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Rapport: La terre brûlée, une nouvelle politique sioniste contre les Palestiniens
En Cisjordanie, les colons sionistes commencent à appliquer l'ancienne politique En Cisjordanie, les colons sionistes commencent à appliquer l'ancienne politique de la terre brûlée, dans le dessein de chasser le peuple palestinien de sa patrie et de ses biens. Cette politique devient une grande source de souci pour les Palestiniens. ![]() Les derniers jours ont connu une recrudescence remarquable des agressions des colons sionistes contre les terrains agricoles palestiniens, en particulier contre leurs fermes et leurs oliviers. Les colons sionistes vont jusqu'à mettre le feu à ces terrains, à leurs arbres, à leurs produits. Ces incendies suivent ceux d'écoles et de mosquées, entre autres. Tous ces agissements ont pour objet de terroriser la population et de la pousser vers l'exil. Souffrances quotidiennes Tout un chacun sait comment et combien les colonies sionistes déployées partout en Cisjordanie dévastent tout ce qui se trouve autour d'elles : des points cancérigènes qui rongent toutes les cellules du corps palestinien. Les colons ne font que mettre de l'huile sur le feu. Récemment, ils ont mis le feu à l'école Al-Sawiya, au sud de Naplouse. Le voisinage des colonies sionistes de Yatsahar, Itmar et Brakha, au sud de Naplouse, souffrent d'agressions quotidiennes : des incendies prémédités, des routes bloquées, des Palestiniens frappés, des olives volés sous la menace d'armes. L'agriculteur Mohammed Qadous dit que chaque matin, un nouveau jour de combat commence, sans pouvoir connaître l'intention des colons de la colonie de Yatsahar. Cela dépendra de leur humeur. Le pire dans l'affaire, c'est que l'armée israélienne épaule les agresseurs israéliens, dans l'absence totale de l'autorité palestinienne et de ses services de sécurité. Incendier les écoles Les colonies sionistes ont mis le feu à l'école du village de Sawia et ont écrit des slogans incendiaires sur ses murs. La collégienne Mona Mohammed dit que les colons sionistes ont mis le feu au dépôt de l'école, alors que les habitants du village ramassaient leurs olives, dans leurs terrains. L'autorité de Ramallah pourchasse la résistance partout en Cisjordanie ; cela encourage les colons à tout faire, ayant les mains libres. Ce sont des témoins oculaires qui ont vu les colons venant des points sionistes implantés sur les collines avoisinantes (Chifot Rahil, Chilo, Ayli) attaquer ladite école et mettre le feu au dépôt. Sur le mur, ils ont noté : « Les habitants des collines vous saluent », une salutation qui a coûté aux villageois plusieurs milliers de dollars et une peur atroce. Coordination sécuritaire Hamed Bitawi, député du Conseil Législatif Palestinien, remarque que ce n'est que cette coordination sécuritaire avec les occupants israéliens qui encourage les colons sionistes à faire plus d'agressions. Cette coordination ne fait que protéger les colons agresseurs et poursuivre celui qui pense à leur faire face ! Pour sa part, Mohmoud Khaled, activiste contre la colonisation et le mur, souligne que les colons sionistes créent chaque jour une nouvelle méthode pour faire mal au peuple palestinien, dont l'incendie de l'école Al-Sawia. A remarquer enfin que ce ne sont pas seulement les colons qui agressent les Palestiniens. Les forces israéliennes d'occupation brûlent aussi la terre palestinienne et ses produits. Elles laissent la terre en cendre, inutilisable. alterinfo |
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Comment l'amérique rejoint le tiers-monde
A quelques heures des élections américaines de mi-mandat, alors que bon nombre A quelques heures des élections américaines de mi-mandat, alors que bon nombre d'experts s'interrogent sur les raisons du désaveu qui s'abat sur le trop bien élu président Obama et tente de prendre le pouls de l'Amérique, Arianna Huffington, fondatrice du Huffington lance un pavé dans la mare avec un livre intitulé l'Amérique du Tiers-Monde. ![]() Sauf improbable surprise de dernière minute, les républicains s'acheminent vers une victoire aux élections de midterms et Obama vers une seconde partie de mandat des plus laborieuses. Tout en négociations serrées. Un désaveu populaire bien difficile à imaginer de ce côté ci de l'Atlantique quand on se souvient à quelle vitesse l'« élu » avait accédé au statut d'icône, prix Nobel de la Paix en prime...Tout restait à faire. C'est bien là le problème. La France des éditorialistes qui sanglotait de bonheur à l'unisson du peuple américain, il y a tout juste deux ans, cherche à comprendre les raisons du désaveu. On s'invite entre éditorialistes. Ainsi, Jean-Pierre Elkabbach recevait ce matin un collègue américain Jonathan Mann. Le journaliste de CNN estime que les Etats-Unis traversent une « vague de colère », due notamment au taux de chômage, et que le vote des Américains serait influencé par ce climat. D'après lui, les électeurs sont confrontés à l'image d'un président Obama « affaibli », qui n'est « pas assez fort, pas assez clair, assez sévère », notamment en terme de prévention du terrorisme. Pour s'en sortir, Obama devait « convaincre » les électeurs blancs et les riches, qui sont traditionnellement les plus mobilisés lors de ces élections de mi-mandat. Les électeurs blancs et les riches : ce serait la seule voie de recours d'Obama. Etonnant quand Barack Obama est déjà perçu ou accusé d'être un millionnaire éduqué à Harvard, qui a perdu le contact avec le citoyen moyen. La semaine de vacances dans une villa à Marbella à 6000 dollars la nuit (sans compter le trajet avec Air force one à 150.000 dollars...) que s'est offerte la First Lady au mois d'août dernier a laissé des traces. Chacun ses yachts Bolloré...La même semaine, l'Amérique « gagnait » 131.000 chômeurs. La classe moyenne et les lobbys A long terme, c'est moins les riches que les classes moyennes et populaires que le président Obama devra récupérer s'il espère renouveler son bail à la Maison Blanche. C'est ainsi que l'entend Arianna Huffington, fondatrice du Huffington Post et auteur du livre au titre choc l'Amérique du Tiers Monde. Dans une interview au Monde Magazine, Arianna Huffington décrit une Amérique délabrée : « Près de 100 millions d'Américains vivent dans des familles aux revenus inférieurs à ceux de leurs parents au même âge. Les enfants de parents fortunés qui ne font pas d'études ont plus de chance d'être riches que les enfants de parents pauvres qui, eux, ont entrepris des études. La classe moyenne, sur laquelle a reposé l'essor économique de ce pays, est une espèce en voie de disparition. La classe moyenne est dévastée. Et sa disparition est bien plus menaçante pour la stabilité à long terme de ce pays que la crise financière, qui a vu 3 000 milliards de dollars d'argent du contribuable versés à Wall Street. Des chiffres ? Depuis la fin de 2007, nous avons perdu plus de 8,4 millions d'emplois. Un Américain sur 5 est sans emploi ou sous-employé ». La fondatrice du Huffington Post égrène alors la liste des infra structures défaillantes du pays : « Le système de canalisations date de la guerre de sécession ! Le réseau électrique est largement insuffisant, d'autant que la demande d'électricité a augmenté de 25 % depuis 1990. Un tiers du réseau routier peut être considéré comme insuffisant, voire médiocre. Le système ferroviaire n'a cessé de régresser depuis 80 ans et paraît grotesque en comparaison des trains ultrarapides qui traversent la France, le Japon, la Chine. Un quart des ponts est, selon le département des transports, "structurellement déficient", ou "fonctionnellement obsolète". Nos réservoirs ? plus de 85 000 ? présentent un réel danger ». Secteur le plus dévasté, les écoles : « Rien n'accélère davantage notre glissade vers un statut de tiers-monde que notre échec à éduquer convenablement nos enfants. C'est pourtant par l'école que passait le rêve américain ! Et pour la classe moyenne, la route vers le succès ! Mais des études montrent que parmi 30 pays développés, les Etats-Unis se situent au 25e rang pour les maths, au 21e pour les sciences. Des résultats lamentables. 30 % des lycéens quittent l'école sans diplôme. Or on ne cesse de licencier des professeurs, de réduire le nombre d'heures de cours, voire de jours d'école. Des bourses sont supprimées alors que les frais pédagogiques augmentent. Pendant ce temps-là, des prisons ont essaimé un peu partout à une vitesse que même McDonald's pourrait envier. Trop d'écoles américaines préparent plus à la prison qu'à l'université. Quel échec ! ». La faute au manque d'audace d'un establishment dont Obama est, malgré tout, un représentant. La faute aussi aux lobbies qui pullulent à Washington. Et la classe moyenne américaine n'est pas enregistrée au registre des lobbies... marianne2 |
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Rapport Amnesty 2010 sur les territoires palestiniens occupés (côté sioniste)
Amnesty Amnesty ![]() Durant l?offensive militaire de 22 jours dénommée opération Plomb durci, qui a pris fin le 18 janvier, les forces israéliennes ont commis des crimes de guerre et d?autres violations graves du droit international dans la bande de Gaza. Elles ont, entre autres, mené des attaques aveugles et disproportionnées contre des civils, pris pour cibles et tué des membres des professions médicales, utilisé des Palestiniens comme boucliers humains et tiré sans discernement des obus au phosphore blanc contre des zones densément peuplées. Plus de 1 380 Palestiniens, dont au moins 330 enfants et plusieurs centaines de civils adultes, ont été tués. La plus grande partie de Gaza a été rasée et l?