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Rapport: La terre brûlée, une nouvelle politique sioniste contre les Palestiniens

En Cisjordanie, les colons sionistes commencent à appliquer l'ancienne politique
de la terre brûlée, dans le dessein de chasser le peuple palestinien de sa
patrie et de ses biens. Cette politique devient une grande source de souci pour
les Palestiniens.
Les derniers jours ont connu une recrudescence remarquable des agressions des
colons sionistes contre les terrains agricoles palestiniens, en particulier
contre leurs fermes et leurs oliviers. Les colons sionistes vont jusqu'à mettre
le feu à ces terrains, à leurs arbres, à leurs produits. Ces incendies suivent
ceux d'écoles et de mosquées, entre autres. Tous ces agissements ont pour objet
de terroriser la population et de la pousser vers l'exil.
Souffrances quotidiennes
Tout un chacun sait comment et combien les colonies sionistes déployées partout
en Cisjordanie dévastent tout ce qui se trouve autour d'elles : des points
cancérigènes qui rongent toutes les cellules du corps palestinien. Les colons ne
font que mettre de l'huile sur le feu. Récemment, ils ont mis le feu à l'école
Al-Sawiya, au sud de Naplouse.
Le voisinage des colonies sionistes de Yatsahar, Itmar et Brakha, au sud de
Naplouse, souffrent d'agressions quotidiennes : des incendies prémédités, des
routes bloquées, des Palestiniens frappés, des olives volés sous la menace
d'armes.
L'agriculteur Mohammed Qadous dit que chaque matin, un nouveau jour de combat
commence, sans pouvoir connaître l'intention des colons de la colonie de
Yatsahar. Cela dépendra de leur humeur. Le pire dans l'affaire, c'est que
l'armée israélienne épaule les agresseurs israéliens, dans l'absence totale de
l'autorité palestinienne et de ses services de sécurité.
Incendier les écoles
Les colonies sionistes ont mis le feu à l'école du village de Sawia et ont écrit
des slogans incendiaires sur ses murs.
La collégienne Mona Mohammed dit que les colons sionistes ont mis le feu au
dépôt de l'école, alors que les habitants du village ramassaient leurs olives,
dans leurs terrains.
L'autorité de Ramallah pourchasse la résistance partout en Cisjordanie ; cela
encourage les colons à tout faire, ayant les mains libres.
Ce sont des témoins oculaires qui ont vu les colons venant des points sionistes
implantés sur les collines avoisinantes (Chifot Rahil, Chilo, Ayli) attaquer
ladite école et mettre le feu au dépôt. Sur le mur, ils ont noté : « Les
habitants des collines vous saluent », une salutation qui a coûté aux villageois
plusieurs milliers de dollars et une peur atroce.
Coordination sécuritaire
Hamed Bitawi, député du Conseil Législatif Palestinien, remarque que ce n'est
que cette coordination sécuritaire avec les occupants israéliens qui encourage
les colons sionistes à faire plus d'agressions. Cette coordination ne fait que
protéger les colons agresseurs et poursuivre celui qui pense à leur faire face !
Pour sa part, Mohmoud Khaled, activiste contre la colonisation et le mur,
souligne que les colons sionistes créent chaque jour une nouvelle méthode pour
faire mal au peuple palestinien, dont l'incendie de l'école Al-Sawia.
A remarquer enfin que ce ne sont pas seulement les colons qui agressent les
Palestiniens. Les forces israéliennes d'occupation brûlent aussi la terre
palestinienne et ses produits. Elles laissent la terre en cendre, inutilisable.
alterinfo

En Cisjordanie, les colons sionistes commencent à appliquer l'ancienne politique de la terre brûlée, dans le dessein de chasser le peuple palestinien de sa patrie et de ses biens. Cette politique devient une grande source de souci pour les Palestiniens.



Les derniers jours ont connu une recrudescence remarquable des agressions des colons sionistes contre les terrains agricoles palestiniens, en particulier contre leurs fermes et leurs oliviers. Les colons sionistes vont jusqu'à mettre le feu à ces terrains, à leurs arbres, à leurs produits. Ces incendies suivent ceux d'écoles et de mosquées, entre autres. Tous ces agissements ont pour objet de terroriser la population et de la pousser vers l'exil.

Souffrances quotidiennes

Tout un chacun sait comment et combien les colonies sionistes déployées partout en Cisjordanie dévastent tout ce qui se trouve autour d'elles : des points cancérigènes qui rongent toutes les cellules du corps palestinien. Les colons ne font que mettre de l'huile sur le feu. Récemment, ils ont mis le feu à l'école Al-Sawiya, au sud de Naplouse.

Le
voisinage des colonies sionistes de Yatsahar, Itmar et Brakha, au sud de Naplouse, souffrent d'agressions quotidiennes : des incendies prémédités, des routes bloquées, des Palestiniens frappés, des olives volés sous la menace d'armes.

L'agriculteur Mohammed Qadous dit que chaque matin, un nouveau jour de combat commence, sans pouvoir connaître l'intention des colons de la colonie de Yatsahar. Cela dépendra de leur humeur. Le pire dans l'affaire, c'est que l'armée israélienne épaule les agresseurs israéliens, dans l'absence totale de l'autorité palestinienne et de ses services de sécurité.

Incendier les écoles

Les colonies sionistes ont mis le feu à l'école du village de Sawia et ont écrit des slogans incendiaires sur ses murs.

La collégienne Mona Mohammed dit que les colons sionistes ont mis le feu au dépôt de l'école, alors que les habitants du village ramassaient leurs olives, dans leurs
terrains.

L'autorité de Ramallah pourchasse la résistance partout en Cisjordanie ; cela encourage les colons à tout faire, ayant les mains libres.

Ce sont des témoins oculaires qui ont vu les colons venant des points sionistes implantés sur les collines avoisinantes (Chifot Rahil, Chilo, Ayli) attaquer ladite école et mettre le feu au dépôt. Sur le mur, ils ont noté : « Les habitants des collines vous saluent », une salutation qui a coûté aux villageois plusieurs milliers de dollars et une peur atroce.

Coordination sécuritaire

Hamed Bitawi, député du Conseil Législatif Palestinien, remarque que ce n'est que cette coordination sécuritaire avec les occupants israéliens qui encourage les colons sionistes à faire plus d'agressions. Cette coordination ne fait que protéger les colons agresseurs et poursuivre celui qui pense à leur faire face !

Pour sa part, Mohmoud
Khaled, activiste contre la colonisation et le mur, souligne que les colons sionistes créent chaque jour une nouvelle méthode pour faire mal au peuple palestinien, dont l'incendie de l'école Al-Sawia.

A remarquer enfin que ce ne sont pas seulement les colons qui agressent les Palestiniens. Les forces israéliennes d'occupation brûlent aussi la terre palestinienne et ses produits. Elles laissent la terre en cendre, inutilisable.

alterinfo



6.11.10 02:05


Comment l'amérique rejoint le tiers-monde

A quelques heures des élections américaines de mi-mandat, alors que bon nombre
d'experts s'interrogent sur les raisons du désaveu qui s'abat sur le trop bien
élu président Obama et tente de prendre le pouls de l'Amérique, Arianna
Huffington, fondatrice du Huffington lance un pavé dans la mare avec un livre
intitulé l'Amérique du Tiers-Monde. 
Sauf improbable surprise de dernière minute, les républicains s'acheminent vers
une victoire aux élections de midterms et Obama vers une seconde partie de
mandat des plus laborieuses. Tout en négociations serrées. Un désaveu populaire
bien difficile à imaginer de ce côté ci de l'Atlantique quand on se souvient à
quelle vitesse l'« élu » avait accédé au statut d'icône, prix Nobel de la Paix
en prime...Tout restait à faire. C'est bien là le problème.
La France des éditorialistes qui sanglotait de bonheur à l'unisson du peuple
américain, il y a tout juste deux ans, cherche à comprendre les raisons du
désaveu. On s'invite entre éditorialistes. Ainsi, Jean-Pierre Elkabbach recevait
ce matin un collègue américain Jonathan Mann. Le journaliste de CNN estime que
les Etats-Unis traversent une « vague de colère », due notamment au taux de
chômage, et que le vote des Américains serait influencé par ce climat. D'après
lui, les électeurs sont confrontés à l'image d'un président Obama « affaibli »,
qui n'est « pas assez fort, pas assez clair, assez sévère », notamment en terme
de prévention du terrorisme. Pour s'en sortir, Obama devait « convaincre » les
électeurs blancs et les riches, qui sont traditionnellement les plus mobilisés
lors de ces élections de mi-mandat.
Les électeurs blancs et les riches : ce serait la seule voie de recours d'Obama.
Etonnant quand Barack Obama est déjà perçu ou accusé d'être un millionnaire
éduqué à Harvard, qui a perdu le contact avec le citoyen moyen. La semaine de
vacances dans une villa à Marbella à 6000 dollars la nuit (sans compter le
trajet avec Air force one à 150.000 dollars...) que s'est offerte la First Lady
au mois d'août dernier a laissé des traces. Chacun ses yachts Bolloré...La même
semaine, l'Amérique « gagnait » 131.000 chômeurs.
La classe moyenne et les lobbys
A long terme, c'est moins les riches que les classes moyennes et populaires que
le président Obama devra récupérer s'il espère renouveler son bail à la Maison
Blanche. C'est ainsi que l'entend Arianna Huffington, fondatrice du Huffington
Post et auteur du livre au titre choc l'Amérique du Tiers Monde. Dans une
interview au Monde Magazine, Arianna Huffington décrit une Amérique délabrée :
« Près de 100 millions d'Américains vivent dans des familles aux revenus
inférieurs à ceux de leurs parents au même âge. Les enfants de parents fortunés
qui ne font pas d'études ont plus de chance d'être riches que les enfants de
parents pauvres qui, eux, ont entrepris des études. La classe moyenne, sur
laquelle a reposé l'essor économique de ce pays, est une espèce en voie de
disparition. La classe moyenne est dévastée. Et sa disparition est bien plus
menaçante pour la stabilité à long terme de ce pays que la crise financière, qui
a vu 3 000 milliards de dollars d'argent du contribuable versés à Wall Street.
Des chiffres ? Depuis la fin de 2007, nous avons perdu plus de 8,4 millions
d'emplois. Un Américain sur 5 est sans emploi ou sous-employé ».
La fondatrice du Huffington Post égrène alors la liste des infra structures
défaillantes du pays : « Le système de canalisations date de la guerre de
sécession ! Le réseau électrique est largement insuffisant, d'autant que la
demande d'électricité a augmenté de 25 % depuis 1990. Un tiers du réseau routier
peut être considéré comme insuffisant, voire médiocre. Le système ferroviaire
n'a cessé de régresser depuis 80 ans et paraît grotesque en comparaison des
trains ultrarapides qui traversent la France, le Japon, la Chine. Un quart des
ponts est, selon le département des transports, "structurellement déficient", ou
"fonctionnellement obsolète". Nos réservoirs ? plus de 85 000 ? présentent un
réel danger ».
Secteur le plus dévasté, les écoles : « Rien n'accélère davantage notre glissade
vers un statut de tiers-monde que notre échec à éduquer convenablement nos
enfants. C'est pourtant par l'école que passait le rêve américain ! Et pour la
classe moyenne, la route vers le succès ! Mais des études montrent que parmi 30
pays développés, les Etats-Unis se situent au 25e rang pour les maths, au 21e
pour les sciences. Des résultats lamentables. 30 % des lycéens quittent l'école
sans diplôme. Or on ne cesse de licencier des professeurs, de réduire le nombre
d'heures de cours, voire de jours d'école. Des bourses sont supprimées alors que
les frais pédagogiques augmentent. Pendant ce temps-là, des prisons ont essaimé
un peu partout à une vitesse que même McDonald's pourrait envier. Trop d'écoles
américaines préparent plus à la prison qu'à l'université. Quel échec ! ».
La faute au manque d'audace d'un establishment dont Obama est, malgré tout, un
représentant. La faute aussi aux lobbies qui pullulent à Washington. Et la
classe moyenne américaine n'est pas enregistrée au registre des lobbies...
marianne2

A quelques heures des élections américaines de mi-mandat, alors que bon nombre d'experts s'interrogent sur les raisons du désaveu qui s'abat sur le trop bien élu président Obama et tente de prendre le pouls de l'Amérique, Arianna Huffington, fondatrice du Huffington lance un pavé dans la mare avec un livre intitulé l'Amérique du Tiers-Monde. 



Sauf improbable surprise de dernière minute, les républicains s'acheminent vers une victoire aux élections de midterms et Obama vers une seconde partie de mandat des plus laborieuses. Tout en négociations serrées. Un désaveu populaire bien difficile à imaginer de ce côté ci de l'Atlantique quand on se souvient à quelle vitesse
l'« élu » avait accédé au statut d'icône, prix Nobel de la Paix en prime...Tout restait à faire. C'est bien là le problème.

La France des éditorialistes qui sanglotait de bonheur à l'unisson du peuple américain, il y a tout juste deux ans, cherche à comprendre les raisons du désaveu. On s'invite entre éditorialistes. Ainsi, Jean-Pierre Elkabbach recevait ce matin un collègue américain Jonathan Mann. Le journaliste de CNN estime que les Etats-Unis traversent une « vague de colère », due notamment au taux de chômage, et que le vote des Américains serait influencé par ce climat. D'après lui, les électeurs sont confrontés à l'image d'un président Obama « affaibli », qui n'est « pas assez fort, pas assez clair, assez sévère », notamment en terme de prévention du terrorisme. Pour s'en sortir, Obama devait « convaincre » les électeurs
blancs et les riches, qui sont traditionnellement les plus mobilisés lors de ces élections de mi-mandat.

Les électeurs blancs et les riches : ce serait la seule voie de recours d'Obama. Etonnant quand Barack Obama est déjà perçu ou accusé d'être un millionnaire éduqué à Harvard, qui a perdu le contact avec le citoyen moyen. La semaine de vacances dans une villa à Marbella à 6000 dollars la nuit (sans compter le trajet avec Air force one à 150.000 dollars...) que s'est offerte la First Lady au mois d'août dernier a laissé des traces. Chacun ses yachts Bolloré...La même semaine, l'Amérique « gagnait » 131.000 chômeurs.

La classe moyenne et les lobbys

A long terme, c'est moins les riches que les classes moyennes et populaires que le président Obama devra récupérer s'il
espère renouveler son bail à la Maison Blanche. C'est ainsi que l'entend Arianna Huffington, fondatrice du Huffington Post et auteur du livre au titre choc l'Amérique du Tiers Monde. Dans une interview au Monde Magazine, Arianna Huffington décrit une Amérique délabrée : « Près de 100 millions d'Américains vivent dans des familles aux revenus inférieurs à ceux de leurs parents au même âge. Les enfants de parents fortunés qui ne font pas d'études ont plus de chance d'être riches que les enfants de parents pauvres qui, eux, ont entrepris des études. La classe moyenne, sur laquelle a reposé l'essor économique de ce pays, est une espèce en voie de disparition. La classe moyenne est
dévastée. Et sa disparition est bien plus menaçante pour la stabilité à long terme de ce pays que la crise financière, qui a vu 3 000 milliards de dollars d'argent du contribuable versés à Wall Street. Des chiffres ? Depuis la fin de 2007, nous avons perdu plus de 8,4 millions d'emplois. Un Américain sur 5 est sans emploi ou sous-employé ».


La fondatrice du Huffington Post égrène alors la liste des infra structures défaillantes du pays : « Le système de canalisations date de la guerre de sécession ! Le réseau électrique est largement insuffisant, d'autant que la demande d'électricité a augmenté de 25 % depuis 1990. Un tiers du réseau routier peut être considéré comme insuffisant, voire médiocre. Le système ferroviaire n'a cessé de régresser depuis 80 ans et paraît grotesque en comparaison des trains ultrarapides qui traversent la France, le Japon, la Chine. Un quart des
ponts est, selon le département des transports, "structurellement déficient", ou "fonctionnellement obsolète". Nos réservoirs ? plus de 85 000 ? présentent un réel danger ».


Secteur le plus dévasté, les écoles : « Rien n'accélère davantage notre glissade vers un statut de tiers-monde que notre échec à éduquer convenablement nos enfants. C'est pourtant par l'école que passait le rêve américain ! Et pour la classe moyenne, la route vers le succès ! Mais des études montrent que parmi 30 pays développés, les Etats-Unis se situent au 25e rang pour les maths, au 21e pour les sciences. Des résultats lamentables. 30 % des lycéens quittent l'école sans diplôme. Or on ne cesse de licencier des professeurs, de réduire le nombre d'heures de cours, voire de jours d'école. Des bourses sont supprimées alors que les frais pédagogiques augmentent. Pendant ce temps-là, des prisons ont essaimé
un peu partout à une vitesse que même McDonald's pourrait envier. Trop d'écoles américaines préparent plus à la prison qu'à l'université. Quel échec ! »
.

La faute au manque d'audace d'un establishment dont Obama est, malgré tout, un représentant. La faute aussi aux lobbies qui pullulent à Washington. Et la classe moyenne américaine n'est pas enregistrée au registre des lobbies...

marianne2



3.11.10 00:13


Rapport Amnesty 2010 sur les territoires palestiniens occupés (côté sioniste)

