dans le secteur de Za'im, près du mur d'annexion, à l'est de Jérusalem. Raji Hussein Salah, 26 ans, du village d'al-Khader au sud de Bethléhem, a été blessé à la bouche et souffre de contusions sérieuses multiples. Il a aussi perdu 6 dents. Les autres travailleurs souffrent d'ecchymoses sur tout le corps.
    Selon les investigations du PCHR, le dimanche matin, des centaines de travailleurs palestiniens étaient rassemblées à environ 5 à 600 mètres du passage d'al-Za'im, à l'est de Jérusalem, voulant entrer dans la ville. Les troupes israéliennes patrouillaient dans le secteur et en chassaient tous ceux qu'elles y voyaient. Vers 4h30, elles ont encerclé 10 des travailleurs - la plupart étant du village d'al-Khader - qui se trouvaient sur une butte de sable à l'est du mur. Les soldats les ont obligés à s'asseoir et les ont durement frappés pendant plus de 10 minutes. Ils les ont emmenés ensuite dans une salle près du passage d'al-Za'im pendant environ 30 minutes, sans donner à Rani Hussein Salah, qui était blessé, les moindres soins. Ils l'ont relâché vers 7h30, et il pouvait difficilement se rendre à l'hôpital de Bethléhem. Les autres travailleurs ont été relâchés vers 13h30, le même jour.
    3 - Construction du mur d'annexion
    Les FOI poursuivent la construction du mur d'annexion à l'intérieur du territoire de la Cisjordanie. Durant cette semaine, et comme toujours, les FOI se sont servies de la force contre les manifestations non violentes organisées par les civils palestiniens, avec des internationaux et des défenseurs des droits de l'homme israéliens, pour protester contre la construction du mur.
    Bil'in, à l'ouest de Ramallah : comme chaque vendredi, le 22 janvier, après la prière, les Palestiniens, des internationaux et des militants israéliens se sont rassemblés dans le centre du village puis se sont dirigés vers le mur, des pierres furent lancées sur les soldats positionnés dans la zone. Aussitôt, ceux-ci ripostèrent en tirant des balles caoutchouc, lançant des grenades assourdissantes et des lacrymogènes sur les manifestants dont des dizaines souffrent de l'inhalation des gaz.
    Nil'in, à l'ouest de Ramallah : même jour, même heure, même manifestation des Palestiniens, internationaux et militants israéliens contre la construction du mur ; et même violence de l'armée d'occupation. L'affrontement avec l'armée a débouché sur des tirs et lancements de grenades par l'armée.
    Al-Ma'sara, au sud de Bethlhémem : également ce vendredi, les Palestiniens et des internationaux ont manifesté contre la construction du mur dans le village. Les troupes avaient fermé l'entrée du village et a attaqué les manifestants. L'un d'entre eux a été arrêté, Sa'id Suleiman Braijiva, 60 ans.
    Nabi Saleh, au nord-ouest de Ramallah : ce même vendredi, des Palestiniens se sont regroupés dans le secteur de Wad al-Raya, entre les villages de Nabi Saleh et Deir Nizam. Ils ont essayé d'arriver sur leurs terres agricoles, situées près de la colonie Halmish. Aussitôt, les soldats ont ouvert le feu. Mohammed Hassen al-Tamimi, 22 ans, a été blessé par une balle caoutchouc à la jambe gauche. L'armée d'occupation a également arrêté 4 civils, dont deux femmes : 'Atallah Tamim al-Tamimi, 60 ans, Murad 'Adul Karim al-Tamimi, 38 ans, Maha Hussein al-Tamimi, 31 ans, et Manal 'Abdul Salam al-Tamimi, 33 ans.
    Bagarres à Nabi Saleh, lors d'une manifestation contre la colonisation. (Photo Reuters)
    4 - Colonisation et agressions des colons contre les civils palestiniens et leurs biens
    En toute violation du droit humanitaire international, la colonisation se poursuit dans les TPO ainsi que les agressions des colons contre les Palestiniens.
    Jeudi 21 janvier, vers 11h, les FOI se sont déplacées à l'intérieur du secteur de Lafjam, à l'est d''Aqraba, un gros village au sud-est de Naplouse, et ont présenté des avis à 6 agriculteurs palestiniens des familles Bani Monia et Bani Jaber, leur ordonnant d'évacuer leurs étables. Sinon, les FOI le feraient elles-mêmes, confisqueraient leurs troupeaux et forceraient les fermiers à en payer le coût.
    Samedi 23, vers 15h, des colons de la colonie Brakha, au sud de Naplouse, ont envahi une fois encore le village d'Iraq Bourin, au sud de la colonie. Réagissant, des dizaines de Palestiniens se sont regroupés dans le nord du village pour empêcher les colons d'entrer dans le village. Aussitôt, l'armée d'occupation s'est mise à tirer sur les Palestiniens, blessant Mohammed 'Essam Jaraj, 20 ans, d'une balle caoutchouc à la jambe.
    Le même jour, des colons de la colonie Halmish, au nord-ouest de Ramallah, ont arraché 15 oliviers appartenant à Jameel 'Abdul Qader Mezher, dans le village de Deir Nizam.
    26 janvier, le mardi midi, des colons de la colonie Ma'oun, à l'est de Yatta, dans la région sud d'Hébron, ont envahi le village d'al-Twana, au prétexte de chercher un mouton leur appartenant. Les colons armés s'en sont pris aux villageois palestiniens, et l'armée est intervenue pour assurer la protection des colons. Elle a agressé aussi avec violence Mufdi Ahmed Reb'ei, 40 ans, qui souffre de contusions sur tout le corps.
    Mercredi 27 janvier, dans l'après-midi, des colons se sont rassemblés dans la colonie déjà évacuée d'Homesh, au nord-ouest de Naplouse. Ils ont attaqué un fermier du village de Seilat al-Zaher, Yousef Mohammed Mar'ei, qui travaillait sur sa terre. Il souffre de contusions multiples. Les colons ont également balancé des pierres sur les véhicules palestiniens qui circulaient sur la route Jénine/Naplouse. Pas de blessés.
    Document public
    Pour plus d'informations, notamment les noms des victimes, merci de consulter le site (pchrgaza) ou de contacter le PCHR à son bureau de Gaza, par mel (pchr@pchrgaza ou par téléphone (+972 (0)8 2824776 - 2825893).
    info-palestine

    Les Forces d'occupation israéliennes (FOI) continuent d'agresser systématiquement les civils palestiniens et leurs biens dans les Territoires palestiniens occupés (TPO).

    jeudi 28 janvier 2010 - 17h:47
    PCHR du 21 au 27 janvier 2010

    Durant la semaine du 21 au 27 janvier 2010 :


  • - 2 Palestiniens ont été blessés par des tirs israéliens en Cisjordanie ;19 raids ont été menés par les FOI dans les communautés palestiniennes de Cisjordanie :

    • - 29 Palestiniens ont été arrêtés, dont 2 femmes et un mineur ;
    • - les troupes postées sur les check-points militaires ont arrêté 3 Palestiniens (2 journalistes et un mineur) ;
    • - les FOI ont investi les domiciles de certains Palestiniens militant contre la construction du Mur d'annexion ;

  • - Israël a maintenu un siège total sur les TPO et l'isolement de la bande de Gaza du monde extérieur ;
  • - les FOI ont ordonné à des agriculteurs palestiniens du village d''Aqraba, au sud-est de Naplouse, d'évacuer leurs bâtiments agricoles ;
  • - les colons israéliens ont arraché 15 oliviers à Deir Nizam, près de Ramallah.




    Une femme palestinienne brandit son drapeau national face à des soldats israéliens lors d'une manifestation non violente organisée pour protester contre la construction du Mur d'annexion dans le village d'al-Ma'sara, au sud de Bethléhem.