économie ruinée, les infrastructures de base ont été détruites et des milliers de Palestiniens se sont retrouvés sans logement. L?armée israélienne a continué de maintenir tout au long de l?année des restrictions draconiennes à la liberté de mouvement des Palestiniens dans les territoires occupés, entravant l?accès aux services essentiels et coupant les habitants de leurs terres. Le blocus militaire de la bande de Gaza, qui emprisonnait de fait tous ses habitants (1,5 million), a provoqué une crise humanitaire. Malgré cela, Israël a empêché à plusieurs reprises l?aide internationale et humanitaire de parvenir à la population. Des centaines de Palestiniens gravement malades se sont vu refuser l?autorisation de sortir de Gaza pour se faire traiter, ou ne l?ont obtenue qu?après une longue attente, et au moins 28 sont décédés avant de pouvoir quitter Gaza. En Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est, l?armée israélienne a cette année encore expulsé des Palestiniens, détruit leurs habitations et saisi leurs terres, tandis que les autorités permettaient l?expansion des colonies israéliennes sur des terres palestiniennes saisies illégalement. Tout au long de l?année, les forces israéliennes ont eu recours à une force excessive, parfois meurtrière, contre des civils palestiniens. Des détenus palestiniens auraient de nouveau subi des mauvais traitements, mais les enquêtes sur ces informations étaient rares. Plusieurs centaines de Palestiniens étaient maintenus en détention administrative sans inculpation ; d?autres purgeaient des peines d?emprisonnement prononcées par des tribunaux militaires à l?issue de procès inéquitables. Les soldats et les colons israéliens ayant commis des violations graves des droits fondamentaux de Palestiniens bénéficiaient d?une quasi-impunité. Contexte Les élections législatives de février ont été marquées par la montée des partis de droite et suivies par la formation d?un gouvernement de coalition. Celui-ci a réuni le Parti travailliste, le Likoud ? parti de droite ?, et le groupe d?extrême-droite Yisrael Beitenu. Les États-Unis ont multiplié les appels demandant à Israël d?arrêter l?expansion des colonies, à titre de première étape vers la reprise du processus de paix, mais ils n?ont pas été entendus. Opération Plomb durci Déclenchée sans avertissement dans la bande de Gaza, cette offensive militaire israélienne de 22 jours avait pour objectif déclaré de mettre un terme aux tirs de roquettes lancés en direction d?Israël par des groupes armés affiliés au Hamas et à d?autres mouvements palestiniens. Plus de 1 380 Palestiniens ont été tués et environ 5000 autres, dont au moins 1 800 enfants, ont été blessés, dans beaucoup de cas grièvement. Des milliers d?habitations, de locaux commerciaux et de bâtiments publics ont été détruits et des quartiers entiers rasés. Les réseaux électriques, les installations d?approvisionnement en eau, les stations d?épuration et d?autres infrastructures essentielles ont été gravement endommagés. De grandes étendues de terres agricoles et de nombreux biens industriels et commerciaux ont été dévastés. Ces destructions étaient en grande partie gratuites et délibérées, et aucune nécessité à caractère militaire ne pouvait les justifier. Treize Israéliens ont trouvé la mort durant les combats, dont trois civils tués par des tirs de roquettes et de mortiers lancés sur le sud d?Israël par des groupes armés palestiniens (voir Autorité palestinienne). Avant et pendant l?opération Plomb durci, l?armée israélienne a refusé l?accès à Gaza aux observateurs indépendants, aux journalistes, aux observateurs de la situation des droits humains et aux employés d?organisations humanitaires, ce qui a eu pour effet d?isoler Gaza du monde extérieur. Les autorités ont par ailleurs refusé de coopérer avec une mission d?enquête mise en place par le Conseil des droits de l?homme [ONU]. Le rapport de cette mission (rapport Goldstone), publié en septembre, accusait Israël et le Hamas de crimes de guerre et d?autres actes qui pourraient être constitutifs de crimes contre l?humanité, commis à Gaza et dans le sud d?Israël. Il recommandait que les responsables présumés des crimes de guerre soient traduits en justice. Les autorités israéliennes n?ont mené aucune enquête indépendante et impartiale sur le comportement de leurs soldats durant l?opération Plomb durci ; un certain nombre d?enquêtes internes ont toutefois été réalisées. Attaques contre des biens civils Les forces israéliennes ont attaqué des hôpitaux, des ambulances et des membres du personnel médical ainsi que des installations humanitaires, notamment des bâtiments de l?Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA). Au moins 15 des 27 hôpitaux de Gaza ont été endommagés, considérablement dans certains cas. Une trentaine d?ambulances ont été touchées par des tirs et 16 membres du personnel médical ont été tués. Amnesty International n?a relevé aucun élément démontrant que des combattants du Hamas ou d?autres groupes armés aient utilisé des hôpitaux pour se cacher ou pour mener des attaques, et les autorités israéliennes n?ont fourni aucune preuve de nature à étayer de telles allégations. Trois secouristes ? Anas Fadhel Naim, Yaser Kamal Shbeir et Rafaat Abd al Aal ? ont été tués le 4 janvier à Gaza par un tir de missile israélien alors qu?ils s?approchaient à pied de deux hommes blessés. Un garçon de 12 ans qui leur indiquait le chemin, Omar Ahmad al Baradee, a également été tué. Le 17 janvier vers 6 heures du matin, un obus d?artillerie au phosphore blanc a atteint l?école primaire de l?UNRWA à Beit Lahia, où plus de 1 500 personnes avaient trouvé refuge. Deux enfants ? Muhammad al Ashqar et son frère Bilal ? âgés respectivement de cinq et sept ans ? ont été tués. Une quinzaine d?autres civils ont été blessés. Utilisation de civils comme boucliers humains. Blocage de l?aide humanitaire Les forces israéliennes ont délibérément empêché l?aide humanitaire et les secours d?urgence d?entrer à Gaza, ou ont entravé leur circulation. Elles ont attaqué des convois et des centres de distribution, ainsi que le personnel médical, ce qui a contraint l?UNRWA et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à réduire leurs activités à Gaza durant l?offensive. Plusieurs membres de la famille Al Sammouni se sont vidés de leur sang dans les jours qui ont suivi une attaque lancée le 5 janvier contre leur maison, dans le quartier de Zaytoun à Gaza, l?armée israélienne n?ayant autorisé personne, pas même les ambulanciers, à leur venir en aide. Des enfants sont restés pendant trois jours sans eau ni nourriture à côté des cadavres de leurs proches. Vingt-neuf personnes appartenant à cette même famille ont trouvé la mort. Blocus de Gaza ? crise humanitaire La poursuite du blocus imposé depuis juin 2007 par l?armée israélienne sur la bande de Gaza, a aggravé la situation humanitaire. Quatre habitants de Gaza sur cinq dépendaient de l?aide humanitaire en raison du fort taux de chômage, de l?extrême pauvreté, de l?insécurité alimentaire et de l?augmentation des prix des vivres due aux pénuries. L?ampleur du blocus et les déclarations des responsables israéliens à propos de son objectif démontraient que cette mesure était une forme de châtiment collectif infligé à la population de Gaza, en violation flagrante du droit international. L?opération Plomb durci a porté la crise à un niveau catastrophique. Après la fin de l?offensive, le blocus a entravé, voire totalement empêché, les efforts de reconstruction. De ce fait, les infrastructures d?approvisionnement en eau et d?assainissement ont continué de se dégrader, les coupures Restrictions en Cisjordanie Le mur/barrière de 700 kilomètres érigé par Israël en Cisjordanie et qui sépare de nombreux Palestiniens de leurs terres, de leur travail et de leurs proches, ainsi que les couvre-feux prolongés et les quelque 600 postes de contrôle, barrages routiers et autres obstacles israéliens, continuaient d?empêcher les Palestiniens d?accéder aux services de base tels que les soins et l?éducation. Droit à l?eau Israël continuait, en violation de ses obligations en tant que puissance occupante, de priver les Palestiniens dans les territoires occupés d?un approvisionnement suffisant en eau salubre, ce qui entravait le développement socioéconomique et présentait des risques pour la santé. La consommation d?eau des Palestiniens atteignait à peine 70 litres par personne et par jour, soit bien moins que le minimum de 100 litres recommandé par l?Organisation mondiale de la santé (OMS). La consommation d?eau des Israéliens était quatre fois supérieure. L?armée israélienne détruisait régulièrement les citernes de collecte d?eau de pluie utilisées par des Palestiniens en Cisjordanie en arguant qu?elles avaient été construites sans autorisation. Expulsions forcées Les forces israéliennes ont chassé des Palestiniens de chez eux et détruit leurs habitations, notamment à Jérusalem-Est, au motif qu?elles avaient été construites sans autorisation. Or, les permis de construire sont systématiquement refusés aux Palestiniens. Simultanément, les autorités permettaient l?expansion des colonies israéliennes sur des terres palestiniennes saisies illégalement. La population bédouine du Néguev a elle aussi subi des expulsions forcées. Utilisation excessive de la force Les forces israéliennes ont eu recours à une force excessive contre des civils palestiniens, dont beaucoup ont été blessés et certains tués. Les membres des forces de sécurité ont utilisé du gaz lacrymogène, des balles métalliques recouvertes de caoutchouc et des balles réelles, souvent en l?absence de menace sérieuse pour eux-mêmes ou pour autrui. Le 17 avril, Bassem Abu Rahmeh a été atteint par une bombe lacrymogène projetée à grande vitesse ; il est mort peu après des suites d?une hémorragie interne. Il participait à la manifestation hebdomadaire organisée à Bilin contre le mur/barrière de sécurité qui coupe les habitants de ce village d?une grande partie de leurs terres agricoles. Un enregistrement vidéo montre qu?il n?était pas armé et qu?il ne représentait aucune menace. L?armée israélienne a annoncé l?ouverture d?une enquête sur les circonstances de sa mort. Justice militaire- Détention sans jugement Le nombre de Palestiniens détenus sans inculpation ni jugement dans les prisons israéliennes a baissé, passant de 564 en janvier à 278 en décembre. Hamdi al Tamari, un lycéen palestinien de 16 ans arrêté le 18 décembre 2008, a été maintenu en détention administrative, sans inculpation, dans la prison d?Ofer non loin de Ramallah (Cisjordanie) jusqu?au 14 décembre, date de sa remise en liberté. Il avait été interpellé sous la menace d?une arme par des soldats israéliens à son domicile de Bethléem. Selon ses proches, il avait été frappé à coups de pied et roué de coups, entre autres mauvais traitements, au moment de son arrestation. Procès inéquitables Cette année encore, des Palestiniens des territoires occupés, y compris des mineurs, ont été interrogés en l?absence d?un avocat et déférés devant des tribunaux militaires et non civils, où ils ont subi d?autres violations de leur droit à un procès équitable. Conditions de détention ? privations du droit de visite Les habitants de Gaza n?