Amnesty
Durant l?offensive militaire de 22 jours dénommée opération Plomb durci, qui a
pris fin le 18 janvier, les forces israéliennes ont commis des crimes de guerre
et d?autres violations graves du droit international dans la bande de Gaza.
Elles ont, entre autres, mené des attaques aveugles et disproportionnées contre
des civils, pris pour cibles et tué des membres des professions médicales,
utilisé des Palestiniens comme boucliers humains et tiré sans discernement des
obus au phosphore blanc contre des zones densément peuplées. Plus de 1 380
Palestiniens, dont au moins 330 enfants et plusieurs centaines de civils
adultes, ont été tués.
La plus grande partie de Gaza a été rasée et l?économie ruinée, les
infrastructures de base ont été détruites et des milliers de Palestiniens se
sont retrouvés sans logement. L?armée israélienne a continué de maintenir tout
au long de l?année des restrictions draconiennes à la liberté de mouvement des
Palestiniens dans les territoires occupés, entravant l?accès aux services
essentiels et coupant les habitants de leurs terres. Le blocus militaire de la
bande de Gaza, qui emprisonnait de fait tous ses habitants (1,5 million), a
provoqué une crise humanitaire.
Malgré cela, Israël a empêché à plusieurs reprises l?aide internationale et
humanitaire de parvenir à la population. Des centaines de Palestiniens gravement
malades se sont vu refuser l?autorisation de sortir de Gaza pour se faire
traiter, ou ne l?ont obtenue qu?après une longue attente, et au moins 28 sont
décédés avant de pouvoir quitter Gaza. En Cisjordanie occupée, y compris à
Jérusalem-Est, l?armée israélienne a cette année encore expulsé des
Palestiniens, détruit leurs habitations et saisi leurs terres, tandis que les
autorités permettaient l?expansion des colonies israéliennes sur des terres
palestiniennes saisies illégalement.
Tout au long de l?année, les forces israéliennes ont eu recours à une force
excessive, parfois meurtrière, contre des civils palestiniens. Des détenus
palestiniens auraient de nouveau subi des mauvais traitements, mais les enquêtes
sur ces informations étaient rares. Plusieurs centaines de Palestiniens étaient
maintenus en détention administrative sans inculpation ; d?autres purgeaient des
peines d?emprisonnement prononcées par des tribunaux militaires à l?issue de
procès inéquitables. Les soldats et les colons israéliens ayant commis des
violations graves des droits fondamentaux de Palestiniens bénéficiaient d?une
quasi-impunité.
Contexte
Les élections législatives de février ont été marquées par la montée des partis
de droite et suivies par la formation d?un gouvernement de coalition. Celui-ci a
réuni le Parti travailliste, le Likoud ? parti de droite ?, et le groupe
d?extrême-droite Yisrael Beitenu. Les États-Unis ont multiplié les appels
demandant à Israël d?arrêter l?expansion des colonies, à titre de première étape
vers la reprise du processus de paix, mais ils n?ont pas été entendus.
Opération Plomb durci
Déclenchée sans avertissement dans la bande de Gaza, cette offensive militaire
israélienne de 22 jours avait pour objectif déclaré de mettre un terme aux tirs
de roquettes lancés en direction d?Israël par des groupes armés affiliés au
Hamas et à d?autres mouvements palestiniens. Plus de 1 380 Palestiniens ont été
tués et environ 5000 autres, dont au moins 1 800 enfants, ont été blessés, dans
beaucoup de cas grièvement. Des milliers d?habitations, de locaux commerciaux et
de bâtiments publics ont été détruits et des quartiers entiers rasés.
Les réseaux électriques, les installations d?approvisionnement en eau, les
stations d?épuration et d?autres infrastructures essentielles ont été gravement
endommagés. De grandes étendues de terres agricoles et de nombreux biens
industriels et commerciaux ont été dévastés. Ces destructions étaient en grande
partie gratuites et délibérées, et aucune nécessité à caractère militaire ne
pouvait les justifier. Treize Israéliens ont trouvé la mort durant les combats,
dont trois civils tués par des tirs de roquettes et de mortiers lancés sur le
sud d?Israël par des groupes armés palestiniens (voir Autorité palestinienne).
Avant et pendant l?opération Plomb durci, l?armée israélienne a refusé l?accès à
Gaza aux observateurs indépendants, aux journalistes, aux observateurs de la
situation des droits humains et aux employés d?organisations humanitaires, ce
qui a eu pour effet d?isoler Gaza du monde extérieur. Les autorités ont par
ailleurs refusé de coopérer avec une mission d?enquête mise en place par le
Conseil des droits de l?homme [ONU].
Le rapport de cette mission (rapport Goldstone), publié en septembre, accusait
Israël et le Hamas de crimes de guerre et d?autres actes qui pourraient être
constitutifs de crimes contre l?humanité, commis à Gaza et dans le sud d?Israël.
Il recommandait que les responsables présumés des crimes de guerre soient
traduits en justice. Les autorités israéliennes n?ont mené aucune enquête
indépendante et impartiale sur le comportement de leurs soldats durant
l?opération Plomb durci ; un certain nombre d?enquêtes internes ont toutefois
été réalisées.
Attaques contre des biens civils
Les forces israéliennes ont attaqué des hôpitaux, des ambulances et des membres
du personnel médical ainsi que des installations humanitaires, notamment des
bâtiments de l?Office de secours et de travaux des Nations unies pour les
réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA). Au moins 15 des 27 hôpitaux
de Gaza ont été endommagés, considérablement dans certains cas. Une trentaine
d?ambulances ont été touchées par des tirs et 16 membres du personnel médical
ont été tués. Amnesty International n?a relevé aucun élément démontrant que des
combattants du Hamas ou d?autres groupes armés aient utilisé des hôpitaux pour
se cacher ou pour mener des attaques, et les autorités israéliennes n?ont fourni
aucune preuve de nature à étayer de telles allégations. Trois secouristes ? Anas
Fadhel Naim, Yaser Kamal Shbeir et Rafaat Abd al Aal ? ont été tués le 4 janvier
à Gaza par un tir de missile israélien alors qu?ils s?approchaient à pied de
deux hommes blessés. Un garçon de 12 ans qui leur indiquait le chemin, Omar
Ahmad al Baradee, a également été tué.
 Le 17 janvier vers 6 heures du matin, un obus d?artillerie au phosphore blanc a
atteint l?école primaire de l?UNRWA à Beit Lahia, où plus de 1 500 personnes
avaient trouvé refuge. Deux enfants ? Muhammad al Ashqar et son frère Bilal ?
âgés respectivement de cinq et sept ans ? ont été tués. Une quinzaine d?autres
civils ont été blessés.
Utilisation de civils comme boucliers humains.
Dans plusieurs cas, des soldats israéliens ont utilisé des civils palestiniens,
y compris des enfants, comme boucliers humains durant des opérations militaires,
ou les ont obligés à accomplir des tâches dangereuses. Des militaires ont
également lancé des attaques à proximité de maisons habitées. Pendant deux jours
à partir du 5 janvier, Yousef Abu Ida, son épouse Leila et leurs neuf enfants
ont servi de boucliers humains lors de l?occupation de leur maison, transformée
en position militaire, dans le quartier de Hay al Salam, à l?est de Jabaliya.
Les soldats les ont ensuite forcés à sortir et ont détruit l?habitation.
Blocage de l?aide humanitaire
Les forces israéliennes ont délibérément empêché l?aide humanitaire et les
secours d?urgence d?entrer à Gaza, ou ont entravé leur circulation. Elles ont
attaqué des convois et des centres de distribution, ainsi que le personnel
médical, ce qui a contraint l?UNRWA et le Comité international de la Croix-Rouge
(CICR) à réduire leurs activités à Gaza durant l?offensive. Plusieurs membres de
la famille Al Sammouni se sont vidés de leur sang dans les jours qui ont suivi
une attaque lancée le 5 janvier contre leur maison, dans le quartier de Zaytoun
à Gaza, l?armée israélienne n?ayant autorisé personne, pas même les
ambulanciers, à leur venir en aide. Des enfants sont restés pendant trois jours
sans eau ni nourriture à côté des cadavres de leurs proches. Vingt-neuf
personnes appartenant à cette même famille ont trouvé la mort.
 Blocus de Gaza ? crise humanitaire
La poursuite du blocus imposé depuis juin 2007 par l?armée israélienne sur la
bande de Gaza, a aggravé la situation humanitaire. Quatre habitants de Gaza sur
cinq dépendaient de l?aide humanitaire en raison du fort taux de chômage, de
l?extrême pauvreté, de l?insécurité alimentaire et de l?augmentation des prix
des vivres due aux pénuries. L?ampleur du blocus et les déclarations des
responsables israéliens à propos de son objectif démontraient que cette mesure
était une forme de châtiment collectif infligé à la population de Gaza, en
violation flagrante du droit international. L?opération Plomb durci a porté la
crise à un niveau catastrophique. Après la fin de l?offensive, le blocus a
entravé, voire totalement empêché, les efforts de reconstruction. De ce fait,
les infrastructures d?approvisionnement en eau et d?assainissement ont continué
de se dégrader, les coupures d?électricité se sont multipliées ? entraînant des
problèmes graves dans la chaleur de l?été et de sérieuses difficultés pour les
établissements publics et de santé ? et les effectifs dans les écoles ont
augmenté. Le système de santé, déjà débordé, était confronté à de nouveaux défis
et devait faire face à des installations endommagées et à une plus forte demande
; à cela s?ajoutaient des chances de reprise économique infimes, voire
inexistantes. Israël continuait d?empêcher les agriculteurs d?accéder à leurs
terres lorsqu?elles étaient situées à moins de 500 mètres de la frontière entre
Israël et la bande de Gaza, et d?interdire la pêche au-delà de trois milles
nautiques de la côte. Parmi les personnes prises au piège à Gaza figuraient des
patients gravement malades qui avaient besoin de traitements non disponibles à
Gaza, ainsi que des employés et des étudiants qui voulaient rejoindre leur lieu
de travail ou leur établissement d?enseignement en Cisjordanie ou à l?étranger.
Samir al Nadim est mort le 1er novembre après avoir attendu 22 jours de pouvoir
quitter Gaza pour subir une opération cardiaque. Lorsque les autorités
israéliennes l?ont enfin laissé partir, le 29 octobre, il était dans le coma et
sous assistance respiratoire. Il est mort des suites d?une insuffisance
cardiaque dans un hôpital de Naplouse, en Cisjordanie.
 Restrictions en Cisjordanie
Le mur/barrière de 700 kilomètres érigé par Israël en Cisjordanie et qui sépare
de nombreux Palestiniens de leurs terres, de leur travail et de leurs proches,
ainsi que les couvre-feux prolongés et les quelque 600 postes de contrôle,
barrages routiers et autres obstacles israéliens, continuaient d?empêcher les
Palestiniens d?accéder aux services de base tels que les soins et l?éducation.
 Droit à l?eau
Israël continuait, en violation de ses obligations en tant que puissance
occupante, de priver les Palestiniens dans les territoires occupés d?un
approvisionnement
suffisant en eau salubre, ce qui entravait le développement socioéconomique et
présentait des risques pour la santé. La consommation d?eau des Palestiniens
atteignait à peine 70 litres par personne et par jour, soit bien moins que le
minimum de 100 litres recommandé par l?Organisation mondiale de la santé (OMS).
La consommation d?eau des Israéliens était quatre fois supérieure. L?armée
israélienne détruisait régulièrement les citernes de collecte d?eau de pluie
utilisées par des Palestiniens en Cisjordanie en arguant qu?elles avaient été
construites sans autorisation.
 Expulsions forcées
Les forces israéliennes ont chassé des Palestiniens de chez eux et détruit leurs
habitations, notamment à Jérusalem-Est, au motif qu?elles avaient été
construites sans autorisation. Or, les permis de construire sont
systématiquement refusés aux Palestiniens. Simultanément, les autorités
permettaient l?expansion des colonies israéliennes sur des terres palestiniennes
saisies illégalement. La population bédouine du Néguev a elle aussi subi des
expulsions forcées.
Utilisation excessive de la force
Les forces israéliennes ont eu recours à une force excessive contre des civils
palestiniens, dont beaucoup ont été blessés et certains tués. Les membres des
forces de sécurité ont utilisé du gaz lacrymogène, des balles métalliques
recouvertes de caoutchouc et des balles réelles, souvent en l?absence de menace
sérieuse pour eux-mêmes ou pour autrui. Le 17 avril, Bassem Abu Rahmeh a été
atteint par une bombe lacrymogène projetée à grande vitesse ; il est mort peu
après des suites d?une hémorragie interne. Il participait à la manifestation
hebdomadaire organisée à Bilin contre le mur/barrière de sécurité qui coupe les
habitants de ce village d?une grande partie de leurs terres agricoles. Un
enregistrement vidéo montre qu?il n?était pas armé et qu?il ne représentait
aucune menace. L?armée israélienne a annoncé l?ouverture d?une enquête sur les
circonstances de sa mort.
 Justice militaire- Détention sans jugement
 Le nombre de Palestiniens détenus sans inculpation ni jugement dans les prisons
israéliennes a baissé, passant de 564 en janvier à 278 en décembre. Hamdi al
Tamari, un lycéen palestinien de 16 ans arrêté le 18 décembre 2008, a été
maintenu en détention administrative, sans inculpation, dans la prison d?Ofer
non loin de Ramallah (Cisjordanie) jusqu?au 14 décembre, date de sa remise en
liberté. Il avait été interpellé sous la menace d?une arme par des soldats
israéliens à son domicile de Bethléem. Selon ses proches, il avait été frappé à
coups de pied et roué de coups, entre autres mauvais traitements, au moment de
son arrestation.
 Procès inéquitables  
 Cette année encore, des Palestiniens des territoires occupés, y compris des
mineurs, ont été interrogés en l?absence d?un avocat et déférés devant des
tribunaux militaires et non civils, où ils ont subi d?autres violations de leur
droit à un procès équitable.
 Conditions de détention ? privations du droit de visite
Les habitants de Gaza n?étant pas autorisés à se rendre en Israël depuis
l?imposition du blocus, quelque 900 prisonniers palestiniens originaires de la
bande de Gaza étaient privés des visites de leur famille, dans certains cas pour
la troisième année consécutive.
 Torture et autres mauvais traitements
De nouvelles informations ont fait état d?actes de torture et de mauvais
traitements infligés à des Palestiniens par des agents du Service de sécurité
intérieure. Parmi les méthodes signalées figuraient les passages à tabac, la
privation de sommeil et le maintien prolongé dans des positions douloureuses. La
législation israélienne retient la « nécessité » comme justification possible du
recours à la torture.
 Impunité
 L?impunité restait la norme pour les soldats et les membres de la police et des
autres forces de sécurité, ainsi que pour les colons israéliens auteurs
d?atteintes graves aux droits fondamentaux des Palestiniens, notamment
d?homicides illégaux. Des colons se sont notamment livrés à des passages à tabac
de Palestiniens ou ont jeté des pierres sur eux, et ils ont détruit des récoltes
et des habitations. Dans les rares cas où des membres des forces de sécurité
israéliennes étaient déclarés coupables, les peines prononcées étaient
extrêmement légères.
 En juin, le parquet a abandonné les poursuites engagées contre Zeev Braude, un
habitant de la colonie de Kiryat Arba, à Hébron, qui avait pourtant été filmé en
train de tirer sur deux Palestiniens. Le 4 décembre 2008, Hosni Matriya et son
père, Abdel al Hai, âgé de 67 ans, avaient été grièvement blessés.
 Prisonniers d?opinion ? objecteurs de conscience israéliens
 Au moins six objecteurs de conscience israéliens ont été emprisonnés en 2009
parce qu?ils refusaient d?effectuer leur service militaire et étaient opposés à
la présence de l?armée israélienne dans les territoires palestiniens occupés et
aux opérations militaires à Gaza. Les ONG israéliennes qui soutenaient les
objecteurs de conscience étaient de plus en plus souvent la cible de
harcèlement.
 Le 29 octobre, Or Ben David s?est vu infliger une première peine de 20 jours
d?emprisonnement pour avoir refusé d?effectuer son service militaire. Condamnée
à deux autres peines, elle était de nouveau incarcérée à la fin de l?année.
 Visites et documents d?Amnesty International
 Des délégués d?Amnesty International se sont rendus en Israël et dans les
territoires palestiniens occupés en janvier, février, juin, juillet, octobre et
novembre.
 4 Israël et territoires palestiniens occupés. Le conflit de Gaza :
le droit, les enquêtes et l?obligation de rendre des comptes
(MDE 15/007/2009).
 4 Israël / Gaza. En fournissant des armes, les pays étrangers
alimentent le conflit (MDE 15/012/2009).
 4 Israel/Gaza: Operation ?Cast Lead?: 22 days of death and
destruction, partiellement traduit en français sous le titre Israël/
Gaza. L?opération « Plomb durci » : vingt-deux jours de mort et de
destruction (MDE 15/015/2009).
 4 Israël et territoires palestiniens occupés. Les autorités doivent
prendre des mesures de toute urgence afin de répondre aux
préoccupations du Comité contre la torture (MDE 15/019/2009).
Amnesty International - Rapport 2010 165I.
 4 Troubled waters: Palestinians denied fair access to water,
partiellement traduit en français sous le titre Israël/Territoires
palestiniens occupés. Les Palestiniens privés de leur droit à
l?eau (MDE 15/027/2009).
 
01/11/2010 - http://www.palestine-info.cc/Fr/Default.aspx


Amnesty




Durant l?offensive militaire de 22 jours dénommée opération Plomb durci, qui a pris fin le 18 janvier, les forces israéliennes ont commis des crimes de guerre et d?autres violations graves du droit international dans la bande de Gaza. Elles ont, entre autres, mené des attaques aveugles et disproportionnées contre des civils, pris pour cibles et tué des membres des professions médicales, utilisé des Palestiniens comme boucliers humains et tiré sans discernement des obus au phosphore blanc contre des zones densément peuplées. Plus de 1 380 Palestiniens, dont au moins 330 enfants et plusieurs centaines de civils adultes, ont été tués.

La plus grande partie de Gaza a été rasée et l?économie ruinée, les infrastructures de base ont été détruites et des milliers de Palestiniens se sont retrouvés sans logement. L?armée israélienne a continué de maintenir tout au long de l?année des
restrictions draconiennes à la liberté de mouvement des Palestiniens dans les territoires occupés, entravant l?accès aux services essentiels et coupant les habitants de leurs terres. Le blocus militaire de la bande de Gaza, qui emprisonnait de fait tous ses habitants (1,5 million), a provoqué une crise humanitaire.

Malgré cela, Israël a empêché à plusieurs reprises l?aide internationale et humanitaire de parvenir à la population. Des centaines de Palestiniens gravement malades se sont vu refuser l?autorisation de sortir de Gaza pour se faire traiter, ou ne l?ont obtenue qu?après une longue attente, et au moins 28 sont décédés avant de pouvoir quitter Gaza. En Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est, l?armée israélienne a cette année encore expulsé des Palestiniens, détruit leurs habitations et saisi leurs terres, tandis que les autorités permettaient l?expansion des colonies israéliennes sur des
terres palestiniennes saisies illégalement.

Tout au long de l?année, les forces israéliennes ont eu recours à une force excessive, parfois meurtrière, contre des civils palestiniens. Des détenus palestiniens auraient de nouveau subi des mauvais traitements, mais les enquêtes sur ces informations étaient rares. Plusieurs centaines de Palestiniens étaient maintenus en détention administrative sans inculpation ; d?autres purgeaient des peines d?emprisonnement prononcées par des tribunaux militaires à l?issue de procès inéquitables. Les soldats et les colons israéliens ayant commis des violations graves des droits fondamentaux de Palestiniens bénéficiaient d?une quasi-impunité.

Contexte

 

Les élections législatives de février ont été marquées par la montée des partis de droite et suivies par la formation d?un gouvernement de coalition. Celui-ci a réuni le Parti travailliste, le Likoud ? parti de droite ?, et le groupe d?extrême-droite Yisrael Beitenu. Les États-Unis ont multiplié les appels demandant à Israël d?arrêter l?expansion des colonies, à titre de première étape vers la reprise du processus de paix, mais ils n?ont pas été entendus.

Opération Plomb durci

Déclenchée sans avertissement dans la bande de Gaza, cette offensive militaire israélienne de 22 jours avait pour objectif déclaré de mettre un terme aux tirs de roquettes lancés en direction d?Israël par des groupes armés affiliés au Hamas et à d?autres mouvements palestiniens. Plus de 1 380 Palestiniens ont été tués et environ 5000 autres, dont au moins 1 800 enfants,
ont été blessés, dans beaucoup de cas grièvement. Des milliers d?habitations, de locaux commerciaux et de bâtiments publics ont été détruits et des quartiers entiers rasés.

Les réseaux électriques, les installations d?approvisionnement en eau, les stations d?épuration et d?autres infrastructures essentielles ont été gravement endommagés. De grandes étendues de terres agricoles et de nombreux biens industriels et commerciaux ont été dévastés. Ces destructions étaient en grande partie gratuites et délibérées, et aucune nécessité à caractère militaire ne pouvait les justifier. Treize Israéliens ont trouvé la mort durant les combats, dont trois civils tués par des tirs de roquettes et de mortiers lancés sur le sud d?Israël par des groupes armés palestiniens (voir Autorité palestinienne).

Avant et pendant l?opération Plomb durci, l?armée israélienne a refusé l?accès à Gaza aux
observateurs indépendants, aux journalistes, aux observateurs de la situation des droits humains et aux employés d?organisations humanitaires, ce qui a eu pour effet d?isoler Gaza du monde extérieur. Les autorités ont par ailleurs refusé de coopérer avec une mission d?enquête mise en place par le Conseil des droits de l?homme [ONU].

Le rapport de cette mission (rapport Goldstone), publié en septembre, accusait Israël et le Hamas de crimes de guerre et d?autres actes qui pourraient être constitutifs de crimes contre l?humanité, commis à Gaza et dans le sud d?Israël. Il recommandait que les responsables présumés des crimes de guerre soient traduits en justice. Les autorités israéliennes n?ont mené aucune enquête indépendante et impartiale sur le comportement de leurs soldats durant l?opération Plomb durci ; un certain nombre d?enquêtes internes ont toutefois été réalisées.

Attaques
contre des biens civils


Les forces israéliennes ont attaqué des hôpitaux, des ambulances et des membres du personnel médical ainsi que des installations humanitaires, notamment des bâtiments de l?Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA). Au moins 15 des 27 hôpitaux de Gaza ont été endommagés, considérablement dans certains cas. Une trentaine d?ambulances ont été touchées par des tirs et 16 membres du personnel médical ont été tués. Amnesty International n?a relevé aucun élément démontrant que des combattants du Hamas ou d?autres groupes armés aient utilisé des hôpitaux pour se cacher ou pour mener des attaques, et les autorités israéliennes n?ont fourni aucune preuve de nature à étayer de telles allégations. Trois secouristes ? Anas Fadhel Naim, Yaser Kamal Shbeir et Rafaat Abd al Aal ? ont été tués le 4 janvier à Gaza
par un tir de missile israélien alors qu?ils s?approchaient à pied de deux hommes blessés. Un garçon de 12 ans qui leur indiquait le chemin, Omar Ahmad al Baradee, a également été tué.
 Le 17 janvier vers 6 heures du matin, un obus d?artillerie au phosphore blanc a atteint l?école primaire de l?UNRWA à Beit Lahia, où plus de 1 500 personnes avaient trouvé refuge. Deux enfants ? Muhammad al Ashqar et son frère Bilal ? âgés respectivement de cinq et sept ans ? ont été tués. Une quinzaine d?autres civils ont été blessés.


Utilisation de civils comme boucliers humains.
 
Dans plusieurs cas, des soldats israéliens ont utilisé des civils palestiniens, y compris des enfants, comme boucliers humains durant des opérations militaires, ou les ont obligés à accomplir des tâches dangereuses. Des militaires ont également lancé des attaques à proximité de maisons habitées. Pendant deux jours à partir du 5 janvier, Yousef Abu Ida, son épouse Leila et leurs neuf enfants ont servi de boucliers humains lors de l?occupation de leur maison, transformée en position militaire, dans le quartier de Hay al Salam, à l?est de Jabaliya. Les soldats les ont ensuite forcés à sortir et ont détruit l?habitation.


Blocage de l?aide humanitaire

 

Les forces israéliennes ont délibérément empêché l?aide humanitaire et les secours d?urgence d?entrer à Gaza, ou ont entravé leur circulation. Elles ont attaqué des convois et des centres de distribution, ainsi que le personnel médical, ce qui a contraint l?UNRWA et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à réduire leurs activités à Gaza durant l?offensive. Plusieurs membres de la famille Al Sammouni se sont vidés de leur sang dans les jours qui ont suivi une attaque lancée le 5 janvier contre leur maison, dans le quartier de Zaytoun à Gaza, l?armée israélienne n?ayant autorisé personne, pas même les ambulanciers, à leur venir en aide. Des enfants sont restés pendant trois jours sans eau ni nourriture à côté des cadavres de leurs proches. Vingt-neuf personnes appartenant à cette même famille ont trouvé la mort.

 Blocus de Gaza ? crise
humanitaire

La poursuite du blocus imposé depuis juin 2007 par l?armée israélienne sur la bande de Gaza, a aggravé la situation humanitaire. Quatre habitants de Gaza sur cinq dépendaient de l?aide humanitaire en raison du fort taux de chômage, de l?extrême pauvreté, de l?insécurité alimentaire et de l?augmentation des prix des vivres due aux pénuries. L?ampleur du blocus et les déclarations des responsables israéliens à propos de son objectif démontraient que cette mesure était une forme de châtiment collectif infligé à la population de Gaza, en violation flagrante du droit international. L?opération Plomb durci a porté la crise à un niveau catastrophique. Après la fin de l?offensive, le blocus a entravé, voire totalement empêché, les efforts de reconstruction. De ce fait, les infrastructures d?approvisionnement en eau et d?assainissement ont continué de se dégrader, les coupures
d?électricité se sont multipliées ? entraînant des problèmes graves dans la chaleur de l?été et de sérieuses difficultés pour les établissements publics et de santé ? et les effectifs dans les écoles ont augmenté. Le système de santé, déjà débordé, était confronté à de nouveaux défis et devait faire face à des installations endommagées et à une plus forte demande ; à cela s?ajoutaient des chances de reprise économique infimes, voire inexistantes. Israël continuait d?empêcher les agriculteurs d?accéder à leurs terres lorsqu?elles étaient situées à moins de 500 mètres de la frontière entre Israël et la bande de Gaza, et d?interdire la pêche au-delà de trois milles nautiques de la côte. Parmi les personnes prises au piège à Gaza figuraient des patients gravement malades qui avaient besoin de traitements non disponibles à Gaza, ainsi que des employés et des étudiants qui voulaient rejoindre
leur lieu de travail ou leur établissement d?enseignement en Cisjordanie ou à l?étranger. Samir al Nadim est mort le 1er novembre après avoir attendu 22 jours de pouvoir quitter Gaza pour subir une opération cardiaque. Lorsque les autorités israéliennes l?ont enfin laissé partir, le 29 octobre, il était dans le coma et sous assistance respiratoire. Il est mort des suites d?une insuffisance cardiaque dans un hôpital de Naplouse, en Cisjordanie.


 Restrictions en Cisjordanie


Le mur/barrière de 700 kilomètres érigé par Israël en Cisjordanie et qui sépare de nombreux Palestiniens de leurs terres, de leur travail et de leurs proches, ainsi que les couvre-feux prolongés et les quelque 600 postes de contrôle, barrages routiers et autres obstacles israéliens, continuaient d?empêcher les Palestiniens d?accéder aux services de base tels que les soins et l?éducation.


 Droit à l?eau


Israël continuait, en violation de ses obligations en tant que puissance occupante, de priver les Palestiniens dans les territoires occupés d?un approvisionnement


suffisant en eau salubre, ce qui entravait le développement socioéconomique et présentait des risques pour la santé. La consommation d?eau des Palestiniens atteignait à peine 70 litres par personne et par jour, soit bien moins que le minimum de 100 litres recommandé par l?Organisation mondiale de la santé (OMS). La consommation d?eau des Israéliens était quatre fois supérieure. L?armée israélienne détruisait régulièrement les citernes de collecte d?eau de pluie utilisées par des Palestiniens en Cisjordanie en arguant qu?elles avaient été construites sans autorisation.


 Expulsions forcées


Les forces israéliennes ont chassé des Palestiniens de chez eux et détruit leurs habitations, notamment à Jérusalem-Est, au motif qu?elles avaient été construites sans autorisation. Or, les permis de construire sont systématiquement refusés aux Palestiniens. Simultanément, les autorités permettaient l?expansion des colonies israéliennes sur des terres palestiniennes saisies illégalement. La population bédouine du Néguev a elle aussi subi des expulsions forcées.


Utilisation excessive de la force


Les forces israéliennes ont eu recours à une force excessive contre des civils palestiniens, dont beaucoup ont été blessés et certains tués. Les membres des forces de sécurité ont utilisé du gaz lacrymogène, des balles métalliques recouvertes de caoutchouc et des balles réelles, souvent en l?absence de menace sérieuse pour eux-mêmes ou pour autrui. Le 17 avril, Bassem Abu Rahmeh a été atteint par une bombe lacrymogène projetée à grande vitesse ; il est mort peu après des suites d?une hémorragie interne. Il participait à la manifestation hebdomadaire organisée à Bilin contre le mur/barrière de sécurité qui coupe les habitants de ce village d?une grande partie de leurs terres agricoles. Un enregistrement vidéo montre qu?il n?était pas armé et qu?il ne représentait aucune menace. L?armée israélienne a annoncé l?ouverture d?une enquête sur les circonstances de sa mort.
 

 Justice militaire- Détention sans jugement

 Le nombre de Palestiniens détenus sans inculpation ni jugement dans les prisons israéliennes a baissé, passant de 564 en janvier à 278 en décembre. Hamdi al Tamari, un lycéen palestinien de 16 ans arrêté le 18 décembre 2008, a été maintenu en détention administrative, sans inculpation, dans la prison d?Ofer non loin de Ramallah (Cisjordanie) jusqu?au 14 décembre, date de sa remise en liberté. Il avait été interpellé sous la menace d?une arme par des soldats israéliens à son domicile de Bethléem. Selon ses proches, il avait été frappé à coups de pied et roué de coups, entre autres mauvais traitements, au moment de son arrestation.


 Procès inéquitables  


 Cette année encore, des Palestiniens des territoires occupés, y compris des mineurs, ont été interrogés en l?absence d?un avocat et déférés devant des tribunaux militaires et non civils, où ils ont subi d?autres violations de leur droit à un procès équitable.


 Conditions de détention ? privations du droit de visite


Les habitants de Gaza n?étant pas autorisés à se rendre en Israël depuis l?imposition du blocus, quelque 900 prisonniers palestiniens originaires de la bande de Gaza étaient privés des visites de leur famille, dans certains cas pour la troisième année consécutive.


 Torture et autres mauvais traitements


De nouvelles informations ont fait état d?actes de torture et de mauvais traitements infligés à des Palestiniens par des agents du Service de sécurité intérieure. Parmi les méthodes signalées figuraient les passages à tabac, la privation de sommeil et le maintien prolongé dans des positions douloureuses. La législation israélienne retient la « nécessité » comme justification possible du recours à la torture.


 Impunité


 L?impunité restait la norme pour les soldats et les membres de la police et des autres forces de sécurité, ainsi que pour les colons israéliens auteurs d?atteintes graves aux droits fondamentaux des Palestiniens, notamment d?homicides illégaux. Des colons se sont notamment livrés à des passages à tabac de Palestiniens ou ont jeté des pierres sur eux, et ils ont détruit des récoltes et des habitations. Dans les rares cas où des membres des forces de sécurité israéliennes étaient déclarés coupables, les peines prononcées étaient extrêmement légères.


 En juin, le parquet a abandonné les poursuites engagées contre Zeev Braude, un habitant de la colonie de Kiryat Arba, à Hébron, qui avait pourtant été filmé en train de tirer sur deux Palestiniens. Le 4 décembre 2008, Hosni Matriya et son père, Abdel al Hai, âgé de 67 ans, avaient été grièvement blessés.