    Violations israéliennes recensées durant la période du 21 au 27 janvier 2010

    1 - Incursions dans les zones palestiniennes et agressions contre les civils palestiniens et leurs biens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza

    Jeudi 21 janvier

    Incursion dans la région de Naplouse : vers 1h30 du matin, l'armée pénètre dans la ville de Naplouse, patrouillant dans les rues et forçant la porte de certaines maisons, et arrête deux Palestiniens : Usaid Khaled
    Salama, 19 ans, et 'Abdul 'Aziz Khalil Jebril, 23 ans.

    Région de Ramallah : incursion dans le village de Nil'in, à l'ouest de Ramallah, vers 1h30, où elle arrête 3 Palestiniens après la fouille de leurs maisons : Ouissai Mohammed Nafe', 19 ans, Barakat 'Ali al-Khawaja, 32 ans, et Mustafa Rateb 'Amira, 53 ans, qui fut arrêté afin de faire pression sur son fils, Rateb, 32 ans, pour qu'il se rende aux FOI.

    Région d'Hébron : vers 2h du matin, les FOI entrent dans Beit Ummar, un village au nord d'Hébron, fouille des maisons et arrête 4 Palestiniens : Mohammed Mahmoud al-Slaibi, 25 ans, Jamal Ibrahim Ekhlil, 18 ans, Mohammed Muhaisen 'Awadh, 32 ans, et 'Allam Muneer Ebraighaith, 18 ans.

    Durant ces raids, les FOI ont brisé la porte de la maison de Muhaisen 'Awadh, et esquinté le mobilier. Elles ont également tabassé 'Awdah, qui a pu constater par la suite qu'une somme de 800 NIS (nouveau shekel israélien, environ 153 ?)
    avait disparu de la maison. Les FOI avaient encore violemment frappé 'Alaa' Mahmoud al-Slaibi, 16 ans, et son frère Ahmed, 19 ans, et endommagé un camion appartenant à Yousef Khudair 'Awadh.

    Région de Jénine : vers 16h, l'armée pénètre dans Deir Abu Da'if, un village au nord-est de Jénine et fouille certaines maisons.

    Vendredi 22 janvier

    Ramallah : incursion vers 2h30 dans Deir Nizam, au nord-ouest de Ramallah : arrestation de Mohammed Faraj al-Tamimi, 23 ans. Vers 17h, à nouveau dans Ni'lin.

    Samedi 23 janvier

    Hébron : vers 1h, incursion dans Beit Ummar à nouveau, et 3 arrestations : Hussein Ibrahim Abu 'Ayash, 19 ans, Muhannad Khaled Abu 'Awad, 20 ans, et 'Eissa Mohammed 'Awadh, 21 ans. Durant ces raids dans les maisons, les FOI ont obligé Diab Hassan 'Allami, 24 ans, à sortir de chez lui, et elles sont restées pendant plus d'une heure à le frapper violemment.

    Dimanche 24
    janvier


    Bande de Gaza : 00h15, les garde-côtes israéliens, ancrés au large de Beit Lahiya ont ouvert le feu sur des bateaux de pêche. Les pêcheurs ont du rejoindre le littoral. On ne dénombre aucune victime.

    Ramallah : vers 1h30, les FOI entrent une nouvelle fois dans Nil'in, fouillent des maisons et arrêtent Rateb Mustafa 'Amira, 32 ans. Les FOI avaient déjà arrêté le père d'Amira, 3 jours plus tôt, pour l'obliger à se rendre.

    Lundi 25 janvier

    Bethléhem : incursion vers 1h30 dans la ville de Bethléhem, où l'armée fouille la maison d'Hani Masalma, et arrête ses deux fils, Malek, 19 ans, et Mohammed, 17 ans.

    Jénine : vers 2h30, incursion dans 'Arraba, un village au sud-ouest de Jénine, avec fouilles de maisons et arrestations de 2 Palestiniens : Mohammed 'Abdul Ghani Shquair, 22 ans, et Mansour 'Abdul Khlaiq 'Izziddin, 33 ans. Puis, vers 3h, dans le village de Qabatya, au sud-est de
    Jénine.

    Tubas : vers 3h30, incursion dans la ville. Au même moment, dans le village de Tammoun, au sud de Tubas.

    Mardi 26 janvier

    Jénine : l'armée entre vers 3h du matin dans Jalboun, à l'est de Jénine où elle patrouille dans les rues pendant quelques temps et finit par se retirer. Pas de fouilles de maisons ni d'arrestations. Et vers 4h, incursion dans la partie sud de Jénine, même opération.

    Mercredi 27 janvier

    Naplouse : incursion vers minuit dans Burqa, au nord-ouest de Naplouse, fouilles de maisons et 5 arrestations : Muneer Jamal Saif, 18 ans, Nafe' Ahmed Salah, 19 ans, Ashraf Rassem Hijja, 20 ans, Walid Yazid Daghlas, 18 ans, et Fadi Zaher Abu 'Omar, 18 ans.

    L'armée a également informé la famille de Saddam Ragheb Shraida, 19 ans, que celui-ci devait se rendre.

    Hébron : dans le village de Dura, vers 1h30, au sud-ouest d'Hébron, l'armée fouille la maison d''Ammar 'Aaref
    Oazzaz, 19 ans, et l'arrête.

    Bande de Gaza : 05h00, même scénario que le 24 janvier.

    Qalqilya : l'armée entre dans la ville de Qalqilya, patrouille dans les rues, arrêtant et contrôlant un certain nombre de civils palestiniens. Pas d'arrestations.



    Bande de Gaza, des milliers de Palestiniens vivent toujours sous des tentes,

    Israël interdisant l'entrée de matériaux pour reconstruire.
    (AP)

    2 - Maintien du bouclage des TPO

    Les FOI continuent d'imposer un siège serré sur les TPO et de sévères restrictions aux déplacements des Palestiniens, dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, dont Jérusalem-Est occupée.

    Bande de Gaza

    Mouvements des personnes et des biens aux postes frontière

    Rafah International



































    Date : Détails
    20 janvier : 2 Palestiniens sortent ;
    3 autres rentrent.
    21 janvier : 2 Palestinians sortent ;
    81 autres et le corps d'un patient décédé rentrent.
    22 janvier : fermé
    23 janvier : 10 Palestiniens sortent ;
    21 autres rentrent.
    24 janvier : 5 Palestiniens sortent ;
    23 autres rentrent.
    25 janvier : 3 Palestiniens rentrent.
    26 janvier : 2 Palestiniens rentrent


    Karm Abu Salem (Kerem Shalom)



































    Date : Détails
    20 janvier : 83 containers d'aide alimentaire en provenance d'organisations humanitaires
    internationales et de denrées pour les commerçants, 105 tonnes de gaz domestique
    et 493 800 litres de fioul rentrent.
    21 janvier : 106 containers, 105,57 tonnes de gaz domestique rentrent.
    22 janvier : fermé
    23 janvier : fermé
    24 janvier : 72 containers, 95,49 tonnes de gaz domestique et 228 000 litres de fioul rentrent.
    3 containers de fraises et 2 de fleurs sortent.
    25 janvier : 80 containers, 104,63 tonnes de gaz domestique et 142 100 litres de fioul rentrent ;
    3 containeurs de fraises sortent.
    26 janvier : 100 containers, 84 tonnes de gaz domestique et 180 000 litres de fioul rentrent ;
    1 container de fleurs sort.


    Al-Mentar (Karni)

    Ouvert le 20 janvier pour 1 520 tonnes de céréales et 1 280 tonnes d'aliment pour le bétail, et le 25 janvier pour 1 360 tonnes de céréales et 680 tonnes d'aliments pour le bétail.