étant pas autorisés à se rendre en Israël depuis l?imposition du blocus, quelque 900 prisonniers palestiniens originaires de la bande de Gaza étaient privés des visites de leur famille, dans certains cas pour la troisième année consécutive. Torture et autres mauvais traitements De nouvelles informations ont fait état d?actes de torture et de mauvais traitements infligés à des Palestiniens par des agents du Service de sécurité intérieure. Parmi les méthodes signalées figuraient les passages à tabac, la privation de sommeil et le maintien prolongé dans des positions douloureuses. La législation israélienne retient la « nécessité » comme justification possible du recours à la torture. Impunité L?impunité restait la norme pour les soldats et les membres de la police et des autres forces de sécurité, ainsi que pour les colons israéliens auteurs d?atteintes graves aux droits fondamentaux des Palestiniens, notamment d?homicides illégaux. Des colons se sont notamment livrés à des passages à tabac de Palestiniens ou ont jeté des pierres sur eux, et ils ont détruit des récoltes et des habitations. Dans les rares cas où des membres des forces de sécurité israéliennes étaient déclarés coupables, les peines prononcées étaient extrêmement légères. En juin, le parquet a abandonné les poursuites engagées contre Zeev Braude, un habitant de la colonie de Kiryat Arba, à Hébron, qui avait pourtant été filmé en train de tirer sur deux Palestiniens. Le 4 décembre 2008, Hosni Matriya et son père, Abdel al Hai, âgé de 67 ans, avaient été grièvement blessés. Prisonniers d?opinion ? objecteurs de conscience israéliens Au moins six objecteurs de conscience israéliens ont été emprisonnés en 2009 parce qu?ils refusaient d?effectuer leur service militaire et étaient opposés à la présence de l?armée israélienne dans les territoires palestiniens occupés et aux opérations militaires à Gaza. Les ONG israéliennes qui soutenaient les objecteurs de conscience étaient de plus en plus souvent la cible de harcèlement. Le 29 octobre, Or Ben David s?est vu infliger une première peine de 20 jours d?emprisonnement pour avoir refusé d?effectuer son service militaire. Condamnée à deux autres peines, elle était de nouveau incarcérée à la fin de l?année. Visites et documents d?Amnesty International Des délégués d?Amnesty International se sont rendus en Israël et dans les territoires palestiniens occupés en janvier, février, juin, juillet, octobre et novembre. 4 Israël et territoires palestiniens occupés. Le conflit de Gaza : le droit, les enquêtes et l?obligation de rendre des comptes (MDE 15/007/2009). 4 Israël / Gaza. En fournissant des armes, les pays étrangers alimentent le conflit (MDE 15/012/2009). 4 Israel/Gaza: Operation ?Cast Lead?: 22 days of death and destruction, partiellement traduit en français sous le titre Israël/ Gaza. L?opération « Plomb durci » : vingt-deux jours de mort et de destruction (MDE 15/015/2009). 4 Israël et territoires palestiniens occupés. Les autorités doivent prendre des mesures de toute urgence afin de répondre aux préoccupations du Comité contre la torture (MDE 15/019/2009). Amnesty International - Rapport 2010 165I. 4 Troubled waters: Palestinians denied fair access to water, partiellement traduit en français sous le titre Israël/Territoires palestiniens occupés. Les Palestiniens privés de leur droit à l?eau (MDE 15/027/2009).
01/11/2010 - http://www.palestine-info.cc/Fr/Default.aspx |
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Pour en finir avec la logique de guerre et de domination !
En tant qu'organismes québécois voués à la défense et à l'élargissement des En tant qu'organismes québécois voués à la défense et à l'élargissement des droits civils et politiques, économiques, sociaux et culturels, ici et partout dans le monde, En tant que citoyennes et citoyens du Québec épris de paix et de justice et soucieux de développer des relations internationales de coopération fondée sur l'égalité et la solidarité, ![]() 1. NOUS SOMMES INDIGNÉ-ES
2. NOUS DÉNONÇONS LES « VA-T-EN-GUERRE » ICI MÊME AU CANADA :
3. NOUS REJETONS CATÉGORIQUEMENT le faux discours de la « guerre contre le terrorisme » et l'implication militaire, directe ou indirecte, du Canada aux côtés des États-Unis dans le cadre d'une politique visant à étendre leur hégémonie à l'ensemble de la planète et caractérisée par :
4. NOUS APPELONS LA POPULATION QUÉBÉCOISE À SE MOBILISER pour contribuer à renverser cette dynamique mondiale destructrice en exigeant du Gouvernement du Canada :
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La NED, vitrine légale de la CIA
Depuis 30 ans, la National Endowment for Democracy (NED) sous-traite la partie Depuis 30 ans, la National Endowment for Democracy (NED) sous-traite la partie légale des opérations illégales de la CIA. Sans éveiller de soupçons, elle a mis en place le plus vaste réseau de corruption du monde, achetant syndicats ouvriers et patronaux, partis politiques de gauche et de droite, pour qu?ils défendent les intérêts des Etats-Unis au lieu de ceux de leurs membres. Thierry Meyssan décrit ici l?étendue de ce dispositif.
En 2006, le Kremlin dénonçait la prolifération d?associations étrangères en Russie, dont certaines auraient participé à un plan secret de déstabilisation du pays orchestré par la Fondation américaine pour la démocratie (National Endowment for Democracy ? NED). Pour prévenir une « révolution colorée », Vladislav Surkov élaborait une stricte réglementation de ces « organisations non-gouvernementales (ONG) ». A l?Ouest, cet encadrement administratif était décrit comme une nouvelle attaque du « dictateur » Poutine et de son conseiller contre la liberté d?association. Cette politique a été suivie par d?autres Etats qui, à leur tour, ont été présentés par la presse internationale comme des « dictatures ». Le gouvernement des Etats-Unis assure qu?il s?emploie à « la promotion de la démocratie dans le monde ». Il revendique que le Congrès puisse subventionner la NED et que celle-ci puisse, à son tour et en toute indépendance, aider directement ou indirectement des associations, des partis politiques ou des syndicats, oeuvrant en ce sens n?importe où dans le monde. Les ONG étant, comme leur dénomination l?indique, « non-gouvernementales » peuvent prendre des initiatives politiques que les ambassades ne pourraient assumer sans violer la souveraineté des Etats qui les reçoivent. Toute la question réside donc là : la NED et le réseau d?ONG qu?elle finance sont-elles des initiatives de la société civile injustement réprimées par le Kremlin ou des paravents des services secrets US pris en flagrant délit d?ingérence ? Pour répondre à cette question, nous allons revenir sur l?origine et le fonctionnement de la National Endowment for Democracy. Mais avant toute chose, nous devons analyser ce que signifie le projet officiel des Etats-Unis d?« exportation de la démocratie ».
Quelle démocratie ?Les Etats-uniens, en tant que peuple, adhèrent à l?idéologie de leurs pères fondateurs. Ils se pensent comme une colonie venue d?Europe pour fonder une cité obéissante à Dieu. Ils conçoivent leur pays comme « une lumière sur la montagne », selon l?expression de Saint Mathieu reprise durant deux siècles par la plupart de leurs présidents dans leurs discours politiques. Les Etats-Unis seraient une nation modèle, brillant en haut d?une colline, éclairant le monde. Et tous les autres peuples de la terre espéreraient copier ce modèle pour atteindre leur salut. Pour les Etats-uniens, cette croyance naïve implique comme allant de soi que leur pays est une démocratie exemplaire et qu?ils ont un devoir messianique de l?étendre au reste du monde. Alors que Saint Mathieu envisageait la propagation de la foi par le seul exemple d?une vie juste, les pères fondateurs des Etats-Unis pensaient l?allumage de leur feu et sa propagation comme un changement de régime. Les puritains anglais décapitèrent Charles Ier avant de fuir vers les Pays-Bas et les Amériques, puis les patriotes du Nouveau monde rejetèrent l?autorité du roi George III d?Angleterre et proclamèrent l?indépendance des Etats-Unis. Imprégnés de cette mythologie nationale, les Etats-Uniens ne perçoivent pas la politique extérieure de leur gouvernement comme un impérialisme. A leurs yeux, il est d?autant plus légitime de renverser un gouvernement que celui-ci ambitionne d?incarner un modèle différent du leur, donc maléfique. De même, sont-ils persuadés qu?investis de leur mission messianique, ils sont parvenus à imposer par la force la démocratie dans des pays qu?ils ont occupé. Ils apprennent par exemple dans leurs écoles que les GI?s ont apporté la démocratie en Allemagne. Ils ignorent que l?histoire est exactement inverse : leur gouvernement aida Hitler à renverser la République de Weimar et à instaurer un régime militaire pour combattre les Soviets. Cette idéologie irrationnelle les empêche de s?interroger sur la nature de leurs institutions et sur l?absurdité du concept de « démocratie forcée ». Or, selon la formule du président Abraham Lincoln, « la démocratie, c?est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ». De ce point de vue, les Etats-Unis ne sont pas une démocratie, mais un système hybride, dans lequel le pouvoir exécutif revient à une oligarchie, tandis que le peuple en limite l?arbitraire grâce aux contre-pouvoirs législatif et judiciaire. En effet, si le peuple élit le Congrès et certains juges, ce sont les Etats fédérés qui élisent le pouvoir exécutif et ce dernier qui désigne les hauts magistrats. Bien que les citoyens soient appelés à se prononcer sur le choix de leur président, leur vote en la matière n?est que consultatif, comme l?a rappelé la Cour suprême en 2000 dans l?affaire Gore contre Bush. La Constitution des Etats-Unis ne reconnaît pas la souveraineté du peuple, car le pouvoir est partagé entre lui et les Etats fédérés, c?est-à-dire les notables locaux. Au passage, on observera que la Constitution de la Fédération de Russie est au contraire démocratique ? sur le papier tout au moins ? en ce qu?elle affirme : « Le détenteur de la souveraineté et l?unique source du pouvoir dans la Fédération de Russie est son peuple multinational » (Titre I, Ch. 1, art.3). Ce contexte intellectuel explique que les Etats-Uniens soutiennent leur gouvernement lorsqu?il annonce vouloir « exporter la démocratie », alors même que leur pays n?en est pas une constitutionnellement. Mais, on ne voit pas comment ils pourraient exporter ce qu?ils n?ont pas et ne veulent pas avoir chez eux. Au cours des trente dernières années, cette contradiction a été portée par la NED et s?est concrétisée par la déstabilisation de nombreux Etats. Des milliers de militants et d?ONG crédules ont violé la souveraineté des peuples avec le sourire béat de la bonne conscience.