 Prisonniers d?opinion ? objecteurs de conscience israéliens


 Au moins six objecteurs de conscience israéliens ont été emprisonnés en 2009 parce qu?ils refusaient d?effectuer leur service militaire et étaient opposés à la présence de l?armée israélienne dans les territoires palestiniens occupés et aux opérations militaires à Gaza. Les ONG israéliennes qui soutenaient les objecteurs de conscience étaient de plus en plus souvent la cible de harcèlement.


 Le 29 octobre, Or Ben David s?est vu infliger une première peine de 20 jours d?emprisonnement pour avoir refusé d?effectuer son service militaire. Condamnée à deux autres peines, elle était de nouveau incarcérée à la fin de l?année.


 Visites et documents d?Amnesty International


 Des délégués d?Amnesty International se sont rendus en Israël et dans les territoires palestiniens occupés en janvier, février, juin, juillet, octobre et novembre.


 4 Israël et territoires palestiniens occupés. Le conflit de Gaza :


le droit, les enquêtes et l?obligation de rendre des comptes


(MDE 15/007/2009).


 4 Israël / Gaza. En fournissant des armes, les pays étrangers


alimentent le conflit (MDE 15/012/2009).


 4 Israel/Gaza: Operation ?Cast Lead?: 22 days of death and


destruction, partiellement traduit en français sous le titre Israël/


Gaza. L?opération « Plomb durci » : vingt-deux jours de mort et de


destruction (MDE 15/015/2009).


 4 Israël et territoires palestiniens occupés. Les autorités doivent


prendre des mesures de toute urgence afin de répondre aux


préoccupations du Comité contre la torture (MDE 15/019/2009).


Amnesty International - Rapport 2010 165I.


 4 Troubled waters: Palestinians denied fair access to water,


partiellement traduit en français sous le titre Israël/Territoires


palestiniens occupés. Les Palestiniens privés de leur droit à


l?eau (MDE 15/027/2009).


 


01/11/2010 - http://www.palestine-info.cc/Fr/Default.aspx




3.11.10 00:13


Pour en finir avec la logique de guerre et de domination !

En tant qu'organismes québécois voués à la défense et à l'élargissement des
droits civils et politiques, économiques, sociaux et culturels, ici et partout
dans le monde,
En tant que citoyennes et citoyens du Québec épris de paix et de justice et
soucieux de développer des relations internationales de coopération fondée sur
l'égalité et la solidarité,
1. NOUS SOMMES INDIGNÉ-ES
* de la spirale guerrière et antidémocratique dans laquelle le Canada s'enfonce
de plus en plus ;
* de la participation du Canada, depuis octobre 2001, à une guerre d'occupation
en Afghanistan qui sème mort et destruction sous prétexte de lutte pour la
démocratie, la sécurité et les droits des femmes dans ce pays et qui s'étend
maintenant au Pakistan ;
* du vote du Parlement canadien prolongeant cette intervention au moins
jusqu'en juillet 2011, à l'encontre de la volonté de la majorité de la
population ;
* de l'allocation à cette logique guerrière de fonds publics sans cesse
croissants (au Canada seulement, 58 millions de dollars par jour en 2009-2010)
au détriment des dépenses sociales et d'une véritable aide au développement ;
* de la complicité du Canada avec la torture, tant celle des Afghans faits
prisonniers dans les combats que celle de certains citoyens canadiens dans des
prisons étrangères ;
* de la militarisation de la société canadienne qui engendre l'augmentation de
la violence, notamment envers les femmes ;
* de la campagne de peur axée sur une menace terroriste exagérée pour justifier
la guerre et plusieurs mesures de surveillance et de répression qui érodent nos
droits et libertés ;
* de l'omniprésence des activités de relations publiques de l'armée canadienne
dans les grands événements sportifs, sociaux et familiaux et de leurs campagnes
de recrutement dans les institutions d'enseignement jusque dans les écoles
primaires ;
* des conséquences socio-environnementales de plus en plus graves des guerres
et des entraînements militaires ;
* de la militarisation croissante de l'Arctique, qui va de pair avec des
projets économiques néfastes pour l'environnement et la négation des droits des
peuples autochtones.
2. NOUS DÉNONÇONS LES « VA-T-EN-GUERRE » ICI MÊME AU CANADA :
* les gouvernements canadiens successifs, libéraux et conservateurs, qui nous
ont entraînés dans cette dynamique et ont justifié la guerre avec des faux
arguments ;
* les grands milieux d'affaires - Conseil canadien des chefs d'entreprises en
tête - qui n'y voient que des occasions de profits, notamment pour l'industrie
militaire ;
* les partis politiques qui mettent en oeuvre des politiques guerrières ou qui
ne s'y opposent que du bout des lèvres ;
* les grands médias qui véhiculent peu l'opposition de la majorité de la
population à la guerre et ne présentent pas ses conséquences tragiques pour les
populations civiles.
3. NOUS REJETONS CATÉGORIQUEMENT le faux discours de la « guerre contre le
terrorisme » et l'implication militaire, directe ou indirecte, du Canada aux
côtés des États-Unis dans le cadre d'une politique visant à étendre leur
hégémonie à l'ensemble de la planète et caractérisée par :
* plusieurs guerres déclenchées et menées en violation du droit international,
dont le droit humanitaire international : Kosovo en 1999, Afghanistan en 2001,
Irak en 2003, Liban en 2006, Gaza en 2009 ; et d'autres appréhendées, contre
l'Iran et la Corée du Nord, que l'on menace même de frappes nucléaires ;
* le détournement du Conseil de sécurité qui ne condamne ni ces agressions
illégales, ni les crimes de guerre qu'elles entraînent, ni les projets flagrants
de mainmise étrangère mis en oeuvre par les agresseurs à l'encontre du droit
international ;
* l'élargissement provocateur de l'OTAN vers l'Est et sa double transformation
en tant que bras armé de l'hégémonie étasunienne intervenant partout dans le
monde et en tant que mandataire de l'ONU, jetant ainsi un profond discrédit sur
l'ONU aux yeux de l'opinion publique mondiale ;
* les menaces et les plans de déstabilisation à l'égard de certains pays qui
refusent de se soumettre au « Nouvel ordre mondial » imposé par les États-Unis ;
* la relance d'une course aux armements, y compris le développement de
nouvelles armes nucléaires et une militarisation accrue de l'espace.
4. NOUS APPELONS LA POPULATION QUÉBÉCOISE À SE MOBILISER pour contribuer à
renverser cette dynamique mondiale destructrice en exigeant du Gouvernement du
Canada :
* le retrait immédiat des troupes canadiennes de l'Afghanistan ;
* la réduction importante des dépenses militaires et la tenue d'un vaste débat
public sur la politique étrangère canadienne, le rôle de l'armée, l'industrie
militaire et le commerce des armes ;
* la fin du partenariat militaire avec les États-Unis, y compris le retrait du
Canada de l'OTAN ;
* la fin de son discours d'instrumentalisation des droits des femmes et de
promotion de la « responsabilité de protéger » pour justifier la guerre et la
condamnation ferme de toute intervention non conforme au droit international ;
et de la communauté internationale :
* le renouvellement démocratique de l'ONU, notamment par le respect intégral de
sa Charte, le renforcement du rôle de l'Assemblée générale et une réforme en
profondeur du Conseil de sécurité dont l'abolition du droit de veto ;
* l'application de la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l'ONU
concernant l'implication des femmes dans la prévention et le règlement des
conflits ainsi que les processus de paix
mardi 26 octobre 2010
pressegauche

En tant qu'organismes québécois voués à la défense et à l'élargissement des droits civils et politiques, économiques, sociaux et culturels, ici et partout dans le monde,

En tant que citoyennes et citoyens du Québec épris de paix et de justice et soucieux de développer des relations internationales de coopération fondée sur l'égalité et la solidarité,



1. NOUS SOMMES INDIGNÉ-ES



  • de la spirale guerrière et antidémocratique dans laquelle le Canada s'enfonce de plus en plus ;

  • de la participation du Canada, depuis octobre 2001, à une guerre d'occupation en Afghanistan qui sème mort et destruction sous prétexte de lutte pour la démocratie, la sécurité et les droits des femmes dans ce pays et qui s'étend maintenant au Pakistan ;

  • du vote du Parlement canadien prolongeant cette intervention au moins jusqu'en juillet 2011, à l'encontre de la volonté de la majorité de la population ;

  • de l'allocation à cette logique guerrière de fonds publics sans cesse croissants (au Canada seulement, 58 millions de dollars par jour en 2009-2010) au détriment des dépenses sociales et d'une véritable aide au développement ;

  • de la complicité du Canada avec la torture, tant celle des Afghans faits prisonniers dans les combats que celle de certains citoyens canadiens dans des prisons étrangères ;

  • de la militarisation de la société canadienne qui engendre l'augmentation de la violence, notamment envers les femmes ;

  • de la campagne de peur axée sur une menace terroriste exagérée pour justifier la guerre et plusieurs mesures de surveillance et de répression qui érodent nos droits et libertés ;

  • de l'omniprésence des activités de relations publiques de l'armée canadienne dans les grands événements sportifs, sociaux et familiaux et de leurs campagnes de recrutement dans les institutions d'enseignement jusque dans les écoles primaires ;

  • des conséquences socio-environnementales de plus en plus graves des guerres et des entraînements militaires ;

  • de la militarisation croissante de l'Arctique, qui va de pair avec des projets économiques néfastes pour l'environnement et la négation des droits des peuples autochtones.



2. NOUS DÉNONÇONS LES « VA-T-EN-GUERRE » ICI MÊME AU CANADA :


  • les gouvernements canadiens successifs, libéraux et conservateurs, qui nous ont entraînés dans cette dynamique et ont justifié la guerre avec des faux arguments ;

  • les grands milieux d'affaires - Conseil canadien des chefs d'entreprises en tête - qui n'y voient que des occasions de profits, notamment pour l'industrie militaire ;

  • les partis politiques qui mettent en oeuvre des politiques guerrières ou qui ne s'y opposent que du bout des lèvres ;

  • les grands médias qui véhiculent peu l'opposition de la majorité de la population à la guerre et ne présentent pas ses conséquences tragiques pour les populations civiles.


3. NOUS REJETONS CATÉGORIQUEMENT le faux discours de la « guerre contre le terrorisme » et l'implication militaire, directe ou indirecte, du Canada aux côtés des États-Unis dans le cadre d'une politique visant à étendre leur hégémonie à l'ensemble de la planète et caractérisée par :


  • plusieurs guerres déclenchées et menées en violation du droit international, dont le droit humanitaire international : Kosovo en 1999, Afghanistan en 2001, Irak en 2003, Liban en 2006, Gaza en 2009 ; et d'autres appréhendées, contre l'Iran et la Corée du Nord, que l'on menace même de frappes nucléaires ;

  • le détournement du Conseil de sécurité qui ne condamne ni ces agressions illégales, ni les crimes de guerre qu'elles entraînent, ni les projets flagrants de mainmise étrangère mis en oeuvre par les agresseurs à l'encontre du droit international ;

  • l'élargissement provocateur de l'OTAN vers l'Est et sa double transformation en tant que bras armé de l'hégémonie étasunienne intervenant partout dans le monde et en tant que mandataire de l'ONU, jetant ainsi un profond discrédit sur l'ONU aux yeux de l'opinion publique mondiale ;

  • les menaces et les plans de déstabilisation à l'égard de certains pays qui refusent de se soumettre au « Nouvel ordre mondial » imposé par les États-Unis ;

  • la relance d'une course aux armements, y compris le développement de nouvelles armes nucléaires et une militarisation accrue de l'espace.


4. NOUS APPELONS LA POPULATION QUÉBÉCOISE À SE MOBILISER pour contribuer à renverser cette dynamique mondiale destructrice en exigeant du Gouvernement du Canada :


  • le retrait immédiat des troupes canadiennes de l'Afghanistan ;

  • la réduction importante des dépenses militaires et la tenue d'un vaste débat public sur la politique étrangère canadienne, le rôle de l'armée, l'industrie militaire et le commerce des armes ;

  • la fin du partenariat militaire avec les États-Unis, y compris le retrait du Canada de l'OTAN ;

  • la fin de son discours d'instrumentalisation des droits des femmes et de promotion de la « responsabilité de protéger » pour justifier la guerre et la condamnation ferme de toute intervention non conforme au droit international ; et de la communauté internationale :

  • le renouvellement démocratique de l'ONU, notamment par le respect intégral de sa Charte, le renforcement du rôle de l'Assemblée générale et une réforme en profondeur du Conseil de sécurité dont l'abolition du droit de veto ;

  • l'application de la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l'ONU concernant l'implication des femmes dans la prévention et le règlement des conflits ainsi que les processus de paix

mardi 26 octobre 2010

pressegauche



30.10.10 01:18


La NED, vitrine légale de la CIA

Depuis 30 ans, la National Endowment for Democracy (NED) sous-traite la partie
légale des opérations illégales de la CIA. Sans éveiller de soupçons, elle a mis
en place le plus vaste réseau de corruption du monde, achetant syndicats
ouvriers et patronaux, partis politiques de gauche et de droite, pour qu?ils
défendent les intérêts des Etats-Unis au lieu de ceux de leurs membres. Thierry
Meyssan décrit ici l?étendue de ce dispositif.
En 2006, le Kremlin dénonçait la prolifération d?associations étrangères en
Russie, dont certaines auraient participé à un plan secret de déstabilisation du
pays orchestré par la Fondation américaine pour la démocratie (National
Endowment for Democracy ? NED). Pour prévenir une « révolution colorée »,
Vladislav Surkov élaborait une stricte réglementation de ces « organisations
non-gouvernementales (ONG) ». A l?Ouest, cet encadrement administratif était
décrit comme une nouvelle attaque du « dictateur » Poutine et de son conseiller
contre la liberté d?association.
Cette politique a été suivie par d?autres Etats qui, à leur tour, ont été
présentés par la presse internationale comme des « dictatures ».
Le gouvernement des Etats-Unis assure qu?il s?emploie à « la promotion de la
démocratie dans le monde ». Il revendique que le Congrès puisse subventionner la
NED et que celle-ci puisse, à son tour et en toute indépendance, aider
directement ou indirectement des associations, des partis politiques ou des
syndicats, oeuvrant en ce sens n?importe où dans le monde. Les ONG étant, comme
leur dénomination l?indique, « non-gouvernementales » peuvent prendre des
initiatives politiques que les ambassades ne pourraient assumer sans violer la
souveraineté des Etats qui les reçoivent. Toute la question réside donc là : la
NED et le réseau d?ONG qu?elle finance sont-elles des initiatives de la société
civile injustement réprimées par le Kremlin ou des paravents des services
secrets US pris en flagrant délit d?ingérence ?
Pour répondre à cette question, nous allons revenir sur l?origine et le
fonctionnement de la National Endowment for Democracy. Mais avant toute chose,
nous devons analyser ce que signifie le projet officiel des Etats-Unis
d?« exportation de la démocratie ».

Les puritains qui fondèrent les Etats-Unis voulaient en faire une « cité
radieuse » éclairant le monde. Ils se pensèrent comme les missionnaires d?un
modèle politique.
Quelle démocratie ?
Les Etats-uniens, en tant que peuple, adhèrent à l?idéologie de leurs pères
fondateurs. Ils se pensent comme une colonie venue d?Europe pour fonder une cité
obéissante à Dieu. Ils conçoivent leur pays comme « une lumière sur la
montagne », selon l?expression de Saint Mathieu reprise durant deux siècles par
la plupart de leurs présidents dans leurs discours politiques. Les Etats-Unis
seraient une nation modèle, brillant en haut d?une colline, éclairant le monde.
Et tous les autres peuples de la terre espéreraient copier ce modèle pour
atteindre leur salut.
Pour les Etats-uniens, cette croyance naïve implique comme allant de soi que
leur pays est une démocratie exemplaire et qu?ils ont un devoir messianique de
l?étendre au reste du monde. Alors que Saint Mathieu envisageait la propagation
de la foi par le seul exemple d?une vie juste, les pères fondateurs des
Etats-Unis pensaient l?allumage de leur feu et sa propagation comme un
changement de régime. Les puritains anglais décapitèrent Charles Ier avant de
fuir vers les Pays-Bas et les Amériques, puis les patriotes du Nouveau monde
rejetèrent l?autorité du roi George III d?Angleterre et proclamèrent
l?indépendance des Etats-Unis.
Imprégnés de cette mythologie nationale, les Etats-Uniens ne perçoivent pas la
politique extérieure de leur gouvernement comme un impérialisme. A leurs yeux,
il est d?autant plus légitime de renverser un gouvernement que celui-ci
ambitionne d?incarner un modèle différent du leur, donc maléfique. De même,
sont-ils persuadés qu?investis de leur mission messianique, ils sont parvenus à
imposer par la force la démocratie dans des pays qu?ils ont occupé. Ils
apprennent par exemple dans leurs écoles que les GI?s ont apporté la démocratie
en Allemagne. Ils ignorent que l?histoire est exactement inverse : leur
gouvernement aida Hitler à renverser la République de Weimar et à instaurer un
régime militaire pour combattre les Soviets.
Cette idéologie irrationnelle les empêche de s?interroger sur la nature de leurs
institutions et sur l?absurdité du concept de « démocratie forcée ».
Or, selon la formule du président Abraham Lincoln, « la démocratie, c?est le
gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ».
De ce point de vue, les Etats-Unis ne sont pas une démocratie, mais un système
hybride, dans lequel le pouvoir exécutif revient à une oligarchie, tandis que le
peuple en limite l?arbitraire grâce aux contre-pouvoirs législatif et
judiciaire. En effet, si le peuple élit le Congrès et certains juges, ce sont
les Etats fédérés qui élisent le pouvoir exécutif et ce dernier qui désigne les
hauts magistrats. Bien que les citoyens soient appelés à se prononcer sur le
choix de leur président, leur vote en la matière n?est que consultatif, comme
l?a rappelé la Cour suprême en 2000 dans l?affaire Gore contre Bush. La
Constitution des Etats-Unis ne reconnaît pas la souveraineté du peuple, car le
pouvoir est partagé entre lui et les Etats fédérés, c?est-à-dire les notables
locaux.
Au passage, on observera que la Constitution de la Fédération de Russie est au
contraire démocratique ? sur le papier tout au moins ? en ce qu?elle affirme :
« Le détenteur de la souveraineté et l?unique source du pouvoir dans la
Fédération de Russie est son peuple multinational » (Titre I, Ch. 1, art.3).
Ce contexte intellectuel explique que les Etats-Uniens soutiennent leur
gouvernement lorsqu?il annonce vouloir « exporter la démocratie », alors même
que leur pays n?en est pas une constitutionnellement. Mais, on ne voit pas
comment ils pourraient exporter ce qu?ils n?ont pas et ne veulent pas avoir chez
eux.
Au cours des trente dernières années, cette contradiction a été portée par la
NED et s?est concrétisée par la déstabilisation de nombreux Etats. Des milliers
de militants et d?ONG crédules ont violé la souveraineté des peuples avec le
sourire béat de la bonne conscience.
Une Fondation pluraliste et indépendante
Dans son célèbre discours du 8 juin 1982 devant le Parlement britannique, le
président Reagan dénonça l?Union soviétique comme « l?Empire du Mal » et proposa
de venir en aide aux dissidents là-bas et ailleurs. « Il s?agit de contribuer à
créer l?infrastructure nécessaire à la démocratie : la liberté de la presse, des
syndicats, des partis politiques, des universités : ainsi les peuples seront-ils
libres de choisir telle voie qui leur conviendra pour développer leur culture et
régler leurs différents par des moyens pacifiques », déclara t-il.
Sur cette base consensuelle de lutte contre la tyrannie, une commission de
réflexion bipartisane préconisa à Washington la création de la Fondation
nationale pour la démocratie (NED). Celle-ci fut instituée par le Congrès en
novembre 1983 et immédiatement financée.
La Fondation subventionne quatre structures autonomes qui redistribuent à
l?étranger l?argent disponible à des associations, des syndicats ouvriers et
patronaux, et des partis de droite et de gauche. Il s?agit de :
 L?Institut des syndicats libres (Free Trade Union Institute ? FTUI),
aujourd?hui renommé Centre américain pour la solidarité des travailleurs
(American Center for International Labor Solidarity ? ACILS), géré par le
syndicat ouvrier AFL-CIO ;
 Le Centre pour l?entreprise privée internationale (Center for International
Private Entreprise ? CIPE), géré par la Chambre de commerce des Etats-Unis ;
 L?Institut républicain international (International Republican Institute ?
IRI), géré par le Parti républicain ;
 Et l?Institut national démocratique pour les affaires internationales (National
Democratic Institute for International Affairs ? NDI), géré par le Parti
démocrate.
Présenté de cette manière, la NED et ses quatre pseudopodes paraissent basés sur
la société civile dont ils reflètent la diversité sociale et le pluralisme
politique. Financés par le peuple états-unien, via le Congrès, ils oeuvreraient
à un idéal universel. Ils seraient complètement indépendants de l?administration
présidentielle. Et leur action transparente ne pourrait pas masquer des
opérations secrètes servant des intérêts nationaux inavoués.
La réalité est complètement différente.

En 1982, Ronald Reagan a créé la NED en partenariat avec le Royaume-Uni et
l?Australie, pour renverser « l?Empire du Mal ».
Une mise en scène de la CIA, du MI6 et de l?ASIS
Le discours de Ronald Reagan à Londres prend place après les scandales entourant
la révélation par des commissions d?enquête parlementaires des coups tordus de
la CIA. Le Congrès interdit à l?Agence d?organiser de nouveaux coups d?Etat pour
conquérir des marchés. A la Maison-Blanche, le Conseil de sécurité nationale
cherche donc à mettre en place d?autres outils pour contourner cet interdit.
La Commission de réflexion bipartisane a été constituée avant le discours de
Ronald Reagan, même si elle n?a officiellement reçu de mandat de la
Maison-Blanche qu?après. Elle ne répond donc pas à la grandiloquente ambition
présidentielle, mais la précède. Par conséquent, le discours n?est que
l?habillage rhétorique de décisions déjà arrêtées dans leurs grandes lignes et
destinées à être mises en scène par la commission bipartisane.
Celle-ci était présidée par le représentant spécial des Etats-Unis pour le
Commerce, ce qui indique qu?elle n?envisageait pas la promotion de la
démocratie, mais, selon une terminologie consacrée, de la « démocratie de
marché ». Ce concept étrange correspond au modèle états-unien : une oligarchie
économique et financière impose ses choix politiques via les marchés et l?Etat
fédéral, tandis que les parlementaires et juges élus par le peuple protègent les
individus de l?arbitraire de l?administration.
Trois des quatre organismes périphériques de la NED ont été formés pour la
circonstance. Cependant il n?a pas été nécessaire de créer le quatrième,
l?organisme syndical (ACILS). Celui-ci existait depuis la fin de la Seconde
Guerre mondiale, bien qu?il ait changé de nom en 1978 lorsqu?on dévoila sa
subordination à la CIA. D?où l?on peut déduire que le CIPE, l?IRI et le NDI ne
sont pas nés par génération spontanée, mais également sous la houlette de la
CIA.
De plus, bien que la NED soit une association de droit états-unien, elle n?est
pas un outil de la seule CIA, mais un dispositif commun avec les services
britannique (ce pourquoi elle est annoncée par Reagan à Londres) et australien.
Ce point central est toujours passé sous silence. Il est pourtant confirmé par
les messages de félicitation adressés par les Premiers ministres Tony Blair et
John Howard lors du XXe anniversaire de la soi-disante « ONG ». La NED et ses
pseudopodes sont des organes du pacte militaire anglo-saxon liant Londres,
Washington et Canberra au même titre que le réseau d?interception électronique
Echelon. Ce dispositif peut être requis non seulement par la CIA, mais aussi par
le MI6 britannique et l?ASIS australien.
Pour dissimuler cette réalité, la NED a suscité chez des alliés la création
d?organisations analogues qui travaillent avec elle. En 1988, le Canada s?est
doté d?un centre Droits & Démocratie, qui s?est surtout focalisé sur Haïti, puis
sur l?Afghanistan. En 1991, le Royaume-Uni a institué la Westminster Foundation
for Democracy (WFD). Le fonctionnement de cet organisme public est calqué sur
celui de la NED : son administration est confiée aux partis politiques (huit
délégués : trois pour le Parti conservateur, trois pour le Parti travailliste,
un pour le Parti libéral, et un dernier pour les autres partis représentés au
Parlement). La WFD a beaucoup travaillé en Europe orientale. Enfin, en 2001,
l?Union européenne s?est dotée du European Instrument for Democracy and Human
Rights (EIDHR), qui suscite moins de soupçons que ses homologues. Ce bureau
relève d?EuropAid, dirigé par un haut fonctionnaire aussi puissant qu?inconnu,
le Néerlandais Jacobus Richelle.
La directive présidentielle 77
En votant la fondation de la NED, le 22 novembre 1983, les parlementaires US
ignoraient qu?elle existait déjà en secret, en vertu d?une directive
présidentielle datée du 14 janvier.
Ce document, qui n?a été déclassifié que deux décennies plus tard, organise la
« diplomatie publique », expression politiquement correcte pour désigner la
propagande. Il institue à la Maison-Blanche des groupes de travail au sein du
Conseil de sécurité nationale, dont un chargé de piloter la NED.