    Beit Hanoun (Erez)

































































































































    Date :
    :
    Patients :
    :
    Accompagn. :
    :
    Arabes
    d'Israël
    :
    :
    Ambassad. :
    :
    Presse :
    :
    Internat. :
    :
    Gazaouis :
    :
    Commerç.
    20 janvier : 40 : 38 : 9 : 5 : 6 : 32 : :
    21 janvier : 33 : 34 : 19 : 11 : 1 : 74 : 11 : 3
    22 janvier : 1 : 1 : 4 : : 4 : 7 : 20 :
    23 janvier : : : : : : : :
    24 janvier : 40 : 39 : 27 : 5 : 5 : 18 : 6 :
    25 janvier : 53 : 48 : 3 : 3 : 5 : 25 : 9 : 6


    Cisjordanie

    Bouclage et restrictions sont toujours maintenus sur l'ensemble de la Cisjordanie.

    Jérusalem : des milliers de Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza ne peuvent toujours accéder à la cité. Les FOI ont installé des check-points tout autour et dans la cité. Les barrages sont encore plus hermétiques les vendredis, jours de prière, pour empêcher les Palestiniens de se rendre à la mosquée al-Aqsa. Et ceux qui tentent de contourner les barrages et se font prendre, sont violemment frappés par les policiers et les soldats de l'occupation.

    Naplouse : dimanche matin, 24 janvier, les troupes positionnées au check-point d'Huwara, au sud de Naplouse, direction al-Quds, ont imposé des restrictions supplémentaires aux Palestiniens. Le mardi 26, idem sur le check-point de Za'tara, au sud de Naplouse.

    Ramallah : sur les check-points de
    Jaba' et Qalandya, au sud-est de Ramallah, restrictions supplémentaires, et contrôles prolongés, c'est-à-dire, des heures et des heures d'attente supplémentaires pour les Palestiniens. Durant cette semaine, l'armée a posé également des barrages volants en différents endroits pour arrêter les véhicules palestiniens et les fouiller. Le 26 janvier, mardi, l'armée a carrément fermé le check-point de Jaba, au sud-est de Ramallah, pendant une heure.

    Jénine : le matin du dimanche 24 janvier, les FOI ont monté un barrage entre Rummana et Zabbouda, à l'ouest de Jénine, arrêts et fouilles des véhicules palestiniens. Le matin du mardi 26, nouveau check-point à l'entrée sud de Jénine. Mercredi 27, le check-point est remonté au même endroit et un autre sur la route Maithaloun-Sanour.

    Bethléhem : le lundi 25 vers 13h, les FOI ont fermé le carrefour al-Nashahs, à l'entrée sud de Bethléhem, pendant une heure et
    demie, pour y arrêter et contrôler les véhicules palestiniens.

    Hébron : les jeudi, vendredi et samedi 21, 22 et 23 janvier, les troupes israéliennes présentes dans les quartiers d'al-Ras et Wadi al-Hussain, dans le sud-est d'Hébron, ont imposé des restrictions supplémentaires à la circulation des Palestiniens, les arrêtant, les contrôlant et les interrogeant. De la même manière, l'armée sur le check-point à l'entrée de Beit Ummar, au nord d'Hébron, a monté la même opération.

    Arrestations sur les check-points de l'armée d'occupation

    Jeudi 21 janvier, vers 19h, l'armée postée à proximité de la mosquée Ibrahimi dans la vieille ville d'Hébron, a arrêté Isma'il Hawamda, 16 ans, du village de Sammou, au sud-ouest d'Hébron, prétendant qu'il portait un couteau.

    Samedi 23, vers midi, arrestation d'Ahmed Hamza al-Kilani, 29 ans, et de Mos'ab al-Khatib, 27 ans, deux journalistes qui
    travaillent pour la télévision Al-Quds. Les deux journalistes préparaient un reportage télévisé sur le collège d'Ariel, dont le gouvernement israélienne a l'intention de faire une université agréée. Quand les agents de la sécurité des colonies israéliennes les ont vus, ils ont appelé les troupes stationnées au check-point de Za'tara, au sud de Naplouse. Et quand les journalistes sont arrivés, les soldats leur ont confisqué leurs caméras et leur carte d'identité et leur carte de presse. Ils les ont retenus et interrogé pendant un moment.

    Dans son témoignage au PCHR, le journaliste Ahmed al-Kilani déclare :

    « Vers midi, le samedi 23 janvier, mon collège, Mos'ab al-Khatib, et moi, nous trouvions près des colonies Taffouh et Ariel, en train de préparer un reportage télévisé pour la chaîne al-Quds, sur la transformation du collège d'Ariel en université. Aussitôt, des agents sécurité des deux colonies se
    sont approchés et nous ont demandé nos cartes d'identité et de presse. Ils ont appelé ensuite les soldats postés au check-point de Za'tara. Une jeep Hummer de l'armée est arrivée. Des soldats en sont descendus et nous ont ordonné de leur montrer les enregistrements vidéo et de les détruire, ce que nous avons refusé. Ils nous ont demandé nos cartes d'identité et de presse et ont confisqué nos caméras. Ils nous ont alors mis des bandeaux sur les yeux et passé les menottes. Nous avons été emmenés dans un véhicule de l'armée à un autre endroit. Pendant une heure et demie, ils nous ont interrogés sur ce que nous faisions. 10 minutes après les interrogatoires, ils nous ont ramenés au check-point de Za'tara où ils nous ont relâchés.
    »

    Harcèlement sur les check-points militaires

    Dimanche matin, 24 janvier, les troupes israéliennes ont agressé 10 travailleurs palestiniens dans le secteur de Za'im, près du
    mur d'annexion, à l'est de Jérusalem. Raji Hussein Salah, 26 ans, du village d'al-Khader au sud de Bethléhem, a été blessé à la bouche et souffre de contusions sérieuses multiples. Il a aussi perdu 6 dents. Les autres travailleurs souffrent d'ecchymoses sur tout le corps.

    Selon les investigations du PCHR, le dimanche matin, des centaines de travailleurs palestiniens étaient rassemblées à environ 5 à 600 mètres du passage d'al-Za'im, à l'est de Jérusalem, voulant entrer dans la ville. Les troupes israéliennes patrouillaient dans le secteur et en chassaient tous ceux qu'elles y voyaient. Vers 4h30, elles ont encerclé 10 des travailleurs - la plupart étant du village d'al-Khader - qui se trouvaient sur une butte de sable à l'est du mur. Les soldats les ont obligés à s'asseoir et les ont durement frappés pendant plus de 10 minutes. Ils les ont emmenés ensuite dans une salle près du passage d'al-Za'im pendant environ 30
    minutes, sans donner à Rani Hussein Salah, qui était blessé, les moindres soins. Ils l'ont relâché vers 7h30, et il pouvait difficilement se rendre à l'hôpital de Bethléhem. Les autres travailleurs ont été relâchés vers 13h30, le même jour.

    3 - Construction du mur d'annexion

    Les FOI poursuivent la construction du mur d'annexion à l'intérieur du territoire de la Cisjordanie. Durant cette semaine, et comme toujours, les FOI se sont servies de la force contre les manifestations non violentes organisées par les civils palestiniens, avec des internationaux et des défenseurs des droits de l'homme israéliens, pour protester contre la construction du mur.

    Bil'in, à l'ouest de Ramallah : comme chaque vendredi, le 22 janvier, après la prière, les Palestiniens, des internationaux et des militants israéliens se sont rassemblés dans le centre du village puis se sont dirigés vers le mur, des pierres furent
    lancées sur les soldats positionnés dans la zone. Aussitôt, ceux-ci ripostèrent en tirant des balles caoutchouc, lançant des grenades assourdissantes et des lacrymogènes sur les manifestants dont des dizaines souffrent de l'inhalation des gaz.