Une Fondation pluraliste et indépendanteDans son célèbre discours du 8 juin 1982 devant le Parlement britannique, le président Reagan dénonça l?Union soviétique comme « l?Empire du Mal » et proposa de venir en aide aux dissidents là-bas et ailleurs. « Il s?agit de contribuer à créer l?infrastructure nécessaire à la démocratie : la liberté de la presse, des syndicats, des partis politiques, des universités : ainsi les peuples seront-ils libres de choisir telle voie qui leur conviendra pour développer leur culture et régler leurs différents par des moyens pacifiques », déclara t-il. Sur cette base consensuelle de lutte contre la tyrannie, une commission de réflexion bipartisane préconisa à Washington la création de la Fondation nationale pour la démocratie (NED). Celle-ci fut instituée par le Congrès en novembre 1983 et immédiatement financée. La Fondation subventionne quatre structures autonomes qui redistribuent à l?étranger l?argent disponible à des associations, des syndicats ouvriers et patronaux, et des partis de droite et de gauche. Il s?agit de : Présenté de cette manière, la NED et ses quatre pseudopodes paraissent basés sur la société civile dont ils reflètent la diversité sociale et le pluralisme politique. Financés par le peuple états-unien, via le Congrès, ils oeuvreraient à un idéal universel. Ils seraient complètement indépendants de l?administration présidentielle. Et leur action transparente ne pourrait pas masquer des opérations secrètes servant des intérêts nationaux inavoués. La réalité est complètement différente.
Une mise en scène de la CIA, du MI6 et de l?ASISLe discours de Ronald Reagan à Londres prend place après les scandales entourant la révélation par des commissions d?enquête parlementaires des coups tordus de la CIA. Le Congrès interdit à l?Agence d?organiser de nouveaux coups d?Etat pour conquérir des marchés. A la Maison-Blanche, le Conseil de sécurité nationale cherche donc à mettre en place d?autres outils pour contourner cet interdit. La Commission de réflexion bipartisane a été constituée avant le discours de Ronald Reagan, même si elle n?a officiellement reçu de mandat de la Maison-Blanche qu?après. Elle ne répond donc pas à la grandiloquente ambition présidentielle, mais la précède. Par conséquent, le discours n?est que l?habillage rhétorique de décisions déjà arrêtées dans leurs grandes lignes et destinées à être mises en scène par la commission bipartisane. Celle-ci était présidée par le représentant spécial des Etats-Unis pour le Commerce, ce qui indique qu?elle n?envisageait pas la promotion de la démocratie, mais, selon une terminologie consacrée, de la « démocratie de marché ». Ce concept étrange correspond au modèle états-unien : une oligarchie économique et financière impose ses choix politiques via les marchés et l?Etat fédéral, tandis que les parlementaires et juges élus par le peuple protègent les individus de l?arbitraire de l?administration. Trois des quatre organismes périphériques de la NED ont été formés pour la circonstance. Cependant il n?a pas été nécessaire de créer le quatrième, l?organisme syndical (ACILS). Celui-ci existait depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, bien qu?il ait changé de nom en 1978 lorsqu?on dévoila sa subordination à la CIA. D?où l?on peut déduire que le CIPE, l?IRI et le NDI ne sont pas nés par génération spontanée, mais également sous la houlette de la CIA. De plus, bien que la NED soit une association de droit états-unien, elle n?est pas un outil de la seule CIA, mais un dispositif commun avec les services britannique (ce pourquoi elle est annoncée par Reagan à Londres) et australien. Ce point central est toujours passé sous silence. Il est pourtant confirmé par les messages de félicitation adressés par les Premiers ministres Tony Blair et John Howard lors du XXe anniversaire de la soi-disante « ONG ». La NED et ses pseudopodes sont des organes du pacte militaire anglo-saxon liant Londres, Washington et Canberra au même titre que le réseau d?interception électronique Echelon. Ce dispositif peut être requis non seulement par la CIA, mais aussi par le MI6 britannique et l?ASIS australien. Pour dissimuler cette réalité, la NED a suscité chez des alliés la création d?organisations analogues qui travaillent avec elle. En 1988, le Canada s?est doté d?un centre Droits & Démocratie, qui s?est surtout focalisé sur Haïti, puis sur l?Afghanistan. En 1991, le Royaume-Uni a institué la Westminster Foundation for Democracy (WFD). Le fonctionnement de cet organisme public est calqué sur celui de la NED : son administration est confiée aux partis politiques (huit délégués : trois pour le Parti conservateur, trois pour le Parti travailliste, un pour le Parti libéral, et un dernier pour les autres partis représentés au Parlement). La WFD a beaucoup travaillé en Europe orientale. Enfin, en 2001, l?Union européenne s?est dotée du European Instrument for Democracy and Human Rights (EIDHR), qui suscite moins de soupçons que ses homologues. Ce bureau relève d?EuropAid, dirigé par un haut fonctionnaire La directive présidentielle 77En votant la fondation de la NED, le 22 novembre 1983, les parlementaires US ignoraient qu?elle existait déjà en secret, en vertu d?une directive présidentielle datée du 14 janvier. Ce document, qui n?a été déclassifié que deux décennies plus tard, organise la « diplomatie publique », expression politiquement correcte pour désigner la propagande. Il institue à la Maison-Blanche des groupes de travail au sein du Conseil de sécurité nationale, dont un chargé de piloter la NED.
Par conséquent, le conseil d?administration de la Fondation n?est qu?une courroie de transmission du Conseil de sécurité nationale. Pour maintenir les apparences, il a été convenu que, d?une manière générale, les agents et anciens agents de la CIA ne pourraient être nommés administrateurs. Les choses sont néanmoins transparentes. La plupart des hauts fonctionnaires ayant joué un rôle central au Conseil de sécurité nationale ont été administrateurs de la NED. C?est par exemple le cas d?Henry Kissinger, Franck Carlucci, Zbigniew Brzezinski, ou encore Paul Wolfowitz ; des personnalités qui ne resteront pas dans l?Histoire comme des idéalistes de la démocratie, mais comme des stratèges cyniques de la violence. Le budget de la Fondation ne peut être interprété isolément puisqu?elle reçoit ses instructions du Conseil de sécurité nationale pour mener des actions s?inscrivant dans de vastes opérations inter-agences. Des fonds, notamment lorsqu?ils proviennent de l?Agence d?aide internationale (USAID), transitent par la NED sans apparaître dans son budget, simplement pour les « non-gouvernementaliser ». En outre, la Fondation reçoit indirectement de l?argent de la CIA, après qu?il ait été blanchi par des intermédiaires privés comme la Smith Richardson Foundation, la John M. Olin Foundation ou encore la Lynde and Harry Bradley Foundation. Pour évaluer l?ampleur de ce programme, il faudrait cumuler le budget de la NED avec les sous-budgets correspondants du département d?Etat, de l?USAID, de la CIA, et du département de la Défense. Une telle estimation est aujourd?hui impossible. Certains éléments connus permettent néanmoins de disposer d?un ordre de grandeur. Les Etats-Unis ont dépensé au cours des cinq dernières années plus d?1 milliard de dollars pour des associations et partis au Liban, un petit Etat de 4 millions d?habitants. Globalement, la moitié de cette manne a été distribuée publiquement par le département d?Etat, l?USAID et la NED, l?autre moitié a été versée secrètement par la CIA et le département de la Défense. Cet exemple permet d?extrapoler que le budget général de corruption institutionnelle par les Etats-Unis se compte en dizaines de milliard de dollars annuels. Au demeurant, le programme équivalent de l?Union européenne, qui est entièrement public et fournit un appoint aux actions états-uniennes, est de 7 milliards d?euros annuels. En définitive, la structure juridique de la NED et le volume de son budget officiel ne sont que des leurres. Par essence, elle n?est pas un organisme indépendant chargé d?actions légales autrefois dévolues à la CIA, mais elle est une vitrine que le Conseil de sécurité nationale charge de réaliser les éléments légaux d?opérations illégales. La stratégie trotskisteAu cours de sa phase de mise en place (1984), la NED a été présidée par Allen Weinstein, puis durant quatre ans par John Richardson (1984-88), enfin par Carl Gershman (depuis 1998). Ces trois hommes ont trois points communs. Ils sont juifs, ont milité au sein du parti trotskiste Social Democrats USA, et ont travaillé à la Freedom House. Il y a une logique à cela : par haine du stalinisme, certains trotskistes ont rejoint la CIA pour lutter contre les Soviétiques. Ils ont apporté avec eux la théorie de la prise de pouvoir mondiale, en la transposant aux « révolutions colorées » et à la « démocratisation ». Ils ont simplement déplacé la vulgate trotskiste en l?appliquant au combat culturel analysé par Antonio Gramsci : le pouvoir s?exerce dans les esprits plus que par la force. Pour gouverner les masses, une élite doit d?abord leur inculquer une idéologie qui programme leur acceptation du pouvoir qui les domine. Le Centre américain pour la solidarité des travailleurs (ACILS)
Le fait de choisir des syndicalistes pour couvrir ce programme de la CIA est d?une rare perversité. Loin du slogan marxiste « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous », l?ACILS associe les syndicats ouvriers états-uniens à l?impérialisme qui écrase les travailleurs des autres pays. Cette filière était dirigée par un personnage haut en couleurs, Irving Brown, de 1948 jusqu?à sa mort en 1989.