Henry Kissinger, administrateur de la NED. Un « représentant de la société
civile » ?
Par conséquent, le conseil d?administration de la Fondation n?est qu?une
courroie de transmission du Conseil de sécurité nationale. Pour maintenir les
apparences, il a été convenu que, d?une manière générale, les agents et anciens
agents de la CIA ne pourraient être nommés administrateurs.
Les choses sont néanmoins transparentes. La plupart des hauts fonctionnaires
ayant joué un rôle central au Conseil de sécurité nationale ont été
administrateurs de la NED. C?est par exemple le cas d?Henry Kissinger, Franck
Carlucci, Zbigniew Brzezinski, ou encore Paul Wolfowitz ; des personnalités qui
ne resteront pas dans l?Histoire comme des idéalistes de la démocratie, mais
comme des stratèges cyniques de la violence.
Le budget de la Fondation ne peut être interprété isolément puisqu?elle reçoit
ses instructions du Conseil de sécurité nationale pour mener des actions
s?inscrivant dans de vastes opérations inter-agences. Des fonds, notamment
lorsqu?ils proviennent de l?Agence d?aide internationale (USAID), transitent par
la NED sans apparaître dans son budget, simplement pour les
« non-gouvernementaliser ». En outre, la Fondation reçoit indirectement de
l?argent de la CIA, après qu?il ait été blanchi par des intermédiaires privés
comme la Smith Richardson Foundation, la John M. Olin Foundation ou encore la
Lynde and Harry Bradley Foundation.
Pour évaluer l?ampleur de ce programme, il faudrait cumuler le budget de la NED
avec les sous-budgets correspondants du département d?Etat, de l?USAID, de la
CIA, et du département de la Défense. Une telle estimation est aujourd?hui
impossible.
Certains éléments connus permettent néanmoins de disposer d?un ordre de
grandeur. Les Etats-Unis ont dépensé au cours des cinq dernières années plus d?1
milliard de dollars pour des associations et partis au Liban, un petit Etat de 4
millions d?habitants. Globalement, la moitié de cette manne a été distribuée
publiquement par le département d?Etat, l?USAID et la NED, l?autre moitié a été
versée secrètement par la CIA et le département de la Défense. Cet exemple
permet d?extrapoler que le budget général de corruption institutionnelle par les
Etats-Unis se compte en dizaines de milliard de dollars annuels. Au demeurant,
le programme équivalent de l?Union européenne, qui est entièrement public et
fournit un appoint aux actions états-uniennes, est de 7 milliards d?euros
annuels.
En définitive, la structure juridique de la NED et le volume de son budget
officiel ne sont que des leurres. Par essence, elle n?est pas un organisme
indépendant chargé d?actions légales autrefois dévolues à la CIA, mais elle est
une vitrine que le Conseil de sécurité nationale charge de réaliser les éléments
légaux d?opérations illégales.
La stratégie trotskiste
Au cours de sa phase de mise en place (1984), la NED a été présidée par Allen
Weinstein, puis durant quatre ans par John Richardson (1984-88), enfin par Carl
Gershman (depuis 1998).
Ces trois hommes ont trois points communs. Ils sont juifs, ont milité au sein du
parti trotskiste Social Democrats USA, et ont travaillé à la Freedom House. Il y
a une logique à cela : par haine du stalinisme, certains trotskistes ont rejoint
la CIA pour lutter contre les Soviétiques. Ils ont apporté avec eux la théorie
de la prise de pouvoir mondiale, en la transposant aux « révolutions colorées »
et à la « démocratisation ». Ils ont simplement déplacé la vulgate trotskiste en
l?appliquant au combat culturel analysé par Antonio Gramsci : le pouvoir
s?exerce dans les esprits plus que par la force. Pour gouverner les masses, une
élite doit d?abord leur inculquer une idéologie qui programme leur acceptation
du pouvoir qui les domine.
Le Centre américain pour la solidarité des travailleurs (ACILS)
Connu sous le nom de Solidarity Center, l?ACILS, branche syndicale de la NED,
est de très loin son principal canal. Il distribue plus de la moitié des dons de
la Fondation. Il a pris la succession des organismes antérieurs qui ont servi
tout au long de la Guerre froide à structurer les syndicats non-communistes dans
le monde, du Vietnam à l?Angola, en passant par la France et le Chili.
Le fait de choisir des syndicalistes pour couvrir ce programme de la CIA est
d?une rare perversité. Loin du slogan marxiste « Prolétaires de tous les pays,
unissez-vous », l?ACILS associe les syndicats ouvriers états-uniens à
l?impérialisme qui écrase les travailleurs des autres pays.
Cette filière était dirigée par un personnage haut en couleurs, Irving Brown, de
1948 jusqu?à sa mort en 1989.

En 1981, Irving Brown place Jean-Claude Mailly comme assistant du secrétaire
général de Force Ouvrière, André Bergeron. Ce dernier reconnaîtra financer son
activité grâce à la CIA. Mailly devient secrétaire général de FO, en 2004.
Certains auteurs assurent que Brown était le fils d?un Russe blanc, compagnon
d?Alexandre Kerensky. Ce qui est certain, c?est qu?il fut agent de l?OSS, le
service de renseignement US durant la Seconde Guerre mondiale et participa à la
création de la CIA et du réseau Gladio de l?OTAN. Il refusa d?en prendre la
direction, préférant se concentrer sur sa spécialité, les syndicats. Il fut basé
à Rome, puis à Paris, et non pas à Washington, de sorte qu?il eut une influence
particulière sur la vie publique italienne et française. A la fin de sa vie, il
se vantait ainsi de n?avoir cessé de diriger en sous-main le syndicat français
Force Ouvrière, d?avoir tiré les ficelles du syndicat étudiant UNI (où
militèrent Nicolas Sarkozy et ses ministres François Fillon, Xavier Darcos,
Hervé Morin et Michèle Alliot-Marie, ainsi que le président de l?Assemblée
nationale Bernard Accoyer et le président du groupe parlementaire majoritaire
Jean-François Copé), et d?avoir personnellement formé à gauche des membres d?un
groupuscule trotskiste dont Jean-Christophe Cambadelis et le futur Premier
ministre Lionel Jospin.
A la fin des années 90, les adhérents de la confédération AFL-CIO ont exigé des
comptes sur les activités réelles de l?ACILS, alors que leur caractère criminel
dans de nombreux pays avait été abondamment documenté. On aurait pu croire que
les choses auraient changé après ce grand déballage. Il n?en est rien. En 2002
et 2004, l?ACILS a participé activement au coup d?Etat manqué au Venezuela
contre le président Hugo Chavez et à celui, réussi, en Haïti, renversant le
président Jean-Bertrand Aristide.
Aujourd?hui l?ACILS est dirigé par John Sweeney, ancien président de la
confédération AFL-CIO, qui est lui aussi issu du parti trotskiste Social
Democrats USA.
Le Centre pour l?entreprise privée internationale (CIPE)
Le Centre pour l?entreprise privée internationale (CIPE) se focalise sur la
diffusion de l?idéologie capitaliste libérale et la lutte contre la corruption.
La première réussite du CIPE, c?est la transformation, en 1987, du European
Management Forum ?un club de grands patrons européens? en World Economic Forum
?le club de la classe dirigeante transnationale?. Le grand rendez-vous annuel du
gotha économique et politique global dans la station de ski suisse de Davos a
contribué à forger une appartenance de classe au-delà des identités nationales.
Le CIPE veille à n?avoir aucun lien structurel avec le Forum de Davos, et il
n?est pas possible ?pour le moment? de prouver que le World Economic Forum est
instrumenté par la CIA. A contrario, les responsables de Davos seraient bien en
peine d?expliquer pourquoi certains leaders politiques ont choisi leur Forum
économique pour y jouer des événements de la plus haute importance s?il ne
s?agissait d?opérations planifiées par le Conseil de sécurité nationale des
Etats-Unis. Par exemple, en 1988, c?est à Davos ?et pas à l?ONU? que la Grèce et
la Turquie font la paix. En 1989, c?est à Davos que les deux Corée d?une part et
les deux Allemagne d?autre part, tiennent leur premier sommet à niveau
ministériel pour les uns et leur premier sommet sur la réunification pour les
autres. En 1992, c?est encore à Davos que Frederik de Klerk et Nelson Mandela
libre viennent ensemble présenter pour la première fois à l?étranger leur projet
commun pour l?Afrique du Sud. Toujours plus invraisemblable, c?est à Davos qu?en
1994, après l?Accord d?Oslo, que Shimon Peres et Yasser Arafat viennent négocier
et signer son application à Gaza et Jéricho.
Le contact entre le Forum et Washington passe notoirement par Susan K. Reardon,
l?ancienne directrice de l?association professionnelle des employés du
département d?Etat devenue directrice de la Fondation de la Chambre de Commerce
des Etats-Unis, qui gère le CIPE.
L?autre réussite du Centre pour l?entreprise privée internationale, c?est
Transparency International. Cette « ONG » a officiellement été créée par un
officier de renseignement militaire US, Michael J. Hershman, qui est par
ailleurs administrateur du CIPE et aujourd?hui un des responsables du
recrutement des informateurs du FBI aussi bien que le Pdg de l?agence de
renseignement privée Fairfax Group.
Transparency International est avant tout une couverture pour les activités
d?intelligence économique de la CIA. C?est aussi un outil de communication pour
contraindre des Etats à modifier leurs législations dans le sens de l?ouverture
de leurs marchés.
Pour masquer l?origine de Transparency International, le CIPE a fait appel au
savoir-faire de l?ancien directeur de presse de la Banque mondiale, le
néo-conservateur Frank Vogl. Ce dernier a mis en place un Comité de
personnalités qui a contribué à donner l?impression d?une association issue de
la société civile. Ce comité de façade est animé par Peter Eigen, ancien
directeur de la Banque mondiale en Afrique de l?Est, dont l?épouse était en 2004
et 2009 la candidate du SPD à la présidence de la République fédérale allemande.
Le travail de Transparency International sert les intérêts US et n?est
aucunement fiable. Ainsi, en 2008, la pseudo ONG dénonçait la corruption de
PDVSA, la société publique des pétroles du Venezuela, et, sur la base
d?informations falsifiées, la plaçait en dernière position dans son classement
mondial des entreprises publiques. Le but était évidemment de saboter la
réputation d?une entreprise qui constitue le socle économique de la politique
anti-impérialiste du président Hugo Chavez. Prise en flagrant délit
d?intoxication, Transparency International refusa de répondre aux questions de
la presse latino-américaine et de corriger son rapport. Rien d?étonnant au
demeurant lorsqu?on se souvient que le correspondant du CIPE au Venezuela, Pedro
Carmona, avait brièvement été installé au pouvoir par les USA, lors du coup
d?Etat manqué de 2002 contre Hugo Chavez.
D?une certaine manière, en focalisant l?attention des médias sur la corruption
économique, Transparency International masque l?activité de la NED : la
corruption politique des élites dirigeantes au profit des Anglo-Saxons.
L?Institut républicain international (IRI) et l?Institut national démocratique
pour les affaires internationales (NDI)
L?Institut républicain international (IRI) a pour vocation de corrompre les
partis de droite, tandis que l?Institut national démocratique pour les affaires
internationales (NDI) traite les partis de gauche. Le premier est présidé par
John McCain, le second par Madeleine Albright. Ces deux personnalités ne doivent
donc pas être perçues comme des politiciens ordinaires, un leader d?opposition
et une sage retraitée, mais comme des responsables actifs de programmes du
Conseil de sécurité nationale.
Pour encadrer les principaux partis politiques dans le monde, l?IRI et le NDI
ont renoncé à contrôler l?Internationale libérale et l?Internationale
socialiste. Ils ont donc créé des organisations rivales, l?Union démocratique
internationale (IDU) et l?Alliance des démocrates (AD). La première est présidée
par l?Australien John Howard. Le Russe Leonid Gozman de Juste cause (??????
????) en est vice-président. La seconde est dirigée par l?Italien Gianni
Vernetti et co-présidée par le Français François Bayrou.
L?IRI et le NDI s?appuient aussi sur les fondations politiques liées aux grands
partis européens (six en Allemagne, deux en France, une aux Pays-Bas et une
autre encore en Suède). En outre, certaines opérations ont été sous-traitées à
de mystérieuses sociétés privées, comme Democracy International Inc. qui a
organisé les dernières élections truquées en Afghanistan.

Ancien adjoint de Rahm Emanuel et actuel responsable du NDI, Tom McMahon est
venu en France organiser les primaires du Parti socialiste.
Tout cela laisse un goût amer. Les Etats-Unis ont corrompu la plupart des grands
partis politiques et syndicats dans le monde. En définitive, la « démocratie »
qu?ils promeuvent consiste à discuter de questions locales dans chaque pays
?voire de questions sociétales comme les droits des femmes ou des gays? et à
s?aligner sur Washington pour toutes les questions internationales. Les
campagnes électorales sont devenues des spectacles dont la NED choisit le
casting en fournissant à certains et pas à d?autres les moyens financiers dont
ils ont besoin. Même la notion d?alternance a perdu son sens, puisque la NED
promeut alternativement un camp ou un autre pourvu qu?il poursuive la même
politique étrangère et de défense.
On se lamente aujourd?hui dans l?Union européenne et ailleurs sur la crise de la
démocratie. Celle-ci a pour responsables évidents la NED et les Etats-Unis. Et
comment qualifier un régime, comme celui des Etats-Unis, où le principal leader
de l?opposition, John McCain, est en réalité un employé du Conseil de sécurité
nationale ? Certainement pas comme une démocratie.
Le bilan d?un système
L?USAID, la NED, leurs instituts satellites et leurs fondations intermédiaires
ont donné naissance au fil du temps à une vaste et gourmande bureaucratie.
Chaque année le vote du budget de la NED par le Congrès donne lieu à de vifs
débats sur l?inefficacité de ce système tentaculaire et les rumeurs de
détournements de fonds au profit de personnalités politiques états-uniennes
chargées de l?administrer.
Dans un souci de bonne gestion, de nombreuses études ont été commandées pour
mesurer l?impact de ces flux financiers. Des experts ont comparé les sommes
allouées dans chaque Etat et la notation démocratique de ces Etats par la
Freedom House. Puis, ils ont calculé combien il fallait dépenser de dollars par
habitant pour améliorer d?un point la note démocratique d?un Etat.

Tomicah Tillemann, conseiller d?Hillary Clinton pour la société civile et les
démocraties émergentes, supervise le dispositif de la NED au départment d?Etat.
Bien sûr tout ceci n?est qu?une tentative d?auto-justification. L?idée d?établir
une notation démocratique n?a rien de scientifique. De manière totalitaire, elle
suppose qu?il n?existe qu?une forme d?institutions démocratiques. Et de manière
infantile, elle établit une liste de critères disparates qu?elle pondère de
coefficients imaginaires pour transformer la complexité sociale en un chiffre
unique.
Au demeurant, la grande majorité de ces études concluent à l?échec : bien que le
nombre de démocraties s?accroisse dans le monde, il n?y aurait aucun lien entre
les progrès ou les régressions démocratiques d?une part, et les sommes dépensées
par le Conseil de sécurité nationale. A contrario, cela confirme que les
objectifs réels n?ont aucun rapport avec ceux qui sont affichés. Les
responsables de l?USAID citent cependant une étude de l?université Vanderbilt
selon laquelle, seules les opérations de la NED co-financées par l?USAID ont été
efficaces, parce que l?USAID a une gestion rigoureuse de son budget. Sans
surprise, cette étude singulière a été financée par? l?USAID.
Quoi qu?il en soit, en 2003, à l?occasion de son vingtième anniversaire, la NED
dressa un bilan politique de son action d?où il ressort qu?elle finançait alors
plus de 6 000 organisations politiques et sociales dans le monde, un chiffre qui
n?a cessé de croître depuis. Elle revendiquait avoir entièrement créé le
syndicat Solidarnoc en Pologne, la Charte des 77 en Tchécoslovaquie et Otpor en
Serbie. Elle se félicitait d?avoir créé de toutes pièces la radio B92 ou le
quotidien Oslobodjenje en ex-Yougoslavie et une kyrielle de nouveaux médias
indépendants en Irak « libéré ».
Changer de couverture
Après avoir connu un succès mondial, la rhétorique de la démocratisation ne
convainc plus. En l?utilisant en toutes circonstances, le président George W.
Bush l?a usée. Personne ne peut sérieusement soutenir que les subventions
versées par la NED feront disparaître le terrorisme international. Pas plus
qu?on ne peut prétendre a posteriori que les troupes US auraient renversé Saddam
Hussein pour offrir la démocratie aux Irakiens.
De plus, les citoyens qui partout dans le monde militent pour la démocratie sont
devenus méfiants. Ils ont compris que l?aide offerte par la NED et ses
pseudopodes visait en réalité à les manipuler et à piéger leur pays. Ils
refusent donc de plus en plus souvent les dons « désintéressés » qui leur sont
proposés. Aussi les responsables états-uniens des différents canaux de
corruption ont envisagé de faire muer le système une nouvelle fois. Après les
coups fourrés de la CIA et la transparence de la NED, ils envisagent de créer
une nouvelle structure qui prendrait le relais d?un ensemble discrédité. Elle ne
serait plus gérée par les syndicats, le patronat et les deux grands partis, mais
par des multinationales sur le modelée de l?Asia Foundation.
Dans les années 80, la presse révéla que cette organisation était une couverture
de la CIA pour lutter contre le communisme en Asie. Elle fut alors réformée et
sa gestion fut confiée à des multinationales (Boeing, Chevron, Coca-Cola, Levis
Strauss etc?). Ce relookage fut suffisant pour donner une apparence
non-gouvernementale et respectable à une structure qui n?a jamais cessé de
servir la CIA. Après la dissolution de l?URSS, elle fut doublée d?une autre,
l?Eurasia Foundation, chargée d?étendre l?action secrète dans les nouveaux Etats
asiatiques.
Une autre question discutée est de savoir si les dons pour la « promotion de la
démocratie » doivent prendre uniquement la forme de contrats pour réaliser des
projets donnés ou celle de subventions sans obligation de résultat. La première
formule offre une meilleure couverture juridique, mais la seconde est bien plus
efficace pour corrompre.
Au vu de ce panorama, l?exigence de Vladimir Poutine et de Vladislav Surkov de
réglementer le financement des ONG en Russie est légitime, même si la
bureaucratie qu?ils ont élaborée pour cela est outrancière et tatillonne. Le
dispositif de la NED, mis en place sous l?autorité du Conseil de sécurité
nationale des Etats-Unis, non seulement ne favorise pas les efforts
démocratiques dans le monde, mais les empoisonnent. 
Thierry Meyssan
Source Odnako (Fédération de Russie)
Hebdomadaire d?information générale. Rédacteur en chef  6 octobre 2010 - Réseau
Voltaire


Depuis 30 ans, la National Endowment for Democracy (NED) sous-traite la partie légale des opérations illégales de la CIA. Sans éveiller de soupçons, elle a mis en place le plus vaste réseau de corruption du monde, achetant syndicats ouvriers et patronaux, partis politiques de gauche et de droite, pour qu?ils défendent les intérêts des Etats-Unis au lieu de ceux de leurs membres. Thierry Meyssan décrit ici l?étendue de ce dispositif.




En 2006, le Kremlin dénonçait la prolifération d?associations étrangères en Russie, dont certaines auraient participé à un plan secret de déstabilisation du pays orchestré par la Fondation américaine pour la démocratie (National Endowment for Democracy ? NED). Pour prévenir une « révolution colorée », Vladislav Surkov élaborait une stricte réglementation de ces « organisations non-gouvernementales (ONG) ». A l?Ouest, cet encadrement administratif était décrit comme une nouvelle attaque du « dictateur » Poutine et de son conseiller contre la liberté d?association.


Cette politique a été suivie par d?autres Etats qui, à leur tour, ont été présentés par la presse internationale comme des « dictatures ».


Le gouvernement des Etats-Unis assure qu?il s?emploie à « la promotion de la démocratie dans le monde ». Il revendique que le Congrès puisse subventionner la NED et que celle-ci puisse, à son tour et en toute indépendance, aider directement ou indirectement des associations, des partis politiques ou des syndicats, oeuvrant en ce sens n?importe où dans le monde. Les ONG étant, comme leur dénomination l?indique, « non-gouvernementales » peuvent prendre des initiatives politiques que les ambassades ne pourraient assumer sans violer la souveraineté des Etats qui les reçoivent. Toute la question réside donc là : la NED et le réseau d?ONG qu?elle finance sont-elles des initiatives de la société civile injustement réprimées par le Kremlin ou des paravents des services secrets US pris en flagrant délit d?ingérence ?


Pour répondre à cette question, nous allons revenir sur l?origine et le fonctionnement de la National Endowment for Democracy. Mais avant toute chose, nous devons analyser ce que signifie le projet officiel des Etats-Unis d?« exportation de la démocratie ».



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Les puritains qui fondèrent les Etats-Unis voulaient en faire une « cité radieuse » éclairant le monde. Ils se pensèrent comme les missionnaires d?un modèle politique.

Quelle démocratie ?


Les Etats-uniens, en tant que peuple, adhèrent à l?idéologie de leurs pères fondateurs. Ils se pensent comme une colonie venue d?Europe pour fonder une cité obéissante à Dieu. Ils conçoivent leur pays comme « une lumière sur la montagne », selon l?expression de Saint Mathieu reprise durant deux siècles par la plupart de leurs présidents dans leurs discours politiques. Les Etats-Unis seraient une nation modèle, brillant en haut d?une colline, éclairant le monde. Et tous les autres peuples de la terre espéreraient copier ce modèle pour atteindre leur salut.


Pour les Etats-uniens, cette croyance naïve implique comme allant de soi que leur pays est une démocratie exemplaire et qu?ils ont un devoir messianique de l?étendre au reste du monde. Alors que Saint Mathieu envisageait la propagation de la foi par le seul exemple d?une vie juste, les pères fondateurs des Etats-Unis pensaient l?allumage de leur feu et sa propagation comme un changement de régime. Les puritains anglais décapitèrent Charles Ier avant de fuir vers les Pays-Bas et les Amériques, puis les patriotes du Nouveau monde rejetèrent l?autorité du roi George III d?Angleterre et proclamèrent l?indépendance des Etats-Unis.


Imprégnés de cette mythologie nationale, les Etats-Uniens ne perçoivent pas la politique extérieure de leur gouvernement comme un impérialisme. A leurs yeux, il est d?autant plus légitime de renverser un gouvernement que celui-ci ambitionne d?incarner un modèle différent du leur, donc maléfique. De même, sont-ils persuadés qu?investis de leur mission messianique, ils sont parvenus à imposer par la force la démocratie dans des pays qu?ils ont occupé. Ils apprennent par exemple dans leurs écoles que les GI?s ont apporté la démocratie en Allemagne. Ils ignorent que l?histoire est exactement inverse : leur gouvernement aida Hitler à renverser la République de Weimar et à instaurer un régime militaire pour combattre les Soviets.


Cette idéologie irrationnelle les empêche de s?interroger sur la nature de leurs institutions et sur l?absurdité du concept de « démocratie forcée ».


Or, selon la formule du président Abraham Lincoln, « la démocratie, c?est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ».


De ce point de vue, les Etats-Unis ne sont pas une démocratie, mais un système hybride, dans lequel le pouvoir exécutif revient à une oligarchie, tandis que le peuple en limite l?arbitraire grâce aux contre-pouvoirs législatif et judiciaire. En effet, si le peuple élit le Congrès et certains juges, ce sont les Etats fédérés qui élisent le pouvoir exécutif et ce dernier qui désigne les hauts magistrats. Bien que les citoyens soient appelés à se prononcer sur le choix de leur président, leur vote en la matière n?est que consultatif, comme l?a rappelé la Cour suprême en 2000 dans l?affaire Gore contre Bush. La Constitution des Etats-Unis ne reconnaît pas la souveraineté du peuple, car le pouvoir est partagé entre lui et les Etats fédérés, c?est-à-dire les notables locaux.


Au passage, on observera que la Constitution de la Fédération de Russie est au contraire démocratique ? sur le papier tout au moins ? en ce qu?elle affirme : « Le détenteur de la souveraineté et l?unique source du pouvoir dans la Fédération de Russie est son peuple multinational » (Titre I, Ch. 1, art.3).