    Nil'in, à l'ouest de Ramallah : même jour, même heure, même manifestation des Palestiniens, internationaux et militants israéliens contre la construction du mur ; et même violence de l'armée d'occupation. L'affrontement avec l'armée a débouché sur des tirs et lancements de grenades par l'armée.

    Al-Ma'sara, au sud de Bethlhémem : également ce vendredi, les Palestiniens et des internationaux ont manifesté contre la construction du mur dans le village. Les troupes avaient fermé l'entrée du village et a attaqué les manifestants. L'un d'entre eux a été arrêté, Sa'id Suleiman Braijiva, 60 ans.

    Nabi Saleh, au nord-ouest de Ramallah : ce même vendredi,
    des Palestiniens se sont regroupés dans le secteur de Wad al-Raya, entre les villages de Nabi Saleh et Deir Nizam. Ils ont essayé d'arriver sur leurs terres agricoles, situées près de la colonie Halmish. Aussitôt, les soldats ont ouvert le feu. Mohammed Hassen al-Tamimi, 22 ans, a été blessé par une balle caoutchouc à la jambe gauche. L'armée d'occupation a également arrêté 4 civils, dont deux femmes : 'Atallah Tamim al-Tamimi, 60 ans, Murad 'Adul Karim al-Tamimi, 38 ans, Maha Hussein al-Tamimi, 31 ans, et Manal 'Abdul Salam al-Tamimi, 33 ans.



    Bagarres à Nabi Saleh, lors d'une manifestation contre la colonisation. (Photo Reuters)

    4 - Colonisation et agressions des colons contre les civils palestiniens et leurs biens

    En toute violation du droit humanitaire international, la colonisation se poursuit dans les TPO ainsi que les agressions
    des colons contre les Palestiniens.

    Jeudi 21 janvier, vers 11h, les FOI se sont déplacées à l'intérieur du secteur de Lafjam, à l'est d''Aqraba, un gros village au sud-est de Naplouse, et ont présenté des avis à 6 agriculteurs palestiniens des familles Bani Monia et Bani Jaber, leur ordonnant d'évacuer leurs étables. Sinon, les FOI le feraient elles-mêmes, confisqueraient leurs troupeaux et forceraient les fermiers à en payer le coût.

    Samedi 23, vers 15h, des colons de la colonie Brakha, au sud de Naplouse, ont envahi une fois encore le village d'Iraq Bourin, au sud de la colonie. Réagissant, des dizaines de Palestiniens se sont regroupés dans le nord du village pour empêcher les colons d'entrer dans le village. Aussitôt, l'armée d'occupation s'est mise à tirer sur les Palestiniens, blessant Mohammed 'Essam Jaraj, 20 ans, d'une balle caoutchouc à la jambe.

    Le même jour, des colons de la colonie Halmish, au
    nord-ouest de Ramallah, ont arraché 15 oliviers appartenant à Jameel 'Abdul Qader Mezher, dans le village de Deir Nizam.

    26 janvier, le mardi midi, des colons de la colonie Ma'oun, à l'est de Yatta, dans la région sud d'Hébron, ont envahi le village d'al-Twana, au prétexte de chercher un mouton leur appartenant. Les colons armés s'en sont pris aux villageois palestiniens, et l'armée est intervenue pour assurer la protection des colons. Elle a agressé aussi avec violence Mufdi Ahmed Reb'ei, 40 ans, qui souffre de contusions sur tout le corps.

    Mercredi 27 janvier, dans l'après-midi, des colons se sont rassemblés dans la colonie déjà évacuée d'Homesh, au nord-ouest de Naplouse. Ils ont attaqué un fermier du village de Seilat al-Zaher, Yousef Mohammed Mar'ei, qui travaillait sur sa terre. Il souffre de contusions multiples. Les colons ont également balancé des pierres sur les véhicules palestiniens qui circulaient sur la
    route Jénine/Naplouse. Pas de blessés.


    Document public

    Pour plus d'informations, notamment les noms des victimes, merci de consulter le site (pchrgaza) ou de contacter le PCHR à son bureau de Gaza, par mel pchr@pchrgaza.org)" target=_blank>(pchr@pchrgaza ou par téléphone (+972 (0)8 2824776 - 2825893).

    info-palestine



  • 29.1.10 22:00


    Action : Rappeler les obligations internationales des Etats-Unis et les promesses faites p ar le nou

    Dans un de ses premiers actes, le président Obama a signé un décret déclarant que le centre de détention de Guantánamo "doit être fermé dès que possible" et au plus tard dans l'année. Il était également prévu que le Ministre de la Justice américain, Eric Holder coordonne un «réexamen immédiat de toutes les détentions à Guantánamo? avec ?la pleine coopération et entière participation? d'autres fonctionnaires.
    On est encore loin du compte ... le calendrier, la situation des détenus, les instances de jugement...
    Amnesty estime que les détenus doivent être jugés dans le système judiciaire fédéral et s'oppose à la détention illimitée sans inculpation ( les commissions militaires, même modifiées, ne constituent pas un tribunal régulièrement constitué).
     
    Action proposée: écrire au président Obama
    La réaction excessive du Congrès concernant le transfert des détenus de Guantanamo sur le sol américain a été largement condamnée par beaucoup - y compris par le secrétaire à la Défense, Robert Gates - qui la considèrent comme «alarmiste». L'idée que des détenus présentent un risque inhérent, ou que les américains ne peuvent pas trouver un endroit pour détenir des terroristes aux Etats-Unis, a été tournée en ridicule comme "non rationnelle" par le sénateur Lindsey Graham.
    L'administration étudie actuellement des plans pour la relocalisation des détenus aux États-Unis et projette d'aménager une prison fédérale de haute sécurité, le "Thomson Correctional Center" en Illinois pour y accueillir des détenus devant être jugés par une commission militaire et éventuellement d'autres détenus qui, selon l'administration américaine, ne pourraient être "ni jugés ni libérés"...
    Comme le général en retraite Paul Eaton a récemment fait remarquer, il n'existe aucun moyen pour ?redorer le blason de Guantánamo, qui demeure un puissant symbole d'une politique qui a perdu ses repères moraux, et sert d'agent de recrutement pour Al-Qaïda et des ennemis des Etats-Unis Cinq anciens secrétaires d'État américains et l'amiral Mullen, président du Joint Chiefs of Staff, ont tous demandé sa fermeture. Un nombre croissant d'autres hauts responsables américains des deux partis politiques, les gouvernements alliés et les Nations Unies ont également lancé des appels à la fermeture de la prison.
     
    Action proposée: écrire au président Obama
    21 janvier 2010 / isavelives.be/
     

    Dans un de ses premiers actes, le président Obama a signé un décret déclarant que le centre de détention de Guantánamo "doit être fermé dès que possible" et au plus tard dans l'année. Il était également prévu que le Ministre de la Justice américain, Eric Holder coordonne un «réexamen immédiat de toutes les détentions à Guantánamo? avec ?la pleine coopération et entière participation? d'autres fonctionnaires.

    On est encore loin du compte ... le calendrier, la situation des détenus, les instances de jugement...
    Amnesty estime que les détenus doivent être jugés dans le système judiciaire fédéral et s'oppose à la détention illimitée sans inculpation ( les commissions militaires, même modifiées, ne constituent pas un tribunal régulièrement constitué).

     


    Action proposée: écrire au président Obama






    La réaction excessive du Congrès concernant le transfert des détenus de Guantanamo sur le sol américain a été largement condamnée par beaucoup - y compris par le secrétaire à la Défense, Robert Gates - qui la considèrent comme «alarmiste». L'idée que des détenus présentent un risque inhérent, ou que les américains ne peuvent pas trouver un endroit pour détenir des terroristes aux Etats-Unis, a été tournée en ridicule comme "non rationnelle" par le sénateur Lindsey Graham.