Certains auteurs assurent que Brown était le fils d?un Russe blanc, compagnon d?Alexandre Kerensky. Ce qui est certain, c?est qu?il fut agent de l?OSS, le service de renseignement US durant la Seconde Guerre mondiale et participa à la création de la CIA et du réseau Gladio de l?OTAN. Il refusa d?en prendre la direction, préférant se concentrer sur sa spécialité, les syndicats. Il fut basé à Rome, puis à Paris, et non pas à Washington, de sorte qu?il eut une influence particulière sur la vie publique italienne et française. A la fin de sa vie, il se vantait ainsi de n?avoir cessé de diriger en sous-main le syndicat français Force Ouvrière, d?avoir tiré les ficelles du syndicat étudiant UNI (où militèrent Nicolas Sarkozy et ses ministres François Fillon, Xavier Darcos, Hervé Morin et Michèle Alliot-Marie, ainsi que le président de l?Assemblée nationale Bernard Accoyer et le président du groupe A la fin des années 90, les adhérents de la confédération AFL-CIO ont exigé des comptes sur les activités réelles de l?ACILS, alors que leur caractère criminel dans de nombreux pays avait été abondamment documenté. On aurait pu croire que les choses auraient changé après ce grand déballage. Il n?en est rien. En 2002 et 2004, l?ACILS a participé activement au coup d?Etat manqué au Venezuela contre le président Hugo Chavez et à celui, réussi, en Haïti, renversant le président Jean-Bertrand Aristide. Aujourd?hui l?ACILS est dirigé par John Sweeney, ancien président de la confédération AFL-CIO, qui est lui aussi issu du parti trotskiste Social Democrats USA. Le Centre pour l?entreprise privée internationale (CIPE)
La première réussite du CIPE, c?est la transformation, en 1987, du European Management Forum ?un club de grands patrons européens? en World Economic Forum ?le club de la classe dirigeante transnationale?. Le grand rendez-vous annuel du gotha économique et politique global dans la station de ski suisse de Davos a contribué à forger une appartenance de classe au-delà des identités nationales. Le CIPE veille à n?avoir aucun lien structurel avec le Forum de Davos, et il n?est pas possible ?pour le moment? de prouver que le World Economic Forum est instrumenté par la CIA. A contrario, les responsables de Davos seraient bien en peine d?expliquer pourquoi certains leaders politiques ont choisi leur Forum économique pour y jouer des événements de la plus haute importance s?il ne s?agissait d?opérations planifiées par le Conseil de sécurité nationale des Etats-Unis. Par exemple, en 1988, c?est à Davos ?et pas à l?ONU? que la Grèce et la Turquie font la paix. En 1989, c?est à Davos que les deux Corée d?une part et les deux Allemagne d?autre part, tiennent leur premier sommet à niveau ministériel pour les uns et leur premier sommet sur la réunification pour les autres. En 1992, c?est encore à Davos que Frederik de Klerk et Nelson Mandela libre viennent ensemble présenter pour la première fois à Le contact entre le Forum et Washington passe notoirement par Susan K. Reardon, l?ancienne directrice de l?association professionnelle des employés du département d?Etat devenue directrice de la Fondation de la Chambre de Commerce des Etats-Unis, qui gère le CIPE. L?autre réussite du Centre pour l?entreprise privée internationale, c?est Transparency International. Cette « ONG » a officiellement été créée par un officier de renseignement militaire US, Michael J. Hershman, qui est par ailleurs administrateur du CIPE et aujourd?hui un des responsables du recrutement des informateurs du FBI aussi bien que le Pdg de l?agence de renseignement privée Fairfax Group. Transparency International est avant tout une couverture pour les activités d?intelligence économique de la CIA. C?est aussi un outil de communication pour contraindre des Etats à modifier leurs législations dans le sens de l?ouverture de leurs marchés. Pour masquer l?origine de Transparency International, le CIPE a fait appel au savoir-faire de l?ancien directeur de presse de la Banque mondiale, le néo-conservateur Frank Vogl. Ce dernier a mis en place un Comité de personnalités qui a contribué à donner l?impression d?une association issue de la société civile. Ce comité de façade est animé par Peter Eigen, ancien directeur de la Banque mondiale en Afrique de l?Est, dont l?épouse était en 2004 et 2009 la candidate du SPD à la présidence de la République fédérale allemande. Le travail de Transparency International sert les intérêts US et n?est aucunement fiable. Ainsi, en 2008, la pseudo ONG dénonçait la corruption de PDVSA, la société publique des pétroles du Venezuela, et, sur la base d?informations falsifiées, la plaçait en dernière position dans son classement mondial des entreprises publiques. Le but était évidemment de saboter la réputation d?une entreprise qui constitue le socle économique de la politique anti-impérialiste du président Hugo Chavez. Prise en flagrant délit d?intoxication, Transparency International refusa de répondre aux questions de la presse latino-américaine et de corriger son rapport. Rien d?étonnant au demeurant lorsqu?on se souvient que le correspondant du CIPE au Venezuela, Pedro Carmona, avait brièvement été installé au pouvoir par les USA, lors du coup d?Etat manqué de 2002 contre Hugo Chavez. D?une certaine manière, en focalisant l?attention des médias sur la corruption économique, Transparency International masque l?activité de la NED : la corruption politique des élites dirigeantes au profit des Anglo-Saxons. L?Institut républicain international (IRI) et l?Institut national démocratique pour les affaires internationales (NDI)
L?IRI et le NDI s?appuient aussi sur les fondations politiques liées aux grands partis européens (six en Allemagne, deux en France, une aux Pays-Bas et une autre encore en Suède). En outre, certaines opérations ont été sous-traitées à de mystérieuses sociétés privées, comme Democracy International Inc. qui a organisé les dernières élections truquées en Afghanistan.
Tout cela laisse un goût amer. Les Etats-Unis ont corrompu la plupart des grands partis politiques et syndicats dans le monde. En définitive, la « démocratie » qu?ils promeuvent consiste à discuter de questions locales dans chaque pays ?voire de questions sociétales comme les droits des femmes ou des gays? et à s?aligner sur Washington pour toutes les questions internationales. Les campagnes électorales sont devenues des spectacles dont la NED choisit le casting en fournissant à certains et pas à d?autres les moyens financiers dont ils ont besoin. Même la notion d?alternance a perdu son sens, puisque la NED promeut alternativement un camp ou un autre pourvu qu?il poursuive la même politique étrangère et de défense. On se lamente aujourd?hui dans l?Union européenne et ailleurs sur la crise de la démocratie. Celle-ci a pour responsables évidents la NED et les Etats-Unis. Et comment qualifier un régime, comme celui des Etats-Unis, où le principal leader de l?opposition, John McCain, est en réalité un employé du Conseil de sécurité nationale ? Certainement pas comme une démocratie. Le bilan d?un systèmeL?USAID, la NED, leurs instituts satellites et leurs fondations intermédiaires ont donné naissance au fil du temps à une vaste et gourmande bureaucratie. Chaque année le vote du budget de la NED par le Congrès donne lieu à de vifs débats sur l?inefficacité de ce système tentaculaire et les rumeurs de détournements de fonds au profit de personnalités politiques états-uniennes chargées de l?administrer. Dans un souci de bonne gestion, de nombreuses études ont été commandées pour mesurer l?impact de ces flux financiers. Des experts ont comparé les sommes allouées dans chaque Etat et la notation démocratique de ces Etats par la Freedom House. Puis, ils ont calculé combien il fallait dépenser de dollars par habitant pour améliorer d?un point la note démocratique d?un Etat.
Bien sûr tout ceci n?est qu?une tentative d?auto-justification. L?idée d?établir une notation démocratique n?a rien de scientifique. De manière totalitaire, elle suppose qu?il n?existe qu?une forme d?institutions démocratiques. Et de manière infantile, elle établit une liste de critères disparates qu?elle pondère de coefficients imaginaires pour transformer la complexité sociale en un chiffre unique. Au demeurant, la grande majorité de ces études concluent à l?échec : bien que le nombre de démocraties s?accroisse dans le monde, il n?y aurait aucun lien entre les progrès ou les régressions démocratiques d?une part, et les sommes dépensées par le Conseil de sécurité nationale. A contrario, cela confirme que les objectifs réels n?ont aucun rapport avec ceux qui sont affichés. Les responsables de l?USAID citent cependant une étude de l?université Vanderbilt selon laquelle, seules les opérations de la NED co-financées par l?USAID ont été efficaces, parce que l?USAID a une gestion rigoureuse de son budget. Sans surprise, cette étude singulière a été financée par? l?USAID. Quoi qu?il en soit, en 2003, à l?occasion de son vingtième anniversaire, la NED dressa un bilan politique de son action d?où il ressort qu?elle finançait alors plus de 6 000 organisations politiques et sociales dans le monde, un chiffre qui n?a cessé de croître depuis. Elle revendiquait avoir entièrement créé le syndicat Solidarnoc en Pologne, la Charte des 77 en Tchécoslovaquie et Otpor en Serbie. Elle se félicitait d?avoir créé de toutes pièces la radio B92 ou le quotidien Oslobodjenje en ex-Yougoslavie et une kyrielle de nouveaux médias indépendants en Irak « libéré ». Changer de couvertureAprès avoir connu un succès mondial, la rhétorique de la démocratisation ne convainc plus. En l?utilisant en toutes circonstances, le président George W. Bush l?a usée. Personne ne peut sérieusement soutenir que les subventions versées par la NED feront disparaître le terrorisme international. Pas plus qu?on ne peut prétendre a posteriori que les troupes US auraient renversé Saddam Hussein pour offrir la démocratie aux Irakiens. De plus, les citoyens qui partout dans le monde militent pour la démocratie sont devenus méfiants. Ils ont compris que l?aide offerte par la NED et ses pseudopodes visait en réalité à les manipuler et à piéger leur pays. Ils refusent donc de plus en plus souvent les dons « désintéressés » qui leur sont proposés. Aussi les responsables états-uniens des différents canaux de corruption ont envisagé de faire muer le système une nouvelle fois. Après les coups fourrés de la CIA et la transparence de la NED, ils envisagent de créer une nouvelle structure qui prendrait le relais d?un ensemble discrédité. Elle ne serait plus gérée par les syndicats, le patronat et les deux grands partis, mais par des multinationales sur le modelée de l?Asia Foundation. Dans les années 80, la presse révéla que cette organisation était une couverture de la CIA pour lutter contre le communisme en Asie. Elle fut alors réformée et sa gestion fut confiée à des multinationales (Boeing, Chevron, Coca-Cola, Levis Strauss etc?). Ce relookage fut suffisant pour donner une apparence non-gouvernementale et respectable à une structure qui n?a jamais cessé de servir la CIA. Après la dissolution de l?URSS, elle fut doublée d?une autre, l?Eurasia Foundation, chargée d?étendre l?action secrète dans les nouveaux Etats asiatiques. Une autre question discutée est de savoir si les dons pour la « promotion de la démocratie » doivent prendre uniquement la forme de contrats pour réaliser des projets donnés ou celle de subventions sans obligation de résultat. La première formule offre une meilleure couverture juridique, mais la seconde est bien plus efficace pour corrompre. Au vu de ce panorama, l?exigence de Vladimir Poutine et de Vladislav Surkov de réglementer le financement des ONG en Russie est légitime, même si la bureaucratie qu?ils ont élaborée pour cela est outrancière et tatillonne. Le dispositif de la NED, mis en place sous l?autorité du Conseil de sécurité nationale des Etats-Unis, non seulement ne favorise pas les efforts démocratiques dans le monde, mais les empoisonnent.