Ce contexte intellectuel explique que les Etats-Uniens soutiennent leur gouvernement lorsqu?il annonce vouloir « exporter la démocratie », alors même que leur pays n?en est pas une constitutionnellement. Mais, on ne voit pas comment ils pourraient exporter ce qu?ils n?ont pas et ne veulent pas avoir chez eux.


Au cours des trente dernières années, cette contradiction a été portée par la NED et s?est concrétisée par la déstabilisation de nombreux Etats. Des milliers de militants et d?ONG crédules ont violé la souveraineté des peuples avec le sourire béat de la bonne conscience.



Une Fondation pluraliste et indépendante


Dans son célèbre discours du 8 juin 1982 devant le Parlement britannique, le président Reagan dénonça l?Union soviétique comme « l?Empire du Mal » et proposa de venir en aide aux dissidents là-bas et ailleurs. « Il s?agit de contribuer à créer l?infrastructure nécessaire à la démocratie : la liberté de la presse, des syndicats, des partis politiques, des universités : ainsi les peuples seront-ils libres de choisir telle voie qui leur conviendra pour développer leur culture et régler leurs différents par des moyens pacifiques », déclara t-il.


Sur cette base consensuelle de lutte contre la tyrannie, une commission de réflexion bipartisane préconisa à Washington la création de la Fondation nationale pour la démocratie (NED). Celle-ci fut instituée par le Congrès en novembre 1983 et immédiatement financée.


La Fondation subventionne quatre structures autonomes qui redistribuent à l?étranger l?argent disponible à des associations, des syndicats ouvriers et patronaux, et des partis de droite et de gauche. Il s?agit de :
- L?Institut des syndicats libres (Free Trade Union Institute ? FTUI), aujourd?hui renommé Centre américain pour la solidarité des travailleurs (American Center for International Labor Solidarity ? ACILS), géré par le syndicat ouvrier AFL-CIO ;
- Le Centre pour l?entreprise privée internationale (Center for International Private Entreprise ? CIPE), géré par la Chambre de commerce des Etats-Unis ;
- weight="9"> L?Institut républicain international (International Republican Institute ? IRI), géré par le Parti républicain ;
- Et l?Institut national démocratique pour les affaires internationales (National Democratic Institute for International Affairs ? NDI), géré par le Parti démocrate.


Présenté de cette manière, la NED et ses quatre pseudopodes paraissent basés sur la société civile dont ils reflètent la diversité sociale et le pluralisme politique. Financés par le peuple états-unien, via le Congrès, ils oeuvreraient à un idéal universel. Ils seraient complètement indépendants de l?administration présidentielle. Et leur action transparente ne pourrait pas masquer des opérations secrètes servant des intérêts nationaux inavoués.


La réalité est complètement différente.



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En 1982, Ronald Reagan a créé la NED en partenariat avec le Royaume-Uni et l?Australie, pour renverser « l?Empire du Mal ».

Une mise en scène de la CIA, du MI6 et de l?ASIS


Le discours de Ronald Reagan à Londres prend place après les scandales entourant la révélation par des commissions d?enquête parlementaires des coups tordus de la CIA. Le Congrès interdit à l?Agence d?organiser de nouveaux coups d?Etat pour conquérir des marchés. A la Maison-Blanche, le Conseil de sécurité nationale cherche donc à mettre en place d?autres outils pour contourner cet interdit.


La Commission de réflexion bipartisane a été constituée avant le discours de Ronald Reagan, même si elle n?a officiellement reçu de mandat de la Maison-Blanche qu?après. Elle ne répond donc pas à la grandiloquente ambition présidentielle, mais la précède. Par conséquent, le discours n?est que l?habillage rhétorique de décisions déjà arrêtées dans leurs grandes lignes et destinées à être mises en scène par la commission bipartisane.


Celle-ci était présidée par le représentant spécial des Etats-Unis pour le Commerce, ce qui indique qu?elle n?envisageait pas la promotion de la démocratie, mais, selon une terminologie consacrée, de la « démocratie de marché ». Ce concept étrange correspond au modèle états-unien : une oligarchie économique et financière impose ses choix politiques via les marchés et l?Etat fédéral, tandis que les parlementaires et juges élus par le peuple protègent les individus de l?arbitraire de l?administration.


Trois des quatre organismes périphériques de la NED ont été formés pour la circonstance. Cependant il n?a pas été nécessaire de créer le quatrième, l?organisme syndical (ACILS). Celui-ci existait depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, bien qu?il ait changé de nom en 1978 lorsqu?on dévoila sa subordination à la CIA. D?où l?on peut déduire que le CIPE, l?IRI et le NDI ne sont pas nés par génération spontanée, mais également sous la houlette de la CIA.


De plus, bien que la NED soit une association de droit états-unien, elle n?est pas un outil de la seule CIA, mais un dispositif commun avec les services britannique (ce pourquoi elle est annoncée par Reagan à Londres) et australien. Ce point central est toujours passé sous silence. Il est pourtant confirmé par les messages de félicitation adressés par les Premiers ministres Tony Blair et John Howard lors du XXe anniversaire de la soi-disante « ONG ». La NED et ses pseudopodes sont des organes du pacte militaire anglo-saxon liant Londres, Washington et Canberra au même titre que le réseau d?interception électronique Echelon. Ce dispositif peut être requis non seulement par la CIA, mais aussi par le MI6 britannique et l?ASIS australien.


Pour dissimuler cette réalité, la NED a suscité chez des alliés la création d?organisations analogues qui travaillent avec elle. En 1988, le Canada s?est doté d?un centre Droits & Démocratie, qui s?est surtout focalisé sur Haïti, puis sur l?Afghanistan. En 1991, le Royaume-Uni a institué la Westminster Foundation for Democracy (WFD). Le fonctionnement de cet organisme public est calqué sur celui de la NED : son administration est confiée aux partis politiques (huit délégués : trois pour le Parti conservateur, trois pour le Parti travailliste, un pour le Parti libéral, et un dernier pour les autres partis représentés au Parlement). La WFD a beaucoup travaillé en Europe orientale. Enfin, en 2001, l?Union européenne s?est dotée du European Instrument for Democracy and Human Rights (EIDHR), qui suscite moins de soupçons que ses homologues. Ce bureau relève d?EuropAid, dirigé par un haut fonctionnaire
aussi puissant qu?inconnu, le Néerlandais Jacobus Richelle.


La directive présidentielle 77


En votant la fondation de la NED, le 22 novembre 1983, les parlementaires US ignoraient qu?elle existait déjà en secret, en vertu d?une directive présidentielle datée du 14 janvier.


Ce document, qui n?a été déclassifié que deux décennies plus tard, organise la « diplomatie publique », expression politiquement correcte pour désigner la propagande. Il institue à la Maison-Blanche des groupes de travail au sein du Conseil de sécurité nationale, dont un chargé de piloter la NED.



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Henry Kissinger, administrateur de la NED. Un « représentant de la société civile » ?

Par conséquent, le conseil d?administration de la Fondation n?est qu?une courroie de transmission du Conseil de sécurité nationale. Pour maintenir les apparences, il a été convenu que, d?une manière générale, les agents et anciens agents de la CIA ne pourraient être nommés administrateurs.


Les choses sont néanmoins transparentes. La plupart des hauts fonctionnaires ayant joué un rôle central au Conseil de sécurité nationale ont été administrateurs de la NED. C?est par exemple le cas d?Henry Kissinger, Franck Carlucci, Zbigniew Brzezinski, ou encore Paul Wolfowitz ; des personnalités qui ne resteront pas dans l?Histoire comme des idéalistes de la démocratie, mais comme des stratèges cyniques de la violence.


Le budget de la Fondation ne peut être interprété isolément puisqu?elle reçoit ses instructions du Conseil de sécurité nationale pour mener des actions s?inscrivant dans de vastes opérations inter-agences. Des fonds, notamment lorsqu?ils proviennent de l?Agence d?aide internationale (USAID), transitent par la NED sans apparaître dans son budget, simplement pour les « non-gouvernementaliser ». En outre, la Fondation reçoit indirectement de l?argent de la CIA, après qu?il ait été blanchi par des intermédiaires privés comme la Smith Richardson Foundation, la John M. Olin Foundation ou encore la Lynde and Harry Bradley Foundation.


Pour évaluer l?ampleur de ce programme, il faudrait cumuler le budget de la NED avec les sous-budgets correspondants du département d?Etat, de l?USAID, de la CIA, et du département de la Défense. Une telle estimation est aujourd?hui impossible.


Certains éléments connus permettent néanmoins de disposer d?un ordre de grandeur. Les Etats-Unis ont dépensé au cours des cinq dernières années plus d?1 milliard de dollars pour des associations et partis au Liban, un petit Etat de 4 millions d?habitants. Globalement, la moitié de cette manne a été distribuée publiquement par le département d?Etat, l?USAID et la NED, l?autre moitié a été versée secrètement par la CIA et le département de la Défense. Cet exemple permet d?extrapoler que le budget général de corruption institutionnelle par les Etats-Unis se compte en dizaines de milliard de dollars annuels. Au demeurant, le programme équivalent de l?Union européenne, qui est entièrement public et fournit un appoint aux actions états-uniennes, est de 7 milliards d?euros annuels.


En définitive, la structure juridique de la NED et le volume de son budget officiel ne sont que des leurres. Par essence, elle n?est pas un organisme indépendant chargé d?actions légales autrefois dévolues à la CIA, mais elle est une vitrine que le Conseil de sécurité nationale charge de réaliser les éléments légaux d?opérations illégales.


La stratégie trotskiste


Au cours de sa phase de mise en place (1984), la NED a été présidée par Allen Weinstein, puis durant quatre ans par John Richardson (1984-88), enfin par Carl Gershman (depuis 1998).


Ces trois hommes ont trois points communs. Ils sont juifs, ont milité au sein du parti trotskiste Social Democrats USA, et ont travaillé à la Freedom House. Il y a une logique à cela : par haine du stalinisme, certains trotskistes ont rejoint la CIA pour lutter contre les Soviétiques. Ils ont apporté avec eux la théorie de la prise de pouvoir mondiale, en la transposant aux « révolutions colorées » et à la « démocratisation ». Ils ont simplement déplacé la vulgate trotskiste en l?appliquant au combat culturel analysé par Antonio Gramsci : le pouvoir s?exerce dans les esprits plus que par la force. Pour gouverner les masses, une élite doit d?abord leur inculquer une idéologie qui programme leur acceptation du pouvoir qui les domine.


Le Centre américain pour la solidarité des travailleurs (ACILS)


Connu sous le nom de Solidarity Center, l?ACILS, branche syndicale de la NED, est de très loin son principal canal. Il distribue plus de la moitié des dons de la Fondation. Il a pris la succession des organismes antérieurs qui ont servi tout au long de la Guerre froide à structurer les syndicats non-communistes dans le monde, du Vietnam à l?Angola, en passant par la France et le Chili.


Le fait de choisir des syndicalistes pour couvrir ce programme de la CIA est d?une rare perversité. Loin du slogan marxiste « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous », l?ACILS associe les syndicats ouvriers états-uniens à l?impérialisme qui écrase les travailleurs des autres pays.


Cette filière était dirigée par un personnage haut en couleurs, Irving Brown, de 1948 jusqu?à sa mort en 1989.



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En 1981, Irving Brown place Jean-Claude Mailly comme assistant du secrétaire général de Force Ouvrière, André Bergeron. Ce dernier reconnaîtra financer son activité grâce à la CIA. Mailly devient secrétaire général de FO, en 2004.

Certains auteurs assurent que Brown était le fils d?un Russe blanc, compagnon d?Alexandre Kerensky. Ce qui est certain, c?est qu?il fut agent de l?OSS, le service de renseignement US durant la Seconde Guerre mondiale et participa à la création de la CIA et du réseau Gladio de l?OTAN. Il refusa d?en prendre la direction, préférant se concentrer sur sa spécialité, les syndicats. Il fut basé à Rome, puis à Paris, et non pas à Washington, de sorte qu?il eut une influence particulière sur la vie publique italienne et française. A la fin de sa vie, il se vantait ainsi de n?avoir cessé de diriger en sous-main le syndicat français Force Ouvrière, d?avoir tiré les ficelles du syndicat étudiant UNI (où militèrent Nicolas Sarkozy et ses ministres François Fillon, Xavier Darcos, Hervé Morin et Michèle Alliot-Marie, ainsi que le président de l?Assemblée nationale Bernard Accoyer et le président du groupe
parlementaire majoritaire Jean-François Copé), et d?avoir personnellement formé à gauche des membres d?un groupuscule trotskiste dont Jean-Christophe Cambadelis et le futur Premier ministre Lionel Jospin.


A la fin des années 90, les adhérents de la confédération AFL-CIO ont exigé des comptes sur les activités réelles de l?ACILS, alors que leur caractère criminel dans de nombreux pays avait été abondamment documenté. On aurait pu croire que les choses auraient changé après ce grand déballage. Il n?en est rien. En 2002 et 2004, l?ACILS a participé activement au coup d?Etat manqué au Venezuela contre le président Hugo Chavez et à celui, réussi, en Haïti, renversant le président Jean-Bertrand Aristide.


Aujourd?hui l?ACILS est dirigé par John Sweeney, ancien président de la confédération AFL-CIO, qui est lui aussi issu du parti trotskiste Social Democrats USA.


Le Centre pour l?entreprise privée internationale (CIPE)


Le Centre pour l?entreprise privée internationale (CIPE) se focalise sur la diffusion de l?idéologie capitaliste libérale et la lutte contre la corruption.


La première réussite du CIPE, c?est la transformation, en 1987, du European Management Forum ?un club de grands patrons européens? en World Economic Forum ?le club de la classe dirigeante transnationale?. Le grand rendez-vous annuel du gotha économique et politique global dans la station de ski suisse de Davos a contribué à forger une appartenance de classe au-delà des identités nationales.


Le CIPE veille à n?avoir aucun lien structurel avec le Forum de Davos, et il n?est pas possible ?pour le moment? de prouver que le World Economic Forum est instrumenté par la CIA. A contrario, les responsables de Davos seraient bien en peine d?expliquer pourquoi certains leaders politiques ont choisi leur Forum économique pour y jouer des événements de la plus haute importance s?il ne s?agissait d?opérations planifiées par le Conseil de sécurité nationale des Etats-Unis. Par exemple, en 1988, c?est à Davos ?et pas à l?ONU? que la Grèce et la Turquie font la paix. En 1989, c?est à Davos que les deux Corée d?une part et les deux Allemagne d?autre part, tiennent leur premier sommet à niveau ministériel pour les uns et leur premier sommet sur la réunification pour les autres. En 1992, c?est encore à Davos que Frederik de Klerk et Nelson Mandela libre viennent ensemble présenter pour la première fois à
l?étranger leur projet commun pour l?Afrique du Sud. Toujours plus invraisemblable, c?est à Davos qu?en 1994, après l?Accord d?Oslo, que Shimon Peres et Yasser Arafat viennent négocier et signer son application à Gaza et Jéricho.


Le contact entre le Forum et Washington passe notoirement par Susan K. Reardon, l?ancienne directrice de l?association professionnelle des employés du département d?Etat devenue directrice de la Fondation de la Chambre de Commerce des Etats-Unis, qui gère le CIPE.


L?autre réussite du Centre pour l?entreprise privée internationale, c?est Transparency International. Cette « ONG » a officiellement été créée par un officier de renseignement militaire US, Michael J. Hershman, qui est par ailleurs administrateur du CIPE et aujourd?hui un des responsables du recrutement des informateurs du FBI aussi bien que le Pdg de l?agence de renseignement privée Fairfax Group.


Transparency International est avant tout une couverture pour les activités d?intelligence économique de la CIA. C?est aussi un outil de communication pour contraindre des Etats à modifier leurs législations dans le sens de l?ouverture de leurs marchés.


Pour masquer l?origine de Transparency International, le CIPE a fait appel au savoir-faire de l?ancien directeur de presse de la Banque mondiale, le néo-conservateur Frank Vogl. Ce dernier a mis en place un Comité de personnalités qui a contribué à donner l?impression d?une association issue de la société civile. Ce comité de façade est animé par Peter Eigen, ancien directeur de la Banque mondiale en Afrique de l?Est, dont l?épouse était en 2004 et 2009 la candidate du SPD à la présidence de la République fédérale allemande.


Le travail de Transparency International sert les intérêts US et n?est aucunement fiable. Ainsi, en 2008, la pseudo ONG dénonçait la corruption de PDVSA, la société publique des pétroles du Venezuela, et, sur la base d?informations falsifiées, la plaçait en dernière position dans son classement mondial des entreprises publiques. Le but était évidemment de saboter la réputation d?une entreprise qui constitue le socle économique de la politique anti-impérialiste du président Hugo Chavez. Prise en flagrant délit d?intoxication, Transparency International refusa de répondre aux questions de la presse latino-américaine et de corriger son rapport. Rien d?étonnant au demeurant lorsqu?on se souvient que le correspondant du CIPE au Venezuela, Pedro Carmona, avait brièvement été installé au pouvoir par les USA, lors du coup d?Etat manqué de 2002 contre Hugo Chavez.


D?une certaine manière, en focalisant l?attention des médias sur la corruption économique, Transparency International masque l?activité de la NED : la corruption politique des élites dirigeantes au profit des Anglo-Saxons.


L?Institut républicain international (IRI) et l?Institut national démocratique pour les affaires internationales (NDI)


L?Institut républicain international (IRI) a pour vocation de corrompre les partis de droite, tandis que l?Institut national démocratique pour les affaires internationales (NDI) traite les partis de gauche. Le premier est présidé par John McCain, le second par Madeleine Albright. Ces deux personnalités ne doivent donc pas être perçues comme des politiciens ordinaires, un leader d?opposition et une sage retraitée, mais comme des responsables actifs de programmes du Conseil de sécurité nationale.


Pour encadrer les principaux partis politiques dans le monde, l?IRI et le NDI ont renoncé à contrôler l?Internationale libérale et l?Internationale socialiste. Ils ont donc créé des organisations rivales, l?Union démocratique internationale (IDU) et l?Alliance des démocrates (AD). La première est présidée par l?Australien John Howard. Le Russe Leonid Gozman de Juste cause (?????? ????) en est vice-président. La seconde est dirigée par l?Italien Gianni Vernetti et co-présidée par le Français François Bayrou.


L?IRI et le NDI s?appuient aussi sur les fondations politiques liées aux grands partis européens (six en Allemagne, deux en France, une aux Pays-Bas et une autre encore en Suède). En outre, certaines opérations ont été sous-traitées à de mystérieuses sociétés privées, comme Democracy International Inc. qui a organisé les dernières élections truquées en Afghanistan.



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Ancien adjoint de Rahm Emanuel et actuel responsable du NDI, Tom McMahon est venu en France organiser les primaires du Parti socialiste.

Tout cela laisse un goût amer. Les Etats-Unis ont corrompu la plupart des grands partis politiques et syndicats dans le monde. En définitive, la « démocratie » qu?ils promeuvent consiste à discuter de questions locales dans chaque pays ?voire de questions sociétales comme les droits des femmes ou des gays? et à s?aligner sur Washington pour toutes les questions internationales. Les campagnes électorales sont devenues des spectacles dont la NED choisit le casting en fournissant à certains et pas à d?autres les moyens financiers dont ils ont besoin. Même la notion d?alternance a perdu son sens, puisque la NED promeut alternativement un camp ou un autre pourvu qu?il poursuive la même politique étrangère et de défense.


On se lamente aujourd?hui dans l?Union européenne et ailleurs sur la crise de la démocratie. Celle-ci a pour responsables évidents la NED et les Etats-Unis. Et comment qualifier un régime, comme celui des Etats-Unis, où le principal leader de l?opposition, John McCain, est en réalité un employé du Conseil de sécurité nationale ? Certainement pas comme une démocratie.


Le bilan d?un système


L?USAID, la NED, leurs instituts satellites et leurs fondations intermédiaires ont donné naissance au fil du temps à une vaste et gourmande bureaucratie. Chaque année le vote du budget de la NED par le Congrès donne lieu à de vifs débats sur l?inefficacité de ce système tentaculaire et les rumeurs de détournements de fonds au profit de personnalités politiques états-uniennes chargées de l?administrer.


Dans un souci de bonne gestion, de nombreuses études ont été commandées pour mesurer l?impact de ces flux financiers. Des experts ont comparé les sommes allouées dans chaque Etat et la notation démocratique de ces Etats par la Freedom House. Puis, ils ont calculé combien il fallait dépenser de dollars par habitant pour améliorer d?un point la note démocratique d?un Etat.



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Tomicah Tillemann, conseiller d?Hillary Clinton pour la société civile et les démocraties émergentes, supervise le dispositif de la NED au départment d?Etat.

Bien sûr tout ceci n?est qu?une tentative d?auto-justification. L?idée d?établir une notation démocratique n?a rien de scientifique. De manière totalitaire, elle suppose qu?il n?existe qu?une forme d?institutions démocratiques. Et de manière infantile, elle établit une liste de critères disparates qu?elle pondère de coefficients imaginaires pour transformer la complexité sociale en un chiffre unique.


Au demeurant, la grande majorité de ces études concluent à l?échec : bien que le nombre de démocraties s?accroisse dans le monde, il n?y aurait aucun lien entre les progrès ou les régressions démocratiques d?une part, et les sommes dépensées par le Conseil de sécurité nationale. A contrario, cela confirme que les objectifs réels n?ont aucun rapport avec ceux qui sont affichés. Les responsables de l?USAID citent cependant une étude de l?université Vanderbilt selon laquelle, seules les opérations de la NED co-financées par l?USAID ont été efficaces, parce que l?USAID a une gestion rigoureuse de son budget. Sans surprise, cette étude singulière a été financée par? l?USAID.


Quoi qu?il en soit, en 2003, à l?occasion de son vingtième anniversaire, la NED dressa un bilan politique de son action d?où il ressort qu?elle finançait alors plus de 6 000 organisations politiques et sociales dans le monde, un chiffre qui n?a cessé de croître depuis. Elle revendiquait avoir entièrement créé le syndicat Solidarnoc en Pologne, la Charte des 77 en Tchécoslovaquie et Otpor en Serbie. Elle se félicitait d?avoir créé de toutes pièces la radio B92 ou le quotidien Oslobodjenje en ex-Yougoslavie et une kyrielle de nouveaux médias indépendants en Irak « libéré ».


Changer de couverture


Après avoir connu un succès mondial, la rhétorique de la démocratisation ne convainc plus. En l?utilisant en toutes circonstances, le président George W. Bush l?a usée. Personne ne peut sérieusement soutenir que les subventions versées par la NED feront disparaître le terrorisme international. Pas plus qu?on ne peut prétendre a posteriori que les troupes US auraient renversé Saddam Hussein pour offrir la démocratie aux Irakiens.


De plus, les citoyens qui partout dans le monde militent pour la démocratie sont devenus méfiants. Ils ont compris que l?aide offerte par la NED et ses pseudopodes visait en réalité à les manipuler et à piéger leur pays. Ils refusent donc de plus en plus souvent les dons « désintéressés » qui leur sont proposés. Aussi les responsables états-uniens des différents canaux de corruption ont envisagé de faire muer le système une nouvelle fois. Après les coups fourrés de la CIA et la transparence de la NED, ils envisagent de créer une nouvelle structure qui prendrait le relais d?un ensemble discrédité. Elle ne serait plus gérée par les syndicats, le patronat et les deux grands partis, mais par des multinationales sur le modelée de l?Asia Foundation.


Dans les années 80, la presse révéla que cette organisation était une couverture de la CIA pour lutter contre le communisme en Asie. Elle fut alors réformée et sa gestion fut confiée à des multinationales (Boeing, Chevron, Coca-Cola, Levis Strauss etc?). Ce relookage fut suffisant pour donner une apparence non-gouvernementale et respectable à une structure qui n?a jamais cessé de servir la CIA. Après la dissolution de l?URSS, elle fut doublée d?une autre, l?Eurasia Foundation, chargée d?étendre l?action secrète dans les nouveaux Etats asiatiques.


Une autre question discutée est de savoir si les dons pour la « promotion de la démocratie » doivent prendre uniquement la forme de contrats pour réaliser des projets donnés ou celle de subventions sans obligation de résultat. La première formule offre une meilleure couverture juridique, mais la seconde est bien plus efficace pour corrompre.


Au vu de ce panorama, l?exigence de Vladimir Poutine et de Vladislav Surkov de réglementer le financement des ONG en Russie est légitime, même si la bureaucratie qu?ils ont élaborée pour cela est outrancière et tatillonne. Le dispositif de la NED, mis en place sous l?autorité du Conseil de sécurité nationale des Etats-Unis, non seulement ne favorise pas les efforts démocratiques dans le monde, mais les empoisonnent. 