    L'administration étudie actuellement des plans pour la relocalisation des détenus aux États-Unis et projette d'aménager une prison fédérale de haute sécurité, le "Thomson Correctional Center" en Illinois pour y accueillir des détenus devant être jugés par une commission militaire et éventuellement d'autres détenus qui, selon l'administration américaine, ne pourraient être "ni jugés ni libérés"...

    Comme le général en retraite Paul Eaton a récemment fait remarquer, il n'existe aucun moyen pour ?redorer le blason de Guantánamo, qui demeure un puissant symbole d'une politique qui a perdu ses repères moraux, et sert d'agent de recrutement pour Al-Qaïda et des ennemis des Etats-Unis Cinq anciens secrétaires d'État américains et l'amiral Mullen, président du Joint Chiefs of Staff, ont tous demandé sa fermeture. Un nombre croissant d'autres hauts responsables américains des deux partis politiques, les gouvernements alliés et les Nations Unies ont également lancé des appels à la fermeture de la prison.

     


    Action proposée: écrire au président Obama



    21 janvier 2010 / isavelives.be/

     



    26.1.10 22:01


    Le choix de la résistance à l'occupant menace les régimes dictatoriaux arabes

    Il apparaît que les USA, dans l'ère du Président Obama, n'ont pas changé de politique étrangère, et le lobby sioniste contrôle toujours le cercle des décisionnaires de Washington. Comment comprendre sinon la décision prise par le gouvernement US de punir les satellites qui diffusent les chaînes arabes hostiles à son égard, selon lui ?
    La seconde question découlant de la première est : au nom de quoi les USA édictent-ils des lois qu'ils imposent à d'autres pays ?
    Il est également important de rappeler aux Usaméricains que celui qui a une maison de verre n'a pas intérêt à jeter de pierres sur celles des autres : la résistance des peuples qui subissent l'occupation est un droit inscrit dans la législation internationale et personne n'a le droit de priver tout peuple avide de liberté d'utiliser tous les moyens à sa disposition pour se débarrasser de son occupant et de le renvoyer là d'où il vient (« chez lui »).
    Il n'y a en outre pas de mal à rappeler aux faucons et aux colombes de la Maison blanche qu'il existe un gouffre entre ce que l'Occident qui se croit éclairé qualifie de terrorisme et le terrorisme structuré et organisé par des États, USA à leur tête, État qui s'est malheureusement transformé en gendarme du monde : il occupe l'Irak depuis 7 ans, et l'occupation n'est-elle pas le plus haut degré de terrorisme ?
    Qu'en est-il du million d'Irakiens tués par la machine de guerre, de destruction, de famine US de 1990 à aujourd'hui ? Il est vrai que l'ancien président US George W. Bush a dit que « Dieu tout-puissant » lui a ordonné d'occuper l'Irak et, comme il est croyant, il a obéi à la lettre aux ordres de son Seigneur.
    Ce même Bush a-t-il oublié les enseignements du christianisme ?souillés par ce criminel ? qui disent sans équivoque possible : « Tu ne tueras point » ? Est-ce que les dix commandements auraient changé à notre insu ?
    Jeff Koterba, Omaha World Herald
    Une chose en rappelant une autre, quand une fatwa délivrée par un religieux musulman passe inaperçue, aussitôt la machine médiatique occidentale lui donne une deuxième vie en l'interprétant pour accabler l'islam, les musulmans et les Arabes, évidemment, car elle se permet ce qu'elle ne permet pas autres. Et si quelqu'un a oublié ou fait semblant d 'oublier, il faut lui rappeler l'idiot de pasteur US Pat Robertson, qui a fait de la diabolisation de l'islam et des musulmans un objectif stratégique, crachant son venin et ses paroles infectes tous les jours à la télévision et sur les radios sans encourir aucune poursuite pénale : ce pasteur a déclaré que le tremblement de terre qui a frappé Haïti était le châtiment pour son « pacte avec le diable » à l'époque de la domination coloniale française. Il a dit dans une émission télévision appelée « Le Club 700 », suivie par des millions de ses adeptes, que les Haïtiens avaient dit
    au Diable : « Nous serons tes serviteurs si tu nous débarrasses des Français » et que le Diable leur a dit : « OK. C'est un accord entre vous et moi. »
    Dans une interview télévisée en 2005, le même Robertson avait appelé à assassiner le président vénézuélien Hugo Chávez, sous prétexte d'éviter que le Venezuela se transforme en bastion de l'extrémisme islamique et communiste, ajoutant qu'à son avis, un tel plan d'assassinat serait d'un faible coût financier et politique, car il permettrait au Trésor US de faire l'économie des 200 milliards de dollars que coûterait une guerre pour renverser Chávez.
    Ce même Roberston a insulté l'islam et les musulmans, en dépassant les bornes, dans une émission de Fox TV du 18/9/2004, déclarant que l'islam était une immense escroquerie et que le Coran était un pillage minutieux de la tradition judaïque.
    Demandez donc à ce pasteur ce que les soldats US ont commis à la prison irakienne d'Abou Ghraïb comme actes de torture et de mauvais traitements ? Et dans le camp de Guantánamo en inventant les méthodes de torture les plus perverses et en commettant les actes les plus immondes pour humilier les musulmans en souillant le Coran ?
    Question à Obama : vous avez promis de fermer ce camp. Pourquoi ne l'avez-vous pas encore fait ?
    Revenons à notre propos initial : les médias occidentaux ayant échoué lamentablement dans leur marketing de la vision usaméricaine à deux balles du monde, on est passé à une autre tactique, à savoir dompter et réduire au silence les médias arabes, déjà soumis. Le Congrès US a adopté la loi spéciale sur les médias arabes hostiles aux USA que les régimes arabes sont chargés d'appliquer, avant même les USA, car il est hors de doute qu'il y a des intérêts communs, au-delà des divergences, entre la tête de pont de l'impérialisme mondial, les USA, et les puissances signataires de l'Accord Sykes-Picot (France et Grande-Bretagne, NdT).
    Il faut rappeler qu'en février 2008, les ministres de l'Information arabes ?fonctionnaires de régimes de torture et de souffrance ? ont signé la Charte sur les émissions satellitaires qui a été élaborée par la Ligue arabe et suite à cela, plusieurs chaînes arabes ont cessé leurs émissions. Ajoutons à cela que les ministres ont décidé de punir avec la plus grande sévérité toute chaîne satellitaire qui dénoncerait ou révèlerait la corruption d'un régime arabe. Le terreau arabe était donc déjà préparé à accepter la décision du Congrès, qui ferme les bouches et fait de tout résistant arabe un terroriste.
    Sans parler de la politique arabe officielle, qui a renoncé depuis des décennies à toute idée de libération par la résistance et a fait le choix de la négociation et de la discussion pour obtenir la paix. En outre, l'écrasante majorité des régimes arabes répriment toute tentative de résistance germant dans l'esprit des Arabes, car celui qui lutte contre l'occupant se retournera tôt ou tard contre ceux qui lui sont soumis, le président, le roi, le sultan ou l'émir arabe, en d'autres termes le choix de la résistance menace radicalement les régimes dictatoriaux et autoritaires soutenus par l'Usamérique.
    La Résistance et les Arabes de l'Amérique
    - L'Émir : J'ai peur que la victoire de la Résistance au Liban se répète à Gaza
    - Moubarak : Je préfère la prédiction divine à la tienne
    Enfin, on aurait souhaité que les gouvernements arabes élèvent leur voix, non pas contre leur propre opinion et aux côtés du Congrès US, dans cette alliance qui se consolide pour écraser ce qui reste de voix qui disent oui à la résistance et non aux murs d'acier, aux blocus qui affament, à l'occupation usaméricano-israélienne, pour dire non à la vente de sous-marins nucléaires (allemands) à Israël.
    Pourquoi, ô Arabes, ne demandez-vous pas à l'Allemagne, qui a commis l'Holocauste durant la deuxième Guerre Mondiale, si elle veut vraiment retourner en arrière dans l'histoire et susciter un nouvel Holocauste au Moyen-Orient ?
    Le plus grave, c'est que ces sous-marins allemands traversent le Canal de Suez - nationalisé par le martyr de l'arabisme Gamal Abdel Nasser en réponse à l'agression tripartite de 1956 -, par ordre officiel de Hosni Moubarak. Lequel, avec ses comparses bédouins, est complètement embabouiné par l'Oncle Sam et sa nièce, Israël.
    Pour lire d'autres articles de cette Première guerre mondiale des mots, cliquez ici
    La Première guerre mondiale des mots est une initiative de Palestine Think Tank et Tlaxcala .
    Les auteurs souhaitant y participer peuvent envoyer leurs contributions à contact@palestinethinktank.com et à tlaxcala@tlaxcala.es.
    Source : Al Quds Al Arabi - ???? ?????? ?????? ???? ??????? ???????????? Article original publié le 22/1/2010
    Tafsut Aït Baamrane est membre de Tlaxcala , le réseau intenrational de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l'intégrité et d'en mentionner l'auteur, la traductrice et la source.
    URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=9816&lg=fr
    tlaxcala