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Afghanistan, vers le retrait
La guerre d'Afghanistan est entrée dans sa dixième année : elle a commencé le 7 La guerre d'Afghanistan est entrée dans sa dixième année : elle a commencé le 7 octobre 2001, les troupes américaines et britanniques lançant leur attaque contre le régime des talibans, un mois après les attentats de New York et Washington. Alain Gresh Le Monde diplomatique / info-palestine ![]() Rapatriement des corps des derniers soldats italiens tués en Afghanistan L'objectif affiché était d'en finir avec le pouvoir du mollah Omar et de démanteler « les réseaux terroristes ». Cette offensive s'inscrivait dans ce que l'administration Bush appelait « la guerre contre le terrorisme » et qui allait se déployer en Irak, puis au Liban durant la guerre israélienne de l'été 2006. Les résultats sont connus et, sans entrer dans les détails, on peut en tracer les traits principaux : extension de l'influence des talibans en Afghanistan, qui contrôlent désormais une partie importante du territoire et mobilisent plus largement au nom de la lutte contre l'invasion étrangère ; extension des combats au Pakistan où les talibans locaux mènent une lutte déstabilisatrice contre le pouvoir et l'armée accusés de collaborer avec les Etats-Unis ; implantation d'Al-Qaida en Irak où l'organisation n'avait aucun relais avant la guerre de 2003 ; renforcement des réseaux qui se réclament d'Al-Qaida et qui, du Liban à la Somalie, en passant par le Yémen s'engagent militairement contre les troupes américaines et leurs alliés. Plus largement, la guerre contre le terrorisme a aggravé la déstabilisation de la région, au détriment même des intérêts des Etats-Unis. L'enlisement et l'aveuglement qui ont marqué la politique américaine en Afghanistan, politique suivie sans état d'âme par la France, vont-ils prendre fin ? Les Etats-Unis préparent-ils leur retrait et laisseront-ils aux Afghans la possibilité de régler leurs propres problèmes ? Au moins, un débat se déroule au sein de l'administration américaine, comme le livre de Bob Woodward, Obama's Wars, le montre. Dans un article qui évoque cet ouvrage, Robert Dreyfuss (« Woodward : Obama Wants Out of Afghanistan », The Nation, 22 septembre - à partir de ce que différents journaux ont publié, le livre n'étant pas à l'époque disponible) cite une des déclarations d'Obama en 2008 à ses généraux qui demandaient un engagement plus soutenu : « En 2010, nous ne devrons plus avoir une conversation sur la façon de faire plus. Je ne veux pas entendre, "Nous allons bien, Monsieur le Président, mais nous serions mieux si nous en faisons plus." Nous n'allons pas avoir une conversation sur la façon de changer [la mission]... à moins que nous parlions de la façon de nous retirer plus rapidement que prévu en 2011. » Le livre semble confirmer la volonté du président Obama de se sortir du bourbier afghan. Deux informations récentes, toutes deux rapportées par l'International Herald Tribune (15 octobre) (les liens hypertextes sont faits avec les articles publiés sur le site électronique du New York Times) éclairent le contexte et confirment cette impression. La première concerne le contingent espagnol (l'Espagne s'est retirée d'Irak après la victoire des socialistes en 2004 mais continue à participer aux combats en Afghanistan). L'article raconte l'histoire d'un soldat mort au combat, dont la particularité était qu'il n'avait pas la nationalité espagnole, mais... colombienne. (Rachel Donadio et Dale Fuchs, « A Casualty Both of War and the Spanish Economy »). On y aprend que 7 % de l'armée espagnole est composée d'étrangers, poussés à s'engager par la crise économique et par la perspective (non automatique) d'acquérir la nationalité espagnole. Comme sa mère l'indique aux journalistes, on le considérait plus comme « un mercenaire » que comme un soldat. Depuis le 11 septembre 2001, l'armée américaine aussi a largement fait appel à des volontaires étrangers. Je citais en décembre 2006, dans un envoi intitulé « L'armée américaine à la recherche de volontaires étrangers », un journal américain : « A l'heure actuelle, la politique du Pentagone stipule que seuls les immigrants légaux résidant aux Etats-Unis ont le droit de s'enrôler. On compte aujourd'hui 30 000 non-citoyens qui servent dans les forces armées américaines, soit 2 % des effectifs d'active (...) Environ une centaine de non-citoyens sont morts en Irak et en Afghanistan. Un récent changement de la loi américaine donne au Pentagone l'autorité d'amener des immigrants aux Etats-Unis s'il les considère comme vitaux pour la sécurité nationale. Jusqu'à présent, le Pentagone n'a pas utilisé ce changement, mais la pression s'accroît pour qu'il utilise cette nouvelle possibilité. Certains penseurs militaires hauts placés pensent que les Etats-Unis devraient recruter des étrangers dans leur pays d'origine. » Quand une nation prétend engager une guerre vitale, au nom de la liberté et des grands principes, mais sont incapables de trouver assez de soldats « nationaux » pour les mener, cela pose, c'est le moins qu'on puisse dire, problème. La deuxième information donnée par le quotidien américain confirme l'appui de Washington et de l'OTAN aux négociations secrètes menées par le pouvoir afghan avec les talibans (Helen Cooper et Dexter Filkins, « Push on Talks With Taliban Confirmed by NATO Officials »). Les Etats-Unis ont permis à d'importants responsables des talibans d'assister à des réunions à Kaboul, révèlent les journalistes qui se sont vu confirmer par des responsables militaires américains que la réconciliation était une dimension clef de la guerre qu'ils menaient. Dans le même temps, l'OTAN intensifie ses opérations militaires, notamment en utilisant les drones pour tuer d'autres responsables talibans et contraindre les talibans à négocier. Quoiqu'il en soit, il semble bien qu'un processus s'est mis en route pour aboutir à un gouvernement d'union nationale et au départ des troupes étrangères. Bien sûr, le chemin sera long, mais il semble bien que Washington a pris conscience que cette guerre ne pouvait pas être gagnée. Il aura fallu dix ans de combats, de morts, de destruction, de déclarations enflammées sur les femmes afghanes, sur le fait que nos soldats se battaient là-bas pour éviter que les combats s'étendent dans nos banlieues... |
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Le Nobel de la guerre aux Messieurs du « Nobel de la paix »
Faisant fi des instructions laissées par Alfred Nobel, le jury Nobel ne Faisant fi des instructions laissées par Alfred Nobel, le jury Nobel ne récompense plus le courage au service de la paix, mais l?utilité médiatique au service de l?impérialisme. La liste des lauréats n?est plus qu?une énumération d?alibis pour des politiques coercitives et des guerres. Dernier en date, le prix Nobel de la paix 2010 a été remis à un « dissident » chinois pour justifier le containement de la Chine, observe le philosophe Domenico Losurdo.
Ces dernières semaines a eu lieu en Australie un vif débat. Dans un article publié par Quartely Essay et en partie anticipé par l?Australian, Hugh White a mis en garde contre d?inquiétants processus en cours : à l?ascension de la Chine, Washington répond par la traditionnelle politique de containment, en renforçant de façon menaçante son potentiel et ses alliances militaires ; Pékin, en retour, ne se laisse pas facilement intimider et « contenir » ; tout cela peut provoquer une polarisation en Asie d?alliances opposées et faire émerger « un risque réel et croissant de guerre de vastes proportions et même de guerre nucléaire ». L?auteur de cette mise en garde n?est pas un illustre inconnu : il a derrière lui une longue carrière d?analyste des problèmes de défense et de politique étrangère, et fait partie en quelque sorte de l?establishment La Chine, l?Iran et la PalestineParmi les premiers à se réjouir du choix des Messieurs d?Oslo s?est trouvée Shirin Ebadi, qui a immédiatement surenchéri : « Non seulement la Chine est un pays qui viole les droits de l?homme mais c?est aussi un pays qui appuie et soutient de nombreux autres régimes qui les violent, comme ceux qui sont au pouvoir au Soudan, en Birmanie, en Corée du Nord, en Iran? » ; en outre, c?est un pays qui est responsable de la « grande exploitation des ouvriers ». Donc, il faut boycotter « les produits chinois » et « limiter au maximum les échanges économiques et commerciaux avec la Chine » [1]. Et une fois de plus : la contribution à l?idéologie de la guerre conduite au nom de la Après la consécration et la transfiguration de Liu Xiaobo, le président états-unien est tout de suite intervenu : et il a demandé la libération immédiate du « dissident ». Mais pourquoi, en attendant, ne pas libérer les détenus sans procès de Guantanamo ou au moins faire pression pour la libération des innombrables Palestiniens (parfois à peine adolescents) emprisonnés par Israël, comme le reconnaît même la presse occidentale, dans des complexes carcéraux terrifiants ? Les Messieurs d?Oslo, les USA et la ChineAvec Obama nous tombons sur un autre « Prix Nobel de la paix » aux caractéristiques assez singulières. Quand il l?a obtenu, l?an dernier, il avait déclaré qu?il avait l?intention de renforcer en Afghanistan la présence militaire des USA et de l?OTAN et de donner une impulsion aux opérations de guerre. Conforté aussi par la prestigieuse reconnaissance qu?il avait reçue à Oslo, il a été fidèle à sa parole : ils sont maintenant bien plus nombreux qu?à l?époque de Bush, ces escadrons de la mort qui du haut du ciel « éliminent » les « terroristes », les « terroristes » potentiels et les suspects de « terrorisme » ; et ces hélicoptères et avions sans pilotes qui font office d?escadrons de la mort font rage aussi au Pakistan (avec les nombreuses victimes « collatérales » qui s?en suivent) ; l?indignation populaire est si forte et Mais on peut faire ici une considération de caractère général. Au 20ème siècle, ce sont les USA qui ont été le pays qui a vu couronner du « Prix Nobel de la paix » le plus grand nombre d?hommes d?Etat : Théodore Roosevelt (pour qui le seul « bon » Indien était celui qui était mort), Kissinger (le protagoniste du coup d?Etat au Chili et de la guerre au Vietnam), Carter (le promoteur du boycott des Jeux Olympiques de Moscou en 1980 et de l?interdiction d?exportation de blé à l?URSS, est intervenu en Afghanistan aux côtés des freedom fighters musulmans), Obama (qui intervient maintenant, contre les freedom fighters, entre temps devenus terroristes, a recours à un monstrueux appareil de guerre). Voyons sur le versant opposé de quelle façon les Messieurs d?Oslo se positionnent à l?égard de la Chine. Ce pays, qui représente un quart de l?humanité, ne s?est engagé dans les Alors qu?en Australie résonnent des voix inquiètes des périls de guerre, à Oslo on redonne du lustre à une idéologie de la guerre de funeste mémoire : les guerres de l?opium ont été célébrées en son temps par J. S. Mill comme une contribution à la cause de la « liberté » de l? « acquéreur » en plus de celle du vendeur (d?opium), et par Tocqueville comme une contribution à la cause de la lutte contre l? « immobilisme » chinois. Les mots d?ordre agités aujourd?hui par la presse occidentale ne sont pas très différents ; presse qui ne se lasse pas de dénoncer le despotisme oriental immobile. Il faut en prendre acte : peut-être sont-ils aussi inspirés par de nobles intentions, mais avec leur comportement concret les Messieurs du « Prix Nobel de la paix » ne méritent à l?heure actuelle que le Nobel de la guerre.