 Thierry Meyssan
Source Odnako (Fédération de Russie)

Hebdomadaire d?information générale. Rédacteur en chef 

6 octobre 2010 - Réseau Voltaire



23.10.10 02:19


Afghanistan, vers le retrait

La guerre d'Afghanistan est entrée dans sa dixième année : elle a commencé le 7
octobre 2001, les troupes américaines et britanniques lançant leur attaque
contre le régime des talibans, un mois après les attentats de New York et
Washington.
Alain Gresh
Le Monde diplomatique / info-palestine
Rapatriement des corps des derniers soldats italiens tués en Afghanistan
L'objectif affiché était d'en finir avec le pouvoir du mollah Omar et de
démanteler « les réseaux terroristes ». Cette offensive s'inscrivait dans ce que
l'administration Bush appelait « la guerre contre le terrorisme » et qui allait
se déployer en Irak, puis au Liban durant la guerre israélienne de l'été 2006.
Les résultats sont connus et, sans entrer dans les détails, on peut en tracer
les traits principaux :
extension de l'influence des talibans en Afghanistan, qui contrôlent désormais
une partie importante du territoire et mobilisent plus largement au nom de la
lutte contre l'invasion étrangère ;
extension des combats au Pakistan où les talibans locaux mènent une lutte
déstabilisatrice contre le pouvoir et l'armée accusés de collaborer avec les
Etats-Unis ;
implantation d'Al-Qaida en Irak où l'organisation n'avait aucun relais avant la
guerre de 2003 ;
renforcement des réseaux qui se réclament d'Al-Qaida et qui, du Liban à la
Somalie, en passant par le Yémen s'engagent militairement contre les troupes
américaines et leurs alliés.
Plus largement, la guerre contre le terrorisme a aggravé la déstabilisation de
la région, au détriment même des intérêts des Etats-Unis.
L'enlisement et l'aveuglement qui ont marqué la politique américaine en
Afghanistan, politique suivie sans état d'âme par la France, vont-ils prendre
fin ? Les Etats-Unis préparent-ils leur retrait et laisseront-ils aux Afghans la
possibilité de régler leurs propres problèmes ?
Au moins, un débat se déroule au sein de l'administration américaine, comme le
livre de Bob Woodward, Obama's Wars, le montre. Dans un article qui évoque cet
ouvrage, Robert Dreyfuss (« Woodward : Obama Wants Out of Afghanistan », The
Nation, 22 septembre - à partir de ce que différents journaux ont publié, le
livre n'étant pas à l'époque disponible) cite une des déclarations d'Obama en
2008 à ses généraux qui demandaient un engagement plus soutenu :
« En 2010, nous ne devrons plus avoir une conversation sur la façon de faire
plus. Je ne veux pas entendre, "Nous allons bien, Monsieur le Président, mais
nous serions mieux si nous en faisons plus." Nous n'allons pas avoir une
conversation sur la façon de changer [la mission]... à moins que nous parlions
de la façon de nous retirer plus rapidement que prévu en 2011. »
Le livre semble confirmer la volonté du président Obama de se sortir du bourbier
afghan.
Deux informations récentes, toutes deux rapportées par l'International Herald
Tribune (15 octobre) (les liens hypertextes sont faits avec les articles publiés
sur le site électronique du New York Times) éclairent le contexte et confirment
cette impression. La première concerne le contingent espagnol (l'Espagne s'est
retirée d'Irak après la victoire des socialistes en 2004 mais continue à
participer aux combats en Afghanistan). L'article raconte l'histoire d'un soldat
mort au combat, dont la particularité était qu'il n'avait pas la nationalité
espagnole, mais... colombienne. (Rachel Donadio et Dale Fuchs, « A Casualty Both
of War and the Spanish Economy »). On y aprend que 7 % de l'armée espagnole est
composée d'étrangers, poussés à s'engager par la crise économique et par la
perspective (non automatique) d'acquérir la nationalité espagnole. Comme sa mère
l'indique aux journalistes, on le considérait plus comme « un mercenaire » que
comme un soldat. Depuis le 11 septembre 2001, l'armée américaine aussi a
largement fait appel à des volontaires étrangers. Je citais en décembre 2006,
dans un envoi intitulé « L'armée américaine à la recherche de volontaires
étrangers », un journal américain :
« A l'heure actuelle, la politique du Pentagone stipule que seuls les immigrants
légaux résidant aux Etats-Unis ont le droit de s'enrôler. On compte aujourd'hui
30 000 non-citoyens qui servent dans les forces armées américaines, soit 2 % des
effectifs d'active (...) Environ une centaine de non-citoyens sont morts en Irak
et en Afghanistan. Un récent changement de la loi américaine donne au Pentagone
l'autorité d'amener des immigrants aux Etats-Unis s'il les considère comme
vitaux pour la sécurité nationale. Jusqu'à présent, le Pentagone n'a pas utilisé
ce changement, mais la pression s'accroît pour qu'il utilise cette nouvelle
possibilité. Certains penseurs militaires hauts placés pensent que les
Etats-Unis devraient recruter des étrangers dans leur pays d'origine. »
Quand une nation prétend engager une guerre vitale, au nom de la liberté et des
grands principes, mais sont incapables de trouver assez de soldats « nationaux »
pour les mener, cela pose, c'est le moins qu'on puisse dire, problème.
La deuxième information donnée par le quotidien américain confirme l'appui de
Washington et de l'OTAN aux négociations secrètes menées par le pouvoir afghan
avec les talibans (Helen Cooper et Dexter Filkins, « Push on Talks With Taliban
Confirmed by NATO Officials »). Les Etats-Unis ont permis à d'importants
responsables des talibans d'assister à des réunions à Kaboul, révèlent les
journalistes qui se sont vu confirmer par des responsables militaires américains
que la réconciliation était une dimension clef de la guerre qu'ils menaient.
Dans le même temps, l'OTAN intensifie ses opérations militaires, notamment en
utilisant les drones pour tuer d'autres responsables talibans et contraindre les
talibans à négocier. Quoiqu'il en soit, il semble bien qu'un processus s'est mis
en route pour aboutir à un gouvernement d'union nationale et au départ des
troupes étrangères. Bien sûr, le chemin sera long, mais il semble bien que
Washington a pris conscience que cette guerre ne pouvait pas être gagnée. Il
aura fallu dix ans de combats, de morts, de destruction, de déclarations
enflammées sur les femmes afghanes, sur le fait que nos soldats se battaient
là-bas pour éviter que les combats s'étendent dans nos banlieues...

La guerre d'Afghanistan est entrée dans sa dixième année : elle a commencé le 7 octobre 2001, les troupes américaines et britanniques lançant leur attaque contre le régime des talibans, un mois après les attentats de New York et Washington.

Alain Gresh
Le Monde diplomatique / info-palestine




Rapatriement des corps des derniers soldats italiens tués en Afghanistan

L'objectif affiché était d'en finir avec le pouvoir du mollah Omar et de démanteler « les réseaux terroristes ». Cette offensive s'inscrivait dans ce que l'administration Bush appelait « la guerre contre le terrorisme » et qui allait se déployer en Irak, puis au Liban durant la guerre israélienne de l'été 2006.

Les résultats sont connus et, sans entrer dans les détails, on peut en tracer les traits principaux :
extension de l'influence des talibans en Afghanistan, qui contrôlent désormais une partie importante du territoire et mobilisent plus largement au nom de la lutte contre l'invasion étrangère ;
extension des combats au Pakistan où les talibans locaux mènent une lutte déstabilisatrice contre le pouvoir et l'armée accusés de collaborer avec les
Etats-Unis ;
implantation d'Al-Qaida en Irak où l'organisation n'avait aucun relais avant la guerre de 2003 ;
renforcement des réseaux qui se réclament d'Al-Qaida et qui, du Liban à la Somalie, en passant par le Yémen s'engagent militairement contre les troupes américaines et leurs alliés.

Plus largement, la guerre contre le terrorisme a aggravé la déstabilisation de la région, au détriment même des intérêts des Etats-Unis.

L'enlisement et l'aveuglement qui ont marqué la politique américaine en Afghanistan, politique suivie sans état d'âme par la France, vont-ils prendre fin ? Les Etats-Unis préparent-ils leur retrait et laisseront-ils aux Afghans la possibilité de régler leurs propres problèmes ?

Au moins, un débat se déroule au sein de l'administration
américaine, comme le livre de Bob Woodward, Obama's Wars, le montre. Dans un article qui évoque cet ouvrage, Robert Dreyfuss (« Woodward : Obama Wants Out of Afghanistan », The Nation, 22 septembre - à partir de ce que différents journaux ont publié, le livre n'étant pas à l'époque disponible) cite une des déclarations d'Obama en 2008 à ses généraux qui demandaient un engagement plus soutenu :

« En 2010, nous ne devrons plus avoir une conversation sur la façon de faire plus. Je ne veux pas entendre, "Nous allons bien, Monsieur le Président, mais nous serions mieux si nous en faisons plus." Nous n'allons pas avoir une conversation sur la façon de changer [la mission]... à moins que nous parlions de la façon de nous retirer plus rapidement que prévu en
2011.
 »

Le livre semble confirmer la volonté du président Obama de se sortir du bourbier afghan.

Deux informations récentes, toutes deux rapportées par l'International Herald Tribune (15 octobre) (les liens hypertextes sont faits avec les articles publiés sur le site électronique du New York Times) éclairent le contexte et confirment cette impression. La première concerne le contingent espagnol (l'Espagne s'est retirée d'Irak après la victoire des socialistes en 2004 mais continue à participer aux combats en Afghanistan). L'article raconte l'histoire d'un soldat mort au combat, dont la particularité était qu'il n'avait pas la nationalité espagnole, mais... colombienne. (Rachel Donadio et Dale Fuchs, « A Casualty Both of War and the Spanish Economy »). On y aprend que 7 % de
l'armée espagnole est composée d'étrangers, poussés à s'engager par la crise économique et par la perspective (non automatique) d'acquérir la nationalité espagnole. Comme sa mère l'indique aux journalistes, on le considérait plus comme « un mercenaire » que comme un soldat. Depuis le 11 septembre 2001, l'armée américaine aussi a largement fait appel à des volontaires étrangers. Je citais en décembre 2006, dans un envoi intitulé « L'armée américaine à la recherche de volontaires étrangers », un journal américain :

« A l'heure actuelle, la politique du Pentagone stipule que seuls les immigrants légaux résidant aux Etats-Unis ont le droit de s'enrôler. On compte aujourd'hui 30 000 non-citoyens qui servent dans les forces armées américaines, soit 2 %
des effectifs d'active
(...) Environ une centaine de non-citoyens sont morts en Irak et en Afghanistan. Un récent changement de la loi américaine donne au Pentagone l'autorité d'amener des immigrants aux Etats-Unis s'il les considère comme vitaux pour la sécurité nationale. Jusqu'à présent, le Pentagone n'a pas utilisé ce changement, mais la pression s'accroît pour qu'il utilise cette nouvelle possibilité. Certains penseurs militaires hauts placés pensent que les Etats-Unis devraient recruter des étrangers dans leur pays d'origine. »

Quand une nation prétend engager une guerre vitale, au nom de la liberté et des grands principes, mais sont incapables de trouver assez de soldats « nationaux » pour les mener, cela pose, c'est le moins qu'on puisse dire, problème.

La deuxième information donnée par le quotidien américain confirme l'appui de Washington et de l'OTAN aux négociations secrètes
menées par le pouvoir afghan avec les talibans (Helen Cooper et Dexter Filkins, « Push on Talks With Taliban Confirmed by NATO Officials »). Les Etats-Unis ont permis à d'importants responsables des talibans d'assister à des réunions à Kaboul, révèlent les journalistes qui se sont vu confirmer par des responsables militaires américains que la réconciliation était une dimension clef de la guerre qu'ils menaient. Dans le même temps, l'OTAN intensifie ses opérations militaires, notamment en utilisant les drones pour tuer d'autres responsables talibans et contraindre les talibans à négocier. Quoiqu'il en soit, il semble bien qu'un processus s'est mis en route pour aboutir à un gouvernement d'union nationale et au départ des troupes étrangères. Bien sûr, le chemin sera long, mais il semble bien que
Washington a pris conscience que cette guerre ne pouvait pas être gagnée. Il aura fallu dix ans de combats, de morts, de destruction, de déclarations enflammées sur les femmes afghanes, sur le fait que nos soldats se battaient là-bas pour éviter que les combats s'étendent dans nos banlieues...



22.10.10 05:53


Le Nobel de la guerre aux Messieurs du « Nobel de la paix »

Faisant fi des instructions laissées par Alfred Nobel, le jury Nobel ne
récompense plus le courage au service de la paix, mais l?utilité médiatique au
service de l?impérialisme. La liste des lauréats n?est plus qu?une énumération
d?alibis pour des politiques coercitives et des guerres. Dernier en date, le
prix Nobel de la paix 2010 a été remis à un « dissident » chinois pour justifier
le containement de la Chine, observe le philosophe Domenico Losurdo.
 
Ces dernières semaines a eu lieu en Australie un vif débat. Dans un article
publié par Quartely Essay et en partie anticipé par l?Australian, Hugh White a
mis en garde contre d?inquiétants processus en cours : à l?ascension de la
Chine, Washington répond par la traditionnelle politique de containment, en
renforçant de façon menaçante son potentiel et ses alliances militaires ; Pékin,
en retour, ne se laisse pas facilement intimider et « contenir » ; tout cela
peut provoquer une polarisation en Asie d?alliances opposées et faire émerger
« un risque réel et croissant de guerre de vastes proportions et même de guerre
nucléaire ». L?auteur de cette mise en garde n?est pas un illustre inconnu : il
a derrière lui une longue carrière d?analyste des problèmes de défense et de
politique étrangère, et fait partie en quelque sorte de l?establishment
intellectuel. Ce n?est pas un hasard si son intervention a provoqué un débat
national, auquel a aussi participé le Premier ministre, Julia Gillard, qui a
réaffirmé la nécessité du lien privilégié avec les USA. Mais les cercles
jusqu?au-boutistes australiens sont allés bien plus loin : il faut s?engager à
fond pour une Grande alliance des démocraties contre les despotes de Pékin. Pas
de doute : l?idéologie de la guerre contre la Chine s?appuie sur une idéologie
de longue date qui justifie et même célèbre les agressions militaires et les
guerres de l?Occident au nom de la « démocratie » et des « droits de l?homme ».
Et voici qu?à présent le « Prix Nobel de la paix » est conféré au « dissident »
chinois Liu Xiaobo : un sens de l?opportunité parfait, d?autant plus parfait si
l?on pense à la menace de guerre commerciale contre la Chine brandie cette fois
de façon ouverte et solennelle par le Congrès états-unien.
La Chine, l?Iran et la Palestine
Parmi les premiers à se réjouir du choix des Messieurs d?Oslo s?est trouvée
Shirin Ebadi, qui a immédiatement surenchéri : « Non seulement la Chine est un
pays qui viole les droits de l?homme mais c?est aussi un pays qui appuie et
soutient de nombreux autres régimes qui les violent, comme ceux qui sont au
pouvoir au Soudan, en Birmanie, en Corée du Nord, en Iran? » ; en outre, c?est
un pays qui est responsable de la « grande exploitation des ouvriers ». Donc, il
faut boycotter « les produits chinois » et « limiter au maximum les échanges
économiques et commerciaux avec la Chine » [1]. Et une fois de plus : la
contribution à l?idéologie de la guerre conduite au nom de la « démocratie » et
des « droits de l?homme » est claire, et la déclaration de guerre commerciale
est ouverte. Mais alors, pourquoi Shirin Ebadi a-t-elle eu en 2003 le « Prix
Nobel de la Paix » ? Le prix a été attribué à une femme qui a une vision
manichéenne des relations internationales ; dans la liste des violations des
droits de l?homme il n?y a pas de place pour Abou Ghraib et Guantanamo, pour les
complexes carcéraux dans lesquels Israël enferme en masse les Palestiniens, pour
les bombardements et les guerres déclenchées sur la base de prétextes faux et
mensongers, pour l?uranium appauvri, pour les embargos à tendance génocidaire
mis en acte en défiant l?écrasante majorité des membres de l?ONU et de la
communauté internationale? Et pour ce qui concerne la « grande exploitation des
ouvriers » en Chine, Shirin Ebadi parle sans nul doute à tort et à travers :
dans le grand pays asiatique, des centaines de millions de femmes et d?hommes
ont été soustraits à la faim à laquelle ils avaient été condamnés en tout
premier lieu par l?agression impérialiste et par l?embargo proclamé par
l?Occident ; et ces jours-ci on peut lire dans tous les organes de presse que
les salaires des ouvriers sont en train de progresser à un rythme assez rapide.
En tous cas, si l?embargo contre Cuba fait rage exclusivement contre les
habitants de l?île, un éventuel embargo contre la Chine provoquerait une crise
économique planétaire, avec des conséquences dévastatrices même pour les masses
populaires occidentales, et bien le bonjour aux droits de l?homme (du moins aux
droits économiques et sociaux). Il n?y a pas de doute : en 2003, celle qui a
reçu le « Prix Nobel de la Paix » est une idéologue de la guerre, médiocre et
provinciale. A-t-on voulu récompenser une activiste qui, si ce n?est sur le plan
international, du moins sur le plan intérieur à l?Iran, entend défendre la cause
des droits de l?homme ? Si cela avait été l?intention des Messieurs d?Oslo, ils
auraient dû récompenser Mohammed Mossadegh qui, au début des années 1950
s?engagea à construire un Iran démocratique mais qui, ayant eu l?audace de
nationaliser l?industrie pétrolière, fut renversé par un coup d?Etat organisé
par la Grande-Bretagne et les USA, ces pays qui se dressent aujourd?hui en
champions de la « démocratie » et des « droits de l?homme ». Ou bien les
Messieurs d?Oslo auraient-ils pu récompenser quelque courageux opposant de la
féroce dictature du Shah, soutenu par les habituels, improbables champions de la
cause de la « démocratie » et « des droits de l?homme ». Mais alors, pourquoi en
2003 le « Prix Nobel de la Paix » a-t-il été attribué à Shirin Ebadi ? A ce
moment-là, tandis que l?interminable martyr du peuple palestinien subissait un
nouveau tour de vis, la Croisade contre l?Iran se profilait clairement. Une
reconnaissance attribuée à une militante palestinienne aurait été une
contribution réelle à la cause de la détente et de la paix au Proche-Orient. Les
militants palestiniens « non-violents » manquent-ils ? Il est difficile de
qualifier de « non-violent » Obama, le leader d?un pays qui est engagé dans
diverses guerres et qui dépense à lui seul en armements autant que tout le reste
du monde pris dans son ensemble. En tous cas, les « non-violents » ne manquent
pas en Palestine, et non-violents sont en tous cas les militants qui arrivent de
tous pays en Palestine pour défendre ses habitants d?une violence déferlante, et
qui, parfois, ont été balayés par des tanks ou par des bulldozers de l?armée
d?occupation. Sauf que les Messieurs d?Oslo ont préféré récompenser une
militante qui depuis lors n?a de cesse d?attiser le feu de la guerre en premier
lieu contre l?Iran, mais maintenant contre la Chine aussi.
Après la consécration et la transfiguration de Liu Xiaobo, le président
états-unien est tout de suite intervenu : et il a demandé la libération
immédiate du « dissident ». Mais pourquoi, en attendant, ne pas libérer les
détenus sans procès de Guantanamo ou au moins faire pression pour la libération
des innombrables Palestiniens (parfois à peine adolescents) emprisonnés par
Israël, comme le reconnaît même la presse occidentale, dans des complexes
carcéraux terrifiants ?
Les Messieurs d?Oslo, les USA et la Chine
Avec Obama nous tombons sur un autre « Prix Nobel de la paix » aux
caractéristiques assez singulières. Quand il l?a obtenu, l?an dernier, il avait
déclaré qu?il avait l?intention de renforcer en Afghanistan la présence
militaire des USA et de l?OTAN et de donner une impulsion aux opérations de
guerre. Conforté aussi par la prestigieuse reconnaissance qu?il avait reçue à
Oslo, il a été fidèle à sa parole : ils sont maintenant bien plus nombreux qu?à
l?époque de Bush, ces escadrons de la mort qui du haut du ciel « éliminent » les
« terroristes », les « terroristes » potentiels et les suspects de
« terrorisme » ; et ces hélicoptères et avions sans pilotes qui font office
d?escadrons de la mort font rage aussi au Pakistan (avec les nombreuses victimes
« collatérales » qui s?en suivent) ; l?indignation populaire est si forte et
répandue que même les gouvernants de Kaboul et d?Islamabad se sentent obligés de
protester contre Washington. Mais Obama ne se laisse certes pas impressionner :
il peut toujours exhiber son « Prix Nobel de la paix » ! Ces jours derniers, a
filtré une nouvelle qui fait froid dans le dos : en Afghanistan, se trouvent des
militaires états-uniens qui tuent par divertissement des civils innocents, en
conservant ensuite quelque partie du corps des victimes comme souvenir de
chasse. L?administration états-unienne s?est empressée de bloquer immédiatement
la diffusion des détails ultérieurs et surtout des photos : choquée, l?opinion
publique états-unienne et internationale aurait pu ensuite faire pression pour
la fin de la guerre en Afghanistan ; pour pouvoir la continuer, cette guerre, et
la rendre encore plus âpre, le « Prix Nobel de la paix » a préféré infliger
aussi un coup à la liberté de la presse.
Mais on peut faire ici une considération de caractère général. Au 20ème siècle,
ce sont les USA qui ont été le pays qui a vu couronner du « Prix Nobel de la
paix » le plus grand nombre d?hommes d?Etat : Théodore Roosevelt (pour qui le
seul « bon » Indien était celui qui était mort), Kissinger (le protagoniste du
coup d?Etat au Chili et de la guerre au Vietnam), Carter (le promoteur du
boycott des Jeux Olympiques de Moscou en 1980 et de l?interdiction d?exportation
de blé à l?URSS, est intervenu en Afghanistan aux côtés des freedom fighters
musulmans), Obama (qui intervient maintenant, contre les freedom fighters, entre
temps devenus terroristes, a recours à un monstrueux appareil de guerre). Voyons
sur le versant opposé de quelle façon les Messieurs d?Oslo se positionnent à
l?égard de la Chine. Ce pays, qui représente un quart de l?humanité, ne s?est
engagé dans les trois dernières décennies dans aucune guerre et a promu un
développement économique qui, en libérant de la misère et de la faim des
centaines de millions de femmes et d?hommes, leur permis d?accéder en tous cas
aux droits économiques et sociaux. Eh bien, les Messieurs d?Oslo n?ont daigné
prendre en considération ce pays que pour attribuer trois prix à trois
« dissidents » : en 1989 le « Prix Nobel de la paix » est décerné au XIVème
Dalai Lama, qui avait quitté la Chine depuis déjà trois décennies ; en 2000 le
Nobel de littérature est attribué à Gao Xingjan, un écrivain qui était désormais
citoyen français ; en 2010, le « Prix Nobel de la paix » couronne un autre
dissident qui, après avoir vécu aux Etats-Unis et avoir enseigné à Columbia
University, retourne en Chine « en vitesse » [2] pour participer à la révolte
(tout autre que pacifique) de la Place Tienanmen. De nos jours encore, il parle
ainsi de son peuple : « Nous les Chinois, si brutaux » [3]. Ainsi, aux yeux des
Messieurs d?Oslo, la cause de la paix est représentée par un pays (les USA) qui
se croit souvent investi de la mission divine de guider le monde, qui a installé
et continue à installer des bases militaires menaçantes dans tous les coins de
la planète ; pour la Chine, (qui ne détient aucune base militaire à l?étranger),
pour une civilisation millénaire qui, après le siècle d?humiliations et de
misère imposé par l?impérialisme, est en train de revenir à son antique
splendeur, ceux qui représentent la cause de la paix (et de la culture) sont
seulement trois « dissidents » qui n?ont désormais plus grand-chose à voir avec
le peuple chinois et qui voient dans l?Occident le phare exclusif qui illumine
le monde. Nous voyons sans aucun doute ré-émerger ici dans la politique des
Messieurs d?Oslo l?antique arrogance colonialiste et impérialiste.
Alors qu?en Australie résonnent des voix inquiètes des périls de guerre, à Oslo
on redonne du lustre à une idéologie de la guerre de funeste mémoire : les
guerres de l?opium ont été célébrées en son temps par J. S. Mill comme une
contribution à la cause de la « liberté » de l? « acquéreur » en plus de celle
du vendeur (d?opium), et par Tocqueville comme une contribution à la cause de la
lutte contre l? « immobilisme » chinois. Les mots d?ordre agités aujourd?hui par
la presse occidentale ne sont pas très différents ; presse qui ne se lasse pas
de dénoncer le despotisme oriental immobile. Il faut en prendre acte : peut-être
sont-ils aussi inspirés par de nobles intentions, mais avec leur comportement
concret les Messieurs du « Prix Nobel de la paix » ne méritent à l?heure
actuelle que le Nobel de la guerre.
 
par Domenico Losurdo
Traduction Marie-Ange Patrizio
[1] Corriere della Sera du 9 octobre 2010.
[2] Marco Del Corona, dans le Corriere della Sera du 9 octobre 2010.
[3] Ilaria Maria Sala, La Stampa, 9 octobre 2010.
Réseau Voltaire


Faisant fi des instructions laissées par Alfred Nobel, le jury Nobel ne récompense plus le courage au service de la paix, mais l?utilité médiatique au service de l?impérialisme. La liste des lauréats n?est plus qu?une énumération d?alibis pour des politiques coercitives et des guerres. Dernier en date, le prix Nobel de la paix 2010 a été remis à un « dissident » chinois pour justifier le containement de la Chine, observe le philosophe Domenico Losurdo.