    Il apparaît que les USA, dans l'ère du Président Obama, n'ont pas changé de politique étrangère, et le lobby sioniste contrôle toujours le cercle des décisionnaires de Washington. Comment comprendre sinon la décision prise par le gouvernement US de punir les satellites qui diffusent les chaînes arabes hostiles à son égard, selon lui ?

    La seconde question découlant de la première est : au nom de quoi les USA édictent-ils des lois qu'ils imposent à d'autres pays ?

    Il est également important de rappeler aux Usaméricains que celui qui a une maison de verre n'a pas intérêt à jeter de pierres sur celles des autres : la résistance des peuples qui subissent l'occupation est un droit inscrit dans la législation internationale et personne n'a le droit de priver tout peuple avide de liberté d'utiliser tous
    les moyens à sa disposition pour se débarrasser de son occupant et de le renvoyer là d'où il vient (« chez lui »).

    Il n'y a en outre pas de mal à rappeler aux faucons et aux colombes de la Maison blanche qu'il existe un gouffre entre ce que l'Occident qui se croit éclairé qualifie de terrorisme et le terrorisme structuré et organisé par des États, USA à leur tête, État qui s'est malheureusement transformé en gendarme du monde : il occupe l'Irak depuis 7 ans, et l'occupation n'est-elle pas le plus haut degré de terrorisme ?

    Qu'en est-il du million d'Irakiens tués par la machine de guerre, de destruction, de famine US de 1990 à aujourd'hui ? Il est vrai que l'ancien président US George W. Bush a dit que « Dieu tout-puissant » lui a ordonné d'occuper l'Irak et, comme il est croyant, il a obéi à la lettre aux ordres de son Seigneur.

    Ce même Bush a-t-il oublié les enseignements du christianisme ?souillés par
    ce criminel ? qui disent sans équivoque possible : « Tu ne tueras point » ? Est-ce que les dix commandements auraient changé à notre insu ?



    Jeff Koterba, Omaha World Herald

    Une chose en rappelant une autre, quand une fatwa délivrée par un religieux musulman passe inaperçue, aussitôt la machine médiatique occidentale lui donne une deuxième vie en l'interprétant pour accabler l'islam, les musulmans et les Arabes, évidemment, car elle se permet ce qu'elle ne permet pas autres. Et si quelqu'un a oublié ou fait semblant d 'oublier, il faut lui rappeler l'idiot de pasteur US Pat Robertson, qui a fait de la diabolisation de l'islam et des musulmans un objectif stratégique, crachant son venin et ses paroles infectes tous les jours à la
    télévision et sur les radios sans encourir aucune poursuite pénale : ce pasteur a déclaré que le tremblement de terre qui a frappé Haïti était le châtiment pour son « pacte avec le diable » à l'époque de la domination coloniale française. Il a dit dans une émission télévision appelée « Le Club 700 », suivie par des millions de ses adeptes, que les Haïtiens avaient dit au Diable : « Nous serons tes serviteurs si tu nous débarrasses des Français » et que le Diable leur a dit : « OK. C'est un accord entre vous et moi. »



    Dans une interview télévisée en 2005, le même Robertson avait appelé à assassiner le président vénézuélien Hugo Chávez, sous prétexte d'éviter que le Venezuela se transforme en bastion de l'extrémisme
    islamique et communiste, ajoutant qu'à son avis, un tel plan d'assassinat serait d'un faible coût financier et politique, car il permettrait au Trésor US de faire l'économie des 200 milliards de dollars que coûterait une guerre pour renverser Chávez.



    Ce même Roberston a insulté l'islam et les musulmans, en dépassant les bornes, dans une émission de Fox TV du 18/9/2004, déclarant que l'islam était une immense escroquerie et que le Coran était un pillage minutieux de la tradition judaïque.



    Demandez donc à ce pasteur ce que les soldats US ont commis à la prison
    irakienne d'Abou Ghraïb comme actes de torture et de mauvais traitements ? Et dans le camp de Guantánamo en inventant les méthodes de torture les plus perverses et en commettant les actes les plus immondes pour humilier les musulmans en souillant le Coran ?

    Question à Obama : vous avez promis de fermer ce camp. Pourquoi ne l'avez-vous pas encore fait ?

    Revenons à notre propos initial : les médias occidentaux ayant échoué lamentablement dans leur marketing de la vision usaméricaine à deux balles du monde, on est passé à une autre tactique, à savoir dompter et réduire au silence les médias arabes, déjà soumis. Le Congrès US a adopté la loi spéciale sur les médias arabes hostiles aux USA que les régimes arabes sont chargés d'appliquer, avant même les USA, car il est hors de doute qu'il y a des intérêts communs, au-delà des divergences, entre la tête de pont de l'impérialisme mondial, les USA, et les puissances
    signataires de l'Accord Sykes-Picot (France et Grande-Bretagne, NdT).



    Il faut rappeler qu'en février 2008, les ministres de l'Information arabes ?fonctionnaires de régimes de torture et de souffrance ? ont signé la Charte sur les émissions satellitaires qui a été élaborée par la Ligue arabe et suite à cela, plusieurs chaînes arabes ont cessé leurs émissions. Ajoutons à cela que les ministres ont décidé de punir avec la plus grande sévérité toute chaîne satellitaire qui dénoncerait ou révèlerait la corruption d'un régime arabe. Le terreau arabe était donc déjà préparé à accepter la décision du Congrès, qui ferme les bouches et fait de tout résistant arabe un terroriste.

    Sans parler de la politique arabe officielle, qui a renoncé depuis des décennies à toute idée de
    libération par la résistance et a fait le choix de la négociation et de la discussion pour obtenir la paix. En outre, l'écrasante majorité des régimes arabes répriment toute tentative de résistance germant dans l'esprit des Arabes, car celui qui lutte contre l'occupant se retournera tôt ou tard contre ceux qui lui sont soumis, le président, le roi, le sultan ou l'émir arabe, en d'autres termes le choix de la résistance menace radicalement les régimes dictatoriaux et autoritaires soutenus par l'Usamérique.



    La Résistance et les Arabes de l'Amérique
    - L'Émir : J'ai peur que la victoire de la Résistance au Liban se répète à Gaza
    - Moubarak : Je préfère la prédiction divine à la tienne


    Enfin, on aurait souhaité que les gouvernements arabes élèvent leur voix, non pas contre leur propre opinion et aux côtés du Congrès US, dans cette alliance
    qui se consolide pour écraser ce qui reste de voix qui disent oui à la résistance et non aux murs d'acier, aux blocus qui affament, à l'occupation usaméricano-israélienne, pour dire non à la vente de sous-marins nucléaires (allemands) à Israël.