par Domenico Losurdo Traduction Marie-Ange Patrizio [1] Corriere della Sera du 9 octobre 2010. [2] Marco Del Corona, dans le Corriere della Sera du 9 octobre 2010. [3] Ilaria Maria Sala, La Stampa, 9 octobre 2010. |
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Les Forces israéliennes d'occupation ont tué 7.407 Palestiniens, dont 1.859 enfants, depuis septembr
La Commission des Nations Unies pour les Droits de l'Homme décrit le droit à la La Commission des Nations Unies pour les Droits de l'Homme décrit le droit à la vie comme le « droit humain ultime », et il est considéré comme le droit humain le plus important et fondamental. Malgré tout, les forces de l'occupation sioniste persistent à violer le droit des civils palestiniens à la vie par l'utilisation d'une force mortelle et excessive et par l'assassinat sous toutes ses formes en violation flagrante des dispositions de l'Article 3 de la Déclaration universelle des droits de l'homme, des dispositions du Code de conduite pour les responsables de l'application des lois et de la 4ème Convention de Genève sur la protection des civils en temps de guerre. Par Palestine Info L'occupation sioniste est une des entités dont la législation n'inclut pas la peine de mort, mais elle dépend, tandis qu'elle viole le droit à la vie, d'une série de dispositions et d'instructions pour tirer sur les civils palestiniens. Cela contrevient essentiellement aux normes internationales qui permettent l'usage d'une force proportionnelle aux besoins. Ces normes fixent le degré de force autorisée pour arrêter des « suspects » ou des gens qui contreviennent à la loi et à l'ordre public (selon le point de vue sioniste). De plus, l'entité sioniste viole les provisions du Code de conduite pour les responsables de l'application des lois lorsqu'elle tire sur des civils palestiniens, dont l'article 3 (c) stipule que « L'emploi d'armes à feu est considéré comme un moyen extrême. Tout devrait être entrepris pour exclure l'emploi d'armes à feu, spécialement contre des enfants. D'une manière générale, il ne faut pas avoir recours aux armes à feu, si ce n'est lorsqu'un délinquant présumé oppose une résistance armée ou, de toute autre manière, met en danger la vie d'autrui, et lorsque des moyens moins radicaux ne suffisent pas pour maîtriser ou appréhender le délinquant présumé. » Selon les statistiques fournies par la Fondation internationale de solidarité pour les droits de l'homme, il est clair que le nombre de Palestiniens tués par les forces d'occupation israéliennes depuis le déclenchement de l'Intifada al-Aqsa le 28 septembre 2000 jusqu'à la fin septembre 2010 est de 7.407 martyrs, dont 1.859 enfants de moins de 18 ans, tandis que le nombre de femmes martyrs est de 476. La Fondation a déclaré que le nombre de martyrs en 2008 et 2009 s'élevait à 2.112, dont 548 enfants et 159 femmes. La dernière guerre lancée contre Gaza par l'occupation sioniste a entraîné un très grand nombre de martyrs, plus de 1.460 citoyens, dont 437 enfants et 116 femmes ont été tués. Politique sioniste d'assassinats et d'exécutions extrajudiciaires La même Fondation a indiqué qu'Amnesty International (rapport de février 2001 intitulé : 'Israël et les Territoires occupés : assassinats d'Etat et autres homicides illégaux') définit l'exécution extrajudiciaire comme : « une exécution extrajudiciaire est un homicide illégal et délibéré commis sur un ordre d'un gouvernement ou avec son consentement. Les assassinats extrajudiciaires sont des homicides dont on peut raisonnablement penser qu'ils résultent d'une politique d'un gouvernement pour éliminer des individus spécifiques comme alternative à leur arrestation et à leur jugement. Ces homicides ont lieu en dehors de tout cadre judiciaire. » ![]() 17 avril 2004 - Abdel Aziz Al-Rantissi, co-fondateur du Hamas et élu chef général du mouvement de résistance islamique après l'assassinat de Sheikh Ahmed Yassine le 22 mars 2004, est assassiné par les forces sionistes, à Gaza. Depuis le début de l'Intifada al-Aqsa, l'entité sioniste a commencé à recourir à toutes les vieilles méthodes qui avaient été utilisées auparavant pour réprimer les soulèvements palestiniens, ajoutant de nouveaux outils et instruments qui ne sont utilisés que pour faire face à des armées. Ainsi, l'entité sioniste est revenue à la politique d'assassinats extrajudiciaires et politiques des Palestiniens dont elle prétend qu'ils sont derrière des opérations contre l'occupation, sans fournir de preuves de culpabilité et sans les arrêter. Les forces d'occupation auraient pu arrêter et traduire ces personnes en justice. L'occupation sioniste est la seule entité au monde qui légitime les exécutions extrajudiciaires. Elle n'hésite pas non plus à annoncer cette politique à la communauté internationale. La Cour suprême de justice sioniste, l'organe judiciaire le plus élevé de l'entité, a rejeté une requête présenté par le Comité public contre la torture en Israël (Public Committee Against Torture in Israel - PCATI) et LAW, un groupe palestinien, le 8 août 2003, sur l'émission d'une injonction préventive empêchant l'armée sioniste de continuer les assassinats contre les dirigeants et activistes palestiniens en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza. Position du droit international sur les exécutions extrajudiciaires Comme toutes les conventions, traités et lois internationales et locales qui ont approuvé l'illégitimité des exécutions extrajudiciaires, l'article 3 de la Quatrième Convention de Genève sur la protection des civils en temps de guerre stipule : « A cet effet, sont et demeurent prohibés, en tout temps et en tout lieu, à l'égard des personnes mentionnées ci-dessus : a) les atteintes portées à la vie et à l'intégrité corporelle, notamment le meurtre sous toutes ses formes, les mutilations, les traitements cruels, tortures et supplices ; » Les Principes des Nations Unies relatifs à la prévention efficace des exécutions extrajudiciaires, arbitraires et sommaires et aux moyens d'enquêter efficacement sur ces exécutions en toutes circonstances en temps de guerre interdisent aussi les exécutions extrajudiciaires selon le principe premier qui établit : « Les exécutions extrajudiciaires, arbitraires et sommaires seront interdites par la législation nationale et les gouvernements feront en sorte que de telles exécutions soient considérées comme des délits punissables en vertu de leur droit pénal et frappées de peines appropriées tenant compte de la gravité du délit. Des circonstances exceptionnelles, notamment l'état de guerre ou la menace de guerre, l'instabilité politique à l'intérieur du pays ou toute autre situation d'urgence publique, ne pourront être invoquées comme justification de ces exécutions. De telles exécutions ne devront pas avoir lieu, quelles que soient les circonstances, notamment en cas de conflit armé interne, par suite de l'emploi excessif ou illégal de la force par un agent de l'Etat ou toute autre personne agissant à titre officiel ou sur l'instigation ou avec le consentement explicite ou tacite d'une telle personne, et dans les situations où il y a décès pendant la détention préventive. Cette interdiction l'emportera sur les décrets publiés par l'exécutif. » Le nombre total de martyrs assassinés par les forces sionistes du début de l'Intifada al-Aqsa au 28 septembre 2010 parmi les cadres et dirigeants palestiniens est de 1.269. La guerre de Gaza... des assassinats de masse La dernière guerre contre la Bande de Gaza, fin 2008-début 2009, a constitué un tournant grave en termes de violations commises par les sionistes contre les citoyens palestiniens. La Bande de Gaza a été bombardé lourdement et continuellement pendant plus de 22 jours par des avions de combat. Comme souligné par quelques sources militaires israéliennes, plus d'un tiers de l'armée de l'air israélienne, des colonnes de chars, des transporteurs de troupes et des navires de guerre ont été utilisés. ![]() Gaza, 14 janvier 2009 (photo Reuters) Des dizaines de témoignages qui décrivaient les assassinats et les exécutions commis sous leurs yeux par les soldats de l'occupation sans aucune excuse ni justification ont été enregistrés pendant cette guerre. Plus de 1.460 civils, dont 437 enfants et 116 femmes, ont été tués. De plus, des dizaines de milliers de citoyens ont été blessés. Beaucoup d'institutions pour les droits de l'homme ont recensé de nombreux cas d'utilisation des citoyens comme boucliers humains par l'armée sioniste, sans parler de l'holocauste subi par des familles entières sous les bombardements sionistes de quartiers populeux pleins de civils. Les mêmes institutions pour les droits de l'homme ont souligné l'utilisation par les forces sionistes de nombreuses armes internationalement interdites, comme le phosphore blanc et autres. Pendant cette guerre, des milliers de maisons, écoles, universités, centres gouvernementaux, quartiers généraux de sécurité, lieux de culte et quartiers généraux des Nations Unies ont été détruits. De plus, les forces sionistes ont ciblé l'infrastructure des réseaux des routes, électricité, eau, téléphone, les centrales électriques et les stations d'épuration, ce qui a provoqué la contamination de l'eau potable. Pendant l'attaque sioniste contre la Bande de Gaza, 115 personnes âgées, 5 journalistes, 12 secouristes, 11 membres du corps de défense civile, 9 membres des équipes médicales militaires (dont 3 médecins et 2 infirmières) et 203 policiers palestiniens sont tombés en martyrs. La Fondation internationale de solidarité pour les droits de l'homme considère avec inquiétude les violations sionistes continuelles et en augmentation contre les citoyens palestiniens sans que l'entité sioniste soit dissuadée ni tenue pour responsable d'exercer les pires méthodes d'assassinats directs contre le peuple palestinien désarmé. Tout ceci apparaît évident au vu des chiffres ci-dessus et de la dernière guerre contre la Bande de Gaza. La Fondation a demandé à tous les partis internationaux et organismes pour les droits de l'homme d'exercer des pressions sur l'occupation pour l'application du droit international sur la protection des civils en temps de guerre, les protéger et leur garantir la sécurité et mettre fin à l'occupation. ism-france |
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L'humanitaire au service du capital : retour sur le cas de Haïti.