 



Logo du jury Nobel


Ces dernières semaines a eu lieu en Australie un vif débat. Dans un article publié par Quartely Essay et en partie anticipé par l?Australian, Hugh White a mis en garde contre d?inquiétants processus en cours : à l?ascension de la Chine, Washington répond par la traditionnelle politique de containment, en renforçant de façon menaçante son potentiel et ses alliances militaires ; Pékin, en retour, ne se laisse pas facilement intimider et « contenir » ; tout cela peut provoquer une polarisation en Asie d?alliances opposées et faire émerger « un risque réel et croissant de guerre de vastes proportions et même de guerre nucléaire ». L?auteur de cette mise en garde n?est pas un illustre inconnu : il a derrière lui une longue carrière d?analyste des problèmes de défense et de politique étrangère, et fait partie en quelque sorte de l?establishment
intellectuel. Ce n?est pas un hasard si son intervention a provoqué un débat national, auquel a aussi participé le Premier ministre, Julia Gillard, qui a réaffirmé la nécessité du lien privilégié avec les USA. Mais les cercles jusqu?au-boutistes australiens sont allés bien plus loin : il faut s?engager à fond pour une Grande alliance des démocraties contre les despotes de Pékin. Pas de doute : l?idéologie de la guerre contre la Chine s?appuie sur une idéologie de longue date qui justifie et même célèbre les agressions militaires et les guerres de l?Occident au nom de la « démocratie » et des « droits de l?homme ». Et voici qu?à présent le « Prix Nobel de la paix » est conféré au « dissident » chinois Liu Xiaobo : un sens de l?opportunité parfait, d?autant plus parfait si l?on pense à la menace de guerre commerciale contre la Chine brandie cette
fois de façon ouverte et solennelle par le Congrès états-unien.


La Chine, l?Iran et la Palestine


Parmi les premiers à se réjouir du choix des Messieurs d?Oslo s?est trouvée Shirin Ebadi, qui a immédiatement surenchéri : « Non seulement la Chine est un pays qui viole les droits de l?homme mais c?est aussi un pays qui appuie et soutient de nombreux autres régimes qui les violent, comme ceux qui sont au pouvoir au Soudan, en Birmanie, en Corée du Nord, en Iran? » ; en outre, c?est un pays qui est responsable de la « grande exploitation des ouvriers ». Donc, il faut boycotter « les produits chinois » et « limiter au maximum les échanges économiques et commerciaux avec la Chine » [1]. Et une fois de plus : la contribution à l?idéologie de la guerre conduite au nom de la
« démocratie » et des « droits de l?homme » est claire, et la déclaration de guerre commerciale est ouverte. Mais alors, pourquoi Shirin Ebadi a-t-elle eu en 2003 le « Prix Nobel de la Paix » ? Le prix a été attribué à une femme qui a une vision manichéenne des relations internationales ; dans la liste des violations des droits de l?homme il n?y a pas de place pour Abou Ghraib et Guantanamo, pour les complexes carcéraux dans lesquels Israël enferme en masse les Palestiniens, pour les bombardements et les guerres déclenchées sur la base de prétextes faux et mensongers, pour l?uranium appauvri, pour les embargos à tendance génocidaire mis en acte en défiant l?écrasante majorité des membres de l?ONU et de la communauté internationale? Et pour ce qui concerne la « grande exploitation des ouvriers » en Chine, Shirin Ebadi parle sans nul doute à tort et à
travers : dans le grand pays asiatique, des centaines de millions de femmes et d?hommes ont été soustraits à la faim à laquelle ils avaient été condamnés en tout premier lieu par l?agression impérialiste et par l?embargo proclamé par l?Occident ; et ces jours-ci on peut lire dans tous les organes de presse que les salaires des ouvriers sont en train de progresser à un rythme assez rapide. En tous cas, si l?embargo contre Cuba fait rage exclusivement contre les habitants de l?île, un éventuel embargo contre la Chine provoquerait une crise économique planétaire, avec des conséquences dévastatrices même pour les masses populaires occidentales, et bien le bonjour aux droits de l?homme (du moins aux droits économiques et sociaux). Il n?y a pas de doute : en 2003, celle qui a reçu le « Prix Nobel de la Paix » est une idéologue de la guerre, médiocre et provinciale. A-t-on voulu récompenser une
activiste qui, si ce n?est sur le plan international, du moins sur le plan intérieur à l?Iran, entend défendre la cause des droits de l?homme ? Si cela avait été l?intention des Messieurs d?Oslo, ils auraient dû récompenser Mohammed Mossadegh qui, au début des années 1950 s?engagea à construire un Iran démocratique mais qui, ayant eu l?audace de nationaliser l?industrie pétrolière, fut renversé par un coup d?Etat organisé par la Grande-Bretagne et les USA, ces pays qui se dressent aujourd?hui en champions de la « démocratie » et des « droits de l?homme ». Ou bien les Messieurs d?Oslo auraient-ils pu récompenser quelque courageux opposant de la féroce dictature du Shah, soutenu par les habituels, improbables champions de la cause de la « démocratie » et « des droits de l?homme ». Mais alors, pourquoi en 2003 le « Prix Nobel de la Paix » a-t-il
été attribué à Shirin Ebadi ? A ce moment-là, tandis que l?interminable martyr du peuple palestinien subissait un nouveau tour de vis, la Croisade contre l?Iran se profilait clairement. Une reconnaissance attribuée à une militante palestinienne aurait été une contribution réelle à la cause de la détente et de la paix au Proche-Orient. Les militants palestiniens « non-violents » manquent-ils ? Il est difficile de qualifier de « non-violent » Obama, le leader d?un pays qui est engagé dans diverses guerres et qui dépense à lui seul en armements autant que tout le reste du monde pris dans son ensemble. En tous cas, les « non-violents » ne manquent pas en Palestine, et non-violents sont en tous cas les militants qui arrivent de tous pays en Palestine pour défendre ses habitants d?une violence déferlante, et qui, parfois, ont été balayés par des tanks ou par des bulldozers de l?armée
d?occupation. Sauf que les Messieurs d?Oslo ont préféré récompenser une militante qui depuis lors n?a de cesse d?attiser le feu de la guerre en premier lieu contre l?Iran, mais maintenant contre la Chine aussi.


Après la consécration et la transfiguration de Liu Xiaobo, le président états-unien est tout de suite intervenu : et il a demandé la libération immédiate du « dissident ». Mais pourquoi, en attendant, ne pas libérer les détenus sans procès de Guantanamo ou au moins faire pression pour la libération des innombrables Palestiniens (parfois à peine adolescents) emprisonnés par Israël, comme le reconnaît même la presse occidentale, dans des complexes carcéraux terrifiants ?


Les Messieurs d?Oslo, les USA et la Chine


Avec Obama nous tombons sur un autre « Prix Nobel de la paix » aux caractéristiques assez singulières. Quand il l?a obtenu, l?an dernier, il avait déclaré qu?il avait l?intention de renforcer en Afghanistan la présence militaire des USA et de l?OTAN et de donner une impulsion aux opérations de guerre. Conforté aussi par la prestigieuse reconnaissance qu?il avait reçue à Oslo, il a été fidèle à sa parole : ils sont maintenant bien plus nombreux qu?à l?époque de Bush, ces escadrons de la mort qui du haut du ciel « éliminent » les « terroristes », les « terroristes » potentiels et les suspects de « terrorisme » ; et ces hélicoptères et avions sans pilotes qui font office d?escadrons de la mort font rage aussi au Pakistan (avec les nombreuses victimes « collatérales » qui s?en suivent) ; l?indignation populaire est si forte et
répandue que même les gouvernants de Kaboul et d?Islamabad se sentent obligés de protester contre Washington. Mais Obama ne se laisse certes pas impressionner : il peut toujours exhiber son « Prix Nobel de la paix » ! Ces jours derniers, a filtré une nouvelle qui fait froid dans le dos : en Afghanistan, se trouvent des militaires états-uniens qui tuent par divertissement des civils innocents, en conservant ensuite quelque partie du corps des victimes comme souvenir de chasse. L?administration états-unienne s?est empressée de bloquer immédiatement la diffusion des détails ultérieurs et surtout des photos : choquée, l?opinion publique états-unienne et internationale aurait pu ensuite faire pression pour la fin de la guerre en Afghanistan ; pour pouvoir la continuer, cette guerre, et la rendre encore plus âpre, le « Prix Nobel de la paix » a préféré infliger aussi un coup à la
liberté de la presse.


Mais on peut faire ici une considération de caractère général. Au 20ème siècle, ce sont les USA qui ont été le pays qui a vu couronner du « Prix Nobel de la paix » le plus grand nombre d?hommes d?Etat : Théodore Roosevelt (pour qui le seul « bon » Indien était celui qui était mort), Kissinger (le protagoniste du coup d?Etat au Chili et de la guerre au Vietnam), Carter (le promoteur du boycott des Jeux Olympiques de Moscou en 1980 et de l?interdiction d?exportation de blé à l?URSS, est intervenu en Afghanistan aux côtés des freedom fighters musulmans), Obama (qui intervient maintenant, contre les freedom fighters, entre temps devenus terroristes, a recours à un monstrueux appareil de guerre). Voyons sur le versant opposé de quelle façon les Messieurs d?Oslo se positionnent à l?égard de la Chine. Ce pays, qui représente un quart de l?humanité, ne s?est engagé dans les
trois dernières décennies dans aucune guerre et a promu un développement économique qui, en libérant de la misère et de la faim des centaines de millions de femmes et d?hommes, leur permis d?accéder en tous cas aux droits économiques et sociaux. Eh bien, les Messieurs d?Oslo n?ont daigné prendre en considération ce pays que pour attribuer trois prix à trois « dissidents » : en 1989 le « Prix Nobel de la paix » est décerné au XIVème Dalai Lama, qui avait quitté la Chine depuis déjà trois décennies ; en 2000 le Nobel de littérature est attribué à Gao Xingjan, un écrivain qui était désormais citoyen français ; en 2010, le « Prix Nobel de la paix » couronne un autre dissident qui, après avoir vécu aux Etats-Unis et avoir enseigné à Columbia University, retourne en Chine « en vitesse » [2] pour participer à la révolte (tout autre que pacifique) de la Place Tienanmen. De nos jours encore, il parle ainsi de son peuple : « Nous les Chinois, si brutaux » [3]. Ainsi, aux yeux des Messieurs d?Oslo, la cause de la paix est représentée par un pays (les USA) qui se croit souvent investi de la mission divine de guider le monde, qui a installé et continue à installer des bases militaires menaçantes dans tous les coins de la planète ; pour la Chine, (qui ne détient aucune base militaire à l?étranger), pour une civilisation millénaire qui, après le siècle d?humiliations et de misère imposé par
l?impérialisme, est en train de revenir à son antique splendeur, ceux qui représentent la cause de la paix (et de la culture) sont seulement trois « dissidents » qui n?ont désormais plus grand-chose à voir avec le peuple chinois et qui voient dans l?Occident le phare exclusif qui illumine le monde. Nous voyons sans aucun doute ré-émerger ici dans la politique des Messieurs d?Oslo l?antique arrogance colonialiste et impérialiste.


Alors qu?en Australie résonnent des voix inquiètes des périls de guerre, à Oslo on redonne du lustre à une idéologie de la guerre de funeste mémoire : les guerres de l?opium ont été célébrées en son temps par J. S. Mill comme une contribution à la cause de la « liberté » de l? « acquéreur » en plus de celle du vendeur (d?opium), et par Tocqueville comme une contribution à la cause de la lutte contre l? « immobilisme » chinois. Les mots d?ordre agités aujourd?hui par la presse occidentale ne sont pas très différents ; presse qui ne se lasse pas de dénoncer le despotisme oriental immobile. Il faut en prendre acte : peut-être sont-ils aussi inspirés par de nobles intentions, mais avec leur comportement concret les Messieurs du « Prix Nobel de la paix » ne méritent à l?heure actuelle que le Nobel de la guerre.


 


par Domenico Losurdo


 

[1] Corriere della Sera du 9 octobre 2010.

[2] Marco Del Corona, dans le Corriere della Sera du 9 octobre 2010.


[3] Ilaria Maria Sala, La Stampa, 9 octobre 2010.


 




19.10.10 02:39


Les Forces israéliennes d'occupation ont tué 7.407 Palestiniens, dont 1.859 enfants, depuis septembr

La Commission des Nations Unies pour les Droits de l'Homme décrit le droit à la
vie comme le « droit humain ultime », et il est considéré comme le droit humain
le plus important et fondamental. Malgré tout, les forces de l'occupation
sioniste persistent à violer le droit des civils palestiniens à la vie par
l'utilisation d'une force mortelle et excessive et par l'assassinat sous toutes
ses formes en violation flagrante des dispositions de l'Article 3 de la
Déclaration universelle des droits de l'homme, des dispositions du Code de
conduite pour les responsables de l'application des lois et de la 4ème
Convention de Genève sur la protection des civils en temps de guerre.
Par Palestine Info
L'occupation sioniste est une des entités dont la législation n'inclut pas la
peine de mort, mais elle dépend, tandis qu'elle viole le droit à la vie, d'une
série de dispositions et d'instructions pour tirer sur les civils palestiniens.
Cela contrevient essentiellement aux normes internationales qui permettent
l'usage d'une force proportionnelle aux besoins. Ces normes fixent le degré de
force autorisée pour arrêter des « suspects » ou des gens qui contreviennent à
la loi et à l'ordre public (selon le point de vue sioniste).
De plus, l'entité sioniste viole les provisions du Code de conduite pour les
responsables de l'application des lois lorsqu'elle tire sur des civils
palestiniens, dont l'article 3 (c) stipule que « L'emploi d'armes à feu est
considéré comme un moyen extrême. Tout devrait être entrepris pour exclure
l'emploi d'armes à feu, spécialement contre des enfants. D'une manière générale,
il ne faut pas avoir recours aux armes à feu, si ce n'est lorsqu'un délinquant
présumé oppose une résistance armée ou, de toute autre manière, met en danger la
vie d'autrui, et lorsque des moyens moins radicaux ne suffisent pas pour
maîtriser ou appréhender le délinquant présumé. »
Selon les statistiques fournies par la Fondation internationale de solidarité
pour les droits de l'homme, il est clair que le nombre de Palestiniens tués par
les forces d'occupation israéliennes depuis le déclenchement de l'Intifada
al-Aqsa le 28 septembre 2000 jusqu'à la fin septembre 2010 est de 7.407 martyrs,
dont 1.859 enfants de moins de 18 ans, tandis que le nombre de femmes martyrs
est de 476.
La Fondation a déclaré que le nombre de martyrs en 2008 et 2009 s'élevait à
2.112, dont 548 enfants et 159 femmes. La dernière guerre lancée contre Gaza par
l'occupation sioniste a entraîné un très grand nombre de martyrs, plus de 1.460
citoyens, dont 437 enfants et 116 femmes ont été tués.
Politique sioniste d'assassinats et d'exécutions extrajudiciaires
La même Fondation a indiqué qu'Amnesty International (rapport de février 2001
intitulé : 'Israël et les Territoires occupés : assassinats d'Etat et autres
homicides illégaux') définit l'exécution extrajudiciaire comme : « une exécution
extrajudiciaire est un homicide illégal et délibéré commis sur un ordre d'un
gouvernement ou avec son consentement. Les assassinats extrajudiciaires sont des
homicides dont on peut raisonnablement penser qu'ils résultent d'une politique
d'un gouvernement pour éliminer des individus spécifiques comme alternative à
leur arrestation et à leur jugement. Ces homicides ont lieu en dehors de tout
cadre judiciaire. »
17 avril 2004 - Abdel Aziz Al-Rantissi, co-fondateur du Hamas et élu chef
général du mouvement de résistance islamique après l'assassinat de Sheikh Ahmed
Yassine le 22 mars 2004, est assassiné par les forces sionistes, à Gaza.
Depuis le début de l'Intifada al-Aqsa, l'entité sioniste a commencé à recourir à
toutes les vieilles méthodes qui avaient été utilisées auparavant pour réprimer
les soulèvements palestiniens, ajoutant de nouveaux outils et instruments qui ne
sont utilisés que pour faire face à des armées. Ainsi, l'entité sioniste est
revenue à la politique d'assassinats extrajudiciaires et politiques des
Palestiniens dont elle prétend qu'ils sont derrière des opérations contre
l'occupation, sans fournir de preuves de culpabilité et sans les arrêter. Les
forces d'occupation auraient pu arrêter et traduire ces personnes en justice.
L'occupation sioniste est la seule entité au monde qui légitime les exécutions
extrajudiciaires. Elle n'hésite pas non plus à annoncer cette politique à la
communauté internationale. La Cour suprême de justice sioniste, l'organe
judiciaire le plus élevé de l'entité, a rejeté une requête présenté par le
Comité public contre la torture en Israël (Public Committee Against Torture in
Israel - PCATI) et LAW, un groupe palestinien, le 8 août 2003, sur l'émission
d'une injonction préventive empêchant l'armée sioniste de continuer les
assassinats contre les dirigeants et activistes palestiniens en Cisjordanie et
dans la Bande de Gaza.
Position du droit international sur les exécutions extrajudiciaires
Comme toutes les conventions, traités et lois internationales et locales qui ont
approuvé l'illégitimité des exécutions extrajudiciaires, l'article 3 de la
Quatrième Convention de Genève sur la protection des civils en temps de guerre
stipule :
« A cet effet, sont et demeurent prohibés, en tout temps et en tout lieu, à
l'égard des personnes mentionnées ci-dessus :
a) les atteintes portées à la vie et à l'intégrité corporelle, notamment le
meurtre sous toutes ses formes, les mutilations, les traitements cruels,
tortures et supplices ; »
Les Principes des Nations Unies relatifs à la prévention efficace des exécutions
extrajudiciaires, arbitraires et sommaires et aux moyens d'enquêter efficacement
sur ces exécutions en toutes circonstances en temps de guerre interdisent aussi
les exécutions extrajudiciaires selon le principe premier qui établit :
« Les exécutions extrajudiciaires, arbitraires et sommaires seront interdites
par la législation nationale et les gouvernements feront en sorte que de telles
exécutions soient considérées comme des délits punissables en vertu de leur
droit pénal et frappées de peines appropriées tenant compte de la gravité du
délit. Des circonstances exceptionnelles, notamment l'état de guerre ou la
menace de guerre, l'instabilité politique à l'intérieur du pays ou toute autre
situation d'urgence publique, ne pourront être invoquées comme justification de
ces exécutions. De telles exécutions ne devront pas avoir lieu, quelles que
soient les circonstances, notamment en cas de conflit armé interne, par suite de
l'emploi excessif ou illégal de la force par un agent de l'Etat ou toute autre
personne agissant à titre officiel ou sur l'instigation ou avec le consentement
explicite ou tacite d'une telle personne, et dans les situations où il y a décès
pendant la détention préventive. Cette interdiction l'emportera sur les décrets
publiés par l'exécutif. »
Le nombre total de martyrs assassinés par les forces sionistes du début de
l'Intifada al-Aqsa au 28 septembre 2010 parmi les cadres et dirigeants
palestiniens est de 1.269.
La guerre de Gaza... des assassinats de masse
La dernière guerre contre la Bande de Gaza, fin 2008-début 2009, a constitué un
tournant grave en termes de violations commises par les sionistes contre les
citoyens palestiniens. La Bande de Gaza a été bombardé lourdement et
continuellement pendant plus de 22 jours par des avions de combat. Comme
souligné par quelques sources militaires israéliennes, plus d'un tiers de
l'armée de l'air israélienne, des colonnes de chars, des transporteurs de
troupes et des navires de guerre ont été utilisés.
Gaza, 14 janvier 2009 (photo Reuters)
Des dizaines de témoignages qui décrivaient les assassinats et les exécutions
commis sous leurs yeux par les soldats de l'occupation sans aucune excuse ni
justification ont été enregistrés pendant cette guerre. Plus de 1.460 civils,
dont 437 enfants et 116 femmes, ont été tués. De plus, des dizaines de milliers
de citoyens ont été blessés.
Beaucoup d'institutions pour les droits de l'homme ont recensé de nombreux cas
d'utilisation des citoyens comme boucliers humains par l'armée sioniste, sans
parler de l'holocauste subi par des familles entières sous les bombardements
sionistes de quartiers populeux pleins de civils. Les mêmes institutions pour
les droits de l'homme ont souligné l'utilisation par les forces sionistes de
nombreuses armes internationalement interdites, comme le phosphore blanc et
autres.
Pendant cette guerre, des milliers de maisons, écoles, universités, centres
gouvernementaux, quartiers généraux de sécurité, lieux de culte et quartiers
généraux des Nations Unies ont été détruits. De plus, les forces sionistes ont
ciblé l'infrastructure des réseaux des routes, électricité, eau, téléphone, les
centrales électriques et les stations d'épuration, ce qui a provoqué la
contamination de l'eau potable.
Pendant l'attaque sioniste contre la Bande de Gaza, 115 personnes âgées, 5
journalistes, 12 secouristes, 11 membres du corps de défense civile, 9 membres
des équipes médicales militaires (dont 3 médecins et 2 infirmières) et 203
policiers palestiniens sont tombés en martyrs.
La Fondation internationale de solidarité pour les droits de l'homme considère
avec inquiétude les violations sionistes continuelles et en augmentation contre
les citoyens palestiniens sans que l'entité sioniste soit dissuadée ni tenue
pour responsable d'exercer les pires méthodes d'assassinats directs contre le
peuple palestinien désarmé. Tout ceci apparaît évident au vu des chiffres
ci-dessus et de la dernière guerre contre la Bande de Gaza.
La Fondation a demandé à tous les partis internationaux et organismes pour les
droits de l'homme d'exercer des pressions sur l'occupation pour l'application du
droit international sur la protection des civils en temps de guerre, les
protéger et leur garantir la sécurité et mettre fin à l'occupation.
ism-france

La Commission des Nations Unies pour les Droits de l'Homme décrit le droit à la vie comme le « droit humain ultime », et il est considéré comme le droit humain le plus important et fondamental. Malgré tout, les forces de l'occupation sioniste persistent à violer le droit des civils palestiniens à la vie par l'utilisation d'une force mortelle et excessive et par l'assassinat sous toutes ses formes en violation flagrante des dispositions de l'Article 3 de la Déclaration universelle des droits de l'homme, des dispositions du Code de conduite pour les responsables de l'application des lois et de la 4ème Convention de Genève sur la protection des civils en temps de guerre.

Par Palestine Info

src="http://w41k.info//img/newsnet_43678_martyrs-071010.jpg">

L'occupation sioniste est une des entités dont la législation n'inclut pas la peine de mort, mais elle dépend, tandis qu'elle viole le droit à la vie, d'une série de dispositions et d'instructions pour tirer sur les civils palestiniens. Cela contrevient essentiellement aux normes internationales qui permettent l'usage d'une force proportionnelle aux besoins. Ces normes fixent le degré de force autorisée pour arrêter des « suspects » ou des gens qui contreviennent à la loi et à l'ordre public (selon le point de vue sioniste).

De plus, l'entité sioniste viole les provisions du Code de conduite pour les responsables de l'application des lois lorsqu'elle tire sur des civils palestiniens, dont l'article 3 (c) stipule que « L'emploi d'armes à feu est
considéré comme un moyen extrême. Tout devrait être entrepris pour exclure l'emploi d'armes à feu, spécialement contre des enfants. D'une manière générale, il ne faut pas avoir recours aux armes à feu, si ce n'est lorsqu'un délinquant présumé oppose une résistance armée ou, de toute autre manière, met en danger la vie d'autrui, et lorsque des moyens moins radicaux ne suffisent pas pour maîtriser ou appréhender le délinquant présumé.
 »

Selon les statistiques fournies par la Fondation internationale de solidarité pour les droits de l'homme, il est clair que le nombre de Palestiniens tués par les forces d'occupation israéliennes depuis le déclenchement de l'Intifada al-Aqsa le 28 septembre 2000 jusqu'à la fin septembre 2010 est de 7.407 martyrs, dont 1.859 enfants de moins de 18 ans, tandis que le nombre de femmes martyrs est de 476.