    Pourquoi, ô Arabes, ne demandez-vous pas à l'Allemagne, qui a commis l'Holocauste durant la deuxième Guerre Mondiale, si elle veut vraiment retourner en arrière dans l'histoire et susciter un nouvel Holocauste au Moyen-Orient ?

    Le plus grave, c'est que ces sous-marins allemands traversent le Canal de Suez - nationalisé par le martyr de l'arabisme Gamal Abdel Nasser en réponse à l'agression tripartite de 1956 -, par ordre officiel de Hosni Moubarak. Lequel, avec ses comparses bédouins, est complètement embabouiné par l'Oncle Sam et sa nièce, Israël.

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    contact@palestinethinktank.com et à tlaxcala@tlaxcala.es.

    Source : Al Quds Al Arabi - ???? ?????? ?????? ???? ??????? ???????????? Article original publié le 22/1/2010


    Tafsut Aït
    Baamrane est membre de
    Tlaxcala , le réseau intenrational de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l'intégrité et d'en mentionner l'auteur, la traductrice et la source.

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    http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=9816&lg=fr

    tlaxcala



    24.1.10 22:07


    Rapport mondial 2010 : Les auteurs de violations s’en prennent aux messagers des droits humains


    Les gouvernements respectueux des droits humains devraient plaider pour la protection des défenseurs de ces droits
    Washington, le 20 janvier 2010) - Les gouvernements qui se sont rendus coupables de graves violations des droits humains au cours de l'année passée ont intensifié leurs attaques contres les défenseurs et les organisations de défense des droits humains qui rendent compte de ces violations, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui lors de la publication de son Rapport mondial 2010.  
    En couverture du Rapport mondial 2010, une photo de Tamouls sri lankais regroupés dans le camp de Menik Farm, lors de la visite du Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon en mai 2009. Le gouvernement sri lankais y avait interné des centaines de milliers de personnes déplacées au cours des derniers mois de la guerre menée contre les rebelles séparatistes « Tigres tamouls ».
    © 2009 Joe Klamar/AFP/Getty Images
     