«...Alors que les Haïtiens ordinaires souffrent, les riches familles de «...Alors que les Haïtiens ordinaires souffrent, les riches familles de Port-au-Prince continuent de vivre dans le luxe » (1). Si les soldats américains, les forces de l'ONU et les ONG humanitaires par dizaines sont toujours présents sur le sol de ce pays meurtri, rien ou presque rien n'a été fait pour la population qui continue à vivre dans des conditions inhumaines neuf mois après le terrible séisme qui a emporté des centaines de milliers de vies humaines. L'humanitaire n'est qu'un cynique prétexte utilisé par les puissances capitalistes pour servir leurs propres intérêts. ![]() Les rescapés du tremblement de terre du 12 janvier 2010 sont toujours livrés à eux-mêmes. Ils continuent à vivre dans des camps improvisés : « 1,5 million de personnes vivent encore dans des abris de fortune » selon l'ONU citant des sources gouvernementales (2). Les haïtiens par milliers s'entassent dans les rues et les places publiques chassés des camps installés auparavant sur des terrains privés. Les rues sont toujours encombrées de gravats rendant la circulation quasi impossible. « Je ne vois pas de changement, il n'y a aucune évolution » disait une rescapée de Port-au-Prince (3). Selon Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) en Haïti, « les hôpitaux de campagne et les cliniques mobiles ont disparu alors que paradoxalement, la situation des victimes n'a pas changé » (4). Le Service Jésuite aux Réfugiés (SJR) déplore une situation « critique » dans les camps non officiels et dénonce la violence exercée sur les femmes lors de la distribution de l'aide humanitaire (5). Les premières intempéries du mois de septembre 2010 ont déjà fait des victimes dans les camps, toujours provisoires, des sinistrés : « Une première évaluation a permis de dénombrer cinq morts dans les camps où sont réfugiés des dizaines de milliers de sans-abri du séisme du 12 janvier » a déclaré à l'AFP Edgard Célestin, responsable de communication de la Protection civile haïtienne. Des hommes, des femmes et des enfants déjà durement frappés par le séisme, se retrouvent à nouveau sans protection aucune, à la merci de vents violents et de fortes pluies. Les grands blessés du séisme vivent dans des conditions épouvantables et leur état de santé risque de se dégrader davantage encore. Les plus pauvres, c'est à dire la majorité de la population, sont maintenant menacés de famine et de maladies mortelles. Quel contraste entre le zèle déployé avec faste par les « humanitaires » les premiers jours du séisme et la sinistre situation actuelle de l'immense majorité de la population haïtienne ! Où sont passés les milliards de dollars promis au peuple haïtien ? Qui va demander des comptes sur l'utilisation des fonds réunis par toutes ces ONG grâce à leur marketing « humanitaire » et à la cynique exploitation de la générosité des citoyens ? Quel est le résultat concret de ce show humanitaire et de ce tapage médiatique sur les sinistrés et notamment sur les plus démunis d'entre eux neuf mois après le séisme ? Nul ou quasiment nul. Car l'aide humanitaire n'a pas pour objectif d'aider les hommes et les femmes dans la détresse, mais d'utiliser les drames humains pour servir les intérêts de ceux qui la manipulent. Ce sont ces mêmes impérialistes qui ont détruit, à travers leurs programmes d'ajustement structurel, les services publics pour les remplacer par la charité des ONG humanitaires. L'aide humanitaire est subordonnée aux calculs et aux stratégies des puissances impérialistes notamment des États-Unis qui l'instrumentalisent cyniquement pour leurs seuls intérêts. L'humanitaire est une forme de corruption par des aumônes plus ou moins déguisées. Il sert à maintenir dans la dépendance les dominés pour mieux les asservir. Il est au service des classes dominantes. Mais les sinistrés savent en même temps que l'aide humanitaire ne leur est pas vraiment destinée puisque leur situation matérielle reste désastreuse malgré la présence massive de toute sorte d'acteurs humanitaires. Les ONG par exemple ne sont pas toujours bien vues par la population locale qui doute de leur impartialité. Les salaires élevés des cadres de ces organisations, les 4x4 qu'ils utilisent parfois pour circuler dans les quartiers sinistrés et les hôtels de luxe qu'ils fréquentent contrastent tristement avec la situation misérable des rescapés. Leur proximité avec l'armée américaine et l'arrogance avec laquelle elles traitent parfois les sinistrés les éloignent de ceux qu'elles veulent aider. « Nous ne voulons pas de ce type d'aide humanitaire qui profite beaucoup plus aux ONG qu'à nous autres qui sommes dans les camps à l'attente de miettes qui tombent des ONG comme si nous étions des mendiants », pense l'un des déplacés (6). Il n'est pas rare de voir sur les murs de Port-au-Prince des slogans dénonçant les USA, l'ONU, le président René Préval et les ONG. L'hostilité de de la population locale à leur égard devient de plus en plus grande. Certaines ONG, obsédées par la sécurité, contractent à des prix exorbitants une protection armée auprès des compagnies de sécurité privées pour lesquelles l'humanitaire n'est qu'un marché parmi tant d'autres (7). Tout le monde trouve son compte sauf les... sinistrés ! Les manifestations et les révoltes de la population sont réprimées par le pouvoir local très contesté et par la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d'Haïti (Minustah) c'est à dire par ceux-là mêmes qui sont sensés « soutenir les efforts humanitaires » ! (8). L'un des objectifs des élections du 28 novembre 2010, outre de permettre de placer au pouvoir celles et ceux qui serviront le mieux les intérêts de l'impérialisme américain et de la bourgeoisie locale, est justement d'empêcher toute révolte populaire. C'est ce que craignent le plus les classes aisées et les acteurs humanitaires qui se précipitent à les organiser. Car ils sentent monter dans tout le pays la colère du peuple qui a plus besoin d'améliorer sa situation matérielle que de participer aux élections : « Le problème le plus immédiat, en dehors de la reconstruction, est l'organisation des élections présidentielles et législatives (...) Le risque d'agitation sociale existe, et le peuple haïtien peut être fier qu'il n'y ait pas eu de troubles importants jusqu'à présent, malgré la dureté et la précarité de la situation dans laquelle se trouvent tant de Haïtiens », écrit Ban Ki-moon (9). Il faut que l'ordre règne pour que les familles aisées continuent à s'engraisser. En effet pendant que des millions de travailleurs pauvres vivent dans des conditions dramatiques « ces familles (...) font des bénéfices actuellement grâce à la dernière tragédie de leur pays » (10). L'aide humanitaire est une forme de violence sociale invisible exercée sur les plus démunis qui doivent, de surcroît, se courber pour l'obtenir. C'est une espèce de charité laïque utilisée par les classes dominantes pour leurs seuls intérêts. L'humanitaire, comme la charité, c'est en quelque sorte la morale d'une société de classes amorale. Mohamed Belaali (1) wsws.org/articles cité in emceebeulogue |
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Ma Colère
Ma Colère Ma Colère Colère J?ai éprouvé Ton mot Dans mes tripes de mère Cette quinzaine Si éprouvante Si fatigante Pour une mère Accompagner mon fils Lui donner le maximum de chances De réussir à s?épanouir Sur sa route Malgré tout est mon choix Et je pense tant aux autres enfants Aux autres adultes Qui ont bien moins de chance Moi, je suis juste épuisée, fort Mais je vais retrouver de l?énergie Colère Pour cette terre Qui n?aide pas assez les démunis Colère pour ce monde de brutes Qui écrase et qui lutte Colère Quand le b**** Lui seul devrait être le maître Colère Oui, je l?ai éprouvée Enfin J?ai tellement assumé, accepté tellement Sans l?ombre d?une colère Qu?elle m?est tombée si fort D?un coup en intérieur Mais la patience me revient encore Et encore Au final Je me disais que la colère ne sert à rien Et bien plus ne mène à rien Alors agir, réagir, encore lutter S?accrocher,avancer Et surtout Se laisser bercer des beautés Des bontés Des petits riens* Des moins que riens* Qui font tant de bien Rédigé par: Annick ossiane.blog.lemonde.fr/2006/09/18/2006_09_colere/#comment-23067 |
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