La Fondation a déclaré que le nombre de martyrs en 2008 et 2009
s'élevait à 2.112, dont 548 enfants et 159 femmes. La dernière guerre lancée contre Gaza par l'occupation sioniste a entraîné un très grand nombre de martyrs, plus de 1.460 citoyens, dont 437 enfants et 116 femmes ont été tués.

Politique sioniste d'assassinats et d'exécutions extrajudiciaires

La même Fondation a indiqué qu'Amnesty International (rapport de février 2001 intitulé : 'Israël et les Territoires occupés : assassinats d'Etat et autres homicides illégaux') définit l'exécution extrajudiciaire comme : « une exécution extrajudiciaire est un homicide illégal et délibéré commis sur un ordre d'un gouvernement ou avec son consentement. Les assassinats extrajudiciaires sont des homicides dont on peut raisonnablement penser qu'ils résultent d'une politique d'un gouvernement pour éliminer des individus spécifiques comme alternative à leur arrestation et à leur jugement. Ces
homicides ont lieu en dehors de tout cadre judiciaire. 
»



17 avril 2004 - Abdel Aziz Al-Rantissi, co-fondateur du Hamas et élu chef général du mouvement de résistance islamique après l'assassinat de Sheikh Ahmed Yassine le 22 mars 2004, est assassiné par les forces sionistes, à Gaza.

Depuis le début de l'Intifada al-Aqsa, l'entité sioniste a commencé à recourir à toutes les vieilles méthodes qui avaient été utilisées auparavant pour réprimer les soulèvements palestiniens, ajoutant de nouveaux outils et instruments qui ne sont utilisés que pour faire face à des armées. Ainsi, l'entité sioniste est revenue à la politique d'assassinats extrajudiciaires et politiques des Palestiniens dont elle prétend qu'ils sont derrière des opérations contre l'occupation, sans
fournir de preuves de culpabilité et sans les arrêter. Les forces d'occupation auraient pu arrêter et traduire ces personnes en justice.

L'occupation sioniste est la seule entité au monde qui légitime les exécutions extrajudiciaires. Elle n'hésite pas non plus à annoncer cette politique à la communauté internationale. La Cour suprême de justice sioniste, l'organe judiciaire le plus élevé de l'entité, a rejeté une requête présenté par le Comité public contre la torture en Israël (Public Committee Against Torture in Israel - PCATI) et LAW, un groupe palestinien, le 8 août 2003, sur l'émission d'une injonction préventive empêchant l'armée sioniste de continuer les assassinats contre les dirigeants et activistes palestiniens en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza.

Position du droit international sur les exécutions extrajudiciaires

Comme toutes les conventions, traités et lois internationales et locales
qui ont approuvé l'illégitimité des exécutions extrajudiciaires, l'article 3 de la Quatrième Convention de Genève sur la protection des civils en temps de guerre stipule :

« A cet effet, sont et demeurent prohibés, en tout temps et en tout lieu, à l'égard des personnes mentionnées ci-dessus :

a) les atteintes portées à la vie et à l'intégrité corporelle, notamment le meurtre sous toutes ses formes, les mutilations, les traitements cruels, tortures et supplices ; 
»

Les Principes des Nations Unies relatifs à la prévention efficace des exécutions extrajudiciaires, arbitraires et sommaires et aux moyens d'enquêter efficacement sur ces exécutions en toutes circonstances en temps de guerre interdisent aussi
les exécutions extrajudiciaires selon le principe premier qui établit :

« Les exécutions extrajudiciaires, arbitraires et sommaires seront interdites par la législation nationale et les gouvernements feront en sorte que de telles exécutions soient considérées comme des délits punissables en vertu de leur droit pénal et frappées de peines appropriées tenant compte de la gravité du délit. Des circonstances exceptionnelles, notamment l'état de guerre ou la menace de guerre, l'instabilité politique à l'intérieur du pays ou toute autre situation d'urgence publique, ne pourront être invoquées comme justification de ces exécutions. De telles exécutions ne devront pas avoir lieu, quelles que soient les circonstances, notamment en cas de conflit armé interne, par suite de l'emploi excessif ou illégal de la force par un agent de l'Etat ou toute autre personne agissant à titre officiel ou sur l'instigation ou avec le
consentement explicite ou tacite d'une telle personne, et dans les situations où il y a décès pendant la détention préventive. Cette interdiction l'emportera sur les décrets publiés par l'exécutif.
 »

Le nombre total de martyrs assassinés par les forces sionistes du début de l'Intifada al-Aqsa au 28 septembre 2010 parmi les cadres et dirigeants palestiniens est de 1.269.

La guerre de Gaza... des assassinats de masse

La dernière guerre contre la Bande de Gaza, fin 2008-début 2009, a constitué un tournant grave en termes de violations commises par les sionistes contre les citoyens palestiniens. La Bande de Gaza a été bombardé lourdement et continuellement pendant plus de 22 jours par des avions de combat. Comme souligné par quelques sources militaires israéliennes, plus d'un tiers de l'armée de l'air israélienne, des colonnes de chars, des transporteurs de troupes et des navires de guerre ont été
utilisés.



Gaza, 14 janvier 2009 (photo Reuters)

Des dizaines de témoignages qui décrivaient les assassinats et les exécutions commis sous leurs yeux par les soldats de l'occupation sans aucune excuse ni justification ont été enregistrés pendant cette guerre. Plus de 1.460 civils, dont 437 enfants et 116 femmes, ont été tués. De plus, des dizaines de milliers de citoyens ont été blessés.

Beaucoup d'institutions pour les droits de l'homme ont recensé de nombreux cas d'utilisation des citoyens comme boucliers humains par l'armée sioniste, sans parler de l'holocauste subi par des familles entières sous les bombardements sionistes de quartiers populeux pleins de civils. Les mêmes institutions pour les droits de l'homme ont souligné l'utilisation par
les forces sionistes de nombreuses armes internationalement interdites, comme le phosphore blanc et autres.

Pendant cette guerre, des milliers de maisons, écoles, universités, centres gouvernementaux, quartiers généraux de sécurité, lieux de culte et quartiers généraux des Nations Unies ont été détruits. De plus, les forces sionistes ont ciblé l'infrastructure des réseaux des routes, électricité, eau, téléphone, les centrales électriques et les stations d'épuration, ce qui a provoqué la contamination de l'eau potable.

Pendant l'attaque sioniste contre la Bande de Gaza, 115 personnes âgées, 5 journalistes, 12 secouristes, 11 membres du corps de défense civile, 9 membres des équipes médicales militaires (dont 3 médecins et 2 infirmières) et 203 policiers palestiniens sont tombés en martyrs.

La Fondation internationale de solidarité pour les droits de l'homme considère avec inquiétude les violations
sionistes continuelles et en augmentation contre les citoyens palestiniens sans que l'entité sioniste soit dissuadée ni tenue pour responsable d'exercer les pires méthodes d'assassinats directs contre le peuple palestinien désarmé. Tout ceci apparaît évident au vu des chiffres ci-dessus et de la dernière guerre contre la Bande de Gaza.

La Fondation a demandé à tous les partis internationaux et organismes pour les droits de l'homme d'exercer des pressions sur l'occupation pour l'application du droit international sur la protection des civils en temps de guerre, les protéger et leur garantir la sécurité et mettre fin à l'occupation.

ism-france



9.10.10 01:06


L'humanitaire au service du capital : retour sur le cas de Haïti.

«...Alors que les Haïtiens ordinaires souffrent, les riches familles de
Port-au-Prince continuent de vivre dans le luxe » (1). Si les soldats
américains, les forces de l'ONU et les ONG humanitaires par dizaines sont
toujours présents sur le sol de ce pays meurtri, rien ou presque rien n'a été
fait pour la population qui continue à vivre dans des conditions inhumaines neuf
mois après le terrible séisme qui a emporté des centaines de milliers de vies
humaines. L'humanitaire n'est qu'un cynique prétexte utilisé par les puissances
capitalistes pour servir leurs propres intérêts.
Les rescapés du tremblement de terre du 12 janvier 2010 sont toujours livrés à
eux-mêmes. Ils continuent à vivre dans des camps improvisés : « 1,5 million de
personnes vivent encore dans des abris de fortune » selon l'ONU citant des
sources gouvernementales (2). Les haïtiens par milliers s'entassent dans les
rues et les places publiques chassés des camps installés auparavant sur des
terrains privés. Les rues sont toujours encombrées de gravats rendant la
circulation quasi impossible. « Je ne vois pas de changement, il n'y a aucune
évolution » disait une rescapée de Port-au-Prince (3).
Selon Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) en Haïti, « les
hôpitaux de campagne et les cliniques mobiles ont disparu alors que
paradoxalement, la situation des victimes n'a pas changé » (4).
Le Service Jésuite aux Réfugiés (SJR) déplore une situation « critique » dans
les camps non officiels et dénonce la violence exercée sur les femmes lors de la
distribution de l'aide humanitaire (5).
Les premières intempéries du mois de septembre 2010 ont déjà fait des victimes
dans les camps, toujours provisoires, des sinistrés : « Une première évaluation
a permis de dénombrer cinq morts dans les camps où sont réfugiés des dizaines de
milliers de sans-abri du séisme du 12 janvier » a déclaré à l'AFP Edgard
Célestin, responsable de communication de la Protection civile haïtienne.
Des hommes, des femmes et des enfants déjà durement frappés par le séisme, se
retrouvent à nouveau sans protection aucune, à la merci de vents violents et de
fortes pluies.
Les grands blessés du séisme vivent dans des conditions épouvantables et leur
état de santé risque de se dégrader davantage encore. Les plus pauvres, c'est à
dire la majorité de la population, sont maintenant menacés de famine et de
maladies mortelles.
Quel contraste entre le zèle déployé avec faste par les « humanitaires » les
premiers jours du séisme et la sinistre situation actuelle de l'immense majorité
de la population haïtienne !
Où sont passés les milliards de dollars promis au peuple haïtien ? Qui va
demander des comptes sur l'utilisation des fonds réunis par toutes ces ONG grâce
à leur marketing « humanitaire » et à la cynique exploitation de la générosité
des citoyens ?
Quel est le résultat concret de ce show humanitaire et de ce tapage médiatique
sur les sinistrés et notamment sur les plus démunis d'entre eux neuf mois après
le séisme ? Nul ou quasiment nul.
Car l'aide humanitaire n'a pas pour objectif d'aider les hommes et les femmes
dans la détresse, mais d'utiliser les drames humains pour servir les intérêts de
ceux qui la manipulent. Ce sont ces mêmes impérialistes qui ont détruit, à
travers leurs programmes d'ajustement structurel, les services publics pour les
remplacer par la charité des ONG humanitaires. L'aide humanitaire est
subordonnée aux calculs et aux stratégies des puissances impérialistes notamment
des États-Unis qui l'instrumentalisent cyniquement pour leurs seuls intérêts.
L'humanitaire est une forme de corruption par des aumônes plus ou moins
déguisées. Il sert à maintenir dans la dépendance les dominés pour mieux les
asservir. Il est au service des classes dominantes.
Mais les sinistrés savent en même temps que l'aide humanitaire ne leur est pas
vraiment destinée puisque leur situation matérielle reste désastreuse malgré la
présence massive de toute sorte d'acteurs humanitaires. Les ONG par exemple ne
sont pas toujours bien vues par la population locale qui doute de leur
impartialité. Les salaires élevés des cadres de ces organisations, les 4x4
qu'ils utilisent parfois pour circuler dans les quartiers sinistrés et les
hôtels de luxe qu'ils fréquentent contrastent tristement avec la situation
misérable des rescapés. Leur proximité avec l'armée américaine et l'arrogance
avec laquelle elles traitent parfois les sinistrés les éloignent de ceux
qu'elles veulent aider. « Nous ne voulons pas de ce type d'aide humanitaire qui
profite beaucoup plus aux ONG qu'à nous autres qui sommes dans les camps à
l'attente de miettes qui tombent des ONG comme si nous étions des mendiants »,
pense l'un des déplacés (6). Il n'est pas rare de voir sur les murs de
Port-au-Prince des slogans dénonçant les USA, l'ONU, le président René Préval et
les ONG. L'hostilité de de la population locale à leur égard devient de plus en
plus grande. Certaines ONG, obsédées par la sécurité, contractent à des prix
exorbitants une protection armée auprès des compagnies de sécurité privées pour
lesquelles l'humanitaire n'est qu'un marché parmi tant d'autres (7). Tout le
monde trouve son compte sauf les... sinistrés !
Les manifestations et les révoltes de la population sont réprimées par le
pouvoir local très contesté et par la Mission des Nations Unies pour la
Stabilisation d'Haïti (Minustah) c'est à dire par ceux-là mêmes qui sont sensés
« soutenir les efforts humanitaires » ! (8).
L'un des objectifs des élections du 28 novembre 2010, outre de permettre de
placer au pouvoir celles et ceux qui serviront le mieux les intérêts de
l'impérialisme américain et de la bourgeoisie locale, est justement d'empêcher
toute révolte populaire. C'est ce que craignent le plus les classes aisées et
les acteurs humanitaires qui se précipitent à les organiser. Car ils sentent
monter dans tout le pays la colère du peuple qui a plus besoin d'améliorer sa
situation matérielle que de participer aux élections : « Le problème le plus
immédiat, en dehors de la reconstruction, est l'organisation des élections
présidentielles et législatives (...) Le risque d'agitation sociale existe, et
le peuple haïtien peut être fier qu'il n'y ait pas eu de troubles importants
jusqu'à présent, malgré la dureté et la précarité de la situation dans laquelle
se trouvent tant de Haïtiens », écrit Ban Ki-moon (9).
Il faut que l'ordre règne pour que les familles aisées continuent à
s'engraisser. En effet pendant que des millions de travailleurs pauvres vivent
dans des conditions dramatiques « ces familles (...) font des bénéfices
actuellement grâce à la dernière tragédie de leur pays » (10).
L'aide humanitaire est une forme de violence sociale invisible exercée sur les
plus démunis qui doivent, de surcroît, se courber pour l'obtenir. C'est une
espèce de charité laïque utilisée par les classes dominantes pour leurs seuls
intérêts. L'humanitaire, comme la charité, c'est en quelque sorte la morale
d'une société de classes amorale.
Mohamed Belaali
(1) wsws.org/articles cité in emceebeulogue
>(2) un
>(3) tahiti-infos.com/Haiti-neuf-mois-apres-le-seisme
>(4) haitilibre.com/article-607-haiti-reconstruction-apres-6-mois
>(5) reliefweb
>(6) elouidor
>(7) humanitaire.blogs
>(8) minustah.org
>(9) un.org/apps/news
>(10) Patrick Martin, wsws.org cité in emceebeulogue
legrandsoir

«...Alors que les Haïtiens ordinaires souffrent, les riches familles de Port-au-Prince continuent de vivre dans le luxe » (1). Si les soldats américains, les forces de l'ONU et les ONG humanitaires par dizaines sont toujours présents sur le sol de ce pays meurtri, rien ou presque rien n'a été fait pour la population qui continue à vivre dans des conditions inhumaines neuf mois après le terrible séisme qui a emporté des centaines de milliers de vies humaines. L'humanitaire n'est qu'un cynique prétexte utilisé par les puissances capitalistes pour servir leurs propres intérêts.



Les rescapés du tremblement de terre du 12 janvier 2010 sont toujours livrés à eux-mêmes. Ils continuent à vivre dans des camps improvisés : « 1,5 million de personnes vivent encore dans des abris de fortune » selon l'ONU citant des sources gouvernementales (2). Les haïtiens par milliers s'entassent dans les rues et les places publiques chassés des camps installés auparavant sur des terrains privés. Les rues sont toujours encombrées de gravats rendant la circulation quasi impossible. « Je ne vois pas de changement, il n'y a aucune évolution » disait une rescapée de Port-au-Prince (3).

Selon Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) en Haïti, « les hôpitaux de campagne et les cliniques mobiles ont disparu alors que paradoxalement, la situation des
victimes n'a pas changé
 » (4).

Le Service Jésuite aux Réfugiés (SJR) déplore une situation « critique » dans les camps non officiels et dénonce la violence exercée sur les femmes lors de la distribution de l'aide humanitaire (5).

Les premières intempéries du mois de septembre 2010 ont déjà fait des victimes dans les camps, toujours provisoires, des sinistrés : « Une première évaluation a permis de dénombrer cinq morts dans les camps où sont réfugiés des dizaines de milliers de sans-abri du séisme du 12 janvier » a déclaré à l'AFP Edgard Célestin, responsable de communication de la Protection civile haïtienne.

Des hommes, des femmes et des enfants déjà durement frappés par le séisme, se retrouvent à nouveau sans protection aucune, à la merci de vents violents et de fortes pluies.

Les grands blessés du séisme vivent dans des conditions
épouvantables et leur état de santé risque de se dégrader davantage encore. Les plus pauvres, c'est à dire la majorité de la population, sont maintenant menacés de famine et de maladies mortelles.

Quel contraste entre le zèle déployé avec faste par les « humanitaires » les premiers jours du séisme et la sinistre situation actuelle de l'immense majorité de la population haïtienne !

Où sont passés les milliards de dollars promis au peuple haïtien ? Qui va demander des comptes sur l'utilisation des fonds réunis par toutes ces ONG grâce à leur marketing « humanitaire » et à la cynique exploitation de la générosité des citoyens ?

Quel est le résultat concret de ce show humanitaire et de ce tapage médiatique sur les sinistrés et notamment sur les plus démunis d'entre eux neuf mois après le séisme ? Nul ou quasiment nul.

Car l'aide humanitaire n'a pas pour
objectif d'aider les hommes et les femmes dans la détresse, mais d'utiliser les drames humains pour servir les intérêts de ceux qui la manipulent. Ce sont ces mêmes impérialistes qui ont détruit, à travers leurs programmes d'ajustement structurel, les services publics pour les remplacer par la charité des ONG humanitaires. L'aide humanitaire est subordonnée aux calculs et aux stratégies des puissances impérialistes notamment des États-Unis qui l'instrumentalisent cyniquement pour leurs seuls intérêts. L'humanitaire est une forme de corruption par des aumônes plus ou moins déguisées. Il sert à maintenir dans la dépendance les dominés pour mieux les asservir. Il est au service des classes dominantes.

Mais les sinistrés savent en même temps que l'aide humanitaire ne leur est pas vraiment destinée puisque leur situation matérielle reste désastreuse malgré la présence massive de toute sorte d'acteurs humanitaires. Les ONG
par exemple ne sont pas toujours bien vues par la population locale qui doute de leur impartialité. Les salaires élevés des cadres de ces organisations, les 4x4 qu'ils utilisent parfois pour circuler dans les quartiers sinistrés et les hôtels de luxe qu'ils fréquentent contrastent tristement avec la situation misérable des rescapés. Leur proximité avec l'armée américaine et l'arrogance avec laquelle elles traitent parfois les sinistrés les éloignent de ceux qu'elles veulent aider. « Nous ne voulons pas de ce type d'aide humanitaire qui profite beaucoup plus aux ONG qu'à nous autres qui sommes dans les camps à l'attente de miettes qui tombent des ONG comme si nous étions des mendiants », pense l'un des déplacés (6). Il n'est pas rare de voir sur les murs de Port-au-Prince des slogans dénonçant les USA, l'ONU, le président René Préval et les ONG. L'hostilité de de la population locale à leur égard devient de plus en
plus grande. Certaines ONG, obsédées par la sécurité, contractent à des prix exorbitants une protection armée auprès des compagnies de sécurité privées pour lesquelles l'humanitaire n'est qu'un marché parmi tant d'autres (7). Tout le monde trouve son compte sauf les... sinistrés !

Les manifestations et les révoltes de la population sont réprimées par le pouvoir local très contesté et par la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d'Haïti (Minustah) c'est à dire par ceux-là mêmes qui sont sensés « soutenir les efforts humanitaires » ! (8).

L'un des objectifs des élections du 28 novembre 2010, outre de permettre de placer au pouvoir celles et ceux qui serviront le mieux les intérêts de l'impérialisme américain et de la bourgeoisie locale, est justement d'empêcher toute révolte populaire. C'est ce que craignent le plus les classes aisées et les acteurs humanitaires qui se
précipitent à les organiser. Car ils sentent monter dans tout le pays la colère du peuple qui a plus besoin d'améliorer sa situation matérielle que de participer aux élections : « Le problème le plus immédiat, en dehors de la reconstruction, est l'organisation des élections présidentielles et législatives (...) Le risque d'agitation sociale existe, et le peuple haïtien peut être fier qu'il n'y ait pas eu de troubles importants jusqu'à présent, malgré la dureté et la précarité de la situation dans laquelle se trouvent tant de Haïtiens », écrit Ban Ki-moon (9).

Il faut que l'ordre règne pour que les familles aisées continuent à s'engraisser. En effet pendant que des millions de travailleurs pauvres vivent dans des conditions dramatiques « ces familles (...) font des bénéfices actuellement grâce à la dernière tragédie de leur pays » (10).

L'aide humanitaire est une
forme de violence sociale invisible exercée sur les plus démunis qui doivent, de surcroît, se courber pour l'obtenir. C'est une espèce de charité laïque utilisée par les classes dominantes pour leurs seuls intérêts. L'humanitaire, comme la charité, c'est en quelque sorte la morale d'une société de classes amorale.

Mohamed Belaali


(1) wsws.org/articles cité in emceebeulogue
(2) un
(3) tahiti-infos.com/Haiti-neuf-mois-apres-le-seisme
(4) haitilibre.com/article-607-haiti-reconstruction-apres-6-mois
(5) reliefweb
(6) elouidor
(7) humanitaire.blogs
(8) minustah.org
(9) un.org/apps/news
(10) Patrick Martin, wsws.org cité in emceebeulogue




9.10.10 01:05


Ma Colère

Ma Colère
Colère
J?ai éprouvé
Ton mot
 
Dans mes tripes de mère
Cette quinzaine
Si éprouvante
Si fatigante
Pour une mère
Accompagner mon fils
Lui donner le maximum de chances
De réussir à s?épanouir
Sur sa route
Malgré tout est mon choix
Et je pense tant aux autres enfants
Aux autres adultes
Qui ont bien moins de chance
Moi, je suis juste épuisée, fort
Mais je vais retrouver de l?énergie
Colère
Pour cette terre
Qui n?aide pas assez les démunis
Colère pour ce monde de brutes
Qui écrase et qui lutte
Colère
Quand le b****
Lui seul devrait être le maître
Colère
Oui, je l?ai éprouvée
Enfin
J?ai tellement assumé, accepté tellement
Sans l?ombre d?une colère
Qu?elle m?est tombée si fort
D?un coup en intérieur
Mais la patience me revient encore
Et encore
Au final
Je me disais que la colère ne sert à rien
Et bien plus ne mène à rien
Alors agir, réagir, encore lutter
S?accrocher,avancer
Et surtout
Se laisser bercer des beautés
Des bontés
Des petits riens*
Des moins que riens*
Qui font tant de bien
Rédigé par: Annick
ossiane.blog.lemonde.fr/2006/09/18/2006_09_colere/#comment-23067


Ma Colère

Colère

J?ai éprouvé
Ton mot

 

Dans mes tripes de mère
Cette quinzaine
Si éprouvante
Si fatigante
Pour une mère
Accompagner mon fils
Lui donner le maximum de chances
De réussir à s?épanouir
Sur sa route
Malgré tout est mon choix
Et je pense tant aux autres enfants
Aux autres adultes
Qui ont bien moins de chance
Moi, je suis juste épuisée, fort
Mais je vais retrouver de l?énergie
Colère
Pour cette terre
Qui n?aide pas assez les démunis
Colère pour ce monde de brutes
Qui écrase et qui lutte
Colère
Quand le b****
Lui seul devrait être le maître
Colère
Oui, je l?ai éprouvée
Enfin
J?ai tellement assumé, accepté tellement

Sans l?ombre d?une colère
Qu?elle m?est tombée si fort
D?un coup en intérieur
Mais la patience me revient encore
Et encore
Au final
Je me disais que la colère ne sert à rien
Et bien plus ne mène à rien
Alors agir, réagir, encore lutter
S?accrocher,avancer
Et surtout
Se laisser bercer des beautés
Des bontés
Des petits riens*
Des moins que riens*
Qui font tant de bien


Rédigé par: Annick ossiane.blog.lemonde.fr/2006/09/18/2006_09_colere/#comment-23067




2.10.10 01:09


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