    Le rapport de 612 pages, qui constitue le 20e bilan annuel rédigé par l'organisation au sujet des pratiques en matière de droits humains dans le monde, résume les principales tendances relatives aux droits humains dans plus de 90 nations et territoires, reflétant le travail d'enquête considérable réalisé en 2009 par les équipes de Human Rights Watch. Dans le chapitre introductif qu'il a rédigé, le Directeur exécutif, Kenneth Roth, soutient que la capacité du mouvement des droits humains à faire pression au nom des victimes s'est considérablement accrue ces dernières années, et que cette évolution a engendré de la part des gouvernements responsables d'abus une réaction qui s'est particulièrement intensifiée en 2009.
    « Les attaques contre les défenseurs des droits humains pourraient être interprétées comme un hommage involontaire au mouvement des droits humains, mais cela n'amenuise pas le danger qu'elles représentent », a déclaré Kenneth Roth. « Sous divers prétextes, les gouvernements responsables d'abus sont en train d'attaquer les fondements mêmes du mouvement pour les droits humains. »
    Les attaques contre les défenseurs des droits humains ne sont pas le seul fait de gouvernements autoritaires tels que la Birmanie et la Chine, a indiqué Human Rights Watch. Dans plusieurs pays où des gouvernements élus sont confrontés à des insurrections armées, il y a eu une forte hausse du nombre d'attaques armées contre des défenseurs des droits humains. Malgré l'accalmie dans le conflit armé en Tchétchénie, une série dévastatrice de meurtres et de menaces contre des avocats et des militants luttant contre l'impunité a eu lieu dans le Nord-Caucase.
    Human Rights Watch a observé que certains gouvernements sont si répressifs à l'encontre de personnes et d'organisations qu'aucun mouvement des droits humains ne peut effectivement fonctionner dans les pays concernés, notamment  l' Érythrée, la Corée du Nord et le Turkménistan.
    L'introduction du rapport précise que des observateurs des droits humains ont été assassinés, afin de les réduire au silence, en Russie et au Sri Lanka, ainsi que dans plusieurs autres pays dont le Kenya, le Burundi et l'Afghanistan.
    Human Rights Watch  cite le Soudan et la Chine comme des pays dont les gouvernements interdisent régulièrement des organisations de défense des droits humains, ainsi que l'Iran et l'Ouzbékistan parmi les pays qui harcèlent ouvertement et détiennent arbitrairement des défenseurs des droits humains et d'autres personnes exprimant des critiques. La Colombie, le Venezuela et le Nicaragua menacent et harcèlent les défenseurs des droits humains. Ces derniers sont également en butte à des violences dans des pays tels que la République démocratique du Congo et le Sri Lanka. Des gouvernements comme ceux de l'Ethiopie et de l'Egypte recourent à des réglementations extrêmement restrictives pour entraver les activités des organisations non gouvernementales. Pour faire taire les voix dissidentes, d'autres pays recourent à la radiation des avocats (la Chine et l'Iran par exemple), à des accusations criminelles basées dans de nombreux cas sur des
    agressions montées de toutes pièces (l'Ouzbékistan et le Turkménistan), ainsi qu'à des lois pénales contre la diffamation (la Russie et l'Azerbaïdjan).
    Les organisations locales et internationales de défense des droits humains travaillant en Israël ont connu un climat plus hostile que jamais après avoir documenté les abus commis tant par le gouvernement que par le Hamas au cours des combats de décembre 2008 - janvier 2009 à Gaza et en Israël, et en relation avec le blocus actuel de Gaza par Israël. 
    Kenneth Roth a déclaré que le seul moyen de mettre fin à la répression des défenseurs des droits humains par les gouvernements responsables d'abus serait que d'autres gouvernements qui soutiennent ces droits en fassent une partie centrale de leurs relations bilatérales.
    « Les gouvernements qui soutiennent les droits humains doivent prendre la parole et faire du respect de ces droits humains la pierre angulaire de leur diplomatie, et de leur propre pratique politique », a affirmé Kenneth Roth. « Ils doivent exiger un véritable changement de la part des gouvernements responsables d'abus. » 
    Kenneth Roth a indiqué que l'administration Obama, en particulier, était confrontée au défi de restaurer la crédibilité de l'Amérique en matière de droits humains. Jusqu'ici, a-t-il déclaré, les résultats sont mitigés, avec une amélioration notable des discours présidentiels, mais une traduction incomplète des paroles en actes dans le cadre des politiques et des pratiques de l'administration américaine.
    Le gouvernement américain a mis un terme au programme d'interrogatoires coercitifs de la CIA, mais il devrait en outre respecter les lois nationales et internationales contre la torture en ouvrant des enquêtes et en menant des poursuites contre les individus qui ont ordonné, facilité ou exécuté des actes de torture et autres mauvais traitements, a insisté Kenneth Roth. Le délai fixé pour la fermeture du centre de détention à Guantanamo a déjà été repoussé, mais un point encore plus important est la façon dont ce centre sera fermé. Human Rights Watch et d'autres organisations ont exhorté l'administration soit à faire juger les suspects détenus devant des tribunaux fédéraux ordinaires, soit à les rapatrier ou à les réinstaller en sécurité ailleurs. L'administration Obama a persisté à maintenir des commissions militaires  dont les normes judiciaires sont insuffisantes, et à maintenir indéfiniment des suspects en détention
    sans chef d'accusation ni procès - deux mesures qui selon Kenneth Roth risquent de perpétuer l'esprit de Guantanamo.
    Human Rights Watch a par ailleurs expliqué dans l'introduction de son Rapport mondial que l'émergence d'un système  de justice internationale, dont la Cour pénale internationale (CPI),  avait été la cible d'attaques. Ces attaques se sont produites après que la Cour a émis un mandat d'arrêt en mars contre le Président Omar el-Béchir du Soudan pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis par les forces soudanaises et leurs milices alliées contre les populations civiles du Darfour.
    Après l'émission du mandat par la CPI, de nombreuses démocraties africaines ont initialement choisi le confort de la solidarité régionale plutôt que d'adopter une position de principe de soutien à la justice internationale, note Human Rights Watch dans l'introduction au rapport.
    Au lieu de féliciter la CPI pour son action visant à accorder réparation pour les tueries et les déplacements forcés de tant d'Africains au Darfour, l'Union africaine a décidé en juillet de ne pas coopérer à l'exécution du mandat d'arrêt visant le président soudanais, et plusieurs dirigeants africains se sont associés à cette décision de protéger el-Béchir plutôt que les victimes d'abus au Darfour.
    Les enquêtes menées par Human Rights Watch au cours de l'année dernière ont porté sur une gamme étendue de violations commises dans pratiquement chaque région du monde.
    L'un des chapitres publiés dans le Rapport mondial, intitulé « Abusing Patients » (« Abus commis à l'encontre de patients »), décrit les politiques gouvernementales en matière de santé qui soumettent les patients à des actes de torture ou à des mauvais traitements, et met en avant l'incapacité des associations médicales nationales et internationales à empêcher la complicité des prestataires de soins dans ces maltraitances. Ce chapitre s'appuie sur les recherches menées par Human Rights Watch en Egypte, en Libye, en Jordanie, au Kurdistan irakien, en Chine, au Cambodge, en Inde et au Nicaragua.
    Dans de nombreux pays, Human Rights Watch a documenté les violations de droits humains infligées aux femmes et aux filles, notamment les violations liées à la grossesse, à la naissance, et au rôle des femmes comme prestataires de soins. Par exemple, la mortalité et l'invalidité maternelles évitables découlant de lois et de politiques négligentes tuent et entrainent l'incapacité de plus de femmes annuellement que l'impact des conflits armés, a expliqué Human Rights Watch.
    En Iran, Human Rights Watch a effectué des recherches sur la répression gouvernementale en cours contre les activistes pacifiques après l'élection présidentielle contestée de juin 2009. Human Rights Watch a documenté les arrestations de milliers de personnes ordinaires et éminentes, fournissant des éléments détaillés sur la violence de l'Etat contre des protestataires pacifiques, sur la détention arbitraire de défenseurs des droits humains, ainsi que sur des abus et des actes de torture perpétrés dans les centres illégaux de détention iraniens.
    En Chine, au-delà de son travail régulier visant à documenter les attaques contre les défenseurs des droits humains et leur emprisonnement, Human Rights Watch a publié un rapport décrivant l'existence secrète de « prisons noires », où les autorités incarcèrent des personnes qu'elles enlèvent dans les rues de Pékin et d'autres grandes villes chinoises. La plupart des personnes détenues sont des pétitionnaires qui demandent réparation pour des abus allant de la corruption du gouvernement à des tortures infligées par la police.
    À Cuba, Human Rights Watch a documenté la façon dont le gouvernement de Raul Castro, au lieu de démanteler les dispositifs répressifs des années Fidel Castro, les a fermement maintenus en place, gardant en détention un grand nombre de prisonniers politiques et arrêtant des dizaines d'autres dissidents.
    Au Zimbabwe, les chercheurs de Human Rights Watch ont continué à observer et rendre compte des violations des droits humains commises par l'ancien parti au gouvernement du Président Robert Mugabe contre ses partenaires et leurs partisans au sein du gouvernement decoalition. Human Rights Watch a aussi documenté les méthodes brutales employées par l'armée et par la police dans les mines de diamants de Marange pour contrôler l'accès aux mines et pour s'emparer de l'exploitation et du commerce non autorisés des diamants.
    Un rapport sur la Birmanie a présenté les cas de dizaines d'activistes politiques de premier plan, de moines bouddhistes, de militants ouvriers, de journalistes et d'artistes arrêtés depuis les manifestations pacifiques de 2007 et condamnés à des peines de prison draconiennes à l'issue de procès inéquitables.
    À Gaza et en Israël, Human Rights Watch a documenté des violations des lois de la guerre commises tant par Israël que par le Hamas. L'attaque militaire d'Israël contre Gaza il y a un an a comporté l'utilisation illégale de munitions au phosphore blanc, des meurtres de civils avec des missiles lancés par des drones, et des tirs dirigés contre des civils arborant des drapeaux blancs. Le Hamas ainsi que d'autres groupes armés palestiniens ont tiré des roquettes contre des centres de population israéliens ; le Hamas a tué des collaborateurs présumés et s'est rendu coupable d'abus contre des opposants politiques pendant la guerre.
    En Libye, Human Rights Watch a publié un rapport contenant des critiques envers le gouvernement lors d'une conférence de presse à Tripoli. Il s'agissait de la première conférence de presse ouverte en Libye. Le rapport expliquait que malgré la mise en place de certaines améliorations limitées, comme l'élargissement de l'espace de liberté d'expression, des lois répressives continuent à entraver les libertés d'expression et d'association, et les abus commis par l'Agence de sécurité intérieure demeurent la norme.
    En République démocratique du Congo, Human Rights Watch a documenté les meurtres délibérés de plus de 1 400 civils, la récurrence de viols brutaux, ainsi que d'autres exactions commises par les forces gouvernementales et rebelles lors de deux opérations successives de l'armée congolaise contre une milice hutue rwandaise dans l'est du pays. Human Rights Watch a aussi rendu compte de graves défaillances dans l'opération de maintien de la paix de l'ONU au Congo qui ont limité sa capacité à protéger efficacement les civils.
    En Guinée, Human Rights Watch a publié un rapport détaillé sur les meurtres, les agressions sexuelles et autres exactions commises majoritairement par des membres de la Garde présidentielle d'élite lors de la répression d'un rassemblement de l'opposition dans la capitale. Les preuves recueillies laissent supposer que les attaques étaient planifiées à l'avance et correspondent à des crimes contre l'humanité.
    Human Rights Watch a conclu qu'en dépit du développement du mouvement des droits humains, les défenseurs de ces droits demeurent vulnérables et ont urgemment besoin du soutien des gouvernements respectueux des droits humains.
    « Les gouvernements qui se considèrent comme des partisans des droits humains restent trop souvent silencieux face à des exactions commises par des gouvernements alliés, invoquant des priorités diplomatiques ou économiques », a déploré Kenneth Roth. « Mais ce silence les rend complices des abus commis. La seule réponse appropriée aux graves violations des droits humains est d'exercer une plus grande pression sur leurs auteurs. »
     
    January 20, 2010 Human Rights Watch


    Les gouvernements respectueux des droits humains devraient plaider pour la protection des défenseurs de ces droits

    Washington, le 20 janvier 2010) - Les gouvernements qui se sont rendus coupables de graves violations des droits humains au cours de l'année passée ont intensifié leurs attaques contres les défenseurs et les organisations de défense des droits humains qui rendent compte de ces violations, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui lors de la publication de son Rapport mondial 2010.  

    2009_SriLanka_WR2010.jpg

    En couverture du Rapport mondial 2010, une photo de Tamouls sri lankais regroupés dans le camp de Menik Farm, lors de la visite du Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon en mai 2009. Le gouvernement sri lankais y avait interné des centaines de milliers de personnes déplacées au cours des derniers mois de la guerre menée contre les rebelles séparatistes « Tigres tamouls ».






    23.1.10 21:50


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